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7 juin 2018

Il y a l’Opéra et… l’Opéra Underground de Lyon et son Péristyle. À découvrir cet été !

L’Opéra Underground, nouveau projet de l’Opéra, propose des musiques de tous bords, à l’Amphi et dans la Grande Salle, ainsi que des concerts gratuits sur la terrasse des Muses (afterwork, DJ set, soirées vinyles) et au Péristyle. Cet été, le café-jazz du Péristyle change de nom et devient le « Festival du Péristyle », orchestré par son nouveau directeur Olivier Conan.

Photo : Ceferina Banquez – Festival Péristyle

Olivier Conan a repris les rênes de l’Amphi Opéra de Lyon fin 2017, suite au départ de François Postaire. Le nouveau directeur de l’Amphi a passé 33 ans à New-York. Musicien membre du groupe Chicha Libre, créateur d’un club de musique, le Barbès, et d’un label, Barbès Records à Brooklyn, il est arrivé en septembre 2017 à l’Opéra pour préparer la programmation de l’Amphi et du Péristyle. Il aime dire que «les styles (de musique) ne sont plus définissables». Il souhaite faire découvrir de nouvelles musiques du monde, ainsi qu’une nouvelle génération de musiciens, qui ont puisé dans les musiques traditionnelles et en ont fait des choses très personnelles.

Le festival du Péristyle déclinera ainsi 75 concerts gratuits pour voyager au rythme des traditions musicales et du jazz du monde entier. Ces concerts auront lieu tous les soirs, du 7 juin au 1er septembre, à 19h, 20h15 et 22h. Entrée libre, sans réservation. La programmation contera de nombreux artistes régionaux, en résonance avec Jazz à Vienne et le Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes (CMTRA), et également des invités du monde entier. Du jazz new-yorkais, lyonnais, manouche, le Rebetiko des Balkans, le chaâbi marocain et algérien, des mélanges hip-hop, de la musique éthiopienne, de la Réunion, afro-funk, de nombreuses musiques traditionnelles seront représentées, agrémentées de sons nouveaux et personnels.

Et comme Olivier Conan est passionné par la musique d’Amérique latine depuis toujours, une vaste programmation latino sera également proposée. Maa Ngala, du 7 au 9 juin : rencontre entre les musiciens Vénézuéliens de la Gallera Social Club et le griot Sénégalais Ablaye CissokoFree Cages, du 18 au 20 juin : Jaime Salazar, musicien colombien, sera accompagné des pianistes Yannick Lestra et Leonardo MontanaTrio Corrente, du 5 au 7 juillet : trio de référence du jazz instrumental au Brésil. Ceferina Banquez, du 9 au 11 juillet : la «nouvelle» reine du Bullerengue, musique de la côte caraïbe colombienne. C4 trio, du 30 juillet au 1er août : trio vénézuélien qui se produira pour la première fois en France. Il présentera un mélange de música llanera, musique traditionnelle des plaines, associée au jazz, à la musique classique et à toutes les musiques contemporaines. Ladama, du 6 au 8 août : ces 4 femmes venant du Brésil, du Venezuela, de la Colombie et des États-Unis présenteront leur nuevo folk panaméricain. Carina Salvado, du 16 au 18 août : française d’origine, elle proposera des compositions originales de fado moderne. Joao Selva, du 27 au 29 août : il explorera l’univers tropical brésilien des années 1970 mêlant samba, soul, disco et funk vintage. Et pour accompagner ces concerts, la terrasse du Péristyle sera ouverte de 8 h 30 à 23 h et proposera une «cuisine lyonnaise infusée à l’air New-Yorkais», ainsi qu’une sélection de vins, bières et jus de fruits. De belles soirées musicales en perspective pour tout l’été !

Caroline BRUYAS

Plus d’informations sur le festival du Péristyle

L’Argentin Juan Sáenz Valiente invité pour une performance au Lyon BD festival 2018

Pour sa 13e édition qui se déroulera à Lyon les 9 et 10 juin prochains, le Lyon BD festival innove et propose au public d’assister à une performance artistique des plus originales. Dix auteurs de bande dessinée sont invités à revisiter les œuvres de la collection du Musée d’art contemporain le samedi 9 juin de 14h30 à 17h30. L’Argentin Juan Sáenz Valiente figure parmi les artistes invités.

