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Revue Latinos

Au Brésil, Sergio Moro et les procureurs cherchent à freiner le scandale des messages filtrés

Le ministre de la Justice du Brésil Sergio Moro, et les procureurs, tentent de se tirer d’affaire à la suite de la publication du rapport du site web The Intercept, sur des messages filtrés qui ont été envoyés dans le cadre de l’investigation «Lava Jato» sur la corruption .

Photo : EFE

The Intercept explique que cette affaire n’est que le début d’un «énorme trésor». Une affaire qui met en lumière des messages entre le juge Moro et les procureurs sur Telegram, une plateforme de messagerie cryptée, interceptés et envoyés par une source anonyme. Un anonyme qui soutient que les messages posent de sérieux doutes sur l’impartialité de Moro qui, en tant que juge, a envoyé en prison l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Des extraits de messages, publiés ce dimanche, incluent des conversations dans lesquelles Moro oriente les procureurs sur la mise en place, le rythme et l’ordre des investigations à effectuer.

Les avocats de Lula, une icône de la gauche latino-américaine qui continue à être l’une des figures d’opposition les plus influentes au Brésil, ont demandé au tribunal le plus important du pays la libération de l’ex-mandaté et ont tiré parti de ces accusations pour contester sa condamnation et demander son annulation.

Lors d’un événement brésilien ce lundi, Moro a revendiqué que jusqu’à maintenant ces messages ne prouvaient pas une conduite inappropriée de sa part, et l’équipe des procureurs explique qu’elle a agi en adéquation pendant ces cinq ans d’investigation «Lava Jato» qui avait révélé le versement de pots-de-vins de millions de dollars à de nombreux politiciens. Ils ont également souligné lors de déclarations écrites avoir été attaqués par un pirate informatique, ajoutant qu’il était alarmant que les messages aient été sorti de leur contexte et possiblement falsifiés.

Moro, qui s’est retiré de son rôle de juge principal dans l’investigation «Lava Jato» pour occuper la place de ministre de la Justice en janvier, a également critiqué The Intercept pour ne pas avoir identifié «la personne responsable de l’invasion criminelle des téléphones portables des procureurs». «Quant au contenu des messages dont vous me parlez, il n’y a aucune preuve de quelque anomalie ou de preuves que j’aie été à la tête de tels actes en tant que magistrat, bien qu’ils aient été sortis de leur contexte

Un porte-voix du président Jair Bolsonaro a rapporté que celui-ci n’a pas encore discuté de cette situation avec Moro et qu’il veut entendre le ministre directement avant de prendre une décision. Le Collège national des avocats du Brésil, qui a souvent critiqué ce qu’il considère comme des procédés trop agressifs, a exprimé ce lundi que n’importe quel procureur impliqué dans la filtration devait se retirer. 

Influence sur les élections

La condamnation de Lula par Moro est la faute la plus terrible commise dans l’investigation de «Lava Jato» qui a abouti à l’emprisonnement d’une dizaine de personnages politiques et de chefs d’entreprises puissants du Brésil et dans d’autres parties d’Amérique latine, perturbant le panorama politique de la région.

Lula, qui confronte au moins six autres juges pour corruption, a postulé à la présidence l’année passée, mais s’est vu contraint de ne pas participer aux élections en raison de la décision de Moro de le condamner, une décision qui avait été confirmée en cours d’appel. Lula était en tête des sondages avant les élections, lesquelles ont finalement été gagnées par le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro. 

Dans certains extraits des conversations publiées par The Intercept, les procureurs discutent du moyen d’empêcher les journalistes d’interviewer Lula, alors en prison, pendant la campagne présidentielle. L’un d’eux suggère que cela pourrait contribuer à aider l’ex-président à devenir le candidat du Parti des Travailleurs.

Dans un communiqué, les avocats de Lula expliquent que les messages prouvent la préparation de l’argumentaire fait dans les tribunaux : Moro et les procureurs fédéraux se sont liés pour s’assurer que leur client soit déclaré coupable et qu’il ne puisse pas participer aux élections présidentielles de l’année passée. Moro et les procureurs ont nié toute collaboration illégale ou motivations politiques.

D’après SWI
Traduit par Cécile PILGRAM

Les enjeux de la nouvelle présidence de Nayib Bukele au Salvador

Nayib Bukele va devenir le président salvadorien le plus jeune de l’histoire du pays. Il promet de nouvelles et innovantes pratiques politiques afin d’affronter les problèmes liés à l’insécurité, la pauvreté et la migration. 

