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janvier 2013

Guatemala: l’ex-dictateur Efrain Rios Montt jugé pour génocide

Un procès pour génocide et crimes contre l’humanité s’est ouvert mercredi 30 janvier au Guatemala. Sur le banc des accusés, l’ancien chef d’État José Efraín Ríos Montt et l’ex-responsable des renseignements militaires, José Mauricio Rodríguez Sánchez. Les deux seront jugés pour leur responsabilité dans une quinzaine de massacres commis au début des années 80, en pleine guerre civile. Ces massacres ont fait plus de 1 700 morts parmi une ethnie indienne vivant dans une région dans le nord du pays qui devenue l’épicentre du conflit entre le gouvernement et la guérilla.

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Le Chili a organisé avec succès un des plus importants sommets réunissant une soixantaine de nations

Une première. Car  les  deux blocs régionaux – Europe et Amérique latine – s’étaient déjà réunis.. Il s’agissait du premier sommet sous l’égide de la Celac, fondée lors du sommet de Caracas en décembre 2011 sous l’impulsion du président vénézuélien Hugo Chávez, « Ce sera la première fois que l’Amérique latine dialoguera d’une seule voix avec l’Europe », a relevé le chef de la diplomatie chilienne Alfredo Moreno. « Nous serons en mesure de discuter de manière plus symétrique avec l’Union européenne », a-t-il assuré.

Les chefs d’État ou de gouvernement des 27 membres de l’Union européenne (UE) et des 33 pays de la Communauté d’États latino-américains et caribéens (Celac) se sont donc réunis à  Santiago du Chili, le week-end des 26 et 27 janvier dernier. Une quarantaine de chefs d’État ou de gouvernement avaient fait le déplacement. La France était représentée par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault et trois de ses ministres dont Marisol Touraine dont sa mère était chilienneUn immense espace de conférence, l’Espace Riesco dans la commune de Huechuraba  banlieue de la capitale chilienne, a accueilli cet évènement auquel ne pouvaient accéder que les membres des délégations officielles et la presse accréditée. D’importantes mesures de sureté ont été prises et aucun incident n’a été déploré en dehors des joutes verbales entre le président Evo Morales de Bolivie et Sebastián Piñera du Chili à propos de la demande bolivienne d’une sortie à la mer.

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« Le thème qui nous réunit est la construction d’une nouvelle alliance stratégique pour parvenir à un développement durable », a déclaré le président chilien Sebastián Piñera lors de la cérémonie d’ouverture devant un parterre de 60 délégations représentant d’une part l’Union Européenne et de l’autre la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac). Le lendemain, lundi 28 janvier, a eu lieu le premier sommet de la Celac. À cette occasion, la présidence tournante de la nouvelle entité régionale est passée  du président chilien, Sébastian Piñera, à son homologue cubain, le président Raúl Castro.

Lors de cette réunion, les quatre pays formant l’Alliance du Pacifique (Pérou, Chili, Mexique et Colombie) ont annoncé avoir conclu un accord créant une zone de libre-échange qui entrera en vigueur d’ici le 31 mars prochain. « Au moins 90% des produits seront exemptés de tout frais de douane dans le commerce entre nos pays », a expliqué à la presse le président chilien Sebastián Piñera. Le président colombien Juan Manuel Santos, qui prendra le 24 mai prochain la présidence de l’Alliance du Pacifique, fondée en juin 2012, a estimé que cet accord représentait « le processus d’intégration le plus important et le plus profond de l’histoire de l’Amérique latine ». Le président vénézuélien Hugo Chávez soigné à Cuba pour un cancer et la présidente brésilienne Dilma Rousseff rentrée dans son pays en raison de l’incendie catastrophique d’une discothèque n’ont pas pu assister à ce deuxième sommet. « Je veux saluer un président qui n’est pas avec nous, le président Hugo Chávez, dont la vision a rendu possible la mise en place de cette initiative » de la Celac, a déclaré le président chilien Piñera, hôte de la rencontre.  Le président d’Équateur Rafael Correa, en pleine campagne électorale, ne participait pas non plus au sommet de la Celac.

La présidente argentine Cristina Kirchner a pour sa part salué avec enthousiasme ce qu’elle a qualifié de « changement d’époque » en Amérique latine. « Que Cuba prenne la présidence de la Celac marque un véritable changement d’époque », a déclaré Mme Kirchner après avoir salué affectueusement le président cubain face à la presse et avoir demandé qu’il soit applaudi. Cette présidence est « symbolique », a ajouté Mme Kirchner, vêtue de noir et portant une ombrelle, noire également. « Que Sebastian Piñera, président du Chili, transmette la présidence (de la Celac) à Raul Castro, président de Cuba, reflète les temps qui courent », a assuré la présidente argentine.

