Archives mensuelles :

septembre 2013

Laura Alcoba : Le bleu des abeilles

Dans son premier livre, Manèges, écrit en français et publié en 2007, Laura Alcoba revenait sur ses souvenirs de la petite enfance, dans les années 70, à l’époque où ses parents, militants montoneros, tentaient d’échapper aux représailles du gouvernement argentin. Son père était déjà en prison et sa mère se cachait avec elle, avant d’être dénoncée et de devoir se réfugier en France.

Le bleu des abeilles, qui est en lice pour les Prix Médicis et Fémina 2013,  raconte l’arrivée de Laura à Paris et sa découverte d’un nouvel univers. La fillette a du mal à reconnaître dans la banlieue où sa mère s’est installée le Paris de ses livres de français, du mal aussi à mettre en pratique le français qu’on lui a appris à Buenos Aires. Mais elle a dix ans et à cet âge-là, l’adaptation se fait malgré tout, et plutôt facilement, même si son accent est la source de bien des complexes.

Elle ne perd pas le lien avec l’Argentine, les lettres hebdomadaires qu’elle partage avec son père toujours emprisonné lui permettent de rester en contact, un contact paradoxalement très profond, semble-t-il.

Laura Alcoba parvient parfaitement à faire partager les doutes de la fillette, sa volonté de fer sous une apparence de douceur, ses découvertes aussi : il n’y a aucun jugement de sa part ou de celle de l’auteure. Son style, comme dans ses livres précédents, est d’une grande pureté, ce qui fait du lecteur un être proche, capable de partager ses émotions, tout cela sans le moindre artifice. En littérature la simplicité n’est pas la chose la plus facile à réussir, c’est peut-être la qualité principale de ce court « roman ».

Christian ROINAT

Laura Alcoba : Le bleu des abeilles, Gallimard, 121 p., 15,90 €.

La justice mexicaine une fois encore sur le banc des accusés

La justice mexicaine a rejeté le dernier recours d’un professeur et confirmé sa condamnation à 60 ans de prison pour le meurtre de sept policiers. Une affaire qui rappelle le cas Florence Cassez et montre, une fois encore, qu’au Mexique, l’État de droit est défaillant et que la justice n’est pas indépendante.

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Mexique: assassinat de deux députés de gauche

Malgré les promesses du nouveau président Enrique Peña Nieto de renforcer la justice et de mettre fin aux abus de la police au Mexique, la liste des militants politiques assassinés s’allonge. En 48 heures, deux députés de gauche appartenant au PRD, le Parti révolutionnaire démocratique, ont été tués. Suite sur RFI>>

Colombie: un accord met fin à la grève des enseignants

Les enseignants et gouvernements colombiens ont fini par trouver un accord pour mettre fin à la grève qui a privé d’école 8 millions de Colombiens, mardi 10 septembre. Les enseignants réclamaient le paiement des arriérés de plusieurs mois de salaire, et l’amélioration de leur système de santé. Suite sur RFI>>

Chili : 40 ans après la mort de Salvador Allende, son souvenir est toujours vivace

Le Chili commémore ce mercredi 11 septembre les 40 ans du coup d’Etat mené par Augusto Pinochet qui a renversé en 1973 le président socialiste Salvador Allende démocratiquement élu. Allende, à l’époque, avait refusé de remettre son mandat aux militaires, il s’était donc suicidé dans le palais présidentiel. Un souvenir toujours vivace au Chili avec des commémorations aujourd’hui dans tout le pays.

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Temps des mea culpa au Chili

Au Chili, deux mois avant les élections présidentielles, entre manifestations étudiantes, nouvelles révélations sur les atrocités de la dictature militaire, actes commémoratifs, les mea culpa se multiplient à l’occasion des 40 ans du coup d’État du Général Augusto Pinochet, du 11 septembre 1973.