Photo : WikiCommons

Nayib Bukele, 37 ans, sera investi président du Salvador le 1er juin 2019. Il sera le chef d’État le plus jeune de l’histoire salvadorienne, jouissant d’un soutien populaire sans précédent pour appuyer son mandat. Bukele devra faire face à certains problèmes auxquels le pays fait face en ce moment, tels que l’insécurité, la précarité économique et le chômage. Ces sujets sont difficiles à aborder dans son nouveau mandat et nombre de Salvadoriens se retrouvent contraints de quitter leur pays en direction des États-Unis. 

D’après les organismes internationaux, le Salvador était le pays le plus violent en termes de taux d’homicides et de morts violentes en 2018, rappelant les conflits armés ayant eu lieu dans d’autres nations ; par conséquent, la violence est le principal problème à traiter. Elle est générée la plupart du temps par les gangs comme la Mara Salvatrucha qui contrôlent les quartiers, volent, extorquent et tuent. À la surprise générale, un porte-parole de la Mara a affirmé que le groupe serait prêt à négocier avec le nouveau gouvernement et même à arrêter les homicides et les extorsions. Bukele propose de fournir des opportunités aux jeunes risquant d’intégrer les gangs, d’améliorer les forces de sécurité et de réinsérer les ex-membres des gangs. 

Le deuxième sujet est celui de la corruption, dans laquelle les trois prédécesseurs sont impliqués pour détournement et blanchiment de fonds. Le nouveau président propose de créer une Commission internationale contre l’impunité au Salvador en présence de l’ONU et la OEA. 37,8% de la population est touchée par la pauvreté et le Salvador détient un des taux de croissance économique les plus bas d’Amérique latine ; Bukele suggère de créer au Salvador plus d’opportunités d’emploi pour que les citoyens n’aient pas besoin d’émigrer. Par ailleurs, il suggère de moderniser le secteur agricole au nord du pays, qui est la zone la plus pauvre du pays, et de construire un aéroport afin de promouvoir le tourisme et le système ferroviaire de transport de passagers et de marchandises. Cependant, pour y parvenir, il faudra affronter deux obstacles : pallier le déficit de recettes fiscales et arriver à faire face à la force de l’opposition qui s’est constituée en une Assemblée de députés et a déjà montré son hostilité envers certaines politiques de Bukele. Le dialogue et les alliances seront ainsi essentiels dans la conduite des projets du nouveau président.

La cérémonie d’investiture, avec la présence de 900 gardes de police, se déroulera sur la place Gerardo Barrios à San Salvador, située dans l’une des zones les plus délictueuses où les gangs ont commis 10 homicides. Elle accueillera diverses délégations internationales, à l’exception du président du Honduras, Juan Orlando Hernández, de celui du Nicaragua, Daniel Ortega et du président du Venezuela, Nicolás Maduro, qui n’ont pas été invités, au vu des différends que Bukele entretient avec eux. Afin de prévenir toute attaque ou acte terroriste, avec 900 agents de police qui surveilleront tout le périmètre, dont 400 autour de la place où la cérémonie aura lieu, ainsi que des francs-tireurs dans des lieux stratégiques. Il y aura aussi des pelotons de déminage, des patrouilles des unités d’élite.

Andrea RICO

Le président nicaraguayen Daniel Ortega se fait rattraper par les acteurs internationaux

Le président Daniel Ortega continue à s’accrocher au pouvoir grâce au soutien des forces armées, de la police et des juges du pays, et ce malgré la pression de la rue, continuant ainsi une crise sociopolitique profonde et violente.

Photo : laprensa.ni

Après la répression virulente déployée contre les opposants au pouvoir, le mois de juin annonce un approfondissement de la crise économique pour la population avec, entre autres, une série de hausse de prix de biens de consommation, comme la suppression de subventions envers les secteurs économiques les plus vulnérables, ce qui risque de dégrader encore plus le climat social.

De plus, le 13 juin marque la date limite du délai de 6 ans établi par la clause 15.21 de l’accord-cadre de la loi dite du Grand Projet Océanique. En d’autres termes, ceci signifie la caducité de la concession du Grand Canal Interocéanique achetée par Wang Jing –l’entrepreneur du projet– et par conséquent son annulation de facto, laissé à l’abandon à cause de l’enlisement dans lequel le pays s’est enfoncé.