Photo : Juan Sáenz Valiente/labd.net

Né à Buenos Aires le 1er octobre 1981, Juan Sáenz Valiente est le fils d’une mère juive architecte puis écrivaine et d’un père catholique cinéaste d’animation. Il expérimente l’illustration, la bande dessinée et les dessins animés depuis son plus jeune âge. 

Ses plus beaux succès sont le court métrage d’animation Jubilados (Retraités, 2003) et la bande dessinée Sarna (Iron eggs & Albin Michel, 2005) avec le fameux scénariste Carlos Trillo, la compilation de sa bande dessinée Stealth (Domus, 2008), la compilation de sa bande dessinée Matufia (+Infos, 2010), la bande dessinée El hipnotizador (Sudamericana, 2010), scénarisée par Pablo de Santis, puis traduite par Andrea Beyhaut et publiée chez Casterman en 2012 (L’hypnotiseur).

Depuis août 2009, Juan Sáenz Valiente s’auto-interprète dans la série télévisée Impreso en Argentina dans laquelle, en compagnie du journaliste et historien Diego Valenzuela, il enquête sur les textes fondamentaux de la littérature argentine (Borges, Cortazar…). 

Considéré en Argentine comme l’un des meilleurs auteurs de bande dessinée de sa génération, il fera une performance le samedi 9 juin prochain aux côtés de Sankha Banerjee (Inde), Edmond Baudoin (France), Lucie Castel (France), Jean Dytard (France), Elosterv (France), Hunt Emerson (Royaume-Uni), Geoffroy Monde (France), Gilles Rochier (France), et Julia Zejn (Allemagne), au Musée d’art contemporain de Lyon.

L’objectif de cette rencontre entre artistes internationaux est de revisiter la collection du MAC au sein même du musée, de manière publique et en BD. Les planches des dix artistes seront ensuite exposées dans le musée toute la journée du dimanche. 

Juan Sáenz Valiente sera également présent au salon d’honneur qui se tiendra à l’Hôtel de ville, dans le salon Justin Godart, le dimanche 10 juin de 10h à 18h.

Laura CHANAL 

Plus d’informations sur le site du festival Lyon BD

Soirée d’ouverture du festival Belles Latinas 2018 : hommage à Pedro Lemebel

Pour l’ouverture du festival Belles Latinas, qui aura lieu le 10 octobre 2018 au Nouveau Théâtre du 8e, nous proposons une soirée de découverte et d’hommage autour de l’auteur et artiste chilien Pedro Lemebel. Cette soirée sera composée de deux temps : d’abord la performance Cœurs fugitifs, issue du projet «PEDRO», mise en scène par Manon Worms, suivie d’une discussion avec l’équipe du spectacle.

Photo : Pedro Lemebel/Latin American Literature Today

Né en 1952 à Santiago du Chili et mort en 2015 des suites du sida et d’un cancer du larynx, Pedro Lemebel est une immense figure artistique et militante du Chili contemporain. Véritable icône populaire, à la croisée des milieux, il était artiste visuel et performeur, écrivain et chroniqueur sur des radios ou dans des revues, militant travesti pour les droits des homosexuels et des communautés indigènes, membre du Parti communiste et de plusieurs groupes d’extrême-gauche résistants à Pinochet et aux régimes néo-libéraux qui l’ont suivi.

À travers ses chroniques, lettres, récits, manifestes, publiés dans de nombreux recueils, il arpente et embrasse un pays entier, le raconte dans tous ses contrastes, ses cruautés et ses fantaisies, traversant dix-sept ans de dictature militaire, ses crimes et ses séquelles sociales, politiques, humaines. D’interventions publiques en émissions de radio, parlant sous un trait de mascara et une couronne de plumes, de perles ou de cicatrices, sa voix est la mémoire vivante d’une société-mosaïque, construisant par des récits de nuits et de rencontres une galerie de portraits du Santiago queer et résistant, pauvre et indigène, solitaire et multiple. Ses phrases et ses images peuplent encore aujourd’hui les murs des villes, les cœurs et les fêtes du Chili.

