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avril 2013

Semaine du 15 au 21 avril 2013

15 – VENEZUELA – Le Procureur général du Venezuela, a rapporté que les manifestations organisées à travers le pays pour exiger un nouveau dépouillement des votes exprimés lors de l’élection présidentielles ont fait sept morts et 61 blessés. Plus tôt, l’agence officielle, AVN, a signalé quatre décès dans les États de Miranda, Tachira et Falcon. Le Procureur Diaz Ortega a également annoncé l’arrestation de 135 personnes impliquées dans des actes de violence et qu’il allait ouvrir une enquête contre les détenus pour « incitation à la haine, à la désobéissance des lois et de la rébellion civile« .

17 – AMERIQUE LATINE – Les économies émergentes sont performantes grâce à des prix élevés des matières premières, des faibles taux d’intérêt comme du capital. Dans le cas des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, la Banque mondiale s’attend à croissance de 3,5 % de son PIB cette année, soit une amélioration de un demi-point de pourcentage par rapport à 2012. Ce taux de croissance est  proche de celui de la moyenne mondiale. La prévision est comparable à celle du Fonds monétaire international, qui se réfère à une croissance de 3,4% en 2013, quatre dixièmes de plus que l’an dernier, mais trois de moins que prévu en janvier. Elle remontera à 3,9% en 2014, un chiffre qui reste inchangé. La situation varie selon le pays. La stagnation du Venezuela et  la croissance timide de 1% en Jamaïque contraste avec une croissance de 6% au Pérou, de 9% au Panama  et de 11% au Paraguay. Argentine et Brésil rebondissent  à 3 % mais augmenteront l’année prochaine en dessous de la moyenne de  la région. La Bolivie, le Chili et la Colombie vont progresser à un taux compris entre 4 % et 5 %. « Ces taux de croissance sont bons, mais insuffisants pour suivre le rythme du progrès social« , selon les mots d’Augusto de la Torre, économiste en chef pour l’Amérique latine et les Caraïbes ; c’est pourquoi il invite les gouvernements à adopter des réformes pour stimuler la croissance.

17- CHILI – Après deux longues journées de procès, les sénateurs de centre-gauche et indépendants ont approuvé une accusation constitutionnelle contre le ministre de l’Education, Harald Bayer ; il a été démis de ses fonctions et interdit d’exercer des fonctions publiques pendant cinq ans. Le ministre est la troisième tête du portefeuille qui quitte l’exécutif depuis qu’a éclaté le conflit étudiant en 2011. Les étudiants, en juillet de cette année-là, ont réussi à chasser Joaquín Lavin. Le remplacement, Felipe Bulnes, a réussi à passer six mois dans le poste et en décembre  a présenté sa démission au président. Harald Beyer a été pendant 16 mois en charge de l’éducation d’un gouvernement qui devrait cesser d’exister dans moins d’une année avec la fin de l’administration Sebastián Piñera en mars 2014. Les lois du Chili, qui a un système présidentiel fort, donnent au Parlement la possibilité d’accuser un secrétaire d’État et de le destituer s’il porte atteinte à la Constitution. L’opposition a fondé son accusation contre Harald Beyer en trois chapitres: violation du principe d’intégrité, absence de contrôle hiérarchique et refus de contrôler le profit en dépit des plaintes. Les accusateurs  reprochent au  ministre de ne pas avoir agi promptement dans le cas de l’Universidad del Mar, une institution privée qui a été fermée en décembre 2012 pour diverses irrégularités. À la Chambre l’opposition et certains députés indépendants  ont approuvé le limogeage du ministre par 58 voix contre 56, après une forte pression des étudiants et le Sénat, par 20 voix  et 18 contre.

17 – ARGENTINE Une cour d’appel d’Argentine a statué en faveur du principal groupe de médias du pays, Clarin, dans son litige contre le droit des médias en 2009 engagé par le gouvernement de Cristina Fernandez de Kirchner. Les trois juges fédéraux ont décidé que Clarin ne doit pas renoncer à leurs licences d’opérateur de télévision par câble –  groupe qui contrôle 58% du marché – ni  les chaînes par abonnement. Il a été calculé que le groupe d’Ernestina Herrera de Noble et Hector Magnetto allait devoir laisser entre 150 et 200 licences de télévision et radio s’il se conformait à la loi adoptée par l’opposition de centre-gauche. Mais le tribunal a statué que Clarin doit seulement se conformer à un article, déclaré constitutionnel, qui limite le nombre de licences de canaux ouverts et de radios à un maximum de dix. Le groupe argentin qui avait entretenu de bonnes relations avec la dictature militaire (1976-1983), mais aussi avec le gouvernement de Nestor Kirchner (2003-2007), dit qu’il a seulement 11 licences et que pour cela il devrait donc en vendre un. Au lieu de cela, l’Autorité Fédérale de Services de Communication Audiovisuelle (AFSCA) l’accuse d’en posséder 25, alors qu’il devrait s’en défaire de 15. Le tribunal a aussi déclaré constitutionnelle l’obligation pour les groupes de respecter la limite de désinvestir dans l’année suivant l’adoption de la loi, ce qui s’est déjà passé de plus de trois ans. Bien que les juges aient validé une partie de la loi sur les médias audiovisuels, leurs contestations de la loi permettront d’éviter le démantèlement de Groupe Clarin et aussi de profiter à d’autres concurrents plus petits. Le gouvernement a rejeté cette décision et a annoncé qu’elle fera appel devant la Cour suprême.

18 – MEXIQUE – Le général de l’armée mexicaine, Thomas Angeles Dauahare, petit-fils d’un héros de la révolution, qui est en prison depuis mai 2012, accusé par le précédent gouvernement du Mexique pour crime de liens avec le trafic de drogue, a été libéré. Le procureur général de la République, Jesús Murillo Karam, a certifié qu’il n’y a aucune preuve de culpabilité et qu’il n’y avait pas lieu de continuer le procès. La libération de Thomas Angeles, a été confirmée quelques heures plus tard par un juge et ouvre la voie à un même traitement pour les trois autres militaires arrêtés dans des circonstances similaires, le général de brigade Roberto Dawe Gonzalez, le major-général à la retraite Ricardo Escocia Vargas et le lieutenant-colonel lui aussi retraité  Jesús Hernández Soto. Thomas Angeles, cependant, était le seul qui a déjà demandé la sentence tandis que les autres poursuivent leur procès. Les quatre ont été accusés de liens avec le trafic de drogue organisé dans l’armée, un élément clé dans la guerre contre la drogue que Felipe Calderon a ouverte en 2006 et a coûté la vie à  plus de 70.000 personnes. Les experts universitaires du monde militaire pensent qu’il y avait des motivations politiques derrière les arrestations et qu’il était peu probable que quelqu’un comme Thomas Angeles –  qui a participé à la campagne de Peña Nieto – émargeait à la pègre. Il avait une grande influence dans les forces armées, où il était sous-secrétaire (vice-ministre). Le général lui-même a traqué des collègues impliqués dans le trafic de drogues. Son avocat, Ricardo Sanchez Reyes, a dit que se termine par une injustice et interprété dans la décision politique. « La décision prouve la responsabilité de Peña Nieto de redresser les torts de l’administration précédente. »

