Carla GUELFENBEIN
Née en 1959 à Santiago du Chili et exilée en Angleterre après le coup d’État de Pinochet, elle y étudie la biologie, puis le dessin. De retour au Chili, elle travaille dans des agences de publicité. Le reste est silence est son troisième roman, en cours de traduction dans une dizaine de langues. Actes Sud a publié en 2007 Ma femme de ta vie. Même si en France cette écrivaine est encore peu connue, au Chili, pourtant, elle est aussi célèbre que son aînée, Isabel Allende. Un père architecte d’avant-garde, une mère professeure de philosophe activiste, il n’en fallait pas plus pour être dans l’oeil du cyclone Pinochet. Carla rentre à Santiago en 1988. Directrice artistique du Elle chilien durant quelques années, la pétulante brune prend, un jour de 1999, une grande décision : “J’allais avoir 40 ans, il me fallait écrire”, nous confie-t-elle dans un français parfait. Elle démissionne, prend des cours dans un atelier d’écriture. Bingo ! Son premier roman, L’Envers de l’âme, entre directement dans la liste des best-sellers, en 2001. Tout comme son deuxième, Ma Femme de ta vie, en 2004, et son troisième, Le reste est silence, publié par Actes Sud. Son écriture s’est exprimée par le biais de différents supports, que ce soit dans les journaux El País ou El Mercurio. Elle a aussi participé, aux côtés d’autres auteurs de langue hispanique, à une antologie de contes commémoratifs. Elle est un des écrivains chiliens les plus importants du début du XXIe siècle et figure parmi les plus lus.
Tommy a douze ans, et une maladie cardiaque qui lui interdit les jeux turbulents des garçons de son âge. Caché sous une table, il s'amuse à enregistrer sur son Mp3 le joyeux verbiage d'un banquet nuptial. Et voilà que l'on parle de sa mère, brutalement disparue dix ans plus tôt. Une brèche s'ouvre dans les secrets si bien gardés d'une famille recomposée, comme il en existe tant. La vie que tous croyaient ordonnée et paisible dérape, et les liens se distendent à mesure que l'histoire se tisse. Dans les non-dits de l'autre, chacun cherche sa propre vérité. L'enfant découvre à travers la mort violente de sa mère l'improbable « faute » de la judéité (...) Le reste est silence explore avec grâce la part d'ombre de chacun - cet infime espace intime auquel même l'amour ne peut donner accès - pour rappeler que c'est l'addition de toutes ces blessures qui constitue la pierre angulaire de l'édifice familial.
BIBLIOGRAPHIE :
Le reste est silence. Traduit de l'espagnol (Chili) par Claude Bleton aux éd. Actes Sud, 2010.
Ma femme de ta vie (éd. Actes Sud, 2009) |


|