Les dirigeants de l’UE et d’Amérique latine ont clos dimanche un sommet consacré aux investissements et aux échanges commerciaux, réunissant une quarantaine de chefs d’État et des délégations de quelque 60 pays des deux régions. Au cours de leur sommet, les deux blocs ont conclu « une nouvelle alliance stratégique » dans une déclaration adoptée à l’unanimité et dans laquelle ils s’engagent notamment à éviter le protectionnisme et à promouvoir le commerce entre les régions. « Ces deux blocs représentent un tiers des pays de la planète, plus d’un milliard d’habitants et plus d’un tiers de la production mondiale », a rappelé  le président Piñera. Si les deux blocs régionaux se sont déjà réunis auparavant, il s’agit cette fois-ci du premier sommet sous l’égide de la Celac, fondée lors du sommet de Caracas en décembre 2011 sous l’impulsion du président vénézuélien Hugo Chavez, hospitalisé pour un cancer à Cuba et absent de la rencontre de Santiago.

La chancelière allemande Angela Merkel, surnommée la « chef de l’Europe » par la presse chilienne, avait affirmé dans la matinée « vouloir porter à un autre niveau les relations entre la Celac et l’UE pour parvenir à une association stratégique d’égal à égal ». Une vision partagée par le chef de la diplomatie chilienne Alfredo Moreno. Avec la Celac, « nous serons en mesure de discuter de manière plus symétrique avec l’Union européenne », a-t-il souligné. « Nos discussions ont donné une nouvelle énergie et un nouvel élan à notre partenariat stratégique« , s’est félicité lors de la cérémonie de clôture le président du Conseil européen Herman van Rompuy.

Sur le plan économique, les deux régions se trouvent dans des situations disparates, avec l’Union européenne confrontée à l’une des plus grandes crises de son histoire, et l’Amérique latine traversant une phase prolongée de croissance économique. Cependant, selon le président colombien Juan Manuel Santos « la grande conclusion de ce Sommet c’est que nous voyons l’Europe sortir de la crise ;avec un avenir meilleur et dans la mesure où nous sommes partenaires, nous allons tous y gagner« . L’Europe est le plus gros investisseur en Amérique latine: 43 % de l’investissement direct étranger dans la Celac vient de l’UE (385 milliards d’euros en 2010).

Les pays européens, et plus particulièrement l’Espagne, ont, par ailleurs, montré un vif intérêt à rejoindre l’Alliance du Pacifique, comprenant le Pérou, le Chili, le Mexique et la Colombie, proches politiquement et tous situés sur le versant occidental de l’Amérique latine, offrant une ouverture vers les marchés asiatiques.

En marge de ce sommet, des organisations sociales chiliennes ont préparé un “contre” sommet avec une manifestation sur la place centrale de Santiago qui a réuni à peine moins d’un millier de participants ; pendant le week-end, ils se sont regroupés sur l’esplanade de l’école d’architecture de Santiago où ont eu lieu conférences et débats en présence du président Evo Morales qui a réitéré sa demande de sortie à la mer et son soutien au peuple mapuche.. Cependant dimanche à midi, la foule n’était pas au rendez-vous et les deux manifestations ont été suivies avec une certaine indifférence par la population chilienne.

Januario ESPINOSA

* Et agences de presse

 Dans notre édition de mars-avril d’Espaces Latinos notre dossier central sera consacré au Chili 2013 entre culture et politique…

 

 

Les faits de l’actualité du 20 au 30 janvier 2013

21 – MEXIQUE – Le gouvernement mexicain a annoncé sa croisade nationale contre la faim, une stratégie ambitieuse visant à un stade précoce pour sauver de la pauvreté et de la marginalisation 7,4 millions de Mexicains décrit comme «les plus pauvres parmi les pauvres». L’annonce a été faite à Las Margaritas, une municipalité du Chiapas, qui est devenue en 1994 un des quartiers généraux de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale(AZLN). Pour l’annonce le président Enrique Peña Nieto, son cabinet et les gouverneurs des États se sont déplacé dans le sud-est du Mexique. La croisade commence dans les 400 communes qui concentrent les plus grandes lacunes et quatre sur cinq de ces municipalités sont dans les états d’Oaxaca, de Chiapas, de Guerrero, de Veracruz, de lÉtat du Mexico et de Puebla. Rosario Robles, le ministre du Développement social, a expliqué qu’il s’agit d’une stratégie qui dispose des ressources initiales de plus de 70 programmes gouvernementaux qui existaient déjà. Le chercheur Mario Fuentes Luis note que c’est la première fois qu’un président du Mexique reconnaît qu’il y a la faim dans le pays. «La faim n’est pas seulement le manque de nourriture ou de revenus. C’est une santé précaire, une éducation de basse qualité, la surpopulation et le manque de services qui sévit dans cette partie de la population. Mais le principal problème est l’inégalité, la discrimination et l’exclusion subies par les pauvres », a déclaré Mario Fuentes, qui a rappelé que le Mexique est une aberration de la onzième économie mondiale, tout en ayant la moitié de sa population, environ 52 millions personnes en situation de pauvreté.