18 – ARGENTINE Un million d’Argentins sont descendus dans les rues de Buenos Aires pour l’une des plus importantes manifestations anti-gouvernementales depuis des années, qui illustre l’ampleur de la colère de l’opinion face à la dégradation de la situation économique et les projets de réforme des médias et de la justice. Nombreux étaient les manifestants à frapper des casseroles, forme traditionnelle de protestation en Amérique latine, tandis que d’autres brandissaient des pancartes avec ces slogans :  » Argentine, réveille-toi ! «  et  » Cristina corrompue ! « , allusion à la présidente, éclaboussée par un scandale de blanchiment d’argent à l’étranger. D’autres manifestations étaient organisées en province.

18 – GUATEMALA – Coup de théâtre au Guatemala, où le procès pour génocide de l’ancien dictateur Efrain Rios Montt a été annulé, alors qu’il touchait à sa fin.  » La Cour constitutionnelle et la Cour suprême de justice l’ont ordonné « , a déclaré la juge de première instance Carol Patricia Flores, en annonçant l’annulation du procès qui s’était ouvert le 19 mars. Plus d’une centaine de témoins et d’experts ont décrit l’horreur des massacres durant le régime du général Rios Montt, au pouvoir de mars 1982 à août 1983. Avec son ancien chef du renseignement militaire, le général José Mauricio Rodriguez, il est accusé d’être responsable du massacre de 1 771 Mayas de l’ethnie Ixile, au plus fort de la guerre civile qui a fait plus de 200 000 morts entre 1960 et 1996. La procureure générale Claudia Paz y Paz s’est immédiatement opposée à la décision de la juge Flores, annonçant que  » tous les moyens à sa portée seraient utilisés pour la renverser « .

18 – AMÉRIQUE LATINE – Le journaliste, essayiste et écrivain mexicain Sergio Gonzalez Rodriguez (né à Mexico en 1950) a été désigné lauréat de la huitième version de la prestigieuse Casa America Catalunya à la Liberté d’expression en Amérique latine. González Rodríguez, connu pour ses recherches sur les femmes mortes de Juarez dans les années quatre-vingt-dix, a dédié ce prix à des journalistes qui sont morts dans l’exercice de leur profession au Mexique, considérés par Reporters sans frontières comme l’un des pays les plus dangereux au monde à pratiquer le journalisme, dans ce pays d’Amérique latine. Au moins 80 journalistes ont été tués au Mexique depuis 2000 et 18 autres ont été portées disparues. « La première chose que je veux dire merci pour ce prix, c’est que je veux l’étendre à ces personnes-là« , a-t-il dit lors d’une conversation téléphonique. Les autres lauréats du prix, que décerne la centenaire institution catalane, sont la journaliste chilienne Mónica Pérez, le Nicaraguayen Pedro Joaquin Chamorro et la Mexicaine Lydia Cacho.

19 – VENEZUELA – Nicolas Maduro a été investi à la présidence du Venezuela, succédant ainsi à son défunt mentor Hugo Chavez, au terme d’une violente crise politique ouverte par le refus de l’opposition d’admettre sa victoire. L’héritier du charismatique dirigeant socialiste élu avec une courte avance de 1,8 %, face au chef de l’opposition Henrique Capriles, a prêté serment en présence d’une vingtaine de dignitaires étrangers. Choisi comme dauphin peu avant sa mort par l’ancien homme fort du Venezuela, emporté le 5 mars par un cancer, le nouveau président a obtenu la reconnaissance de la quasi-totalité des pays latino-américains. Après plusieurs jours de vives tensions, le climat s’est nettement détendu après que le Conseil national électoral (CNE) a accepté in extremis de procéder à une vérification de l’ensemble des urnes, comme le réclamait inlassablement l’opposition.

19 – ARGENTINE – Un tribunal de Buenos Aires a condamné l’un des dirigeants syndicaux les plus puissants de l’Argentine, le cheminot péroniste José Pedraza, pour avoir provoqué en 2010 une attaque de militants de gauche qui a pris fin avec la mort d’un jeune de 23 ans, Mariano Ferreyra, et des blessures par balles de trois autres. L’affaire est arrivée à avoir un tel impact dans les médias que même footballeur Lionel Messi, habituellement loin des causes politiques, a posé avec un T-shirt argentin avec le nom Ferreyra, en solidarité avec sa famille. L’assassinat eu lieu sur route où des trotskistes du petit Partido Obrero (PO) s’étaient réunis pour exiger la constitution d’une coopérative des employés privatisés dépendant de l’Union Ferroviaria concessionnaire privé des trains de banlieue. La justice a établi que José Pedraza et son adjoint ont appelé par téléphone les militants de l’Union Ferroviaria pour qu’ils sévissent contre la protestation. C’est ainsi que plusieurs d’entre eux sont venus armés et ont commencé à tirer. Mariano Ferreyra, qui était un leader étudiant à l’université de la PO, a été tué par balle dans l’estomac. Deux employés de chemin de fer et un membre d’un club de football recrutés pour l’attaque, ont été condamnés à 18 ans de prison comme auteurs de l’assassinat et de trois tentatives de meurtre. José Pedraza et son adjoint ont été condamnés, à 15 ans de prison. Trois autres membres du syndicat doivent passer entre huit et 11 ans derrière les barreaux pour complicité.

