Archives mensuelles :

décembre 2012

Venezuela : incertitudes sur l’état de santé du président Hugo Chávez

Le président du Venezuela, Hugo Chávez, est toujours hospitalisé à Cuba. Souffrant d’un cancer, il s’est fait opérer à La Havane le 11 décembre dernier. Depuis, peu de nouvelles, jusqu’à ce dimanche 30 décembre au soir, lorsque l’on a appris de la bouche du vice-président Nicolas Maduro qu’il souffrait de complications, sans beaucoup plus de précisions.

 

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Les faits du 23 au 30 déc. 2012

24 – ANTARCTIQUE – L’Antarctique occidental se réchauffe à un rythme jusqu’à présent insoupçonné. Selon des travaux américains, publiés dans la revue Nature Geoscience, cette région du grand inlandsis s’est réchauffée de 2,4 °C depuis 1958, devenant l’une des zones les plus sensibles au changement climatique en cours. Le réchauffement s’y produirait environ trois fois plus vite que la moyenne relevée sur l’ensemble du globe au cours de la même période. Ces résultats spectaculaires suscitent l’attention, car la calotte de glace est, dans cette région, réputée fragile. Sa dégradation pourrait conduire à une élévation importante du niveau marin. Au cours des vingt dernières années, l’ouest de l’Antarctique a perdu en moyenne 65 milliards de tonnes de glace par an. Soit un dixième environ des 3,2 mm d’élévation annuelle du niveau des mers, mesurée depuis le début des années 1990.

24 – MEXIQUE – Baptisé  » Pour ta famille, désarmement volontaire « , le programme municipal, lancé dans le quartier malfamé d’Iztapalapa, au sud-est de Mexico, haut lieu de la délinquance organisée, invite ses habitants à échanger leurs armes à feu contre des cadeaux ou de l’argent. Selon le ministère public, Iztapalapa concentre la plupart des 2 558 meurtres commis entre 2007 et 2012 dans la capitale, contre plus de 60 000 à l’échelle nationale, alors que les cartels de la drogue se livrent une lutte sanglante entre eux et contre le gouvernement. Premier bilan de ce programme, qui sera étendu en 2013 à d’autres quartiers de la ville : environ 600 fusils et pistolets récoltés en cinq jours. La mairie d’Iztapalapa en espère le triple d’ici au 31 décembre, date de la fin de l’opération.  » L’impact sera limité, car la culture de l’autodéfense est très forte « , prévoit un responsable de l’opération. Non loin de lui, un second stand accueille… les enfants.  » Nous échangeons des jouets guerriers contre d’autres non violents, explique Samantha Sabina, du département municipal de la famille. Dans un pays où beaucoup de mineurs, fascinés par les « narcos », rejoignent les rangs des cartels, l’objectif est d’éduquer à la prévention dès le plus jeune âge. «  Emmanuel, 4 ans, a troqué sa vieille épée et son pistolet en plastique contre un camion vert flambant neuf.

26 – ARGENTINE – Le patronat agricole d’Argentine a organisé une grève de la commercialisation des bovins de 24 heures pour protester contre un nouveau conflit qui a surgi avec le gouvernement péroniste de Cristina Fernandez de Kirchner. Quatre ans après la longue bataille entre les grands et moyens propriétaires terriens et le gouvernement Kirchner pour un taxe à l’exportation en hausse, la présidente de l’Argentine a décidé la semaine dernière l’expropriation du parc des expositions que l’un de ses prédécesseurs, Carlos Menem, avait vendu à la société aristocratique rurale Sociedad Rural au prix maintenant considéré par la  justice comme particulièrement bas. La protestation des propriétaires ruraux intervient à un moment où le gouvernement fait face à plusieurs conflits sociaux.

27 – ARGENTINE – Après neuf années de gouvernement Kirchner et pour la première fois, un de ses membres a été reconnu coupable de corruption. Un tribunal fédéral de Buenos Aires a condamné à quatre ans de prison Felisa Miceli, qui, en 2007, était le poste de ministre de l’Économie du président Néstor Kirchner et la première femme à atteindre cette position en Argentine. La police a trouvé dans la salle de bains de son bureau un sac contenant 100.000 pesos et 31.670 dollars (soit un total de 39.222 €). Les trois juges l’ont déclarée coupable de dissimulation de l’argent, aggravée par son statut officiel, et de soustraction du rapport de police qui les avait trouvés. En plus elle ne pourra plus exercer une fonction publique pendant huit ans. Pour cela à l’époque, la ministre avait dût démissionner.

