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24 mai 2018

Mobilisation au Nicaragua contre le régime répressif : «Daniel doit partir !»

C’est la demande de milliers de paysans et d’étudiants qui se mobilisent dans les rues de Managua et de tout le Nicaragua depuis fin avril. Que Daniel Ortega, son épouse Rosa Murillo et tout le gouvernement s’en aillent. Bien qu’Ortega ait renoncé à son plan de réforme des pensions, le peuple nicaraguayen n’a pas cessé de se mobiliser. Un processus révolutionnaire est en cours qui pourrait provoquer la chute du régime répressif.

Photo : El Especial

Le peuple nicaraguayen crie dans les rues «Ortega, Somoza sont la même chose». C’est la fin de ceux qui, il y a près de 40 ans, avaient mené une révolution pour renverser le dictateur Somoza. À Masaya, Matagalpa, León, Estelí et dans toutes les villes qui étaient la base sociale du sandinisme, il y a eu des barrages routiers ou des barricades. La même chose se produit dans les universités. Des milliers de paysans ont marché jusqu’à Managua où un raz-de-marée humain a défilé. La police et les groupes armés de l’orteguisme n’ont pas cessé de réprimer et de tuer. On estime qu’à la mi-mai 53 personnes sont mortes, des centaines ont été blessées et certaines ont été portées disparues.

Les étudiants sont à l’avant-garde. Jusqu’à présent, aucune nouvelle direction politique et aucune nouvelle organisation n’a vu le jour. Mais le processus peut conduire à l’émergence des nouvelles directions. Entre-temps, il y a un débordement de masse. La bourgeoisie, l’Église et l’armée s’inquiètent de l’approfondissement de la mobilisation et de la chute d’Ortega au milieu d’une révolution qu’ils ne contrôlent pas. Qu’il y ait quelque chose de semblable à ce qui a été la fin de Kadhafi en Libye et d’autres dictatures pseudo-populaires en Afrique du Nord en 2011.

C’est pourquoi l’Église catholique et sa Conférence Épiscopale du Nicaragua (CEN), alliée de longue date d’Ortega, cherchent une «table de dialogue» pour sauver le régime ou pour trouver une solution concertée qui doit empêcher la poursuite de la mobilisation révolutionnaire. Quelque chose de similaire à ce que le Vatican a fait et des gens comme le social-démocrate espagnol José Luis Zapatero au Venezuela. Tables de «dialogue» qui ont aidé à sauver Maduro de sa chute. Les Forces armées elles-mêmes se sont distancées d’Ortega, en exigeant de ne pas s’engager dans la répression et exigeant le dialogue. Il est symptomatique que l’ancien commandant et ancien chef d’armée Humberto Ortega, frère de Daniel et retraité de la politique depuis des années, a mis en garde contre le danger d’un «effondrement». On dit que Humberto, «qui a critiqué le gouvernement de son frère à plusieurs reprises, a envoyé il y a quelques jours une lettre au Commandement du Sud des États-Unis, au Département d’État et aux chefs de la défense d’Amérique centrale, dans laquelle il mettait en garde contre le danger d’un «effondrement» dans le pays et contre la nécessité «pour l’armée nicaraguayenne de rester ferme dans son caractère professionnel non partisan et patriotique» (reproduit de Clarin, Argentine, 14/5).

Les étudiants et une grande partie de la population se méfient logiquement du résultat de ce dialogue. Beaucoup ont signalé leur opposition, même dans les rues avec des banderoles disant : «Il n’y a pas de dialogue sans justice.» C’est déjà une manœuvre pour démobiliser et chercher un nouveau pacte avec Ortega ou un remplaçant pour le sauver de ses crimes et continuer avec un Nicaragua au service des capitalistes. La voie à suivre est de poursuivre la mobilisation révolutionnaire populaire, en reniant le dialogue tricheur, jusqu’à ce que les patrons et le régime répressif d’Ortega soient renversés et que nous luttions pour obtenir un gouvernement des opprimés, de la classe ouvrière, des paysans et des jeunes.

Miguel SORANS

Miguel SORANS est membre de la brigade de combat latino-américaine Simón Bolívar qui a combattu contre la dictature de Somoza en 1979 et leader de la Gauche socialiste/FIT d’Argentine et de l’UIT-QI.

Élections présidentielles au Venezuela : qui veut noyer son chien l’accuse de la rage

Dimanche 20 mai 2018, les Vénézuéliens étaient invités à voter. La tenue de la consultation a été contestée par une partie de l’opposition. Au lendemain du vote, l’opposant arrivé en deuxième position, Henri Falcón, a dénoncé des irrégularités et a appelé à une répétition de l’exercice électoral en fin d’année. Les États-Unis, plusieurs gouvernements latino-américains et européens, ont de façon très ferme condamné cet exercice électoral comme non démocratique et annoncé des sanctions.