En outre, ce mois-ci, la pression politique internationale risque de sanctionner et ostraciser davantage encore le régime. L’investiture le 1er juin du président Bukele au Salvador voisin, élu en marge du bipartisme traditionnel, risque de modifier les rapports de force en Amérique centrale, et ce en défaveur d’Ortega.

De plus, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo devra rendre le 21 juin un rapport concernant les actes d’atteinte aux droits humains, de corruption et de blanchiment d’argent par les fonctionnaires et des forces de l’ordre nicaraguayens. S’il considère que les avancements effectués sont insuffisants, de nouvelles sanctions pourront alors être appliquées, bien que la nature de celles-ci demeure vague. Au vu de l’ampleur de la répression menée depuis un an et du secrétisme adopté par le cercle proche du pouvoir, ce rapport risque de jouer en sa défaveur, d’autant plus que sa publication coïncide avec la libération des prisonniers politiques du pays. Il faut rappeler que le régime est particulièrement vulnérable face aux sanctions de l’administration étasunienne, qui ont déjà sévi sur Rosario Murillo (la première dame), des hauts fonctionnaires, ainsi que sur BanCorp, une institution bancaire pilier du régime.

Du 26 au 28 juin, la 49e Assemblée générale de l’Organisation des États Américains à Medellín pourraient, dans le cadre de l’article 21 de la Charte Démocratique Inter-Américaine, renvoyer le Nicaragua de cette même organisation régionale si le gouvernement ne respecte pas les accords signés lors du dialogue national. Ce renvoi impliquerait également une limitation des prêts de la Banque Interaméricaine de Développement, augmentant encore plus la pression financière dans le pays et le mécontentement social déjà au plus haut.

Malgré l’adversité à laquelle Ortega-Murillo et leurs proches font face, ils ne semblent pas être enclins à négocier une solution à la crise, de par l’emprise du FSLN (Front sandiniste de libération nationale, fondé en 1961) sur les institutions, de l’éventuelle intervention de l’administration étasunienne et des organisations régionales, et de l’usage tous azimuts de la répression par le gouvernement.

Alice DREILLARD

Des musiciens latino-américains au festival du Péristyle à Lyon en juillet

Du 6 juin au 27 juillet, le festival du Péristyle revient à l’Opéra de Lyon avec une programmation internationale. De nombreux artistes latino-américains viendront partager leur musique. 

Photo : FIP – Opéra de Lyon

La deuxième édition du Péristyle est de nouveau organisée par l’Opéra Underground de Lyon, mais cette fois-ci, elle sera écourtée en raison de travaux sur la place de la Comédie. Durant plus de six semaines, le festival offre une programmation complète et inédite. À l’amphithéâtre de l’Opéra Underground, dans la Grande Salle, sous le Péristyle ou aux Muses, les concerts déambuleront du lundi au samedi. Tous les publics sont attendus pour savourer des partages musicaux de tous horizons. Tous les concerts se dérouleront trois fois chaque jour à 19 h, 20 h 15 et 22 h.  

Seront invitées les Cantadoras Lina Babilonia et Joselina Llerena Martinez, «c’est la première fois en Europe que ces deux chanteuses se produisent ensemble.» Ces deux femmes afro-colombiennes racontent dans leurs chants leur quotidien parfois agressif. Ces figures charismatiques de leur communauté explorent dans leur musique, leur histoire remontant à l’époque des premières révoltes d’esclaves. Cette violence passée est une réponse à la brutalité en Colombie durant ces dernières années. Lina Babilonia, originaire de María la Baja, est une habituée des festivals de la côte caraïbe. Joselina Llerena Martinez, elle, est la fille de la légendaire chanteuse Petrona Martinez. Au Péristyle, les deux voix féminines seront accompagnées par les musiciens Jorge MuletAlvaro LlerenaDavid MezaGloria MendiolaJavier Mutis et Jose Bernal. Ce bullerengue colombien prendra place du dimanche 9 au mardi 11 juin.  