28 – CHILI – La Cour d’appel de Santiago a ordonné l’arrestation de huit ex-militaires de l’Armée chilienne impliqués dans la mort du chanteur Victor Jara (dans la photo avec ces deux enfants) au Stade Chile à Santiago en septembre 1973. Le juge Miguel Vásquez a ordonné l’arrestation du colonel Hugo Sánchez et du lieutenant Pedro Nuñez Marmonti Barrientos. Six autres soldats devraient également être arrêtés pour complicité d’assassinat pour leur rôle dans la mort du chanteur quelques jours après le coup d’état d’Augusto Pinochet en 1973. Dans l’acte d’accusation, le juge a déclaré que le 11 septembre 1973 des soldats de l’armée ont assiégé la Universidad Técnica del Estado et détenu des milliers d’étudiants, d’enseignants et du personnel de l’institution, parmi lesquels se trouvait Victor Jar qui ensuite a été torturé puis exécuté le 16 Septembre. Le chanteur a reçu un total de 44 blessures par balle et a été jeté dans une rue de  Santiago.

29 – CUBA – Le chef de la branche jeunesse du Parti Populaire espagnol, Angel Carromero, condamné à Cuba à quatre ans de prison pour l’accident de la circulation qui a couté la vie aux dissidents Harold Cepero et Oswaldo Paya, est arrivé en Espagne pour y purger le reste de sa peine à la prison de Ségovie.

Guy MANSUY

 

Bolivie : le gouvernement nationalise deux compagnies d’électricité espagnoles

Après les hydrocarbures, certains gisements de minerais ou encore le transport de l’électricité, ce sont les compagnies de distribution d’électricité Electropaz et Elfeo qui passent sous contrôle de l’état, a annoncé Evo Morales ce samedi 29 décembre 2012. Les deux sociétés appartenaient au groupe espagnol Iberdrola, qui s’est déclaré surpris et a protesté contre la mesure, tout comme Madrid. Le président Evo Morales a expliqué que la décision avait été prise dans un souci de justice sociale, alors que l’armée et la police occupent les centrales et les bureaux des deux compagnies.

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Au Venezuela, la prise de fonction d’Hugo Chávez en voie d’être reportée

Au Venezuela, on se dirige vers un report de la prise de fonction d’Hugo Chávez. A l’origine prévue pour le 10 janvier, elle pourrait être repoussée si le président élu était toujours hospitalisé à Cuba à cette date. C’est ce qu’a fait savoir le gouvernement, lundi 24 décembre. Et le chef de l’opposition, Henrique Capriles, à la surprise générale, a signalé son accord.

 

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Les faits du 16 au 22 déc.

16 – VENEZUELA – Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a remporté vingt des vingt-trois États que compte le pays. Réunie au sein de la Table de l’unité démocratique (MUD en espagnol), l’opposition n’en obtient que trois. Elle en avait obtenu cinq en 2008. Elle conserve toutefois l’État du Miranda où Henrique Capriles, actuel gouverneur et candidat présidentiel malheureux en octobre, a été réélu avec 50,35 % des voix. Il a battu Elias Jaua, un des hommes de confiance d’Hugo Chávez et ex-vice-président de la République. Selon les chiffres fournis par le Conseil national électoral, la participation a été de 53,5 % (contre plus de 80 % lors de la présidentielle du 7 octobre). La maladie du président n’a pas contribué à mobiliser les électeurs, comme certains le prévoyaient. Henrique Capriles confirme sa position de leader de l’opposition, que d’aucuns lui contestaient depuis sa défaite contre Hugo Chavez. Il se pose en probable candidat de la MUD en cas de nouvelle élection présidentielle qui aura lieu si le président Hugo Chávez n’était pas en mesure d’assumer son nouveau mandat le 10 janvier 2013.

17 – BRÉSIL – Les magistrats du Tribunal suprême fédéral de Brasilia ont achevé le jugement du procès-fleuve dit du mensalao (« grosse mensualité »), scandale qui a eu lieu pendant la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva. Par cinq voix contre quatre, les juges ont décidé que trois députés condamnés perdront leurs droits politiques, sans procédure préalable devant le parlement. Le président de la Haute Cour, Joaquim Barbosa, a annoncé la « perte des droits politiques » des 25 entrepreneurs et hommes politiques condamnés pour avoir participé au versement de pots-de-vin à des députés en échange de leur soutien au Parlement, de 2003 à 2005. Onze condamnés devraient faire de la prison ferme mais la plupart ont annoncé déposer un recours contre leur incarcération immédiate. Les décisions ne seront effectives qu’à la toute fin du procès, vers la fin 2013, selon des experts.