Photo : Gobierno boliviarano de Venezuela

Avant tout commentaire qualitatif, sur le caractère, plus ou moins, ou pas du tout démocratique, de la journée du 20 mai, encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Quel était l’enjeu électoral ? Élire un président de la République, les 251 conseillers de 23 assemblées «régionales» et dans quelques États les représentants de communautés indigènes. Quel a été le résultat ? Le chef de l’État sortant, Nicolás Maduro, a été réélu. Il a obtenu 67,7% des suffrages exprimés, perdant 1 million de voix par rapport à la consultation de 2013. Les trois candidats d’opposition –Henri Falcón, centre gauche ; Javier Bertucci, évangéliste ; Reinaldo Quijada, centre gauche– ont également perdu plusieurs millions de voix et plusieurs dizaines de points. L’abstention, de 54%, dans un pays de culture participative, a fait un bond de 34%.

L’abstention a donc été le véritable vainqueur du scrutin. Comment l’interpréter ? Faut-il l’attribuer à l’opposition qui a fait campagne en sa faveur ? Sans doute. Beaucoup de votants des partis Primero Justicia (droite), Voluntad Popular (droite) et Action Démocratique (centre gauche) sont restés chez eux. Le siège de ces partis, situés dans les beaux quartiers de Caracas, était, dimanche 20 mai, fermé à double tour. Les bureaux de vote de Chacao, fief de l’opposition, et des zones résidentielles étaient déserts. L’ex-président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, inlassable prédicateur de dialogue entre parties en conflit, s’est fait chahuter à la sortie de l’un de ces bureaux, celui du Colegio municipal Andrés Bello de Chacao. Cela dit, l’abstention oppositionnelle a une origine complémentaire. Celle de l’absence physique d’électeurs des classes moyennes et supérieures, exilées aux quatre coins des Amériques et en Espagne.

Mais il y a eu aussi un déficit important dans les quartiers populaires, perceptible tout au long de la journée à Catia ou Petare, périphéries de la capitale. L’abstention de l’électorat qui jusque là avait toujours voté PSUV, parti socialiste unifié du Venezuela, a été importante. Nicolás Maduro a perdu un capital de plus d’un million de voix d’une présidentielle à l’autre. Cette abstention là reflète la lassitude d’un petit peuple condamné à l’angoisse d’un quotidien chaque jour plus difficile. La pression vertigineuse de l’inflation –231% en 2017 ; 6147% en février 2018– a débordé les capacités monétaires du gouvernement. Les espèces ont disparu. Le «Bolivar» parallèle, illégal, et informatisé, a supplanté l’officiel. Les salaires, les bourses versées mensuellement, sont systématiquement en décalage avec la réalité des prix. La politique pour tous ceux qui courent après les Bolivars parallèles, qui leur permettront, à défaut de viande ou de poisson, d’acheter des œufs, a relégué la politique au second plan.

Que dire d’autre ? Les critiques émises sur la qualité de la démocratie vénézuélienne sont tout à la fois fondées et erronées. Elles sont fondées parce que l’expression du vote a été biaisée par un appareil public mobilisé en faveur de Nicolás Maduro. Le déséquilibre des moyens entre candidats était clairement palpable. Il était en effet difficile d’échapper aux affiches géantes à son effigie, apposées le long de grands axes routiers, aux discours en boucle du chef de l’État sortant diffusés par les chaînes de la télévision publique. Les meilleurs chanteurs de musique «llanera», style populaire prisé par une majorité, avaient été mobilisés par le président sortant. Le PSUV, sa formation partisane, avait pratiquement seul le moyen de déployer à proximité des centres de vote des stands de captation électorale.

Tout cela avait-il un caractère exceptionnel ? Non. C’est le cadre électoral habituel du Venezuela. Les consultations précédentes, la présidentielle de 2013, les législatives de 2015, se sont déroulées dans le même contexte. Celui de campagnes d’influence en faveur du candidat officiel s’appuyant sur les moyens de l’État. Celui aussi de la transparence des procédures électorales. La fraude est quasiment impossible. Tout a été informatisé. Les cartes d’identité qui valident la qualité d’électeur. L’expression du vote qui se fait au moyen de machines après vérification de l’empreinte digitale de l’électeur. La machine à voter «crache» un reçu anonyme au nom du candidat choisi, déposé par l’électeur dans une urne classique. Un double décompte des voix est effectué en fin d’opérations, confrontant ce que dit la machine au relevé manuel des reçus déposés dans l’urne classique. Le tout sous l’autorité d’électeurs tirés au sort pour veiller à la bonne tenue du scrutin et de «témoins», de délégués, désignés par les candidats en lice.