Le Venezuela sera aussi représenté lors du festival. Les folklores vénézuéliens étaient jusqu’à présent peu connus sur la scène internationale. Mais l’exode que le pays subit depuis quelques années participe finalement au développement de son riche patrimoine musical dans le monde. Ainsi, Besayda Machado, l’icône afro-vénézuélienne du Tambor, connue comme «la diva du folklore», fait partager sa musique de traditions au public lyonnais. Le Tambor est un genre musical se rapprochant de la rumba cubaine et du bullerengue colombien. Betsayda et ses musiciens Ote GomezOscar RuizNereida MachadoYouse CardozoAsteiro BetancourtNelson Gomez et Blanca Castillo, tous originaires de la région del Clavo, se connaissent depuis trente ans et forment le groupe Parranda El Clavo. Mais c’est seulement depuis peu qu’ils se sont fait connaître hors de leur région. Le rendez-vous lyonnais sera du lundi 17 au mercredi 19 juin. 

Fin juin, du jeudi 27 au samedi 29, c’est le jazz Big band brésilien qui proposera des concerts grâce au groupe Coisa Fina. Ce groupe créé en 2006, est spécialisé dans la diffusion de compositeurs brésiliens dont les genres musicaux sont à la limite entre le jazz, la pop et le folklore local. Les treize musiciens du groupe Daniel NogueiraIvan de AndradeWalmer CarvalhoHenrique BandDiogo DuarteRubens AntunesDouglas FelícioAbdnald SantiagoPhillipe Baden PowellMarcelo LemosRafael FerrariBruno Prado et Mauricio Caetano, offrent des arrangements élaborés. Cette «couche superposée d’harmoniques» rend visite à la scène lyonnaise grâce au partenariat entre l’Opéra Underground de Lyon et le festival Jazz à Vienne. 

Le «roi de l’accordéon en Colombie» actuel c’est probablement Carmelo Torres. Ce musicien partagera à Lyon du lundi 8 au mercredi 10 juillet, sa cumbia de San Jacinto qui est profondément enracinée dans le folklore des gaiteros. Cet emblème de la Cumbia continue à renouveler ses compositions par des collaborations avec des artistes de la nouvelle scène alternative de Bogotá. Lors de sa première tournée en Europe, l’artiste sera accompagné de son groupe de prédilection, cumbia sabanera. Ce sont donc les musiciens Orlando Landero, son fils, José MovillaRaúl Eduardo MolinaRodrigo SalgadoLucia Irene Ibañez Salvazar et Urian Sarmiento Obando, qui accompagneront l’accordéoniste sur la scène du Péristyle.  

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site, vous pourrez notamment y découvrir tous les autres artistes invités durant le Péristyle, ainsi que le reste de la saison de l’Opéra Underground qui sera annoncée dès le 6 juin. 

Eulalie PERNELET 

«À tombeau ouvert», un thriller politique de l’Argentin Raúl Argemí

Raúl Argemí a participé dans les années noires de l’Argentine à la lutte armée, comme ses personnages. Emprisonné pendant des années, il s’est ensuite consacré au journalisme et au roman, policier ou roman noir. Il revient avec À tombeau ouvert qui comblera ses lecteurs habituels et sera une belle découverte pour les autres.

Photo : El Mundo

Au temps de la dictature militaire argentine, qui a commencé en 1976, le narrateur, militant politique, a mené une vie pleine de dangers : fausses identités multiples, armes chargées en permanence, etc. Il a même dû prendre en charge une jolie somme, 300.000 dollars, confiée jadis à un proche de Che Guevara. La somme est mise à l’abri dans une banque (suisse, on n’en est pas à une contradiction près). Les dollars, ou francs suisses, ou pesos argentins, on ne sait plus, pourraient-ils être récupérés, et par qui ?

Difficile de dire s’il s’agit d’une, de deux, de combien d’histoires, le protagoniste, non seulement a plusieurs noms, il donne l’impression d’avoir aussi plusieurs personnalités et, en tout cas, c’est sûr, il a vécu plusieurs histoires. C’est ce qui rend ce roman passionnant. Notre Carles, Carlos ou Juan a toutefois une ou deux constantes en lui, le manque de confiance en à peu près tout, les sociétés de notre monde moderne, les autres êtres humains, les institutions. Une autre constante est sa paranoïa envahissante, mais de cela il est conscient. La troisième est ce fond de religiosité, ce catholicisme fait de culpabilité et de pénitence qu’il ne peut réfréner malgré son sincère engagement militant : l’ascétisme du révolutionnaire rejoint l’ascétisme religieux.