17 – MEXIQUE – Le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, a annoncé une nouvelle stratégie de sécurité qui rompt avec le discours de son prédécesseur, Felipe Calderón. En accord avec les gouverneurs des États, cette stratégie de lutte contre la violence vise à réduire le nombre d’assassinats, d’enlèvements et d’extorsions, trois crimes que la plupart des Mexicains ont sanctionnés ces dernières années. Avec un ton solennel et ferme, le président a averti que « il n’y aura pas d’improvisation» dans la politique de sécurité, dont les principaux changements sont les suivants: division du pays en cinq régions d’exploitation, la création d’une gendarmerie nationale, –  sur le modèle de la Garde civile espagnole –, la création d’une police sous commandement unique dans les États et la modernisation du Procuraduría General de la República ( ministère public), qui fait de « la police de recherche scientifique la pierre angulaire de la justice pénale ».

17 – COSTA RICA – Société à l’image conservatrice et peu enclin à se séparer d’ancien dogme catholique, le Costa Rica a ouvert le débat politique et social sur la légalisation des mariages entre personnes du même sexe. Le gouvernement de la présidente Laura Chinchilla a annoncé qu’il enverra à l’Assemblée législative (Congrès monocaméral) un projet de loi pour légaliser les unions homosexuelles, une décision qui pourrait créer un précédent socio-politique dans l’Amérique centrale. « C’est une étape importante d’ouverture que la Présidente a fait et à laquelle les candidats des différents partis politiques ont montré leur soutien », a déclaré Marco Castillo, président du Mouvement diversité du Costa Rica. Dans aucun pays d’Amérique centrale il y a une législation similaire. Dans le reste de l’Amérique latine et les Caraïbes, les unions de personnes du même sexe sont reconnus légalement en Colombie, en Uruguay et en Argentine, et dans deux états du Mexique – le District Fédéral et l’État de Coahuila.

18 – URUGUAY – Le Président José Mujica freine le projet de contrôle de l’État sur le marché de la marijuana qu’il avait impulsé en juin. Il a allégué que la société «n’est pas mûr ». Sa réticence résulte de considérations exprimées par Carlos Casacuberta, un économiste uruguayen qui a étudié la viabilité économique du projet. Celui-ci estime que ce freinage est dû à trois facteurs : un sondage sorti récemment montre que 64% de la population est contre la loi ; ensuite il n’existe aucune preuve qu’il y ait unanimité au sein du groupe parlementaire pour voter sur ce projet de loi ; et enfin, va entrer dans l’arène politique comme candidat du Frente Amplio, l’ancien président Tabaré Vazquez, qui est un adversaire tenace de la légalisation de la marijuana. Actuellement, le projet est toujours en phase d’étude au Parlement.

18 – COLOMBIE – La Cour inter-américaine des droits de l’homme a condamné la Colombie pour violations des droits de l’homme commises dans ce qu’on a appelé le massacre de Santo Domingo, qui a eu lieu le 13 décembre 1998, quand un avion de l’Air Force ce pays, qui avant une opération contre les FARC, ont lancé des bombes sur un village de la municipalité de Santo Domingo, dans le département d’Arauca, à l’est du pays. Ce bombardement a fait 17 tués, dont six enfants, et 27 blessés, dont 10 enfants. Pendant le procès, les membres de l’Armée de l’Air a nié toute responsabilité dans la tragédie. Cependant, une enquête du FBI a conclu que l’attaque était le résultat de bombes lancées par des membres de la Force aérienne et a révélé que les enregistrements des pilotes avaient été effacés du dossier du tribunal par la justice pénale militaire en vue de couvrir les responsables du crime. Pour la Cour, il est clair que l’État est responsable de la tragédie de Saint-Domingue pour violation des droits à la vie.