La vérité du vote étant assurée, il est donc possible pour une opposition unie, bien organisée, dotée d’un programme et d’un candidat crédibles, de l’emporter. L’opposition avait perdu, d’un cheveu, en 2013. Et gagné les parlementaires en 2015. Toutes choses faisant défaut à l’opposition en 2018. En déficit de stratégie, elle s’est partagée. Primera Justicia, Voluntad Popular et l’Action démocratique, après avoir tenté sans succès de trouver un candidat accepté par tous, ont tiré la toile. Et ont recommandé l’abstention, justifiée in fine, par le défaut de garanties démocratiques. D’autres, COPEI (la démocratie chrétienne), Avanzada Popular et le MAS (centre gauche) ont dénoncé l’erreur de la chaise vide et appuyé la candidature d’Henri Falcón, qui figurait en 2013 en bonne place sur le ticket présidentiel de l’opposition (candidat à la vice-présidence). Les participationnistes ont échoué. Faute d’un appui unanime de l’opposition. Puisque certains se sont abstenus. Et en l’absence de candidature unique. Il y avait en effet trois candidats d’opposition face à Nicolás Maduro.

La facture de ces ratés, fiasco de la politique économique du gouvernement, et incapacité de l’opposition à présenter une alternative crédible, s’annonce redoutable. L’opposition semble renoncer au combat politique et s’en remettre à l’ingérence étrangère. Les États-Unis, dans la foulée des sanctions prises contre l’Iran, ont annoncé des représailles économiques qui ne manqueront pas de déstabiliser un peu plus à défaut des dirigeants, tous ceux qui n’ont pas les moyens financiers de s’exiler. Les gouvernements latino-américains du groupe de Lima, douze pays dont les dirigeants sont idéologiquement à droite, ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs. En Europe, l’Espagne du président Mariano Rajoy (parti Populaire-droite) pousse l’Union européenne dans cette même voie.

Montré du doigt comme un fauteur de trouble anti-démocratique, le Venezuela mérite–t-il cette mise à l’index ? On l’a vu, la démocratie vénézuélienne au jour le jour, est en clair obscur. Mais cette réalité «grise» n’a rien de particulièrement exceptionnel en Amérique latine, comme ailleurs dans le monde. Le Brésil est présidé par un président intérimaire légitimé par un coup d’État parlementaire. En Chine et à Cuba, les électeurs ont le choix entre les candidats du Parti communiste et ceux du Parti communiste. Au Honduras, le chef de l’État sortant était inéligible. Il s’est pourtant présenté et a retrouvé le palais présidentiel au terme d’une campagne démocratiquement contestée. La Hongrie et la Turquie encadrent la démocratie et la liberté de la presse au bénéfice des tenants du pouvoir. La «Communauté internationale» s’en est-elle émue au point, comme dans le cas du Venezuela, de prendre des sanctions économiques à l’égard de ces pays et de rappeler ses ambassadeurs ?

Pays périphérique, marginal économiquement et militairement, à la différence de la Turquie, non membre de l’Union européenne, comme la Hongrie, et encore moins du Conseil de sécurité de l’ONU, comme la Chine, le Venezuela est un bouc-émissaire commode. Qui permet d’oublier les différends bilatéraux, multiples, entre États-Unis et Mexique, par exemple, ou entre Honduras et États-Unis sur les questions migratoires. Il offre aussi un argumentaire électoral instrumentalisé avec profit par les candidats conservateurs qui peinent à affronter leurs adversaires progressistes de centre gauche, comme on le voit actuellement en Colombie et au Mexique.

Moralité de cette histoire tragique. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Pour l’isoler aujourd’hui et acacroitre le désarroi et peut-être le mécontentement de la population. Et qui sait si ce calcul s’avérait inefficace pour légitimer ultérieurement une intervention armée, officielle ou déguisée, destinée à rétablir la «vraie» démocratie…

Jean-Jacques KOURLIANDSKY
Depuis Caracas

Cannes 2018, un palmarès très éclectique. Retour sur les prix décernés par sections

Clap de fin pour la 71e édition du festival de Cannes qui, pendant douze jours, a dévoilé des artistes et des films du monde entier. Sur la scène du Grand Théâtre Lumière, le maître des cérémonies, Edouard Baer, a accueilli le jury des longs métrages, présidé par Cate Blanchett, pour l’annonce du palmarès 2018. Bref compte-rendu des prix décernés par compétition.