21 – MEXIQUE – Le Procureur général de la République (PGR) du Mexique a reconnu  qu’il n’a aucune preuve pour étayer les accusations contre six hauts responsables militaires, détenus depuis mai dernier accusés de fournir une protection aux trafiquants de drogue. C’est une douche froide après un cas voulu  par le précédent gouvernement comme un signe que d’en haut venait le pouvoir corrupteur de la criminalité organisée. Les généraux  de division Tomás Ángeles Dahuahare (à la retraite) et Ricardo Escorcia Vargas (à la retraite), le général de brigade Rubén Pérez Ramírez, le général Roberto Dawe González, le lieutenant-colonel Silvio Hernández Soto et le major Reyna Muñoz devaient faire face à des accusations résultant de témoignage de témoins protégés Jennifer et Mateo, dont l’identité correspond à l’avocat Roberto López Nájera et au trafiquant de drogue présumé Sergio Villarreal, aussi connu comme El Grande. Tous deux ont été liés à la drogue avec le revendeur Egdar Valdez Villarreal, alias La Barbie. L’affaire n’a jamais semblé avoir plus de fondement que les déclarations des deux témoins protégés.

23 – MEXIQUE – L’annulation par la Cour suprême de la condamnation de la Française à soixante ans de prison pour enlèvements provoque des réactions contrastées. D’un côté, des juristes et des défenseurs des droits de l’homme se félicitent d’une décision qui pourrait corriger un système policier et pénal fabriquant des coupables. De l’autre, des représentants d’associations de victimes fustigent une sentence qui permettrait à des criminels d’être libérés pour vices de procédure.  » La Cour suprême ouvre la porte à l’impunité « , martèle Isabel Miranda de Wallace, présidente de Alto al Secuestro (Halte aux enlèvements). Une large majorité des Mexicains estime que la Française est coupable d’enlèvements

24 – AMERIQUE LATINE – Malgré les progrès de l’Amérique latine, le crime et la violence dans la région continuent d’être le principal obstacle au développement économique et social. C’est dans les pays de la zone où se trouvent les plus hauts taux de violence dans le monde, selon les données de l’Office contre la Drogue et le Crime des Nations Unies et de la Banque Mondiale. L’insécurité n’est pas seulement la préoccupation principale de ses habitants, au de-là d’autres questions telles que le chômage ou la santé, selon des données du Latinobarómetro, elle absorbe une partie des ressources et des efforts des gouvernements de la région: Amérique latine investit dans la lutte contre la violence à 2% de son PIB. La Banque inter-américaine de développement (BID) consacre ces jours-ci un atelier à quantifier l’impact économique de ce phénomène dans la région et à faciliter l’utilisation de nouveaux outils pour assurer l’efficacité des politiques publiques sur la sécurité des citoyens. Chaque année, 12% des citoyens de l’Amérique latine sont victimes d’un acte de violence (13% pour Afrique, le continent qui compte le pourcentage le plus élevé) et 32% de leur activité subit des pertes économiques produites par le vandalisme ou le vol (le plus élevé), selon les données fournies par Santiago Levy, vice-président pour les Secteurs et Connaissance de la BID.

25 – VENEZUELA – Au moins 50 personnes sont mortes et 90 autres ont été blessées lors de violents affrontements qui ont lieu dans la prison d’Uribana, située dans l’État de Lara, centre-occidental du Venezuela. Les troupes de la Garde nationale, l’une des quatre composantes des forces armées vénézuéliennes, se préparaient à prendre la prison, pleine à craquer de près de 2.500 détenus de sexe masculin et environ 150 femmes. Les résidents locaux et les porte-parole des organisations de la société civile affirment avoir vu des véhicules blindés dans les environs, réalisés une opération de grande ampleur. Le ministre du système pénitentiaire, Iris Varela, a déclaré dans un communiqué qu’il était nécessaire de procéder à une inspection générale dans la prison parce qu’ils ont «reçu l’information (…) de la violence pour règlement de comptes entre bandes internes, en compétition pour le contrôle du centre ». La prison d’Uribana est l’une des toutes dernières du système carcéral du Venezuela. Elle a été inaugurée en 1999, au début d’Hugo Chávez, et a été conçue comme un modèle pour la transformation des prisons dans le pays.