«Le cours du temps n’est linéaire qu’en apparence», dit-il à un certain moment, cette phrase illustre parfaitement ce qu’est le roman : Madrid, Buenos Aires, Barcelone, les années 1970, 80, 2010, cohabitent dans un jeu de miroirs. Certains des personnages ont passé des années dans les «pavillons de la mort», des récits, témoignages directs, sont poignants et apportent à la difficile enquête une profondeur humaine qu’on rencontre rarement dans ce genre de récits.

Raúl Argemí nous emmène aussi nous promener dans les marigots d’une politique qui se mêle au marketing douteux. La nullité d’un Catalan ambitieux que notre Carles (ou Juan) accepte d’épauler contre quelques avantages, est d’une féroce drôlerie que Raúl Argemí accentue par ses remarques ironiques si réalistes. Car, malgré le sujet grave et l’action tendue, il ne manque pas une occasion de faire sourire par des saillies qui rendent dérisoires l’agitation qui règne des deux côtés de l’Atlantique. À tombeau ouvert  n’est pas qu’un roman noir de plus, la richesse des thèmes abordés, la façon de les aborder, l’humour qui n’empêche à aucun moment la profondeur lui donnent un supplément d’âme.  

Christian ROINAT

À tombeau ouvert de Raúl Argemí, traduit de l’espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco, éd. Payot & Rivages (coll. Rivages/Noir), 333 p., 22,50 €.

Né à La Plata en Argentine en 1946, Raúl Argemí  est issu d’un milieu prolétaire et anarchiste. Acteur, dramaturge et directeur de théâtre, il entre dans la lutte armée clandestine en 1969. Emprisonné en 1974, il passe une dizaine d’années dans les geôles de la dictature militaire. Libéré, il reste quinze ans dans une petite ville de Patagonie argentine, où il travaille comme journaliste dans la presse écrite.

Le périple européen du cacique Raoni Metuktire pour défendre l’Amazonie

Le chef indigène du Brésil Raoni Metuktire continue son voyage à travers l’Europe en rassemblant des fonds pour sensibiliser sur la question environnementale à l’échelle planétaire et défendre l’Amazonie.

Photo : Vatican News

Raoni Metutkire, qui a défendu l’Amazonie brésilienne pendant des décennies, fait son deuxième tour en Europe afin d’alerter sur la déforestation de l’Amazonie. Celle-ci s’est beaucoup aggravée depuis les premiers mois de l’année 2019 et le mandat du nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro,puisqu’il considère l’activisme environnemental comme du terrorisme. C’était en 1989 que le chef indigène était venu en Europe pour un entretien avec François Mitterrand, ancien président de la République françaiseà l’Élysée, en présence du chanteur de Sting. C’est ainsi que Raoni Metutkire est devenu célèbre et a commencé son combat contre la déforestation en Amazonie. Son but était similaire à celui qu’il poursuit aujourd’hui : promouvoir la construction d’un institut Raoni pour le développement des tribus indiennes dans une réserve protégée.

C’était ensuite en 2000 qu’il a rencontré Jacques Chirac, ancien président, à l’occasion de la sortie de ses mémoires «Mémoires d’un chef indien». En 2009, il a rencontré Nicolas Sarkozy à l’ambassade française et en 2012, François Hollande avec qui il a échangé quelques mots. Cette fois-ci, c’est Emmanuel Macron qu’il a rencontré à l’Élysée le jeudi 16 mai à Paris, dont il reçoit le soutien pour poursuivre son combat. Ils ont parlé pendant 45 minutes avec trois autres chefs amazoniens : Kaïlu,Tapy Yawalapitiet Bemoro Metuktire ; et la rencontre s’est terminée par un triomphant lever de bras sur le perron de l’Élysée.

Emmanuel Macron a aussi affirmé son soutien pour la biodiversité et la présidence du G7, ainsi que pour les droits des communautés autochtones : «La France est naturellement engagée dans la lutte contre la déforestation» et «défend les droits des autochtones, notamment en tant qu’acteurs essentiels de la préservation des forêts, de la biodiversité et par conséquent engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques».

Suivant les pas de Raoni, il a fait escale vendredi 17 mai à Bruxelles où il a rencontré le prince Charles-Philippe d’Orléans qui lutte contre le réchauffement climatique et défend les sujets environnementaux. Raoni a d’ailleurs participé à une marche pour le climat ce même jour, organisée par Youth for Climate. Il a expliqué aux jeunes la raison de sa présence en Belgique «Je suis venu ici parce que je suis très préoccupé par la destruction de la forêt, des arbres et des animaux. Je viens ici vous demander votre aide pour la protection de la forêt».