Photo : extrait d’Une affaire de famille, Palme d’Or

En compétition officielle, Cate Blanchett et son jury ont couronné de très beaux films. Une affaire de famille (Palme d’Or) du Japonais Hidokazu Kore-eda, un habitué de la sélection, est un film très étonnant sur une famille pauvre qui vit chez la grand-mère et qui recueille une petite fille battue. L’Iranien Jafar Panahi, assigné à résidence dans son pays, réalise, dans Trois visages, un voyage avec son actrice dans un petit village perdu à la recherche d’une gamine qui veut s’inscrire au conservatoire. Il a obtenu le prix du scénario ex-æquo avec l’italienne Alice Rohrwacher pour Heureux comme Lazzaro. Capharnaüm, de l’actrice libanaise Nadine Labaki, a ému le public et a obtenu le prix du jury. Signalons aussi la reconnaissance de Spike Lee pour son film Blackkklandsman sur le Ku Klux Klan. Le prix de la mise en scène est allé à Cold war, réalisé par le Polonais Pawel Pawlikowski. Les prix d’interprétation ont récompensé une actrice kazakh et un acteur italien. Une Palme d’or spéciale a été attribuée à Jean-Luc Godard, maintenant âgé de 87 ans, pour son film très expérimental Le Livre d’image.

Aucun film latino n’était en compétition officielle si ce n’est Le Grand cirque mystique, présenté hors compétition et réalisé par le brésilien Carlos Diegues. Il aurait pu être signé par le chilien Alejandro Jodorowski. La vie de ce cirque durant un siècle, de sa grandeur à sa décadence, est remarquablement filmée.

Dans la section «Un certain regard», où le jury de Benicio del Toro a primé Border du Danois Ali Abbasi ; un film très curieux à la limite du fantastique dans lequel une douanière renifle les personnes pas très nettes. Le prix spécial du jury a été attribué au documentaire luso-brésilien Chuva é cantoria na aldeia dos mortos (Les morts et les autres) de João Salaviza et Renée Nader Messora ; l’histoire d’un jeune indigène Krahô vivant au nord du Brésil, qui fait des cauchemars depuis qu’il a perdu son père. Il doit organiser la cérémonie funéraire pour que l’esprit du père puisse rejoindre le village des morts et que le deuil prenne fin. Échappant à son devoir et refusant de devenir chaman, Ihjãc décide de s’enfuir vers la ville, loin de son peuple et de sa culture.

Le prix du jury pour l’interprétation a distingué le jeune belge Victor Polster pour sa remarquable performance d’hermaphrodite dans Girl de son compatriote Lukas Dhont. Le film a également reçu «La caméra d’or», prix prestigieux qui distingue le meilleur premier film toutes sections confondues et le prix de la presse.

À partir d’un fait historique, le film L’Ange décrit la vie d’un assassin, bel ange blond. Mais nous ne verrons pas les meurtres. Tout est suggéré. Pourtant, il manque quelque chose pour que nous soyons complètement satisfaits par ce film de l’Argentin Luis Ortega. Meurs, monstre, meurs est un film d’épouvante, deuxième film de l’Argentin Alejandro Fadel. En Patagonie, un monstre très laid tue des femmes en leur coupant la tète. Un inspecteur se lance à sa trace. On aurait mieux aimé ne pas voir la Bête, et que tout soit suggéré dans ces décors magnifiques de la région de Mendoza.

À la Quinzaine des Réalisateurs, qui fêtait cette année son cinquantième anniversaire, le film colombien de Cristina Gallego et de Ciro Guerra, Pájaros de Verano, était présenté en ouverture. C’est un film réussi sur les débuts du trafic de drogue en Colombie. Dans ce peuple Waayuu où le matriarcat est important, la demande américaine de marijuana des années 80 va introduire une guerre des clans. Se construit peu à peu un empire qui marque la fin d’une manière de vivre indigène. C’est la naissance des cartels de la drogue. Merveilleusement réalisé et parlé dans la langue des Wayuu, le film dévoile un aspect peu connu de l’histoire de la drogue en Colombie.

Los silencios de la brésilienne Beatriz Seigner est une histoire originale : une famille arrive sur une petite île au milieu de l’Amazonie, à la frontière du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Elle a fui le conflit armé en Colombie. Cette île est un peu mystérieuse car nous ne savons pas vraiment qui sont les vivants ou les morts. Réalisé avec beaucoup de force par une jeune réalisatrice, le film est très beau. Parler des morts et des disparus du conflit colombien de cette façon est une réussite.

Cómprame un revólver de Julio Hernández Cordón se déroule dans un Mexique intemporel où une petite fille, pour aider son junkie de père, porte un masque pour cacher sa féminité.

El Motoarrebatador de l’Argentin Agustín Toscano raconte l’histoire d’un voleur à moto qui arrache le sac d’une vieille dame. Pris de remords, il va s’occuper d’elle, devenue amnésique. Le film est réalisé avec beaucoup d’humour. Il a été tourné dans la région de Tucumán où «notre caractère, dit le réalisateur, ressemble plus à ceux des pays voisins comme le Chili qu’à celui de Buenos Aires». Ce fut vraiment une bonne surprise.

Enfin, le film chilien de l’Universidad de Chile, El verano del león eléctrico réalisé par Diego Céspedes, a reçu des mains de Bruno Bonello le premier prix de le Cinéfondation du Festival de Cannes. Cette sélection comprenait 17 films d’étudiants en cinéma choisis parmi 2 426 candidats en provenance de 512 écoles de cinéma dans le monde. Plusieurs de ces films seront projetés à la Cinémathèque de Paris le 11 juin.