Les Chiliens affrontent une nouvelle fois un mois de septembre qui les ramène vers les années sombres du régime militaire dont les séquelles sont bien présentes au niveau des familles et de la vie politique du pays. Par la télévision chilienne, média jadis complice par omission, la population ne cesse de découvrir une partie de la vérité sur cette période et réclame la fin de l’impunité. Les déclarations de certains représentants de la droite pinochettiste et de l’extrême droite dénonçant le régime abjecte de Pinochet s’affrontent. Roberto Thieme, fondateur du mouvement Patrie et Liberté (groupe terroriste anti-Unité Populaire), accuse le gouvernement de Sebastián Piñera de compter dans son administration des complices de la dictature.

Le mercredi 4 septembre, à 43 ans de l’élection qui avait porté au pouvoir Salvador Allende (le 4 septembre 1970, avec 36,6% des voix), l’Association de magistrats présidée par le juge Rodrigo Cerda, a demandé « pardon » pour les « actions et omissions » de la justice, pendant la dictature.« L’heure est venue de demander  pardon aux victimes, à leurs proches et à la société chilienne, ont déclaré les juges. Nous devons le dire et le reconnaître clairement et avec force : le pouvoir judiciaire – et, en particulier, la Cour suprême de l’époque – a manqué à sa mission de garant des droits fondamentaux et de protection des victimes face aux abus de l’État. » Entre 1973 et 1990, environ 3 200 personnes sont mortes ou ont disparu, selon les organisations de défense des droits de l’homme. Plus de 5 000 demandes d’ habeas corpus (protection) pour les disparus ou les personnes détenues illégalement avaient été rejetées par les tribunaux chiliens. Actuellement, 1 400 procès pour violations des droits de l’Homme sont encore en cours, tandis que des milliers d’autres cas ne sont pas traités par la justice.

L’actuel président de la Cour suprême du Chili, Ruben Ballesteros, a reconnu sur CNN Chili, qu’à l’époque « la Cour suprême avait appuyé le coup d’État », mais il s’est refusé à demander pardon tant en son nom qu’au nom de la Cour, prétextant  « ne pas être en mesure de répondre au nom de son administration ». Il a cependant indiqué que la Cour suprême se prononcera prochainement sur la question.

Ces aveux viennent juste après d’autres déclarations plus politiques. La première, celle de Hernan Larraín, sénateur de droite, qui a demandé pardon pour « ne pas avoir participé à la réconciliation nationale ». Puis, celle plus surprenante, du président Sébastian Piñera – centre-droit – qui organise un acte officiel « sobre mais nécessaire » le 11 septembre pour le 40e anniversaire du putsch. L’opposition considère que les conditions ne sont pas réunies pour sa participation à cette cérémonie car des personnalités impliquées dans le gouvernement militaire y prendront part. L’opposition organise une autre manifestation commémorative dans le Musée de la Mémoire.

En effet, le mandataire chilien a répondu le samedi 7 septembre dernier aux questions des correspondants étrangers postés au Chili pour ce mois de septembre si symbolique. Il a affirmé qu’il faudrait encore des efforts de la part des responsables pour donner à connaître la vérité sur le sort des détenus-disparus. Il a exprimé aussi des critiques claires contre le pouvoir judiciaire à l’époque de la dictature. « La vérité et la justice sont deux impératifs moraux de toute société qui a vécu une période aussi traumatique que celle qu’a connu le Chili », a-t-il déclaré, d’après The Associated Press.