19 – ARGENTINE – Pour la troisième fois en six mois, des milliers de travailleurs parmi lesquels de nombreux péronistes, ont manifesté Plaza de Mayo  pour exiger de meilleurs salaires du gouvernement péroniste de Cristina Fernandez. Et pas seulement les salaires meilleurs. « Il est étonnant que dans cette place qui a une histoire, nous sommes obligés de venir pour réclamer pour nos anciens et nos enfants« , se plaint Hugo Moyano, leader du puissant syndicat des camionneurs et de l’opposition de la Confédération Général du Travail(CGT). Hugo Moyano a terminé son discours en s’adressant à Cristina Fernandez avec ces mots: «Madame la Présidente, traitez de l’inflation qui ronge les Argentins. Et faites face à l’insécurité. Prenez tous les outils à votre disposition pour faire face à l’incertitude, l’insécurité inquiète tous les Argentins.  » L’insécurité, l’incertitude, l’insécurité … Le dirigeant syndical a utilisé le même mot que Cristina Fernandez avait essayé d’éviter, dans plus 200 discours qu’elle a prononcés cette année jusqu’à la semaine dernière. Avant de mentionner l’inflation et de l’insécurité, les intervenants a appelé à l’amélioration des retraites et à la suppression des impôts pour les travailleurs.

19 – ARGENTINE – Une semaine après l’acquittement de 13 accusés du cas le plus célèbre de la traite des femmes en Argentine, la Chambre des députés a épousseté un projet de loi endormi sur ce crime et l’a adopté. Pendant 16 mois, la chambre basse du Congrès argentin devait débattre du projet de loi, qui a été approuvé par le Sénat et durcir les sanctions contre l’esclavage sexuel. La nouvelle loi étend les condamnations d’exploitation sexuelle simple de deux à quatre ans de prison et à des peines de cinq à 15 ans si les victimes deviennent enceintes ou ont moins de 18 ans. L’un des points clés est que le consentement des femmes adultes ne peut pas exempter de poursuite des trafiquants. L’accusé ne peut être libéré pendant le processus de l’enquête judiciaire.

19 – ARGENTINE – Ces dernières années, des gouvernements de Kirchner en Argentine se sont attaqués aux militaires et aux civil-militaires responsables durant le règne de la terreur qui a frappé le pays entre 1976 et 1983. Les civils ont travaillé avec eux et même pour certaines décisions à des postes de haut niveau. Le premier à tomber derrière les barreaux est James Smart, 76 ans, qui était ministre du gouvernement de la province de Buenos Aires et en tant que telle, selon le jugement du tribunal, a commandé 57 arrestations illégales et un meurtre celui de Jorge Rubinstein, un avocat du Groupe Graiver, famille propriétaire d’une usine de papier journal. En plus de James Smart ; la Cour fédérale de La Plata a condamné 22 anciens membres des forces de sécurité, y compris d’anciens militaires et ex-policiers, tous impliqués dans ce qui a été appelé Circuit Camps, le réseau des centres de détention clandestins sous l’autorité, à l’époque, du chef de la police de Buenos Aires, le défunt  Ramón Camps. Sur les 23 condamnés, 16, y compris Smart, ont reçu une peine à perpétuité et les sept autres des peines comprises entre deux et 25 ans de prison. Sur la base de l’enquête, le tribunal a également ordonné l’arrestation de l’ancien procureur Alberto Varela Rodriguez. Il a également demandé que les autres tribunaux enquêtent sur la collaboration des prêtres et des autres fonctionnaires judiciaires avec des crimes du Circuit Camps.

20 – PEROU – Le gouvernement du président Ollanta Humala (dans la photo à la une) et le Congrès péruvien ont approuvé, en novembre et décembre, un ensemble de règles qui limitent le contrôle civil sur les activités des forces armées et de la police. Un décret-loi rend secrets certains achats de la Défense, et un autre décret désigne comme secrètes les affaires de sécurité et de défense nationale et sanctionne comme un délit leur communication, ce qui affectera  en principe le travail des journalistes. Certains experts ne considèrent que cet ensemble de règles comme un signe de la militarisation de l’administration Humala, que le Parlement, le Médiateur ou la Cour constitutionnelle devraient réviser. Ces règles ont été approuvées à l’initiative de  l’exécutif qui a demandé des pouvoirs législatifs spéciaux au Parlement pendant 90 jours en août, une période qui a pris fin la semaine dernière. En outre, a également approuvé le décret-loi 1141, qui étend la durée de la classification de l’information sur la défense et le renseignement, a déclaré le journaliste Ricardo Uceda, expert militaire et membre du conseil de l’Institut Presse et Société.

20 – BRÉSIL – Les syndicats ont annoncé à la présidente, Dilma Rousseff, que leur lune de miel prolongée avec elle se terminent. Mécontents de la politique économique de la  présidente, quatre des cinq plus grands syndicats du pays ont signé un document de rupture avec elle et a appelé à une manifestation le 6 mars à Brasilia où ils espèrent réunir plus de 20.000 travailleurs. Les syndicats en rébellion sont Fuerza Sindical, Nueva Central, UGT et CTB. Celui qui n’était pas présent à la réunion au cours de laquelle le document a été rédigé est la CUT lié au Parti des travailleurs (PT, au pouvoir), mais a fini par signer le texte.