Beaucoup de films cette année mettaient l’accent sur la guerre ou la mort. Les films de Cannes sont toujours un reflet de la société. Bien entendu le Festival défend la liberté de création. Une sélection, comme celle des cinéastes de l’Acid, montre des films originaux.

À la Semaine de la Critique, un programme présentait quatre courts du Festival mexicain de Morelia, également projetés à Paris à la Maison du Mexique.

Il est toujours important que le temps soit agréable pendant le festival pour pouvoir faire au moins une heure de queue sous le soleil. Ce ne fut pas le cas cette année. Les invitées devaient geler dans leurs belles robes de couturiers sur le red carpet (car on ne dit plus tapis rouge). Les autres étaient au cinéma ou regardaient sur les écrans du Palais, par Smartphone interposé, la conférence de presse de Jean-Luc Godard, resté à Rolle, en Suisse.

Alain LIATARD

Deux tribunes d’anciens dirigeants dans «Le Monde» pour sauver Lula de la prison

Depuis sa prison, l’ancien président brésilien Lula (2003-2010) clame son innocence dans une tribune au Monde et affirme qu’il est toujours candidat aux élections présidentielles d’octobre 2018. Dans le même temps, six anciens dirigeants européens, dont François Hollande, ont demandé la liberté pour Lula dans une seconde tribune pour qu’il puisse se présenter aux élections présidentielles, déclenchant l’ire du gouvernement brésilien.

Photo : La Jornada

L’appel lancé au Monde par François Hollande, le socialiste belge Elio Di Rupo, les Italiens sociaux-démocrates Massimo d’Alema, Enrico Letta et Romano Prodi, ainsi que l’Espagnol José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE), demande au Brésil d’autoriser Luiz Inácio Lula da Silva à se présenter aux élections présidentielles de 2018. L’ancien président français et les anciens chefs de gouvernement de la gauche européenne ont exprimé leur soutien à Lula, expliquant que «la lutte légitime et nécessaire contre la corruption ne peut justifier une opération qui remettrait en cause les principes de la démocratie et le droit des peuples à choisir ses gouvernants».

Attirer l’attention de la communauté internationale

La réponse ne s’est pas fait attendre du côté brésilien. Pour le ministre des Affaires étrangères Aloysio Nunes, cette prise de position constitue une violation de l’État de droit. «J’ai entendu avec incrédulité les déclarations de personnalités européennes qui, ayant perdu de l’audience chez elles, se sont arrogées le droit de donner des leçons sur le fonctionnement du système judiciaire brésilien», a réagi M. Nunes dans un communiqué.

Cette tribune fait suite à celle publiée par Lula également dans Le Monde la semaine dernière où l’ancien président brésilien affirmait sa volonté de se présenter aux élections en octobre 2018. Il clame son innocence et s’attaque virulemment au pouvoir en place de Michel Temer, en dénonçant d’abord le recul démocratique depuis la destitution de Dilma Roussef au profit de Michel Temer. Il s’attaque ensuite au virage néolibéral pris depuis 2016 et qui a réduit les droits sociaux dans un contexte de crise économique qui frappe durement les Brésiliens. Il défend surtout sa candidature en s’appuyant sur son bilan en tant que président : son aura internationale incontestable qui a propulsé le Brésil sur le devant de la scène internationale dans les années 2000 et la lutte contre la pauvreté qu’il a menée et qui a sorti 36 millions de Brésiliens de la misère. Il met également en avant le fait qu’il est le grand favori des sondages d’intention de vote, alors même qu’il est emprisonné depuis le 7 avril à Curitiba.

Course contre la montre pour Lula

Lula a en effet été condamné à 12 ans de prison pour «corruption passive» et «blanchiment d’argent» par le juge Sergio Moro, en charge de l’opération Lava Jato, vaste opération anti-corruption menée depuis 2014. Il est accusé d’avoir bénéficié d’un luxueux appartement par l’intermédiaire d’une entreprise de BTP. Avec cette condamnation, il est en théorie inéligible selon la justice électorale brésilienne, mais la loi électorale l’autorise malgré tout à participer à la campagne électorale depuis sa cellule, tant que le jugement du Tribunal supérieur électoral n’aura pas indiqué le contraire…

Officiellement, le Parti des Travailleurs (PT) compte toujours sur la candidature de son leader. Mais le PT serait en train de réfléchir à un «plan B», même si les noms évoqués, l’ancien gouverneur de Bahia Jacques Wagner et l’ancien préfet de São Paulo Fernando Haddad, ne semblent pas être en mesure de remporter un quelconque succès : ils recueillent seulement 2% d’intention de votes dans les sondages dans le cas où Lula ne serait pas candidat. Lula pourrait de son côté annoncer officiellement sa pré-candidature le dimanche 27 mai prochain afin de court-circuiter la possibilité d’un autre candidat que lui au PT.