26-27 – CELAC-UE – VII e sommet Euro-Assemblée Latine (Eurolat) Les 27 états membres de l’Union européenne (UE) et les 33 pays de la nouvelle Communauté d’États latino-américains et caribéens (Celac) se sont réunis à Santiago du Chili. Ce sommet était consacré aux investissements et échanges commerciaux. L’Europe reste le plus grand investisseur en Amérique Latine et dans les Caraïbes: 43 % de l’investissement direct étranger dans la CELAC provient de l’UE, a indiqué le président du Conseil européen Herman van Rompuy lors d’une conférence de presse. Il a été aussi marqué notamment par l’intérêt de certains pays européens de faire partie de l’Alliance du Pacifique * pour viser les marchés asiatiques. Dans une déclaration adoptée à l’unanimité et dans laquelle ils s’engagent à éviter le protectionnisme, ainsi qu’à promouvoir la sécurité juridique et le commerce entre les régions, les deux blocs ont confirmé leur « alliance stratégique« .

27 – BRESIL – Le pays a connu l’incendie le plus tragique au cours des cinquante dernières années au Brésil : celui de la boîte de nuit de la ville de Santa Maria, dans le sud, où 231 jeunes sont morts et 112 blessés encore hospitalisés. Selon les premières investigations, le feu a commencé quand un des musiciens a allumé une composition pyrotechnique. La police brésilienne a arrêté l’un des propriétaires de la boîte de nuit comme deux des musiciens qui ont agi au moment de la tragédie. Elle a également ordonné l’arrestation de l’autre propriétaire de la boîte de nuit et propriétaire du nightclub Kiss, dont la licence d’exploitation a expirée depuis août de l’année dernière

28 – AMERIQUE LATINE – Le président cubain, Raúl Castro, (photo de la une) a pris à la Moneda siège de la présidence du Chili à Santiago, la présidence de la Communauté de l’Amérique latine et des Caraïbes (CEPALC), la seule organisation qui réunit les pays d’Amérique latine sans la présence de puissance extrarégionale et dont l’un des objectifs officielle a pour but de promouvoir la démocratie. Le leader de Cuba a reçu la présidence de ce forum d’intégration des mains de Sebastián Piñera président de droite de l’Etat du Chili et il sera le porte-parole officiel de l’organisation au cours des 12 prochains mois. Parmi ses fonctions, il devra mener les négociations politiques et commerciales avec l’Union européenne et d’autres blocs. « Ne vous inquiétez pas, je vais juste être une année« , a dit en plaisantant le leader cubain de 81 ans, quand il a pris ses fonctions à la fin du premier sommet de la CELAC. L’association CEPLALC est née à Caracas à la fin 2011 de la volonté du président du Venezuela, Hugo Chávez.

Guy MANSUY

 * L’Alliance du Pacifique, formée par le Chili, le Pérou, la Colombie et le Mexique en 2012, a annoncé la formation d’une zone de libre-échange, portant sur 90 % des produits, avant le 31 mars.

Le 35e Festival international du Court Métrage de Clermont-Ferrand

Le 35e Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand se déroule du 1er au 9 février 2013. Trois compétitions sont toujours très attendues : internationale, Labo et française. Les listes des films sélectionnés sont en ligne sur le site du festival et figurent dans la dernière édition de Ça suit son court . Notre publication est bien accrédité et un compte rendu vous sera proposé dans les prochaines newsletters et dans l’édition de mars-avril, n° 275 d’Espaces Latinos.

Les organisateurs du festival ont reçu cette année 7 737 films venus de 123 pays, dont 1 585 français. En ce qui concerne la compétition internationale, le festival présentera deux courts brésiliens, un chilien, deux colombiens, un cubain, un cubain-guatémaltèque, un mexicain, soit 8 films sur les 79 sélectionnés. La réalisatrice brésilienne Daniela Thomas fera partie du jury international.

Une autre rétrospective entraînera les spectateurs aux confins de la science et du cinéma : un voyage des plus surprenants au pays des « particules imaginaires »… L’Atelier, véritable école éphémère de cinéma ouverte au public clermontois le temps du festival, fera écho à cette thématique. L’Inde, sera le pays invité cette année, après Cuba l’an passé, et proposera plus de 40 courts produits ces dix dernières années qui mettront en avant toute une jeune génération de réalisateurs, bien au-delà des clichés bollywoodiens. À noter que l’Agence du Court Métrage, dont la création avait été annoncée en 1983 à Clermont-Ferrand, viendra fêter ses 30 ans dans son festival natal.