20 – COSTA RICA – La Cour inter-américaine des droits de l’homme (Cour IDH) a condamné le Costa Rica pour interdiction de fécondation in vitro et a ordonné de lever les restrictions juridiques qui interdisent les mécanismes de fécondation assistée. « C’est une décision historique« , a déclaré Miguel Costa Rica Yamuni, un membre du groupe des familles qui, il y a une décennie, a poursuivi l’État du Costa Rica pour une décision de la Cour constitutionnelle en 2000 qui interdisait la fécondation. Le ministre de la Communication du Costa Rica, Francisco Chacón, a annoncé que le gouvernement de la présidente du Costa Rica Laura Chinchilla, respectera le verdict de la Cour.

20 – ARGENTINE – Même si la situation économique n’est pas comparable à celle vécu 11 ans plus tôt par  le gouvernement radical de Fernando de la Rua, dans l’une des pires crises de l’histoire de l’Argentine, les habitants des bidonvilles de cinq villes argentines ont reproduit les mises en scène de pillage ou de vols dans des supermarchés et autres commerces. Deux personnes ont été tuées, au moins 45 blessées (dont 25 policiers) et 193 ont été arrêtées. Bien que l’économie de l’Argentine ait à peine progressé en 2012 après plusieurs années de forte croissance et que l’inflation reste élevée (22,8 %, selon les statistiques), la situation sociale est loin de ressembler à celle dont le pays a souffert en 2001. Des photos montrent des personnes, surtout des jeunes, forçant les devantures des boutiques pour prendre de la nourriture, mais cette fois également, des boissons alcoolisées, des bicyclettes, des vêtements et des téléviseurs, à Rosario, à Bariloche et dans des villes des provinces de Buenos Aires , d’Entre Ríos (est de l’Argentine) et du Chaco (nord-est). Les pillages, qui ont commencé à Bariloche en Patagonie, ont produit un effet de contagion sur d’autres villes d’Argentine

21 – MEXIQUE – C’est le jour du changement d’ère maya, que les zapatistes de Ejército Zapatista de Liberación Nacional (EZLN) ont choisi de faire une démonstration de force. Quelque 40 000 habitants du Chiapas (sud du Mexique), avec des cagoules, ont défilé toute la journée pacifiquement  et silencieusement. La grande mobilisation de l’EZLN a pris fin avec le retour, sous forme de communiqué de presse, du sous-commandant Marcos. Cette marche a coïncidé avec les événéments du 15e anniversaire du massacre du village d’Acteal, où 45 Indiens ont été tués, en majorité des femmes et des enfants. Après l’assassinat de ce 22 Décembre 1997, le gouvernement mexicain a attribué l’assassinat à un conflit ethnique et a accusé 20 Indiens, qui, après onze années passées en prison, ont été libérés pour des irrégularités dans la procédure judiciaire.

Guy MANSUY

Conflits frontaliers en Amérique latine : Chili-Pérou : où est la frontière maritime ?

En désaccord sur la ligne de démarcation de la frontière maritime entre le Chili et le Pérou, ce dernier a demandé à la  Cour Internationale de Justice (CIJ) des Nations Unies à La Haye de statuer sur sa position exacte. L’enjeu ? Plusieurs dizaines de milliers de km2 d’eaux riches en ressources de poissons.

En 1997, le Chili ratifie la convention sur le Droit de la mer et remet aux Nations Unies sa carte nautique de la limite maritime avec le Pérou selon le concept de parallélisme à l’Equateur. Pour affirmer sa souveraineté sur cette portion de mer, il se base sur l’existence de deux traités signés par les deux pays : la déclaration de Zone maritime de 1952 et la convention de Zone spéciale de 1954. Le Pérou fait immédiatement parvenir au Chili une note diplomatique qui rejette le contour des limites présentées. En 2004, le Pérou insiste : les deux pays n’ont pas célébré de traité limitrophe. Le Chili répond que si, en 1952 et 1954.

En 2005, le Congrès péruvien, à l’unanimité de ses membres, approuve des limites maritimes basées sur le concept de l’équidistance. Cette carte nautique est à son tour, immédiatement rejetée par le Chili. En mai 2007, le Pérou inscrit à l’ONU la ligne de base de son Domaine maritime selon la ligne d’équidistance. Inacceptable répond le Chili. Estimant qu’il était difficile de sortir de l’impasse, le Pérou dépose, en janvier 2008, une demande de définition des limites maritimes devant la Cour internationale de Justice de La Haye, en vertu du pacte de Bogotá de 1948 par lequel les deux pays reconnaissent la CIJ comme seul et unique arbitre d’un tel différend.