Lula a en tout cas jusqu’au 15 août, date limite du dépôt des candidatures, pour jouer toutes ses cartes, y compris celle du soutien à l’international. Les multiples échéances réglementaires et juridiques du processus électoral brésilien laissent un calendrier potentiellement riche en rebondissements, où Lula tente de jouer finement la course contre la montre pour sauver le Brésil et surtout sa tête.

Gabriel VALLEJO

De multiples initiatives au-delà de la «semaine» de l’Amérique latine et des Caraïbes en France

Du 25 mai au 10 juin 2018, pour la cinquième année consécutive et sous l’impulsion du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, se tient la «semaine» de l’Amérique latine et des Caraïbes en France. Revenons sur l’histoire de cette initiative et profitons de cette occasion pour rendre hommage aux différentes institutions et organisations culturelles, telles que les Nouveaux Espaces Latinos, qui fourmillent tout au long de l’année pour enrichir le dialogue franco-latino-américain.

Photo : Présidence de la République

En France, en 2011, sous l’impulsion de l’ex-sénateur Jean-Pierre Bel, le 31 mai a été désigné comme date officielle de la «journée» nationale consacrée à l’Amérique latine. Quatre ans plus tard, le 4 juin 2015, le président François Hollande a tenu un discours à l’Élysée lors de la réception offerte à l’occasion de la semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes, dans lequel il souligne les liens entre la France et l’Amérique latine. «Notre proximité est due à l’histoire mais également à la géographie. C’est peu connu, y compris de mes compatriotes, la France, à travers ses collectivités des Antilles mais aussi la Guyane, fait partie de l’Amérique. Nous avons une longue frontière. La plus longue frontière de la France est en effet avec le Brésil et le Suriname. Je ne dis pas cela pour minimiser la relation forte que nous avons avec nos amis allemands ou espagnols mais c’est ainsi. […] Nous voulons aussi que la France fasse pleinement partie du continent latino-américain parce que nous portons des valeurs communes : valeurs d’indépendance, d’émancipation, de culture, de diversité, d’exception également pour nos langues que nous voulons offrir au monde. Nous voulons également que les défis de la planète, en particulier celui du réchauffement climatique, soient abordés ensemble

Bien que l’on parle de «journée» ou de «semaine» de l’Amérique latine, la présence du continent latino-américain est permanente en France. De nombreuses structures culturelles et associatives dont les moyens sont parfois très limités mais qui regorgent d’une force et d’une réactivité à toute épreuve, créent des événements dans le but de faire connaître la grande variété des expressions latino-américaines qu’elles soient cinématographiques, littéraires, musicales, photographiques ou encore théâtrales. Soulignons également les initiatives bilatérales, telles que le programme France-Colombie mis en place pour l’année 2017, qui se développent sur le plus long terme.

Cette semaine est aussi l’occasion d’adresser un clin d’œil à la Maison de l’Amérique latine de Paris, fondée en 1946 dans le sillage de la Résistance, sous l’impulsion du général de Gaulle et du ministère des Affaires étrangères et présidée depuis par Alain Rouquié, ancien ambassadeur de France au Salvador, au Mexique et au Brésil et directeur des Amériques et Caraïbes au ministère des Affaires étrangères. Haut lieu de la culture latino-américaine en France, cet espace culturel a fêté ses 70 ans en octobre 2016. À cette occasion, un numéro spécial du Monde, a été édité, comprenant une centaine de pages, sous le titre L’Amérique latine de A à Z. Aujourd’hui encore, le site web et la riche programmation culturelle de cette maison font d’elle un lieu incontournable des expressions latinos en France.

De son côté, depuis sa fondation en 1984 à Lyon, les Nouveaux Espaces Latinos n’ont jamais cessé de rayonner : une revue distribuée à l’échelle nationale, un site web dont la newsletter hebdomadaire diffuse les actualités du continent, et quatre festivals annuels aux programmations riches et créatives. Par ailleurs, toutes les mutations nécessaires ont été apportées à la structure pour en garantir la pérennité : on pense notamment au développement quotidien de toute la partie numérique qui a permis la création d’un réseau d’internautes et qui a donné lieu à la trimestrialisation de l’édition papier qui propose à présent davantage d’articles thématiques autour de la culture et des idées. L’implication quotidienne de bénévoles dévoués, depuis tant des années, témoigne vivement de la place que prend l’Amérique latine en France, où des réseaux se tissent pour véhiculer la flamme de sa présence.