À Clermont, le marché du film court est le plus important de la planète. Le pôle latino-américain s’y renforce. L’Argentine avec l’INCAA (Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales), rejoint ainsi le Mexique, le Brésil, la Colombie et le Chili. Ce sont 3000 professionnels et 150000 spectateurs qui sont attendus cette année. Les palmarès seront repris à Paris le samedi 16 février au Forum des Images.

Alain LIATARD

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Sommet Amérique latine-Caraïbes-Europe : un accord entre les deux continents

Les hauts dirigeants d’Amérique latine, qui ont conclu dimanche 27 janvier un sommet avec l’Union européenne (UE) à Santiago du Chili, ont ouvert dans la foulée une autre réunion au sommet de leur organisation régionale, la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac). Les 61 pays au rendez-vous, qui représentent un quart du PIB mondial et un tiers des pays membres des Nations unies, se sont mis d’accord pour faciliter les investissements et le commerce entre les deux continents.

 

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Au Brésil, une discothèque brûle: de très nombreux morts

Au Brésil, un incendie s’est déclenché ce dimanche 27 janvier dans une discothèque de l’extrême sud du pays, à Santa Maria. La police vient de fournir un dernier bilan: il y a déjà 232 décès confirmés. Selon les premiers éléments de l’enquête, c’est un spectacle pyrotechnique improvisé qui aurait provoqué l’incendie.

 

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Jean-Marc Ayrault rend un hommage symbolique à Salvador Allende

Au Chili, après une visite officielle au président chilien Sebastián Piñera, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’est rendu au cimetière général de Santiago se recueillir sur la tombe de Salvador Allende.

 

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“La servante et le catcheur” du Salvadorien Horacio Castellanos Moya

Horacio Castellanos Moya, qui a passé toute sa jeunesse entre le Honduras et Le Salvador a déjà publié une dizaine de romans remarqués. Sa préoccupation fondamentale est de dénoncer la violence endémique en Amérique centrale. Dans ses premières œuvres il avait souvent choisi l’humour, un humour cruel mais efficace pour traiter ce genre de sujet. Plus récemment, avec Desmoronamiento / Effondrement), il avait affronté la chose de façon plus directe. C’est ce qu’il fait à nouveau dans ce roman publié en 2011 dans sa version originale.

Castellanos Moya est en train de bâtir une oeuvre d’une rare cohérence autour de ce thème unique. Dans Donde no estén ustedes/ Là où vous ne serez pas, il nous montrait la mort, dans les années 90, d’Alberto, un ex-ambassadeur du Salvador. Dans La sirvienta y el luchador / La servante et le catcheur, on se trouve à San Salvador une quinzaine d’années plus tôt et le fils d’Alberto est un des personnages du roman. L’action est concentrée sur deux journées et quatre personnages : María Elena, une servante dévouée à la famille de don Alberto, sa fille Belka, infirmière à l’hôpital et Joselito, son petit-fils, étudiant à l’université d’un côté, le Viking de l’autre, un ancien catcheur reconverti dans la police, la police politique pour être précis qui, à soixante ans passés, est dans un état de santé lamentable.

La “disparition” d’Albertico et de sa fiancée est à l’origine du rapprochement de la servante et de l’ex-catcheur, qui se sont connus autrefois : elle espère, grâce à l’intermédiaire du flic, avoir des informations et même, peut-être, un traitement de faveur ou même la libération de ses jeunes patrons. Un des principaux intérêts du livre (qui n’en manque pas) est d’avoir traité les réalités politiques à travers des regards de personnes qui n’y comprennent pas grand-chose : le Viking, une espèce de brute qui obéit parce que c’est sa nature, et María Elena qui, elle, n’est pas insensible
à ce qui se passe autour d’elle, mais qui n’a pas les éléments pour se forger une opinion. Belka, l’infirmière, comme son fils Joselito, ont leur propre vision des choses, une vision parfaitement cohérente mais qui ne peut se marier avec celle des autres, de tous les autres : chacun est isolé dans son univers incommunicable même pour les plus proches.

Il ne s’agit pas ici de savoir qui sont les “bons” et les “méchants”, la situation est telle que ces notions n’ont plus de raison d’être, tous les personnages, sans exception, les “bons” comme les “méchants”, vivent un enfer dont ils ne sont plus responsables et qu’ils doivent subir jusqu’aux conséquences les plus extrêmes. En serrant au plus près les quatre personnages principaux, en suivant leurs activités les plus banales de leur journée, l’auteur nous fait plonger dans les horreurs souvent insoutenables qui sont leur lot. Cette précision minutieuse du récit peut faire penser au Manuel Puig de Boquitas pintadas. De roman en roman, Horacio Castellanos Moya avance dans deux directions : la découverte d’une région et d’une époque où la violence a atteint des limites difficilement dépassables et la création d’une oeuvre littéraire de tout premier plan.