En France comme dans le reste de l’Europe, Pedro Lemebel est quasiment inconnu, très peu traduit et très peu édité. Le projet «PEDRO», entamé en 2016, veut combler ce manque. Recherche multiple autour de la figure travestie de Pedro, née sous l’impulsion du choc ressenti à la lecture des textes de Lemebel, l’équipe de Manon Worms cherche à donner à la traduction de cette voix lointaine un écho en différents langages. Des formes performatives, graphiques, visuelles, auditives, créent des trafics entre les genres, les corps vivants et les archives, pour maintenir en liberté cette parole sauvage. Spectacle-maquillage qui procède par accumulation de différentes couches (traductions, créations de sons, d’images et de jeu) pour fabriquer des visages hybrides et éphémères, «PEDRO» compose des espaces sensibles pluriels, tente de saisir l’empreinte d’un cœur en la colorant dans mille peaux, mille langues, mille secrets, d’ici et de là-bas.

L’éclat subversif contenu dans le mélange de corps qui se rencontrent et se transforment sous les yeux complices d’un regard spectateur se réanime à travers ce dialogue ouvert entre notre présent et cet ailleurs lointain. Les empreintes rougies des cœurs fugitifs évadés jusqu’à nous des récits de Pedro brillent dans une constellation de voix et d’images, identités montables et démontables qui interrogent nos propres luttes, celles qui disent que le désir peut être transgressif, l’acte de travestissement révolutionnaire, la parole un danger amoureux.

La performance présentée au NTH8 pour la soirée d’ouverture du festival Belles Latinas, Coeurs fugitifs, est un éclat fugitif du projet «PEDRO», une émeraude éphémère au cours de cette recherche à plusieurs échelles dont l’étape finale de création est prévue pour le début de l’année 2019.

Manon WORMS

Des meurtres quotidiens au Nicaragua : la répression meurtrière de Daniel Ortega

Depuis le 18 avril, plus de 100 morts et des milliers de blessés sont recensés au Nicaragua, et la colère d’une partie de la population, qui exige le départ du président Daniel Ortega, ne retombe pas. Le dialogue est gelé. Et ce malgré de frêles tentatives de reprise des discussions entre les manifestants et le gouvernement, pour un temps soutenues par le Vatican. Les évêques, qui ont endossé le rôle de médiateurs à la demande du gouvernement depuis le début de la crise le 18 avril, ont suspendu le dialogue national pour une durée indéterminée, après des heures de réunions infructueuses.

Photo : Mobilisation dans les rues de Managua/Noticiero OTV

Daniel Ortega, l’ex-guérillero de 72 ans, héros de la révolution sandiniste pour avoir renversé la dictature en 1979, avait gouverné le pays jusqu’en 1990, avant de revenir au pouvoir en 2007. L’étincelle qui a déclenché le courroux populaire est une réforme des retraites augmentant les cotisations, mais bien qu’Ortega ait renoncé à son plan de réforme des pensions, le peuple nicaraguayen n’a pas cessé de se mobiliser pour dénoncer le manque de libertés et réclamer le départ du chef de l’État. Dans un climat de rage et de saccage, les émeutes populaires sont férocement réprimées par la police et s’achèvent dans un bain de sang.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a pu documenter et recueillir «des centaines de témoignages qui prouvent de graves violations des droits de l’Homme et ne caractérisent pas un usage excessif de la force de la part des corps de sécurité de l’État et également de tierces parties armées», selon un rapport lu en conférence de presse le lundi 21 mai par la rapporteuse de l’organe de l’Organisation des États américains (OEA) Antonia Urrejola. Contre les manifestants, «les unités anti-émeutes ont utilisé sans discernement des armes à feu, des pistolets à balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes». Les personnes placées en détention «ont fait état de coups, d’insultes ou de privation de nourriture. Des forces de police et des groupes motorisés ont ouvert le feu et incendié en avril un bâtiment de l’Université d’ingénierie, tuant plusieurs étudiants». La commission d’enquête dont la mission s’est déroulée du 17 au 21 mai a aussi qualifié d’«inadmissible» la censure de quatre chaînes de télévision, le blocage de médias sur internet, l’assassinat du journaliste Ángel Gahona et l’incendie d’une radio d’opposition.