21 – PARAGUAY – Le riche entrepreneur Horacio Cartès [photo de la une] du parti Colorado a remporté l’élection présidentielle au Paraguay contre le candidat libéral Efrain Alegre. Le politicien ramène ainsi au pouvoir le parti hégémonique de droite Colorado, qui a déjà gouverné le pays de 1947 à 2008, y compris pendant la dictature de 35 ans d’Alfredo Stroessner. D’après les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, Horacio Cartès, 56 ans, totalise plus de 46% des voix, devant l’autre candidat de droite, Efrain Alegre, du Parti libéral, qui a rassemblé 37% des suffrages, selon les résultats préliminaires du Tribunal supérieur de justice électoral (TSJE). Le TSJE a proclamé Horacio Cartès vainqueur. Peu avant, Efrain Alegre avait reconnu sa défaite. Le candidat de la gauche, affaiblie par ses divisions, Mario Ferreiro, arrive en troisième position (6%). La participation a atteint près de 70%, selon le TSJE. Les 3,5 millions d’électeurs appelés aux urnes ont élu 45 sénateurs, 80 députés, les gouverneurs des 17 départements et les représentants du Parlasur, assemblée du Mercosur. Au Sénat, le Parti Colorado a obtenu la majorité absolue (23 sièges), selon les sondages. Pour la première fois, les Paraguayens exilés en Argentine, aux Etats-Unis ou en Espagne pouvaient voter. Faute de pouvoir se présenter une deuxième fois, le président destitué par l’opposition de droite en juin 2012, Fernando Lugo a brigué et obtenu un siège de sénateur.

21 – BRESIL – Le juge Jose Augusto Marzagao vient de condamner à Sao Paulo 23 policiers à 156 ans de prison pour le meurtre de 13 détenus lors du plus grand massacre de l’histoire du Brésil survenu dans une prison, en 1992. Trois officiers ont été acquittés. Cent onze détenus avaient été tués par balles dans le pénitencier Carandiru, à Sao Paulo. A l’époque, le centre carcéral était considéré comme le plus grand d’Amérique latine avec 7 257 détenus, le double de sa capacité. Cinquante-trois policiers – dont un tiers est encore en activité – devront répondre du meurtre d’autres détenus dans les mois qui viennent. Le verdict a été salué par la plupart des organisations de défense des droits de l’homme.

Guy MANSUY

 

Rencontre avec Joghis Seudyn Aris, interprète de La Sirga

« La Sirga » est un film colombien d’un jeune cinéaste William Vega. Au fond d’une campagne belle et désolée, au bord d’un lac, une jeune fille vient  se réfugier chez son oncle après que son village fut incendié. Il s’agit d’une auberge balayée par les vents qui espère en vain l’arrivée de touristes. Une certaine forme d’espoir compte  sur un changement peut-être proche. Par de très belles images et là aussi par des touches poétiques, le jeune cinéaste  nous fait entrer dans sa vision du monde, éludant toute violence.

Nous vous proposons un entretien
avec Joghis Seudyn Aris,
interprète du rôle d’Alicia dans « La Sirga » 

Comment s’est déroulé le tournage ? Comment t’es-tu sentie pendant ce tournage ?

Le climat était très très fort et le froid était incroyable, impressionnant. Mais ceci a été une aide pour que le personnage sorte comme il est sorti. Cette alliance entre le climat intense, fort, profond du tournage et le froid du climat,.., en fait ceci a permis que le personnage  soit mieux représenté, mieux perçu, je pense. Le froid nous met dans une certaine quiétude, ceci a permis de mieux sentir le personnage et le représenter le mieux possible, que je puisse l’interpréter de la meilleure façon, je crois. Le tournage a demandé beaucoup de travail, presque deux mois. Un travail constant, tous les jours, travail intense pour trouver, chercher, comment représenter ce personnage, l’interpréter le mieux possible. Chercher et travailler sur les mises en situation des scènes filmées.

Où a eu lieu le tournage ?

 Il s’est déroulé à la Laguna de la Cocha, près de Pasto, en Colombie.

Quelle saison a été choisie ? Pourquoi avoir choisi cette saison ?

Toujours le froid, l’époque de la saison la plus froide, toujours le froid…

D’où viens-tu ? Tu es originaire d’où ?

Je suis née dans une partie de la vallée du Cauca, proche de Cali, Colombie. Mais j’ai grandi, j’ai vécu longtemps à Florencia, Caqueta, une zone assez touchée par le conflit armé, où la vie, l’ambiance est très dure, forte. Ensuite je suis allée à Cali pour étudier, je suis actrice professionnelle, j’ai fait une licence en Art dramatique à l’Universidad del Valle. Et c’est là où j’ai rencontré Willie Vega, et donc eu  l’opportunité de me  remémorer, tous ces lieux où j’avais vécus avec ma famille.

C’est ton premier rôle ?

Non, depuis huit ans je joue pour le théâtre, je fais beaucoup de théâtre. Mais je n’avais jamais fait de cinéma. C’est mon premier rôle de ce genre. Je suis très heureuse parce que c’est un travail totalement différent de celui du théâtre. Vous avez vu que le personnage est  très « parco » (sobre), très fin, subtil, très serein, silencieux, et le théâtre, c’est complètement différent.  Les deux sont complémentaires car dans les deux on joue.

Et la rencontre avec Walter ?

Il a réalisé  un casting totalement différent à ce que l’on appelle habituellement un casting,  car la rencontre a été un moment de conversation, d’échanges, pour parler. Il a posé des questions sur la vie, notre vie, notre histoire comme personne, … très différent, très humain, et non pas un casting pour jouer une scène, plutôt une rencontre entre deux personnes. C’est ce qui a été le plus beau car en fait tout a commencé ainsi. Le film est une rencontre entre frères, amis, entre personnes, toute l’équipe est très unie, ils ont étudié ensemble,  ils sont tous très liés les uns entre les autres. Il ne s’agissait pas de jouer lors de cette première rencontre. Mais par la suite, ils ont organisé ce type d’épreuves.

Et là où tu as vécu tu nous expliquais que tu as souffert de la violence ?

Si, un peu. Et c’est le côté intéressant du film. Une partie de mon histoire est assez forte, car mon père, mon grand-père, les générations de ma famille ont été frappées par la guérilla colombienne. Mon père a été assassiné par la guérilla, mon grand-père a été tué par la guérilla, un frère, c’est-à-dire que tout ça  je l’ai vécu  de manière directe, tout le temps et ceci est très fort, dur, … chez moi c’est dur,…  c’est encore très dur pour ma famille d’avoir à affronter cette situation de manière aussi directe, d’être frappée de plein fouet, … Car ceux qui vivent dans des zones urbaines, dans la capitale, les grandes villes de Colombie, ils ne vivent pas ça de cette manière aussi directe sinon à travers ce qu’en disent les médias tandis que pour moi je le vis de manière permanente. J’ai adoré le film, je l’ai vu hier pour la première fois, car il touche ce thème de manière très subtil, de manière distante, avec recul,  d’une manière très belle qui montre le moment, le lieu, et tout très profondément, comme de l’intérieur, tout est de l’intérieur. Ce n’est pas ce qui arrive dans ma vie,  ce que j’ai vécu, voir des moments  de la vie de ma famille, c’est totalement différent. Et c’est ce qui est le plus beau du film qui est calme, tranquille, il traite le sujet de façon précise et subtile.