Christian ROINAT

La servante et le catcheur de Horacio Castellanos Moya, traduit de l’espagnol (El Salvador) par René Solis, éditions Métailié, 236 p., 18 €.
Horacio Castellanos Moya en espagnol : La diabla en el espejo, ed. Linteo, Orense. Tous les autres titres chez Tusquets.
Horacio Castellanos Moya en français : tous les titres précédents on été publiés aux éditions Les Allusifs.

Les faits du 2 au 19 janvier 2013

7 – BOLIVIE – Lors d’une consultation populaire réalisée par le Tribunal suprême électoral bolivien auprès des habitants de la réserve nationale Isiboro Secure, une région d’un million d’hectares de forêt primaire, plus connue sous le nom de Tipnis, sur la question de d’une route transamazonienne longue de 306 kilomètres dont 177 en terres indigènes, » Sur les 58 communautés consultées, trois d’entre elles ont rejeté le projet routier « , a détaillé Juan Carlos Pinto, un des membres du Tribunal électoral, lors de la présentation officielle du rapport. Ces résultats risquent pourtant de ne pas résoudre le conflit qui oppose depuis des mois le président socialiste Evo Morales aux peuples indigènes d’Amazonie. En effet onze des 69 communautés que compte le Tipnis ont refusé de prendre part à la consultation :  » cinq communautés nous ont fait part de leur refus et dans le cas des six autres, la sécurité n’était pas assurée « , précise Wilma Velasco, la présidente du tribunal. Pour le représentant indigène Rafael Quispe, le fait que l’ensemble des communautés n’aient pas été consultées invalide le processus de consultation.

11 – CUBA – La présidente argentine, Cristina Kirchner, son homologue du Pérou, Ollanta Humala, et le vice–président vénézuélien, Nicolas Maduro, sont arrivés à La Havane, pour rendre visite à Hugo Chavez. Hospitalisé depuis un mois après une opération d’un cancer, le chef de l’Etat vénézuélien n’a pas pu prêter serment à Caracas, comme initialement prévu.

13 – COLOMBIE – Suspendues le 21 décembre pour les fêtes de fin d’année, les délégations du gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont repris à La Havane leurs négociations de paix. Dans un communiqué lu devant la presse par Ivan Marquez, chef de la délégation de la rébellion ont demandé plus de « célérité dans l’analyse profonde et intégrale (…) de l’accord général pour la fin du conflit et la construction d’une paix stable et durable« . Selon lui, les Farc « exhortent le gouvernement (du président)Juan Manuel Santos à rompre avec la rhétorique belliciste qui accompagne de fausses promesses de résolution des problèmes sociaux et à s’engager publiquement à présenter des solutions rapides et tangibles en dehors de toute démagogie« . De son côté, le chef de la délégation de Bogota, Humberto de la Calle, a estimé dans un communiqué distribué à la presse qu’il était « nécessaire d’avancer concrètement » et qu’il faut « prendre un nouveau rythme, avancer. L’urgence vise à continuer à bénéficier du soutien des citoyens qui veulent assister à un processus efficace, digne, rapide et sérieux« , a–t–il déclaré.

14 – Bolivie – A la Convention de Vienne, la Bolivie a obtenu de 169 pays des 183 adhérents à la Convention sur les stupéfiants de l’ONU que soit dépénalisée la mastication de la feuille de coca, au nom du respect d’une pratique ancestrale, et qu’elle soit réintégrée dans le principal traité onusien sur la lutte contre les stupéfiants, qui inclut désormais une clause spécifique leur permettant de continuer cette pratique millénaire dans les Andes. «La feuille de coca n’est plus considérée comme de la cocaïne, c’est un triomphe de notre identité», s’est félicité le président Evo Morales, premier président de Bolivie d’origine amérindienne et lui–même ancien cultivateur de coca.

14 – CUBA – Une  » réforme migratoire  » est entrée en vigueur : le permis de sortie nécessaire pour se rendre à l’étranger, appelé familièrement  » carte blanche « , a été supprimé et l’invitation d’une institution du pays de destination ne sera plus exigée. Désormais, le passeport devrait suffire et le séjour à l’étranger pourra se prolonger pendant vingt–quatre mois (contre onze auparavant). Du point de vue symbolique, c’est l’un des changements les plus importants depuis que le général Raul Castro a remplacé à la tête de l’Etat son frère aîné Fidel, en 2006.Le droit d’aller et venir n’est pas assuré pour autant, car l’Etat reste maître d’accorder ou pas le passeport. Des motifs politiques ou de sécurité peuvent être invoqués pour un refus.