Les chefs d’entreprises ont exprimé leur solidarité «verbalement» aux manifestations anti-gouvernement, déclenchées par les étudiants le 18 avril. Mais ils n’ont pas voulu se joindre au récent mouvement de grève nationale, alors qu’ils l’avaient fait lors de l’insurrection contre la dictature des Somoza (1934-1979). Ils sont «divisés» entre ceux qui veulent maintenir Ortega au pouvoir jusqu’à l’élection présidentielle de 2021 et ceux qui souhaitent son départ anticipé, assure l’un des leaders étudiants du mouvement de protestation, Victor Cuadras. Pour Oscar René Vargas, sociologue et économiste, les États-Unis, principal partenaire commercial du Nicaragua, n’ont pas adopté de mesures de pression suffisamment fortes pour faire vaciller le gouvernement.

Alors que les opposants demandent que les élections présidentielles prévues en 2021 soient avancées à cette année, le gouvernement dénonce «une voie déguisée» vers un coup d’État. Le 22 avril, le pape avait associé sa «voix à celle des évêques pour demander que cesse toute violence, qu’on évite une effusion inutile de sang et que les questions ouvertes soient résolues pacifiquement». Quant au secrétaire général de l’OEA, il avait affirmé que la solution à la crise au Nicaragua devait passer par des élections anticipées. «Quand la société est divisée, la décision doit revenir de manière urgente au souverain : le peuple», avait déclaré Luis Almagro.

«Daniel doit partir !»

C’est la demande de milliers de paysans et d’étudiants qui se mobilisent dans les rues de Managua et de tout le Nicaragua depuis fin avril. Pour les étudiants et une grande partie de la population, il n’est plus question de dialogue, qui ne serait qu’une manœuvre pour démobiliser et chercher un nouveau pacte avec Ortega ou un remplaçant, afin de le sauver de ses crimes et maintenir un Nicaragua au service des capitalistes. Il faut donc poursuivre la mobilisation révolutionnaire populaire, en reniant le dialogue tricheur, jusqu’à ce que les patrons et le régime répressif d’Ortega soient renversés, pour obtenir un gouvernement des opprimés, de la classe ouvrière, des paysans et des jeunes.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a condamné le 1er juin les récentes violences survenues au Nicaragua, notamment le meurtre d’un ressortissant américain lors de manifestations à Managua le 30 mai. Le secrétaire général de l’ONU a appelé le gouvernement nicaraguayen à répondre favorablement aux demandes du Bureau du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme de se rendre dans le pays. Dans sa déclaration, il indique que l’ONU est prête à aider les efforts de dialogue national en vue de renforcer l’État de droit, le respect des droits de l’homme et la résolution pacifique des différends.

Au Nicaragua, les forces de l’ordre «tirent pour tuer». C’est avec ce slogan que l’ONG Amnesty International a de nouveau dénoncé les méthodes du gouvernement de Daniel Ortega pour réprimer les manifestations qui secouent le pays depuis la mi-avril. Amnesty a constaté sur place un «recours excessif à la force et l’ONG accuse les autorités d’avoir procédé à des « exécutions extrajudiciaires »» par le biais de milices privées.