Tu étais vraiment très bien dans ces scènes où tu exprime ta vie intérieure.

Merci beaucoup. Mais je crois que c’est ça, une force intérieure, un complément de la formation que j’ai eu comme actrice, jusqu’à aujourd’hui, je sais comment le jouer, le faire, mais c’est aussi le souvenir constant de toutes ces types de situations, sensations, émotions que j’ai vécues, et que je vis encore…

Ce serait aussi pour ça que l’on t’a choisie, car tu as vécu de près ces situations…

Bien-sûr, ceci a beaucoup influencé le choix, et ce que dit Willie (Vega) est très juste. Il veut des acteurs  qui « sont »dans le jeu, car ils l’ont vécu réellement et alors ils peuvent être eux-mêmes, se découvrir  perpétuellement.

Comme beaucoup d’introvertis dans la vie… rire… … nous le sommes tous et nous se savons pas exprimer les choses.

Dans le film il y a aussi beaucoup de silence, et ceci est plus important que ce qui se passe à l’extérieur,… C’est plus important ce que les personnages perçoivent que ce qu’ils ont le temps de dire en mots, ils sont toujours là, présents… je crois que c’est un style courant de cette région de la Laguna, j’imagine…

Tes projets ?

Sur le plan professionnel, de l’actrice,  je suis « tranquille » pourrait-on dire. Je suis chargée de la partie Direction/Réalisation, et du travail social, beaucoup de travail social…

Comment ? C’est-à-dire ?

C’est aider les gens, aider les enfants à travers le théâtre. Les aider à organiser des ateliers de théâtre, de comment diriger, monter des projets, des œuvres. J’enseigne dans des collèges.

Où ça ?

A Florencia Caqueta.  Je suis actuellement à Florencia.

Très bien. Des projets de films, théâtre ?

 Pas pour le moment.

Entretien réalisé par
Alain LIATARD et Maité GORDON *

* Á Cannes le 20 mai 2012 et traduit par Catherine Collet Pintado. Vous trouverez l’entretien avec le réalisateur dans le dernier numéro d’Espaces Latinos n° 275 mars-avril 2013.
Voir bande d’annonce.

Pérou : mobilisation d’une ONG contre un projet gazier menaçant une réserve d’Indiens isolés

L’organisation Survival a manifesté le 23 avril devant les ambassades et les consulats péruviens de Paris, Londres, Berlin, Madrid et San Francisco contre un projet gazier en Amazonie péruvienne. Un projet qui menace la survie d’Indiens isolés. Mais le gouvernement du Pérou ne semble pas perturbé par cette mobilisation.

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Paraguay : Horacio Cartes élu président selon les sondages

Le riche entrepreneur Horacio Cartes a remporté haut la main l’élection présidentielle du 21 avril au Paraguay, selon des sondages réalisés à la sortie des urnes confirmés par les résultats partiels. Avec 50,8% des voix, il devance nettement le candidat du Parti libéral Efraín Alegre (37 %). Cette victoire marque le retour au pouvoir du parti Colorado, formation de centre-droit, qui a déjà gouverné le pays de 1954 à 2008. La gauche, qui était arrivée au pouvoir en 2008 avec Fernando Lugo, se présentait divisée et n’a pas pesé sur le scrutin.

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Brésil: 156 ans de prison pour les auteurs du « massacre de Carandiru »

C’est un verdict qui était très attendu au Brésil et qui cible directement les policiers qui avaient participé à la répression d’une mutinerie dans une prison surpeuplée de Sao Paulo. Vingt-trois policiers viennent d’être condamnés à 156 ans de prison chacun. Le massacre remonte à  plus de 20 ans, en 1992. Les forces de l’ordre avaient abattu 111 détenus.

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Avant Cannes 2013, allez voir le film colombien « La Playa »

Les films présentés à Cannes se pressent sur les écrans avant l’annonce des prochaines sélections. Trois films latinos sortiront dans la seconde quinzaine d’Avril et quatre autres sont annoncés pour début mai.

La playa,  qui sort ce mercredi 17  avril, est un film colombien de Juan Andrés Arango. Tomás, un jeune afro-colombien qui a dû fuir son village et la guerre, vit maintenant dans le quartier de La Playa, à Bogotá. Pour un jeune noir trouver sa place dans une ville traditionnellement blanche est une lutte de tous les instants. Tomás s’affirme peu à peu dans la coiffure, héritage historique des esclaves qui traçaient sur les cheveux des enfants les routes qui leurs permettraient de s’échapper. Voici un film vraiment original. Le cinéma colombien urbain, lorsqu’il parle de la guerre et de la pauvreté, s’attaque à la drogue et aux narcotrafiquants. Dans ce film, le réalisateur s’attache à la population d’origine africaine vivant dans des bidonvilles et à sa culture. C’est filmé à la main, avec des gros plans suivant ces trois frères à la recherche d’une vie meilleure

3, chronique d’une famille singulière

3, chronique d'une famille singulière

Rodolfo vit une existence vide et froide auprès de sa deuxième épouse. Tandis que sa première femme Graciela et leur fille adolescente Ana traversent des moments décisifs de leur vie, Rodolfo va discrètement tenter de retrouver la place qu’il avait auprès d’elles avant de les abandonner dix ans plus tôt. En effet Graciela déprime après s’être séparé de son mari, jusqu’à ce qu’elle rencontre un aidant à l’hôpital qui s’occupe de sa tante en fin de vie. Ana, sa fille est une adolescente difficile qui ne pense qu’au sexe. Un film de Pablo  Stoll Ward coréalisateur avec Juan Pablo Rebella du célèbre Whisky. Avec Humberto De Vargas, Sara Bessio, Anaclara Ferreyra Palfy.