14 – HAÏTI – Le président haïtien, Michel Martelly, a annoncé devant le Parlement, la tenue d’élections législatives partielles et de scrutins locaux  » libres et démocratiques «  au cours de l’année 2013. Ces élections, qui concernent 10 sièges au Sénat (sur 30), devaient être organisées en 2012 mais elles ont été retardées en raison de désaccord sur l’institution responsable d’organiser ces scrutins.

15 – CUBA Les autorités sanitaires cubaines ont admis l’existence d’une épidémie de choléra qui a touché jusqu’à présent une cinquantaine de personnes à La Havane. Dix jours après avoir été détecté par le système d’épidémio–surveillance clinique et quand des rumeurs ont circulé à travers la ville, le journal Granma a publié une note d’information sur l’existence de la maladie à La Havane, tout en avertissant que la transmission de la maladie est en phase d’extinction en raison des mesures prises. Le choléra, qui avait fait au moins trois morts à l’été 2012 dans l’est de Cuba, a gagné la capitale. L’épidémie survient alors que l’île n’avait pas connu d’épidémie de choléra depuis 1882 : 51 cas ont été confirmés à La Havane depuis le début de l’année, a reconnu le ministère de la santé publique. » A partir du dimanche 6 janvier, le système de vigilance clinique épidémiologique a détecté une augmentation des cas de diarrhées aiguës dans l’arrondissement du Cerro – un quartier pauvre au centre de La Havane – , puis dans d’autres zones de la capitale « , a annoncé le ministère dans un communiqué.

15 – MEXIQUE – Mexico, considéré comme l’un des endroits les plus sûrs dans le pays ces dernières années, a souffert ce week–end d’une vague de violence sans précédent. En trois jours, 23 personnes ont été tuées dans des incidents séparés dans différentes délégations du District Fédéral (DF). Ce chiffre, couplé avec la mort de 16 autres personnes sur les mêmes jours dans l’Etat voisin du Mexique, a déclenché les alarmes de sécurité et a grandi le nouveau chef du DFl, Miguel Angel Mancera, son premier grand défi. Dans tous les cas, qu’il s’agisse ou non des crimes isolés, vendettas entre les trafiquants de drogue,  querelles familiales ou de bagarres en état d’ébriété, le fait est que le spectre de l’insécurité a nouveau décidé des résidents du DF et les voisins de certaines délégations ont exprimées en exigeant une action des politiques.

15 – VENEZUELA – Le vice–président à Nicolas Maduro a présenté le rapport et les comptes de gestion du gouvernement en 2012 à l’Assemblée nationale. Certains observateurs considèrent ce 15 janvier, comme le premier jour de Nicolas Maduro, en tant que président de la République bolivarienne du Venezuela. Une déclaration de l’Assemblée nationale la semaine dernière et, surtout, l’interprétation que la Chambre constitutionnelle de la Cour Suprême de Justice (TSJ) a donné à l’article 231 de la Constitution, dans lequel sont notées les absences temporaires ou absolues du Président, ont défini une formule qui va attendre rétablissement d’Hugo Chávez pour qu’il prête serment pour son nouveau mandat de six ans et que, pendant ce temps, le pouvoir exécutif en fonction – y compris le vice–président – restera en vigueur au–delà de la date de leur disparition prévu, le 10 janvier. Mais l’opposition conteste la légitimité du  » gouvernement de facto «  de Nicolas Maduro.  » Toutes les décisions du gouvernement sont entachées d’illégitimité « , assure l’historienne Margarita Lopez Maya. Publié dans le Journal officiel, la nomination de l’ex vice–président  Elias Jaua (Voir la photo à la une) comme ministre des relations extérieures en remplacement de Nicolas Maduro, a été signé par décret  » le 17 janvier, à Caracas «  par Hugo Chavez. Cette nomination d’ Elias Jaua, très à gauche au sein du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), la formation présidentielle, confirme que l’équipe de Hugo Chavez joue la carte de la direction collégiale.