José Pallais, ancien vice-ministre des Affaires étrangères 

José Pallais, ancien vice-ministre des Affaires étrangères et ex-député de l’opposition, estime que Daniel Ortega «ne veut pas mettre son pouvoir en danger» et que les manifestants ne sont pas prêts à déserter les rues, sinon «la dictature se renforcerait, la répression deviendrait plus forte, et il y aurait toute une campagne de violence sélective», explique-t-il à l’AFP. La crise «va être longue». De fait, Ortega refuse de partir et semble décidé à se maintenir au pouvoir, jusqu’à ce que la situation soit impossible à tenir. Le 30 mai dernier, il a déclaré devant la foule lors d’un vaste rassemblement convoqué dans le nord de Managua, la capitale nicaraguayenne : «le Nicaragua nous appartient à nous tous et nous restons tous ici.» Au lourd bilan humain des manifestations s’ajoute l’impact sur l’économie des grèves, pillages de commerces et blocages de routes : le gouvernement a réduit sa prévision de croissance de 4,7-5,2 % à 3-3,5 %. Les touristes ont fui le pays. Quant au Quai d’Orsay, il appelle les Français à reporter les voyages non essentiels. Il apparaît clairement que la stratégie de répression de Daniel Ortega ne dissuade pas tout un pays, désormais debout contre son président, malgré les meurtres quasi quotidiens perpétrés par les autorités.

Catherine TRAULLÉ

Crise au Nicaragua :
le groupe d’amitié France – Mexique et pays d’Amérique centrale réitère son appel au dialogue

Depuis la mi-avril, le Nicaragua est secoué par une vague de contestation populaire sans précédent qui a provoqué le décès de plus de 120 personnes et en a blessé 1 300 autres, selon le rapport établi par la Cour interaméricaine des droits de l’Homme et le dernier bilan des organisations non gouvernementales. Les manifestants dénoncent une confiscation du pouvoir par le Gouvernement du Président Daniel Ortega, ex-leader de la révolution sandiniste. Au nom du groupe interparlementaire d’amitié France – Mexique et pays d’Amérique centrale dont une délégation s’est rendue au Nicaragua lorsqu’ont débuté les manifestations, MM. les Sénateurs Daniel Laurent (Les Républicains – Charente-Maritime), Président du groupe, et Claude Raynal (Socialiste et Républicain – Haute-Garonne), Président délégué pour l’Amérique centrale, expriment leur vive préoccupation et font part de leur émotion aux familles et proches des victimes en les assurant de leur soutien dans cette épreuve. Condamnant toute forme de violence, le groupe d’amitié appelle une nouvelle fois le Gouvernement du Nicaragua, comme il l’a fait à l’occasion des entretiens réalisés sur place, à poursuivre un dialogue transparent, ouvert et inclusif avec l’ensemble des parties prenantes pour trouver une issue pacifique à cette crise.

Contact et members du groupe ici

 

María Fernanda Espinosa Garcés, 4e femme élue présidente de l’Assemblée générale de l’ONU

María Fernanda Espinosa Garcés, ministre des Affaires étrangères de l’Équateur, a été élue présidente de la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies lors d’un vote qui a eu lieu ce mardi. Elle devient ainsi la quatrième femme élue à ce poste depuis la création des Nations unies, il y a 73 ans.

Photo : María Fernanda Espinosa Garcés/Espace Manager

María Fernanda Espinosa Garcés l’a emporté par 128 voix contre 62 pour Mary Elizabeth Flores Flake, représentante permanente du Honduras auprès des Nations unies. Elle remplacera en septembre le président de l’actuelle session de l’Assemblée générale, Miroslav Lajčák.

La future présidente de l’Assemblée générale a dédié son élection «à toutes les femmes du monde qui participent aujourd’hui à la vie politique et qui sont confrontées à des attaques politiques et médiatiques marquées par le machisme et la discrimination».

Elle a aussi dédié son élection «aux femmes qui luttent tous les jours pour accéder à un emploi sur un pied d’égalité, aux femmes et aux filles victimes de violence, aux filles et aux adolescentes qui réclament un accès à une information et à une éducation de qualité».

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a félicité Mme Espinosa Garcés pour son élection, soulignant son expérience en tant que ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense de son pays et pour sa bonne connaissance des Nations unies. María Fernanda Espinosa Garcés a été représentante permanente de l’Équateur à New York et représentante permanente de son pays à Genève.

«Votre connaissance directe des négociations intergouvernementales sur les droits de l’homme, les femmes autochtones et le changement climatique aidera l’Assemblée générale à faire progresser l’ordre du jour des Nations unies», a dit M. Guterres.