 Les plaidoiries des parties

Elles ont eu lieu à La Haye durant la première moitié de novembre 2012. Les deux pays se sont publiquement engagés à respecter la décision de la Cour.

Pour les experts engagés par le Chili (1),

>> Les limites terrestres entre le Pérou et le Chili ont été établies en 1929 et la frontière maritime en 1952 par un traité tripartite Pérou-Chili-Equateur ;

>> La Déclaration de Santiago de 1952 définissait pour les trois pays, la zone maritime de 200 milles, déclaration perfectionnée en 1954 ;

>> La Déclaration de 1952 a toujours été considérée comme un traité. Les limites actuelles ont d’ailleurs toujours été respectées par le Pérou jusqu’à aujourd’hui ;

>> La ligne de démarcation part de la Borne 1 (Hito 1) située à 220 m à l’intérieur de ses terres et part vers la haute mer en suivant le parallèle 18°21’23″.

>> Le Pérou n’a pas pu démontrer que les accords de 52 et 54 n’étaient que des accords sur la pêche…

Pour les experts engagés par le Pérou (2),

>> La déclaration de Zone maritime de 1952 et la convention de Zone spéciale de 1954 ne sont pas des traités de limites frontalières mais des accords de délimitation de zones de pêche ;

>> La délimitation maritime doit se faire selon le principe d’équité et d’équidistance à partir du point de rencontre sur la côte entre les deux pays, dit point de la Concorde, et non de la Borne 1 (Hito 1) à l’intérieur du Chili ;

>> La limite maritime doit s’éloigner en mer comme une ligne bisectrice (oblique) séparant équitablement la mer jusqu’à la limite des 200 milles marins ;

>> Souveraineté péruvienne sur la zone de 25.000 km2 que le Chili considère comme haute mer ;

>> Le Chili n’a pas pu démontrer quand et où un pacte de limites maritimes aurait été signé.

Ce genre de situation requiert un temps de délibération des juges assez long et on n’attend pas de décision avant le mois de mai 2013.

 Jac FORTON

 (1) Chaque partie est représentée par un « Agent » national assisté par des avocats internationaux experts en leurs domaines.
Pour le Chili : Agents : Alberto Van Klaeveren assisté de Juan Martabit et María Teresa Infante (tous Chiliens). Avocats internationaux :  James Crawford (Australie), Pierre Marie Dupuy (France), Luigi Condorelli (Italie), David Colson (Etats-Unis) et Jean Paulson (Suède).
(2) Experts engagés par le Pérou :  Agent : Allan Wagner assisté de Jorge Chavez et José Antonio García (tous Péruviens). Avocats internationaux : Alain Pellet (France), Rodman Bundy (Etats-Unis), Alan Vaughan (Grande-Bretagne) et Michael Wood (Grande Bretagne).

Bonnes vacances avec le film, « Jours de pêche en Patagonie » de Carlos Sorín

Le sujet du film est, on ne peut plus simple : À la recherche d’un nouveau départ, Marco décide de partir en Patagonie s’initier à la pêche au requin. Ce nouveau passe-temps ne semble pas être l’unique raison de son arrivée dans la petite ville de Puerto Deseado… Bonnes vacances avec ce film qui est en salle dès ce mercredi 26 décembre…

Vous aviez peut-être vu, il y a une dizaine d’année, le film  Historias minimas, qui a fait connaitre l’Argentin Carlos Sorín, l’histoire d’un grand-père qui veut partir à la ville, à 300 kms pour retrouver son chien. Ici, on est avec un père qui veut revoir sa fille, trop longtemps ignorée ou abandonnée. Rien ne se passe vraiment. Bien sur, il retrouvera en fin de compte sa fille (quelles belles scènes !) et fera des rencontres, des jeunes colombiens sur la route ou une jeune boxeuse bolivienne. Comme souvent chez Carlos Sorín, on est un peu déçu par la fin de son film. Pourtant celui-ci est très court (1 h 18), et l’on voudrait en apprendre plus sur ces personnages solitaires, qui se déplacent dans une région où le vent est omniprésent. Comme toujours, l’image et l’interprétation sont excellentes.