Bien entendu Lyon et Paris ne sont pas isolées. Partout en France, de nombreuses villes manifestent régulièrement leur intérêt pour l’Amérique latine qui connaît désormais plusieurs temps forts tout au long de l’année. Le mois de mars, par exemple, laisse place aux festivals de cinéma latino-américains aux publics toujours plus nombreux. Pendant la période estivale, de nombreux évènements (on pense notamment au festival d’Avignon) convient des artistes du monde entier. La liste est longue, mais désormais, grâce aux technologies de la communication, les programmations culturelles autour de l’Amérique latine sont accessibles à tous.

En 2015 à l’Élysée, devant un parterre de représentants de la communauté franco latino-américaine, M. François Hollande terminait son discours par un vœu : «Voilà […] la signification que je voulais donner à cette Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. Une semaine où les relations entre la France et votre continent sont portées à leur niveau d’excellence. Une semaine où nous multiplions les initiatives. Une semaine que nous aurions envie de prolonger pendant les 51 autres. Mais nous voulons aussi – et nous y sommes prêts – que chacun de vos pays puisse consacrer une semaine à la France et, pour commencer, un jour, un jour et une nuit. Nous en serions très heureux. Vive l’Amérique latine et vive la France !»

Januario ESPINOSA

  • Le discours complet, les photos ainsi que l’historique de La Semaine sont en ligne sur notre site. ICI

Le tennis féminin des années 1990 au cœur de «La Perfection du revers» de Manuel Soriano

On peut lire des romans sur le monde du football ou sur les championnats d’échecs, comme récemment Une partie d’échecs avec mon grand-père d’Ariel Magnus (éd. Rivage). Sur le tennis, c’est plus rare, et c’est un autre Argentin, Manuel Soriano, qui nous y invite, avec cette biographie de la joueuse argentine Patricia Lukastic, jeune prodige dans les années 90 qui a dû renoncer à sa carrière à 21 ans et qui, vingt ans plus tard, demande à l’auteur de l’aider à rédiger ses mémoires.

Photo : éd. Actes Sud

Patricia Lukastic, connue sous son surnom de Luka, est une joueuse argentine à peu près oubliée de nos jours, qui a eu une période de gloire relative dans les années 90. En 1993, elle est tout de même arrivée à la 12ème place mondiale, à 19 ans. Elle a abandonné sa carrière à l’âge de 21 ans.

Une vingtaine d’années plus tard, retirée dans une propriété quelque part en Uruguay, elle contacte le narrateur, un journaliste, car elle «souhaite raconter une histoire», son histoire, probablement.

Sans transition, on plonge dans l’univers des compétitions et dans la vie privée des joueurs de haut niveau, disons plutôt dans l’absence de leur vie privée. D’un hôtel à l’autre, dans des chambres qui se ressemblent toutes, avec pour seule ouverture un ailleurs qui leur est interdit matérialisé par la vue d’un étage élevé sur une ville qui leur restera étrangère, inconnue, et pour seule présence celle, intermittente, du père, Elián.

Elián est lui-même le fils d’un immigrant polonais qui a tout fait pour que ses deux fils aux cheveux trop blonds en Argentine fassent oublier leurs origines. Son parcours, assez chaotique, sa passion pour la compétition (les échecs dans son cas), une passion qui n’a débouché sur rien de glorieux, se transforment en un besoin de revanche qui passera par sa fille : elle devra réussir ce qui chez lui n’a été qu’une ébauche.

Rien n’est occulté, le caractère solitaire, parfois ombrageux, de Luka, les frustrations de son père, la violence des années d’apprentissage et de préparation de la future athlète, visiblement très douée, mais qui n’est encore qu’une enfant, ce qui est volontairement ignoré de tous, à commencer par elle-même. Pour parvenir au niveau souhaité, il faut souffrir, et le dressage des chiots est d’ailleurs identique… et aussi efficace, une courte scène le montre parfaitement : il s’agit d’obtenir une agressivité qui serait à la fois impitoyable et civilisée.

Le passage vers une adolescence qui dans les faits ne peut pas se réaliser (un ou une jeune champion ou championne passe directement de l’enfance à une carrière d’adulte) est fait de hauts et de bas : un tournois gagné qui ne se répète pas peut être suivi par des mois de stagnation et de désespoir, plus encore pour le père que pour la fille. Il existe même un classement pseudo-officiel des pires parents de joueurs de tennis ! Il faut dire que, sans ressources particulières, les années d’entraînement, au moment où aucun sponsor ne s’est encore manifesté, coûtent une fortune.

On ne saura jamais ‒ et c’est heureux ‒ ce qui relève de la fiction, ce qui est authentique, ce que le temps a pu modifier des souvenirs probablement racontés par la vraie Patricia Lukastic au narrateur qui les aurait retranscrits et qui les offre sous cette forme romanesque. Ce qui est sûr, c’est que le lecteur a sous les yeux un superbe roman : la biographie d’une joueuse de tennis tombée dans l’oubli, un oubli général et une analyse très fine des relations entre une championne reconnue et son père, une recréation purement romanesque du récit d’une femme mûre, un document hyperréaliste sur la vie quotidienne d’une jeune vedette des courts. Un superbe roman, vraiment.