Quatre femmes présidentes de l’Assemblée générale en 73 ans

«Au-delà de ces qualités professionnelles et personnelles admirables, je salue ce choix pour une autre raison. Cela fait plus de dix ans qu’une femme a été présidente de l’Assemblée générale, lorsque Sheikha Haya Rashed Al-Khalifa de Bahreïn était présidente de la 61e session», a noté le secrétaire général.

«Nous devons remonter des décennies en arrière pour trouver les deux autres femmes qui ont occupé ce poste : Vijaya Lakshmi Pandit de l’Inde pour la huitième session, et Angie Brooks du Liberia pour la vingt-quatrième», a-t-il ajouté. «Je crois que nous pouvons et devons faire mieux que quatre femmes en 73 ans et deux en un demi-siècle. Aucune femme d’Europe de l’Ouest ou de l’Est n’a jamais occupé ce poste.»

Le chef de l’ONU a rappelé que le monde faisait face à «des défis urgents et complexes», qu’il s’agisse des conflits ou de l’augmentation des inégalités et de l’aggravation du changement climatique.

«Cette assemblée a un rôle essentiel à jouer dans le débat sur ces défis et, surtout, pour fournir des solutions qui changeront de manière significative la vie des gens», a-t-il conclu.

D’après Espace Manager

«La brave bête du coin» de João Gilberto Noll : un roman qui déroute et fascine

Encore inconnu en France, João Gilberto Noll, décédé l’an dernier, est une référence au Brésil. Auteur d’une vingtaine d’œuvres, romans et nouvelles, il a obtenu divers prix littéraires et plusieurs de ses textes ont été adaptés au cinéma. Les éditions do, dont le siège est à Bordeaux, permettent de le découvrir, enfin, en France, avec ce court roman étrange et ouvert.

Photo : João Gilberto Noll/Folha de Manhã

Le narrateur est un jeune homme qui vit avec sa mère à Porto Alegre. Au chômage depuis trois mois, il se laisse vivre, il déambule dans les rues de sa ville. Une séance de cinéma, une fille rencontrée par hasard, une étreinte rapide, sans plaisir, occupent ses heures.

C’est parti pour une sorte d’errance sans but avéré, pour une tranche de vie (la vie a-t-elle un but ?) dans Porto Alegre, puis à travers le Brésil. Le jeune homme écrit des poèmes, il fait des rencontres, parmi lesquelles un couple de vieux Allemands qui le recueillent après le départ de sa mère.

Hors de toute aventure, on voit le narrateur être témoin bien plus qu’acteur, c’est sa nature ; témoin d’une foule de spectacles, parfois anodins, parfois d’une grande importance pour lui. Ce qu’il voit, ce sont des manières de vivre ou d’être, très éloignées de la sienne et le lecteur, souvent de façon presque inconsciente, découvre la réalité brésilienne : activités de rues, sursauts politiques (on manque de peu Lula lui-même, il va intervenir dans un meeting), ambiances cariocas, que le jeune homme découvre aussi. D’autres réalités, plus universelles, apparaissent également : la maladie, la mort, le veuvage, la solitude ou la vie partagée…

Le lecteur lui aussi est témoin, essentiellement témoin… mais, à travers le non-dit, l’apparente banalité, il sent en lui d’abord de timides réactions par rapport à ce qui arrive au protagoniste, puis des réflexions qui peuvent naître (ou non, selon sa disponibilité), qui peuvent aller de l’adhésion au refus (je sais que certaines scènes qui, pourtant, ne dépassent pas les bornes, ont pu en choquer certains).

La richesse de La Brave Bête du coin tient précisément de la liberté absolue du lecteur à se laisser simplement porter, à se mettre à commenter les événements racontés ou à profiter du plaisir brut de la lecture.

Christian ROINAT

La Brave Bête du coin de João Gilberto Noll, traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec, éd. do, 96 p., 14 €. João Gilberto Noll en portugais : O quieto animal da esquina, Rio de Janeiro, Rocco, 1991.

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