« J’ai besoin d’un public, dit-il, qui travaille, qui complète ce qu’on a omis dans l’histoire, selon sa sensibilité. Les films n’existent que lorsque quelqu’un les voit. » Nous avions rencontré Carlos Sorín au festival de Toulouse en mars 2011 et vous pouvez retrouver l’entretien dans le numéro 264 de la revue Espaces Latinos.

 Alain LIATARD

 

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Des milliers de manifestants en Argentine contre la politique de Cristina Kirchner

Nouvelle manifestation en Argentine contre la politique de la présidente Cristina Kirchner. Mercredi soir 19 décembre, à l’appel des deux plus importantes centrales syndicales du pays, des dizaines de milliers de personnes ont protesté contre l’inflation et réclamé des augmentations salariales.

 

 

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Chili: démission de Teodoro Ribera, ministre de la Justice

La mobilisation des étudiants et des élèves du secondaire qui a particulièrement secoué le Chili en 2011 a fait une nouvelle victime. Le ministre de la Justice, Teodoro Ribera, a démissionné lundi 17 décembre, et a été remplacé par sa sous-secrétaire Patricia Pérez. Il est suspecté de tremper dans un scandale de corruption dans l’Education supérieure qui se développe de manière tentaculaire depuis plusieurs mois dans le pays.

 

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Les faits de l’actualité du 10 au 15 décembre 2012

10 DÉC. – ARGENTINE –  La Cour suprême a rejeté un recours exceptionnel présenté par le gouvernement de la présidente Cristina Kirchner afin d’obtenir qu’une loi antitrust puisse s’appliquer à Clarin, le principal groupe médiatique d’Argentine. Le gouvernement avait fait appel d’une décision précédente, favorable à Clarin, suspendant le démantèlement du groupe. La décision de la Cour suprême constitue un nouveau revers pour l’exécutif, engagé dans une confrontation avec la justice.

10 – CUBA – Le pays ouvre la porte à des coopératives privées dans divers secteurs tels que les transports et la construction, une mesure qui devrait dynamiser l’économie chancelante de l’île. Jusqu’à présent cette forme de gestion a été autorisée que dans le secteur agricole. Une loi permet d’étendre progressivement les coopératives à Cuba et dans un stade préliminaire, il est prévu que cela contribuera à la création plus de 200 de ces associations à travers le pays. Cette mesure fait partie d’un plan d’ajustements économiques approuvés par le VIe Congrès du Parti communiste de Cuba en 2011.

11 – BRÉSIL – Après sa participation au sommet ibéro-américain en Espagne, la présidente brésilienne Dilma Rousseff passe de deux jours à Paris pour tenter de souder des liens « plus fermes« , selon l’expression d’un diplomate à Brasilia, avec son homologue français, dans le cadre d’un front élargi contre la politique d’austérité imposée par Berlin et les marchés au sein de l’Union européenne. Elle a rencontré François Hollande pour relancer les relations franco-brésiliennes, puis le Medef le lendemain pour relancer le partenariat  » stratégique  » prôné par Jacques Chirac en 2006 lors d’une visite au Brésil. Comme François Hollande, Dilma Rousseff porte le mot « croissance » en étendard, mais d’une manière autrement plus démonstrative. Devant les responsables politiques de la péninsule Ibérique, elle a critiqué l’Allemagne, sans la nommer, pour avoir imposé à ses voisins des solutions  » inadéquates pour résoudre la crise « , conduisant à  » un appauvrissement des classes moyennes et à une possible récession brutale « . Au point d’être comparée à une « anti-Merkel », par certains journaux brésiliens. Le Brésil subit un net ralentissement de son économie. Un défi délicat pour Dilma Rousseff, qui n’a eu cesse de stimuler la croissance par des plans colossaux de relances et d’investissements publics.

11 – VENEZUELA – Le président vénézuélien, Hugo Chávez, a été opéré à La Havane pour la quatrième fois d’un cancer dont la nature reste secrète. Selon le vice-président, Nicolas Maduro, (photo à la une), l’opération, qui a duré six heures, a été « un succès . Comme à chaque opération, Hugo Chávez a été pris en charge à l’hôpital Cimeq de La Havane, le plus moderne et le mieux équipé de Cuba, pays réputé pour la compétence de ses médecins. Réélu à la tête du Venezuela, Hugo Chávez doit commencer officiellement son troisième mandat de six ans le 10 janvier.