Il a remis également en question les médias chiliens qui “auraient dû enquêter avec plus de rigueur sur la situation des droits de l’homme et ne pas se conformer à la version officielle du gouvernement militaire ». « Il y eu de nombreux complices passifs qui savaient et qui n’ont rien fait ou qui n’ont pas voulu savoir », a-t-il ajouté. Il a provoqué avec ses déclarations le malaise d’Evelyn Matthei, la candidate de droite à l’élection présidentielle, qui aura lieu dans deux mois. Evelyn Matthei qui fut également ministre du Travail et de la Prévision sociale sous le gouvernement actuel entre 2011 et 2013, charge à laquelle elle a renoncé pour se porter candidate. Son père, le général Fernando Matthei fut membre de la Junte militaire (1978-1990), ministre de la Santé (1976-1978) et commandant en chef de l’Aviation (1978-1991). La candidate qui avait voté « Oui » en faveur de Pinochet, lors du plébiscite en 1988, et ne jouit que d’un niveau très bas dans les sondages, dit ne pas devoir demander pardon car elle « n’avait que 20 ans lors du coup d’État militaire ». Alberto Bachelet, général de l’Aviation, père de Michelle Bachelet, la candidate favorite pour les prochaines élections, après le coup d’État du 11 septembre 1973, fut accusé de « trahison », détenu et torturé par ses pairs. En mars 1974, il mourut d’un arrêt cardiaque dû aux mauvais traitements subis durant son emprisonnement, tandis que sa femme et sa fille étaient également incarcérées et torturées dans un autre centre de détention de Santiago. Le président Piñera s’est souvenu lors de cette même conférence de presse, que le 11 septembre 1973, il se trouvait aux États-Unis où il faisait son entrée à l’Université de Harvard, et qu’il avait suivi avec stupeur les événements de son pays. Et pour se démarquer de la droite pinochettiste, en bon politicien, il a tenu à préciser qu’il n’avait jamais soutenu la dictature et qu’il a toujours voté pour le Non – en 1978, en 1980 et en 1988 – mais il a cependant défendu « le miracle chilien », héritage du modèle économique des Chicago boys instauré par Pinochet.

Olga BARRY

 

La semaine du 2 au 8 septembre 2013

2 – BRÉSIL – Réunion ministérielle de crise, condamnations unanimes et convocation pour la deuxième fois en quelques semaines de l’ambassadeur américain à Brasilia, Thomas Shannon. Au lendemain de nouvelles révélations de cas présumés d’espionnage, le gouvernement de Dilma Rousseff n’en finit pas de marquer son indignation. Selon les derniers documents secrets de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine transmis à la chaîne brésilienne Globo TV par l’ancien consultant Edward Snowden et par son relais à Rio de Janeiro, le journaliste-blogueur Glenn Greenwald, la présidente a été l’objet d’une surveillance particulière de la part des  » grandes oreilles  » nord-américaines. Son téléphone, ses mails et SMS auraient été la cible de la NSA ainsi qu’un nombre indéfini de  » conseillers-clés  » de la dirigeante.

2 – MEXIQUE – C’est dans une ambiance de contestation que le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a présenté son premier bilan annuel de gouvernement. Neuf mois après son entrée en fonctions, son image d’homme d’Etat  » efficace  » qui prétend  » faire bouger le Mexique «  est malmenée par une vague de manifestations contre ses réformes de l’éducation et de l’énergie.

2 – PÉROU – Le Puno, le département du sud andin du Pérou le plus frappé par les chutes de neige de la semaine dernière et les gelées a besoin de 120.000 balles de foin pour les moutons et les lamas dont la laine est en forte demande. Plus de 20.000 animaux sont morts dans la région et près d’un demi-million sont affectés, selon l’Institut de la Défense Civile. Plus de 83.000 personnes sont touchées et les infections respiratoires devraient se multiplier. Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence dans 250 districts pauvres et sans chauffage où, au-dessus de 3500 mètres, les températures ont chuté jusqu’à -20 ° C. La superficie des cultures touchées s’élève à plus de 60.000 hectares.

2 – COLOMBIE – Les 16 ministres qui composent le cabinet du président Juan Manuel Santos ont présenté leur démission solennelle après un Conseil ministériel dans lequel ils ont évalué la dure semaine qu’a traversé le gouvernement colombien, qui a fait face à une grève nationale agraire durant 14 jours.

3 – BRÉSIL – Le Congrès a adopté une mesure historique en adoptant un amendement constitutionnel qui en termine avec le vote à bulletin secret dans toutes les décisions prises par les députés et les sénateurs. Il a fait l’unanimité des 452 députés présents, alors que seulement était nécessaire l’appui de 308. Pour être efficace, cette mesure doit maintenant être approuvée par le Sénat, où le président Renan Calheiros est contre l’annulation du scrutin secret en toutes les occasions. Selon lui, cela devrait être réservé uniquement au moment de décider la perte de mandat de l’un des législateurs.