« Oui, pour moi, dit Pablo Stoll, c’est une comédie  sur l’égoïsme. Il me semble qu’un personnage comme Rodolfo est extrêmement égoïste. Il utilise tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre ses objectifs. Ana aussi utilise les situations à son avantage, sans trop se soucier de ce qui peut arriver à son père, à sa mère, à son petit ami… Elle a besoin de se comporter de la sorte. Graciela agit de la même manière, elle reste égoïstement dans une situation dans laquelle elle sait ce qui va se passer. Mais c’est une situation dans laquelle elle a tout. Il s’agit de trois personnages qui pourraient être seuls, mais qui préfèrent ne pas vivre cette solitude, tout en sachant que ce qu’ils doivent faire est une chose qui n’a rien à voir avec la vérité. Tout le temps, c’est : « Oui, mais non », « ça me sert et en même temps non  », comme de prendre ce que vous voulez de la famille et de laisser ce que vous ne voulez pas. Cela amène des situations un peu ridicules qui, pour moi, sont drôles et tragiques à la fois ». Cette tragicomédie est un peu lente même si elle est bien rythmée et bien interprétée, et digne de la comédie à l’uruguayenne.

Uruguay/Argentine/Allemagne – 2012 – 115 min. Sort le 24 avril.

 Alain LIATARD

Colombie, 9 avril, une marche pour la paix

Près de 1 million de Colombiens ont défilé aux cris de « Somos generación de paz , somos más , ahora sí la paz «   dans les rues de Bogotá et dans d’autres villes du pays pour soutenir les négociations de paix qui ont commencé officiellement entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les Farc en octobre dernier, d’abord à Oslo puis à Cuba. Peut-être un moment historique pour la Colombie qui connaît un conflit armé depuis près de soixante ans, causant près de 600 000 victimes, 15 000 disparus et 4 millions de déplacés. Tout avait commencé aussi un 9 avril. 1948 avec l’assassinat du chef du Parti Libéral. Jorge Eliecer Gaitán. Cela provoqua de sanglantes émeutes à Bogotá qui tournèrent à la guerre civile (plus de 200 000 morts).

Cette marche était organisée à l’appel de l’ancienne sénatrice Piedad Córdoba, le parlementaire Iván Cepeda, le représentant étudiant David Flores, Carlos Lozano du PC et le nouveau Mouvement Politique et Social Marcha Patriótica, créé en 2010. « Nous invitons le pays à venir le 9 avril pour défendre le processus de paix et exiger une solution politique au conflit sur la base d’une démocratisation et d’une paix avec la justice sociale ». Marcha Patriotique rassemble 80 000 personnes et représente plus de 1 500 organisations locales et nationales, indiennes, étudiantes, syndicales, paysannes, afro colombiennes…

Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, un président en personne, Juan Manuel Santos s’est associé à la marche pour rendre hommage aussi aux milliers de victimes et en allant en particulier se recueillir devant le monument qui rappelle les soldats et policiers tombés au combat. « Aucun pays de la planète n’a souffert d’un aussi long conflit que nous. La Colombie a aujourd’hui l’opportunité de changer son histoire Il est temps de croire que notre pays n’est pas condamné à encore des années de violence. Recherchons l’unité et non la division, le consensus et non l’affrontement « . D’un geste symbolique le président Santos et le maire de Bogotá, ex guérillero du M. 19, Gustavo Petro ont planté un palmier de la paix, l’arbre national de la Colombie. Les négociateurs des Farc avaient aussi envoyé un message de soutien pour cette marche : « Nous nous joignons aussi à cette clameur pour la paix ».La plupart des partis politiques, la gauche avec le nouveau parti Progresista et les Verts s’étaient joints à la marche. Par contre le parti de gauche Polo Democrático avait refusé d’y participer voyant une manipulation du président Santos pour obtenir sa réélection en 2014.

Mais le plus hostile, le plus virulent à cette manifestation et à ce processus de paix c’est l’ancien président Álvaro Uribe (Juan Manuel Santos avait été son ministre de la Défense). Uribe dénonce ces négociations, accuse Santos de faiblesse pour négocier avec des « terroristes et ainsi légitimer les Farc ». Deux hommes dont l’un Uribe s’appuyait surtout sur les grands propriétaires terriens et avait des liens avec les groupes paramilitaires, et de l’autre Santos, plus diplomate qui s’appuie davantage sur la grande bourgeoisie liée directement aux multinationales et qui ainsi avec la paix retrouvée pourrait créer un nouveau climat de sécurité pour les investisseurs ! La fin du conflit intéresse donc l’oligarchie urbaine pour des raisons surtout économiques. Un autre ex-président s’oppose aux négociations : c’est Andrés Pastrana, Il accuse Santos, son ancien ministre des Finances, de se préparer à faire de trop grandes concessions dans le seul but d’être réélu.

 Mais les négociations de paix avaient d’abord été préparées en secret depuis février 2012.  D’un côté la guérilla des Farc avait montré des signes de bonne volonté en libérant unilatéralement des prisonniers militaires et policiers puis en s’engageant à ne plus commettre de prise d’otages. De l’autre, le vote par le Congrès en 2011 d’une loi historique visant à la restitution des terres aux paysans (4 millions d’hectares pris par les grands propriétaires, ou paramilitaires ou narcotrafiquants qui ont entraîné des déplacements massifs, alors que déjà 0,4 % des propriétaires possèdent 61,2 % des terres cultivables). Le vote d’une loi prévoyant l’indemnisation pour les victimes du conflit, et un texte qui instaure un système de justice transitionnelle.

Ainsi a été signé « un accord pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable » en cours de négociation à La Havane entre les représentants de la guérilla avec en particulier Ivan Márquez, et Rodrigo Granda, et l’arrivée début avril du commandant du Bloc oriental des Farc « Pablo Catatumbo ». Du côté du pouvoir Humberto De la Calle, ex vice président, des commissaires à la paix Sergio Jaramillo et Franck Pearl des militaires et chefs d’entreprise. Les pourparlers portent sur six points : politique de développement agricole intégral (en particulier le problème central du conflit celui de la répartition des terres), la participation politique et réinsertion des acteurs, la fin du conflit (cessez le feu : pour le moment le président Santos refuse une trêve multilatérale pendant les négociations), une solution au problème des drogues illicites, victimes et réparations (avec la création d’une Commission vérité) et mise en œuvre, vérification et ratification avec la médiation d’organismes internationaux. Fin mars un accord partiel sur la politique agraire a été trouvé, première étape très importante mais pas encore d’accord définitive sur ce point. Les négociations vont reprendre la troisième semaine d’avril. Fin avril un grand forum est annoncé sur la participation politique des Farc qui aura lieu à Bogotá car la société civile veut être partie prenante dans ces négociations. Il est important qu’on écoute les organisations sociales et populaires du pays.