Christian ROINAT

La Perfection du revers de Manuel Soriano, traduit de l’espagnol (Argentine) par Delphine Valentin, éd. Actes Sud, 320 p., 22,50 € (version numérique 16,99 €). Manuel Soriano en espagnol : ¿Qué se sabe de Patricia Lukastic?, ed. Alfaguara, Buenos Aires.

Quand le rock était interdit au Mexique : portrait musical des années 90

«À quel moment le Mexique a-t-il été foutu?» peut-on se demander en utilisant la célèbre question que se pose Mario Vargas Llosa au début de son roman Conversation à la Cathédrale à propos de son pays, le Pérou. Beaucoup de Mexicains pensent que cela s’est passé dans la nuit du 2 octobre 1968, lors du massacre de Tlatelolco, quand ont été supprimées de nombreuses libertés, comme l’organisation de concerts de rock.

Photo : Trinity Mirror/Mirrorpix

Lors de l’organisation des Jeux olympiques d’été de Mexico de 1968, les étudiants ont réclamé un dialogue avec le président de l’époque, Gustavo Díaz Ordaz. La réponse du gouvernement est arrivée dix jours avant la célébration des Jeux, lors d’une manifestation pacifique : l’armée mexicaine a ouvert le feu sur les manifestants, donnant lieu à un massacre soldé par plusieurs centaines de morts. Tous les mouvements sociaux ont été interdits, des persécutions de la jeunesse ont été menées, par exemple la fermeture des «Hoyos Funki» –les trous funki étaient des petits espaces où l’on écoutait des groupes de rock– et surtout, l’interdiction faite aux artistes étrangers de se produire dans le pays.

Pour ma génération, dont la jeunesse s’est déroulée au cours des années 90, les concerts de rock étaient encore des évènements qui se produisaient sur d’autres planètes. Notre premier concert, nous y avons assisté grâce au film Stop Making Sense des Talking Heads projetaient dans les cinémas, annoncé par des affiches indiquant qu’il était interdit de danser sur les sièges. La vidéo du concert de The Cure in Orange est arrivée avec les premières vidéocassettes et on a appris que de vrais concerts étaient possibles en France. De plus, la fête avait lieu dans un ancien théâtre romain où l’on voyait de jeunes français qui dansaient le pogo ! Mais où était donc la police ? Pendant ce temps, au Mexique, on organisait des projections privées de ce concert avec des écrans multiples, pour imaginer que l’on dansait avec les Français.

Le premier artiste international qui s’est produit au Mexique n´a pas été très plébiscité par la jeunesse. Rod Stewart s’est présenté à Querétaro, loin de la ville de Mexico, pour décourager les gens de la capitale d’assister au concert. Malgré tout, il affichait complet. Le vrai miracle est arrivé en 1992, quand nous avons appris que The Cure serait à Monterrey, une ville proche du Texas, car Robert Smith, le chanteur, avait peur de prendre l’avion et voulait voyager en bus. Pour les habitants de la ville de Mexico, se rendre à ce concert a représenté un voyage épique, une nuit entière passée dans un train. À cette époque, le gouvernement prétendait qu’avec l’Accord de libre-échange nord-américain, le pays sortirait du tiers-monde «à la première minute du 1er janvier 1994», mais il n’avait pas prévu que ce jour serait plutôt marqué par le soulèvement de la guérilla de l’armée zapatiste.

Après le succès du concert de The Cure, sans heurts ni démêlés avec la police, tous les grands noms de la musique de l’époque sont venus au Mexique : Metallica, David Bowie, Madonna, Michael Jackson, Depeche Mode, et même des célébrités de la musique underground comme The Cramps, Ramones, Sepultura et Radiohead qui avait à l’époque un seul disque à son actif et qui s’est produit dans un local de karaoké à moitié vide.

Depuis l’année 2000, des concerts de rock ont lieu au Mexique chaque semaine, les festivals et la grande industrie se sont installés, même la bière Corona possède son propre festival. Se rendre à l’un de ces concerts ne représente plus une aventure extraordinaire. Mais qu’en est-il de ce début de dialogue avec le président demandé en 1968 ? ¡No tan rápido! (« Minute, papillon »), car on l’attend toujours.

Enrique ESCALONA

Enrique ESCALONA habite à Lyon. Il a écrit sur le rock au Mexique dans le livre Fuimos una banda de rock (Editorial Norma), qui a reçu le Prix National du roman de littérature jeunesse du Mexique en 2017. Son dernier livre, La moneda de la muerte, publié en 2018 aux Ediciones SM, est téléchargeable en version espagnole sur le site de la FNAC.

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