4 – MEXIQUE – Après la Chambre des députés, le Sénat a ratifié la réforme de l’éducation. Les changements prévus dans la loi ont été fermement rejetés par le coordinateur national des travailleurs de l’Etat (CNTE), faction dissidente du Syndicat national des travailleurs de l’éducation. Malgré les protestations des enseignants, des sénateurs ont approuvé, – par 102 voix pour et 22 contre -, la loi générale du Servicio Profesional Docente (Service Professionnel de l’Enseignement), une norme qui établit l’évaluation des enseignants pour conserver leur emploi. La discussion de cette réforme a ajouté de nouvelles tensions au Pacte Mexique, l’accord annoncé entre les trois principales forces politiques du Mexique au début du gouvernement d’Enrique Peña Nieto.

5 – CHILI À l’ occasion du 40e anniversaire du coup d’Etat militaire qui a renversé Salvador Allende le 11 Septembre 1973, l’Association nationale des magistrats de l’ordre judiciaire du Chili a présenté ses excuses pour ses « omissions abusives de son rôle » pendant la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Arguant que le pouvoir judiciaire chilien aurait pu et dû faire beaucoup plus ; dans le document la magistrature assure qu’il n’est pas possible d’éluder sa  » responsabilité historique » dans la violation des droits de l’homme sous la dictature, qui a laissé 3.000 morts et 1.000 disparus jusqu’à aujourd’hui.

5 – COLOMBIE – Le président Juan Manuel Santos a annoncé les 5 changements dans les ministères de l’Intérieur, de la Justice, de l’Agriculture, de l’Environnement et des Mines et Energie, trois jours après la démission de tout son cabinet pour que le président puisse faire un réalignement politique face à la crise de gouvernance provoquée par la grève nationale des agriculteurs. Il a confirmé dans leurs charges 11 de ses 16 ministres. « C’est le cabinet de la paix et de l’unité » a-t-il révélé

8 – CHILI – Des dizaines de milliers de Chiliens ont défilé pour la défense des droits de l’homme, dans la capitale Santiago, à deux jours du quarantième anniversaire du coup d’Etat du général Augusto Pinochet. Des incidents entre une centaine de manifestants et la police ont eu lieu à la fin de la manifestation, qui a rassemblé environ 60 000 personnes selon les organisateurs. Cette marche est convoquée chaque année par l’Assemblée nationale des droits de l’homme. L’appel a été suivi par cinq fois plus de personnes que l’année passée. Les proches de victimes de la répression pendant la dictature portaient quelque 2 000 photographies de détenus et de disparus. « Depuis quarante ans, cette marche montre que nous ne nous lasserons pas de demander à savoir ce qui est advenu de nos détenus et de nos disparus, nous exigeons la justice et la vérité », explique Lorena Pizarro [photo], présidente du Groupe des familles de détenus et de disparus. La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait plus de 3 200 morts et plus de 38 000 personnes ont été torturées, selon des chiffres officiels. Le général Pinochet est mort le 10 décembre 2006 sans avoir été condamné par la justice.

Mexique : grand rassemblement contre la réforme énergétique à l’appel de Lopez Obrador

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 8 septembre contre les réformes énergétique et fiscale prévues par le gouvernement . Notamment l’ouverture de la compagnie des pétroles mexicains au secteur privé national et international. Un thème sensible dans ce pays très nationaliste. Ce rassemblement a été organisé dans le centre de Mexico, la capitale, à l’appel de l’ex-candidat de la gauche à la présidentielle, Andres Manuel Lopez Obrador.  Suite sur RFI>>

Brésil: Les manifestations anticorruption n’attirent plus les foules

De nouvelles manifestations ont eu lieu au Brésil à l’occasion de la fête nationale, samedi 7 septembre 2013. Des rassemblements beaucoup moins imposants qu’il y a deux mois. Le mouvement contre la corruption semble – pour le moment – s’effilocher. Suite sur RFI>>

Colombie: en pleine crise agraire, Juan Manuel Santos remanie son gouvernement

Au début de cette semaine, le gouvernement dans son ensemble avait présenté sa démission, alors que des milliers de paysans bloquaient les routes du pays. Le président Juan Manuel Santos change cinq ministres, et fait entrer dans son gouvernement des représentants de la gauche modérée colombienne.

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