Il y a avait des jeunes qui ne le connaissaient pas, mais ont été touchés par ses paroles et les actions qu’il mène. Il est donc devenu une source d’inspiration pour nombre de militants pour le climat : «Raoni s’est battu toute sa vie pour le climat. Nous venons de commencer cette bataille il y a quelques semaines. Raoni est un modèle pour nous tous» s’est écrié Anuna De Weber, l’une des militantes pour le climat.

Le dimanche 19 mai, le cacique est allé à Malmedy, une ville dans la Région wallonne en Belgique pour la présentation de son ouvrage «Raoni, mon dernier voyage» écrit par lui-même et Jean-Pierre Dutilleux, réalisateur et écrivain originaire de Malmedy. La première fois qu’il était venu à Malmedy, c’était en 1989 avec le chanteur de Sting ; il y était revenu une deuxième fois en 2010. Dans son ouvrage, il souligne diverses problématiques, dont celle des rivières polluées par les pesticides et le mercure, provoquant des cancers d’estomac et du foie chez les Indiens qui boivent cette eau. Depuis l’arrivée de Bolsonaro, 200 produits toxiques ont été autorisés pour accélérer la pousse du maïs et du soja transgéniques, entre autres. Ce livre raconte aussi la vie de Raoni, l’un des chefs les plus connus de l’Amazonie, et explique comment il vivait avant son premier contact avec «le monde extérieur», comment il est devenu chef et une icône mondiale de l’environnement.

Ce lundi 20 mai, le cacique a rencontré le Premier ministre du Luxembourg Xaviel Bettel avec Pierre Gramegna, le ministre des Finances pour discuter des fonds dédiés à l’amélioration du marquage de la frontière de la réserve de Xingu. 100 000 euros seront ainsi attribués à des fins de réhabilitation ; une réserve de biodiversité d’environ 180 000 km2, ce qui équivaut au tiers de la France. Raoni souhaite financer des murs végétaux à base de bambou pour délimiter la réserve, laquelle a constamment subi des intrusions de braconniers, de chercheurs d’or et de trafiquants de bois. Bettel en a aussi profité pour affirmer que le gouvernement est engagé à soutenir l’action climatique dans les pays en voie de développement. Le Luxembourg a une place importante dans le marché  d’obligations vertes grâce à sa Bourse qui dispose de la première plateforme dédiée aux valeurs durables, écologiques et sociales,le Luxembourg Green Exchange (LGX).

Le lundi 27 mai, Raoni estpassé à Lyon pour recevoir la médaille d’honneur de la Ville à l’Hôtel de Ville en présence de Gérard Collomb, maire de Lyon, pour saluer son courage dans le combat pour l’écologie qu’il mène depuis des années. Il a continué ensuite son périple dans différentes villes d’Europe : en Suisse, Monaco, et au Vatican en Italie où il a rencontre le pape François.

Andrea RICO

En Argentine, Cristina Kirchner décline les élections présidentielles

Les élections présidentielles de l’Argentine auront lieu le 27 octobre. Pour l’instant, le président actuel Mauricio Macri se présente de nouveau malgré la crise économique à laquelle le pays doit faire face. Quant à l’ex-présidente Cristina Kirchner, celle-ci renonce aux élections au vu du procès l’incriminant dans une affaire de corruption.  

Photo : El Territorio

Malgré une crise économique et sociale qui bat son plein en Argentine, l’actuel président de centre droite, Mauricio Macri affirme vouloir se représenter aux élections à la présidentielle. Avec une inflation fulminante, le taux de pauvreté a explosé et le pays est plongé dans la récession. Au gouvernement depuis 2015, le président n’a pourtant pas été en capacité jusque-là de répondre à la crise de son pays. Lors des précédentes élections, Macri assurait pourtant que «L’inflation est la démonstration de l’incapacité à gouverner. L’élimination de l’inflation sera la chose la plus simple que j’aurai à faire si je suis président.» Or en 2018, l’inflation a atteint 48%. Mais le candidat continue de garder sa ligne de conduite et a annoncé que vouloir «Revenir au passé serait autodestructeur. Nous sommes sur le bon chemin.» 

