
Il faut pousser les portes
Au mois d’août, ARTE s’arrête à Buenos Aires, Londres, Istanbul
et Madrid pour dévoiler, au travers de parcours thématiques,
les secrets de ces métropoles internationales. Entretien avec
Emmanuelle Gaume, promeneuse tout-terrain de Prochain arrêt.
De quelle façon avez-vous choisi les
destinations ?
Notre choix s’est
porté sur les grandes métropoles qui alpitent
de modernité, et ont toutes un passé
glorieux. Ville aux antipodes de notre
continent et en même temps très européenne,
Buenos Aires nous est apparue
comme une évidence pour commencer la
série. Convaincus que nous avions un
concept fort avec ces itinéraires urbains
derrière les façades, nous avons ensuite
pris le chemin de l’Angleterre puis de la
Turquie et de l’Espagne. Nous aimerions
poursuivre par la suite le va-et-vient entre
l’Ancien Continent, vu à travers ses aspects
insolites, et le reste du monde, avec, toujours,
cette envie de sortir des sentiers
battus. Nous irons bientôt à Pékin, Rome,
La Havane, Bombay…
Comment avez-vous vécu cette expérience
?
Avec un immense étonnement ! Par
exemple, je croyais connaître le tango,
mais à Buenos Aires, la première fois que
j’ai vu un couple danser, je n’ai pu retenir
mes larmes. Je pense que c’est dans les
lieux qui l’ont façonnée qu’une culture se
révèle le mieux à nous. C’est ce que j’ai
découvert, avec ma personnalité : une
curiosité débordante et un besoin de
partager. J’aime l’idée de permettre aux
spectateurs de passer du temps avec les
personnes extraordinaires qui peuplent
la terre. Je pense notamment à un “jardinier
sauvage” à Londres. Il habite en ville
et, dès qu’il trouve un terrain en friche, il
sort son râteau. C’est comme cela que j’ai
planté un champ de lavande à 3 heures
du matin !
Avez-vous un conseil à donner aux
voyageurs ?
Nous nous sommes penchés sur la
culture au sens large, des traditions culinaires
à la place des femmes dans la
société. J’en conclus que dans tous les
domaines, à chaque fois que quelqu’un
vous tend la main pour partir à l’aventure,
vous devez accepter. En Argentine,
j’étais effrayée à l’idée d’entrer dans un
abattoir avec les gauchos et de voir mourir
des animaux. Pourtant, passer du
temps avec ces gardiens de troupeaux,
emblématiques de la culture argentine,
m’a permis d’aller au-delà de mes propres
tabous. J’espère que cette série donnera
envie aux gens de dépasser leurs appréhensions
et d’être acteurs de leurs voyages.
Il faut pousser les portes et aller à la
rencontre des habitants !
Du lundi 9 à jeudi 12 août sur Arte TV à 19 h 30
Propos recueillis
par Manon Dampierre (ARTE MAGAZINE N° 32).
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