On parle d’un accord définitif possible d’ici novembre prochain. Le contexte est plus favorable que les tentatives précédentes de négociations de paix avec un état plus fort militairement et politiquement, une stratégie claire de négociation préalable, une guérilla des Farc plus affaiblie (autour de 8 000 hommes) un pays fatigué par plus de cinquante ans de conflit, Les Farc et le gouvernement ont compris que la voie militaire ne mène nulle part. Les militaires sont d’ailleurs favorables aux négociations ainsi que 70 % des Colombiens. Une médiation a été confiée aux chefs d’État du Chili et du Venezuela. Le président Santos a reconnu récemment le rôle essentiel du président Hugo Chávez décédé le 5 mars dernier des suites d’un cancer.

Du côté de la droite, plusieurs personnages de l’entourage d’Alvaro Uribe ont été condamnés pour liens avec les forces paramilitaires dont en particulier Jorge Noguera ex-directeur des services secrets de Uribe a été condamné à 25 ans mais les obstacles sont nombreux avec la droite, les paramilitaires, responsables de 70 % des crimes dans le pays. Ils ont formé de nouvelles milices les BaCrim après leur démobilisation en 2005. Menaces possibles du côté des trafiquants de drogue qui défendent les intérêts des latifundistes pas très désireux de restituer des terres qu’ils ont pris aux paysans. Le temps presse d’autant plus que de nouvelles élections présidentielles sont prévues en 2014. Pour Carlos Lozano, le processus de paix est très difficile mais pas impossible » une guérilla ne peut aspirer à être en permanence dans la lutte armée sans chercher une issue politique et démocratique. Les Farc l’ont compris et l’Armée de libération nationale (ELN) aussi. Le président Santos souhaite d’ailleurs une négociation aussi avec l’ELN.

Chantal GUILLET

 Site : Marcha Patriotica

 

Venezuela: au moins sept morts et une soixantaine de blessés dans les manifestations

Les manifestations depuis lundi soir au Venezuela contre l’élection à la présidence de Nicolas Maduro ont fait au moins sept morts et une soixantaine de blessés, selon les autorités, tandis que les partisans de l’opposition et du gouvernement ont poursuivi ce mardi leurs rassemblements dans tout le pays. Nicolas Maduro a interdit ce mardi un rassemblement de l’opposition prévu mercredi à Caracas.

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La semaine du 8 au 14 avril 2013

8 – MEXIQUE – Selon les données recueillies par un rapport du Grupo de Información en Reproducción Elegida (GIRE)  – Groupe d’information sur le choix de la reproduction –  151 personnes ont été soumis à des poursuites pénales au Mexique pour le crime de l’avortement entre 2007 et 2012. La plupart des cas traités ont profité de liberté sous caution ou des avantages de la suspension de la peine, mais certains purgeaient des peines allant de quatre mois à six ans de prison. Entre juin 2011 et janvier 2013, l’organisme a recueilli 18 cas de femmes subissant des poursuites pénales pour cette infraction. Dans la plupart d’entre elles sont des personnes « avec très peu de ressources financières et d’informations, dénoncent le personnel hospitalier et subissent les pressions exercées par les médecins et par la police à faire des aveux et sont physiquement et verbalement maltraités par le personnel de santé et des procureurs religieux  » signale rapport Omission et l’indifférence, Droits reproductifs au Mexique. Le fait de criminaliser l’avortement pour les femmes est devenu tellement controversé que pendant la campagne présidentielle de l’an dernier, Enrique Peña Nieto a même déclaré : « Je suis en faveur de la vie. Mais oui, je suis aussi contre la criminalisation des femmes tout simplement parce qu’elles ont décidé de mettre fin à leur grossesse ». GIRE souligne que, en plus de risques pour la santé et la vie posés par les avortements clandestins et dangereux, les femmes sont en danger de poursuites pénales même parfois pour un avortement spontané et que les femmes pauvres, moins instruits et les Indiens sont neuf fois plus susceptibles d’avoir un avortement à risque que ceux qui ont de plus grandes possibilités économiques, les groupes les plus instruits et non-autochtones. Selon l’organisation, près de 2000 femmes sont mortes au Mexique à cause de l’avortement au cours des 20 dernières années.

8 – ARGENTINE – Le président de l’Argentine, Cristina Fernández de Kirchner, a présenté les six projets de loi pour concrétiser son annonce de « démocratisation » de l’appareil judiciaire. Comme l’élection au suffrage universel des membres du Conseil de la magistrature (équivalent du Conseil général du pouvoir judiciaire espagnol, responsable de la sélection et la révocation des juges), des limitations des mesures provisoires pour suspendre les règles de l’État, l’admission à la magistrature par voie de concours, la publication des actes de justice et du patrimoine de ses membres et la création de trois tribunaux de troisième instance. Le chef de l’Etat avait invité les députés de l’opposition à la présentation des projets lors d’un événement au Musée du Bicentenaire, mais aucun d’entre eux n’est venu en un signe de rejet de ce que la présidente avait avancé le 1er mars au Congrès. Comme les partisans péronistes de  Kirchner et ses alliés dominent les deux chambres du parlement, la réforme judiciaire est susceptible d’être adoptée. Actuellement, le Conseil de la magistrature est composé de trois juges élus par eux-mêmes, de trois sénateurs et trois députés choisis par le Congrès, deux avocats désignés par les groupes professionnels, un représentant de l’exécutif et un universitaire sélectionné par le Conseil National des Universités. Grâce à la réforme, le nombre d’administrateurs va être étendu de 13 à 19 et les six nouveaux membres, des juges, des avocats et des universitaires – ces derniers ne devront pas être nécessairement diplômés en droit – seront élus lors des prochaines élections en août. L’ancien juge Baltasar Garzón, qui est maintenant un conseiller à la Chambre des députés d’Argentine soutenu la réforme judiciaire de Cristina Fernandez. « Le débat sur le rôle de la justice est quelque chose qui est toujours latente dans toute société et qui est très positif « , a déclaré l’ancien juge espagnol dans le journal The Guardian.