11 – AMÉRIQUE LATINE – Deux accords décisifs libérant le commerce de l’UE avec la Colombie, le Pérou et six pays d’Amérique centrale peuvent désormais entrer en vigueur, grâce à l’approbation du Parlement européen. Les accords avec le Pérou, la Colombie et six pays d’Amérique centrale (le Costa Rica, le Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Panamá) libéreront les marchés des deux parties, en réduisant les droits de douane, en supprimant les barrières techniques au commerce, en libéralisant les marchés des services et en ouvrant les marchés publics. En outre, ces accords incluent des engagements visant à renforcer les droits du travail et les normes environnementales. Outre la libéralisation des échanges commerciaux, l’accord comprend également des clauses sur la coopération au développement et le dialogue politique, en vue d’aider à promouvoir le développement durable, à réduire la pauvreté, et à consolider la stabilité en intégrant la région centre-américaine dans son ensemble. Le Costa Rica et la Colombie font partie des premiers exportateurs de bananes au monde, et une forte augmentation de leurs exportations en Europe pourrait supplanter celles des « régions ultra-périphériques » de l’UE, telles que les îles Canaries, la Guadeloupe et la Martinique, qui, ensemble, cultivent 12 % des bananes vendues dans l’UE. Afin d’éviter de nuire à leurs économies fragiles, les députés ont approuvé deux règlements qui garantissent un filet de sécurité général pour les secteurs européens ainsi que des « mécanismes de stabilisation » spéciaux pour les bananes.

11 – URUGUAY – Après sept heures de débat, la Chambre des députés de l’Uruguay a approuvé un projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe. La loi, soutenue par 81 des 87 députés présents, a maintenant besoin de se soumettre à un vote au Sénat. La règle sera également de permettre aux couples homosexuels et hétérosexuels, de choisir l’ordre des noms de leurs enfants. Parce que le Front Ample a la majorité au Sénat, il est prévu que dans la première moitié de 2013, la loi sera finalement approuvée. Par la suite, le Code civil de l’Uruguay ne parlera pas de « mari et femme », mais d’« époux », le mariage sera « l’union permanente entre deux personnes de sexe opposé ou de même. »

12 – COSTA RICA – L’Assemblée législative du Costa Rica a approuvé une loi historique interdisant la chasse sportive. Elle n’autorise la chasse de subsistance seulement ou pour la recherche scientifique et le contrôle espèces. Le Costa Rica est devenu le premier pays d’Amérique latine à interdire la chasse. L’Association pour la préservation de la flore et de la faune (Apreflofas) est à l’origine de cette loi sur la conservation de la faune, qui prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 3 000 dollars et un emprisonnement maximal de quatre mois pour les coupables de chasse sportive. Avec une population de 4,5 millions d’habitants, le Costa Rica est l’un des pays les plus riches en biodiversité dans le monde. 25 % du territoire du pays de l’Amérique centrale est protégé par des réserves naturelles et des parcs. La loi a la distinction d’être la première approuvée dans l’histoire du Costa Rica à travers un projet soumis à débat au Parlement sur une initiative populaire, et non par un quelconque des divers pouvoirs législatifs de l’État.

13 – BRÉSIL – Le Journal officiel de l’Union européenne publie un avis du gouvernement brésilien qui prévoit de mettre aux enchères publiques en septembre 2013 la concession de l’exploitation du train à grande vitesse entre Rio de Janeiro et São Paulo. Le vainqueur de la première vente aux enchères se verra attribuer une concession de 40 ans pour construire, exploiter et entretenir cette ligne du TGV. Les entreprises intéressées qui possèdent la technologie propriétaire pour ce système ferroviaire sont en Espagne, en France, en Allemagne, au Japon et en Corée du Sud. Le gagnant de ce projet de chemin de fer appelé EF-222 dispose également de s’engager à fournir et installer des systèmes de protection acoustique, l’électrification, les télécommunications, la signalisation et de contrôle du train, entre autres.

14 – COLOMBIE – Un juge de la Cour du District Est de Virginie a condamné le général à la retraite de la police colombienne, Mauricio Santoyo, à treize ans de prison, après avoir admis qu’il a aidé les paramilitaires. Le juge l’a également condamné à payer une amende de 125 000 dollars. La Cour de Virginie l’a accusé d’avoir fourni un « soutien matériel et des ressources » pour les Autodefensas Unidas de Colombia (Forces d’autodéfense de Colombie), un groupe d’extrême droite qui a fait plus de 250 000 victimes entre le 31 octobre 2001 et le 28 novembre 2008, une période qui coïncide avec son mandat comme chef de la sécurité dans le palais présidentiel quand Alvaro Uribe était le chef de l’État.

Guy MANSUY

 

 

 

 

 

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