16 – AMERIQUE LATINE – Selon les données publiées par l’Organisation internationale du Travail (OIT), le chômage a continué de baisser dans la région en 2012 pour s’établir à 6,4%, le taux le plus bas depuis que l’organisation a commencé à mesurer cet indicateur il y a 22 ans. Le défi, cependant, reste à améliorer la qualité de ces emplois: la moitié des emplois ne cotise pas à la Sécurité sociale et certains travailleurs perçoivent des revenus qui ne leur permettent pas de sortir de la pauvreté (un mal qui touche 28,8 % des Latino–Américains). La création d’emplois est abondante, mais survient le plus souvent dans des secteurs à faibles taux de productivité aux salaires inférieurs, comme le commerce de détail et de la construction. Le travail précaire augmente dans la plupart des pays. L’Argentine, le Brésil et l’Uruguay sont les pays où il y a eu plus de progrès dans la qualité des emplois grâce à une augmentation du salaire minimum  et à l’accroissement du pouvoir des syndicats. Dans la région, les pays avec le plus de travailleurs syndiqués sont Cuba (71%), l’Argentine (32%), la Bolivie (27 %), l’Uruguay (25 %) et le Brésil (18%), selon la « Central Sindical de las Américas ». Le BIT prévoit que d’ici 2013 ce chiffre va continuer à baisser :en 2012, au Brésil il a été réduit malgré la stagnation économique (de 6,2 % en 2011 à 5,7 %), au Mexique (6,1 à 5,9 %), en Colombie (de 11,8 à 11,5 %), au Venezuela (8,6 à 8,2%), au Chili (7,3 à 6,6%) et au Pérou (de 8% à 7,2%), tandis qu’il est resté inchangé en Argentine (7,3 %).

19 – BOLIVIE – L’Organisation des Nations Unies dénonce le viol d’une femme survenu à l’Assemblée législative de la région de Chuquisaca en Bolivie après une fête. Les caméras de sécurité installées dans le bâtiment ont enregistré sur  vidéo la scène qui dure environ 15 minutes et est daté du 20 Décembre 2012. Les deux hommes politiques impliqués dans le scandale sont du parti du président Evo Morales du Mouvement vers le socialisme (MAS). L’un est le violeur présumé et l’autre aurait harcelé une autre employée du même parti. L’ONU a déclaré dans un communiqué à La Paz que «ce qui semble être une agression flagrante », enregistrée sur vidéo, «  doit être immédiatement instruit, jugé et sévèrement puni conformément à la loi. » Le président national du Comité d’éthique et de discipline du MAS, Teodoro Barrientos, a informé l’agence de presse EFE de l’expulsion de ces deux militants et leur mise en congé illimité de l’Assemblée législative. Il a prévenu que plus de militants seront expulsés s’il est prouvé qu’ils ont une responsabilité dans cette affaire.

Guy MANSUY

 

Rastignac à Buenos-Aires, « El estudiante », film argentin de Santiago Mitre

Roque Espinosa, jeune provincial, arrive à Buenos Aires pour poursuivre ses études à l’université. Il n’est pas très motivé et passe son temps à errer dans la fac, se faire de nouveaux amis et séduire les filles. L’une d’elles, Paula, une enseignante va l’initier au militantisme et lui faire rencontrer  Alberto Acevedo, ancien politique. Roque commence à participer activement aux réunions et à se lier avec les autres membres du syndicat étudiant…

Voilà un film sur la manipulation. Les films argentins nous avaient déjà parlé du cynisme de l’armée, de la police ou des assureurs. Ici le film parle des magouilles à l’université et en politique dans une époque récente, mais pas clairement cité. Le film est bien enlevé, même si parfois il nous parait un peu obscur (comme les influences encore aujourd’hui du péronisme en Argentine).
Le réalisateur a été scénariste pour deux films majeurs de Pablo Trapero  Leonora et Carancho.

Le film a été tourné dans l’Université de Buenos aires durant sept mois pour un budget ridicule. Il a bénéficié de l’aide des étudiants, de leurs syndicats et de l’administration. Le tournage a été difficile car des événements importants se passaient alors : un étudiant a été assassiné, le président Kirchner est décédé et la ville connaissait de nombreux conflits. Tout est vu par le regard que Roque porte sur la politique. On voit combien l’intime et la politique sont mêlés, et ouvrent la porte au clientélisme politique. Voir fiche sur site.

Le film sort le 23 janvier, ainsi que le film espagnol Blancanieves, grand favori aux Goyas espagnol : film sans parole en noir et blanc mais très différent de The artist, il raconte comment Blanche-Neige va devenir torero.

 Festival Regard sur le monde

Le prochain festival Regard sur le monde se déroulera du 25 janvier au 2 février à Rouen. Il est ouvert à toutes les nations avec lequel le port est en relation. Au programme, plus de 40 films, des compétitions longs-métrages, documentaires et courts-métrages, des films d’Afrique, d’Amérique latine, d’Europe, d’Asie et des États-Unis, de nombreuses rencontres, des débats, des concerts… et bien d’autres choses ! On trouvera donc en compétition des films brésiliens comme Historias de Julia Murat, Tourbillon de Helvécio Marins Jr. et Clarissa Campolina. La Playa D.C. de Juan Andrés Arango Garcia (Colombie), ou le documentaire 108, Cuchillo de palo de Renate Costa (Espagne). Tout renseignement sur site.

 Alain LIATARD

 

 

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