9 – COLOMBIE – Les organisations paysannes et autres mouvements de gauche ont défilé, aux côtés du président Juan Manuel Santos, pour la défense du processus de paix engagé par le président avec les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Les pourparlers qui se tiennent à La Havane durent depuis déjà cinq mois. Partisan de la manière forte, l’ancien président Alvaro Uribe (2002-2010) dénonce violemment ces négociations, et accuse le gouvernement Santos d’avoir lâché prise sur le terrain de la sécurité et de céder au chantage des terroristes. Depuis la rupture du précédent dialogue de paix, en 2002, les FARC figurent sur la liste d’organisations terroristes des États-Unis et de l’Union européenne. Beaucoup, à droite, crient à l’impunité, en prévoyant qu’un accord de paix permettra à la guérilla de se transformer en parti politique. Aux cris de  » Nous voulons la paix « , des dizaines de milliers de Colombiens sont descendus dans la rue, à Bogotá et dans toutes les grandes villes. Un jeune porte une pancarte qui dit :  » Je préfère voir les guérilleros en cravate qu’avec une kalachnikov.  »  » Le pays aujourd’hui se prononce contre la violence, cette violence qui a causé tant de blessures, tant de douleurs « , a déclaré Juan Manuel Santos. Il était accompagné du haut commandement militaire et de soldats invalides. De Cuba, les négociateurs des FARC ont fait parvenir un message de soutien  » à tous ceux qui ont pris la décision de manifester aujourd’hui pour une paix juste, démocratique et durable « .  » Nous nous joignons sans hésiter à ce grand torrent national, cette clameur pour la paix « , ont écrit les chefs de la guérilla. De même, des organisations telles que l’OEA ont exprimé leur soutien à la mobilisation. José Miguel Insulza, a déclaré à Washington que cette marche est « une occasion précieuse pour l’Etat colombien de manifester leur désir de vivre dans un pays réconcilié et en paix. »

10 – MEXIQUE – Les travailleurs domestiques n’ont pas le droit du travail dont bénéficie le reste du Mexique. Cela en dépit du fait que le gouvernement de Felipe Calderón a promis de changer leur situation en juin 2011. Pourtant il y a deux ans le Mexique a signé la Convention 189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur le travail décent pour les travailleurs domestiques, un texte assimilant leurs conditions avec d’autres employés. Mais cette convention n’a pas encore été ratifié, une étape nécessaire avant son entrée en vigueur et pour donner des droits à tous ceux au Mexique qui nettoient  les maisons des familles des classes moyenne et supérieure et qui font les « nanis » (nounous) de leurs enfants. En outre, 98% des « muchachas » (filles), comme on les appelle au Mexique. Celles-ci n’ont pas de services médicaux comme un engagement d’emploi ou 96% ne dispose pas d’un contrat écrit. « Nous avons besoin d’être reconnus avec les mêmes droits que le reste des travailleurs mexicains parce que nous ne sommes pas moins que d’autres et nous ne pouvons pas être discriminés. Nous allons faire pression sur les sénateurs pour la ratification. Ce n’est pas seulement une convention, c’est un mécanisme de respect « , explique Marcelina Bautista directrice du Centre de formation et de soutien pour les travailleurs domestiques (CACEH), qui est l’un des principaux promoteurs d’une campagne qui veut rendre visible la discrimination exercée à l’égard de ce groupe.

10 – URUGUAY – L’Uruguay est devenu le douzième pays dans le monde et le deuxième en Amérique latine à approuver le mariage entre personnes du même sexe. A partir de maintenant, la loi ne parlent plus de «mari et femme» mais les conjoints ou les conjointes. La loi a été approuvée en première instance en décembre par 81 des 87 députés présents. Et le 3 avril le Sénat l’a ratifié par 23 voix pour et 8 contre. En une semaine, elle est revenue à la Chambre avec des corrections mineures et a été approuvée par 71 voix sur 92, aux cris de « égalité, égalité, égalité » du public invités à la session. Elle a été promulguée le jour même. La loi permet aussi l’adoption d’enfants par des couples de même sexe et de choisir l’ordre des noms de leurs enfants. Pour les enfants hétérosexuels ils recevront le nom du père, à moins que celui-ci ait accepté de mettre d’abord celui de la mère. « Cette mesure modifie le rôle de la femme dans la famille et va à l’encontre des traditions patriarcales qui ont prévalu jusqu’à présent », ajoute-Federico Graña, député de la coalition de  gauche Frente Amplio et membre du mouvement Ovejas Negras (Brebis Galeuses), promoteurs de la loi.

10 – MEXIQUE – Le Mexique a fermé sur l’un des chapitres les plus sombres de son histoire judiciaire. La Cour suprême a ordonné la libération immédiate des 15 derniers condamnés pour l’assassinat en 1997 de 45 personnes indigènes d’Acteal, un village du Chiapas. La haute cour du pays a reconnu que le ministère public a inventé les preuves pour envoyer en prison une poignée d’innocents. L’assassinat de sang-froid de cinquante Indiens qui priaient, dont 18 enfants et quatre femmes enceintes, a jeté le discrédit  sur le gouvernement d’Ernesto Zedillo, le président mexicain de l’époque. Au lieu de chercher les vrais coupables, les autorités ont orchestré une imposture pour imputer le massacre à un conflit entre les communautés indigènes. La Cour suprême a souligné cela et d’autres décisions antérieures qu’avaient dénoncé depuis des années les organisations des droits de l’homme et les avocats pénalistes : c’était un gros mensonge pour protéger les véritables coupables. La croyance générale est que ceux qui ont tué ces personnes, à proximité d’un mouvement zapatiste en plein essor, étaient des groupes paramilitaires financés par le gouvernement lui-même. L’affaire a été remplie d’irrégularités qu’il serait long de rapporter. L’affaire a été portée devant la Cour suprême en 2009, quand elle a accepté une demande de requête de la défense pour les 57 prisonniers. Non seulement pour une violation de procédure, mais aussi à cause d’avoir fabriqué des preuves contre eux. « La tragédie, c’est que nous avons dû surmonter tous les filtres de la justice mexicaine, un tribunal après l’autre, afin d’obtenir la libération de certains hommes contre lesquels il n’y avait aucune preuve contre eux » a déclaré Javier Cruz Angulo avocat qui a pris l’affaire depuis 2007. Comme il a été dit ces dernières années, Acteal est une double tragédie : la lâcheté de ceux qui ont tués avec des machettes et des armes de calibre puissant et les malheureux qui ont passé des années derrière les barreaux pour un crime qu’il n’a pas commis.

10 – COLOMBIE – Après 20 ans de déplacement et de pillage, le président colombien, Juan Manuel Santos et le ministre de l’Agriculture, Juan Camilo Restrepo, ont mené une action symbolique dans la zone rurale de Monteria, dans le nord du département de Cordoba – l’épicentre des paramilitaires et du conflit armé en Colombie – : ils ont rendu 60 familles d’agriculteurs des terres que des groupes armés leur avaient prises. En Colombie, on estime que plus de 6,6 millions d’hectares ont été volés à la suite de la violence dans les deux dernières décennies, dans un pays où 1,5% des propriétaires ont 52% de la terre qui peut être cultivé, selon les analystes des questions agraires. Dans ce cas, les responsables du pillage étaient les frères Fidel et Vicente Castaño, un clan de narcotrafiquants et de paramilitaires, qui avait fait don, soi-disant, de ces fermes à des centaines de familles de paysans en 1991, dans le cadre de ce qu’ils appellent un plan de pacification du département de Córdoba. Cet événement revêt une grande importance pour le pays, parce que la justice confirme que ce clan paramilitaire, qui a créé la sombre Autodefensas Campesinas de Córdoba y Urabá (auto-défenses paysannes de Córdoba et Urabá ) et  utilisait sa machine de guerre à accumuler des terres et à piller des centaines de paysans en utilisant la violence. Ces paramilitaires, qui avaient des liens avec des trafiquants de drogue et étaient devenus une bande de justice privée dans la région, ont commis des massacres et des disparitions. Après une fausse démobilisation en 1991, ils ont promu, dans le nord du pays, le prétendu plan de pacification de la région d’Urabá Antioquia et Cordoba, une zone de grandes plantations de bananes et aussi l’épicentre des conflits armés et du trafic de drogue du cartel de Medellin dirigé par Pablo Escobar. À ce jour, le pays compte plus de 1.500 réclamations de restitution de terres et à près de six mois de fonctionnement, les nouveaux tribunaux civils se sont prononcé que sur 41 d’entre elles en faveur des agriculteurs qui ont été dépouillés de leurs biens par des groupes paramilitaires et de la guérilla. Cependant, beaucoup de ces sentences ne pouvaient pas être exécutées car dans le pays plusieurs des revendicateurs de terres ont été menacés ou tués par des groupes qui maintiennent toujours leur contrôle sur des domaines comme Cordoue, où les gangs criminels – héritiers de paramilitaires – et les guérilleros comme les FARC commettent des crimes.

11 – CHILI – Le mouvement étudiant chilien qui a marqué 2011 et dévoilé la crise de l’éducation publique dans le pays, ont montré leur force avec une marche de 150.000 personnes à Santiago, selon le calcul de la Confédération des étudiants du Chili (CONFECH). La manifestation intervient alors que la campagne présidentielle commence pour les élections de novembre et six jours après que le Sénat décide de la suspension d’Harald Beyer, ministre de l’Éducation du gouvernement de droite du président Sebastián Piñera. La mobilisation nationale, la première en 2013, a été appelée par les universitaires et appuyée par les élèves des institutions privées, des organisations secondaires, le Collège des professeurs, les associations de parents et les fonctionnaires de la santé. Les étudiants, exigeant une éducation publique gratuite et de qualité, ont défilé dans les principales villes du pays, mais il n’y avait eu pas d’affrontements majeurs avec la police. Le slogan de la jeune était semblable à celui d’il y a deux ans: « L’éducation n’est pas à vendre, se défend. » Une vidéo d’un commentateur sportif chilien connu a servi pour l’appel, l’un des plus massifs depuis le retour à la démocratie en 1990. Les problèmes rencontrés par l’éducation publique se sont installés avec force dans l’agenda politique du Chili, rentré en campagne électorale.

13 – CHILI – Lors d’une manifestation de masse organisée par le Parti socialiste (PS) et le Parti pour la démocratie (PPD) à Santiago, l’ancienne Présidente du Chili Michelle Bachelet a été proclamée, par acclamations, représentante du PS et du PPD lors des primaires du 30 juin 30 dans lequel les principaux blocs politiques éliront leurs candidats aux élections de novembre.  » Je suis de retour à la maison avec toute l’énergie et aussi avec toute l’humilité que nécessite ce défi « , a déclaré Michelle Bachelet dans un discours devant 6.000 personnes qui ont rempli le théâtre Caupolicán dans le centre-ville de Santiago. Michelle Bachelet va se confronter à trois autres candidats pour être le seul candidat à la présidence de la coalition de l’opposition, la coalition de centre-gauche qui a gouverné le Chili entre 1990 et 2010. Les enquêtes la place largement favorite et certains sondages laissent entendre qu’elle pourrait remporter les élections de novembre dès le premier tour. L’actuel président chilien, Sebastián Piñera, ne pouvant pas briguer un nouveau mandat en vertu de la Constitution, les primaires du parti au pouvoir se  régleront entre Laurence Golborne, ancien ministre des Travaux publics de Piñera, soutenu par l’Union Démocratique Indépendante (UDI) et Andrés Allamand, ex ministre de la défense du gouvernement actuel et ancien candidat de Rénovation National (RN), contre l’actuel titulaire du poste.

14 – VENEZUELA – Le président par intérim du Venezuela, Nicolas Maduro [photo de la une], a été déclaré vainqueur, d’une très courte tête, à l’élection pour succéder à Hugo Chávez, une victoire contestée par l’opposition qui exige un nouveau comptage des bulletins de vote. Le résultat très serré du scrutin a plongé dans un climat de tension et d’incertitude ce pays de 29 millions d’habitants, profondément divisé après 14 ans de « révolution socialiste ». Malgré l’aura de son défunt mentor, Nicolas Maduro, 50 ans, ne l’a emporté qu’avec 50,66% des suffrages, soit moins de 300.000 voix, face au candidat de l’opposition Henrique Capriles, crédité de 49,07%, le meilleur score jamais réalisé depuis l’ère chaviste, selon un résultat annoncé par le Conseil national électoral (CNE). Toutefois, le candidat de l’opposition, qui conteste l’impartialité de l’arbitre électoral et n’a cessé de dénoncer des « abus » durant le scrutin, a averti qu’il refusait d’admettre sa défaite. « Nous n’allons pas reconnaître un résultat avant que chaque bulletin de vote des Vénézuéliens ne soit recompté, un par un« , a déclaré M. Capriles, entouré de ses sympathisants.

Guy MANSUY

Le chronos de la semaine antérieure

 

Rafael Maduro président : et maintenant quel avenir pour le Venezuela ?

Nicolas Maduro a peut-être gagné, mais il n’a pas convaincu. Son avance ne suffit pas à assurer avec certitude l’avenir de la révolution bolivarienne engagée par Hugo Chávez au Venezuela. Au sein du camp chaviste, qui a fêté la victoire dans les rues de Caracas, les premiers questionnements surgissent. D’un côté à l’autre de l’échiquier politique vénézuélien, les sentiments sont partagés.

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Dessin de Rafael Pineda – Rapé (Mexique) – « Gagné, me l’a dit un petit oiseau »
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