L’actuelle sénatrice de l’Argentine Cristina Fernández de Kirchner a annoncé le 18 mai qu’elle se porterait candidate à la vice-présidence de son pays lors des prochaines élections générales. Alors qu’elle était plutôt bien placée dans les sondages, elle abdique donc la campagne présidentielle comme candidate de gauche. Elle ne sera alors pas la principale concurrente de Macri. Durant sa course au poste de vice-présidente, CFK sera aux côtés de son ancien chef de cabinet Alberto Fernández, qui sera donc lui candidat à l’élection présidentielle. CFK a affirmé avoir «demandé à Alberto Fernández de prendre la tête du ticket que nous formerons, lui comme candidat à la présidence et moi comme candidate à la vice-présidence lors des primaires» du 11 août. Suite à ces déclarations, Alberto Fernández a déclaré qu’«ensemble, nous allons travailler pour mettre de l’ordre dans une économie qui, jour après jour, condamne les Argentins à la pauvreté.»  

Alberto Fernandez est un avocat de 60 ans qui fut chef de gouvernement du président Nestor Kirchner de 2003 à 2008, puis de son épouse Cristina. Dans ces nouvelles élections présidentielles, il apparaît comme un politicien plus modéré, susceptible de rassembler au-delà des électeurs traditionnels de CFK. «La présence de Cristina Kirchner dans le ticket lui permet de conserver 100% de ses intentions de vote et d’offrir un candidat qui ne suscite pas autant de rejet que l’ex-présidente, dans la perspective du second tour» souligne Rafael Gentili, président du Laboratoire de politiques publiques d’Argentine. C’est donc une stratégie électorale de la part en direction des péronistes non kirchnéristes. Le mouvement péroniste, fondé par le président Juan Domingo Perón dans les années 1950, est actuellement divisé en deux factions, une de gauche dirigée par Mme Kirchner, et une plus centriste, sans leader défini. 

Le retrait surprenant de Cristina Kirchner comme candidate à la présidentielle a été annoncé seulement trois jours avant le début de son procès pour corruption. CFK a était mise en examen dans plusieurs dossiers de malversations durant ses deux mandats à la tête de l’Argentine de 2007 à 2015. Protégée par son immunité parlementaire, elle avait jusque-là pu échapper à des mandats d’arrêt du juge Claudio Bonadio, qui instruit la plupart des affaires de corruption la visant. C’est au tribunal de Comodoro Py à Buenos Aires que l’accusée s’est rendue mardi 21 mai pour «répondre aux accusations de favoritisme dans l’attribution de marchés publics aux entreprises de l’homme d’affaires Lázaro Báez, qui gagnait pratiquement tous les appels d’offres dans la province de Santa Cruz pendant les gouvernements de Nestor puis de Cristina Kirchner.» Enfin, il faut noter que ce premier procès pour corruption ne sera probablement pas le dernier. 

Eulalie PERNELET 

Le jeu d’échecs des ambassades vénézuéliennes dans le monde diplomatique

Jeudi 16 mai, les derniers activistes pro-Maduro du groupe Code Pink ont été mis en état d’arrestation suite au blocage de l’ambassade du Venezuela aux États-Unis depuis 37 jours. 

Photo : La Vanguardia

Le blocage de l’ambassade a commencé le 10 avril avec un appel à un «collectif de protection de l’ambassade vénézuélienne». La directrice nationale de Code Pink, Ariel Gold, a expliqué depuis son compte tweeter que l’arrestation des quatre activistes était une violation à la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques. En revanche, on tient à souligner que le gouvernement américain a clairement montré son soutien au président intérim du Venezuela Juan Guaidó et qu’il reconnaît comme unique ambassadeur légitime à Carlos Vecchio qui a été désigné par Guaidó. En toute logique, le blocage de l’ambassade vénézuélienne est une action qui est hors-la-loi.

Peu de temps après les arrestations, l’équipe de Carlos Vecchio a finalement pu accéder au bâtiment ; «après 20 ans d’oppression, on a réussi à convertir cette ambassade en un symbole de liberté» a avancé l’ambassadeur. De la part du régime, Nicolás Maduro Moros s’est opposé catégoriquement aux arrestations des activistes qui «défendaient» l’ambassade vénézuélienne et que ce blocage respectait les conventions internationales. De plus, Maduro a aussi souligné qu’il va renforcer la sécurité de l’ancienne ambassade américaine des États-Unis à Caracas puisque d’après lui «Le Venezuela respecte les conventions internationales».

Les tensions diplomatiques vénézuéliennes semblent atteindre leur paroxysme. Cela semble être confirmé lorsque le lundi 20 mai l’Unité de délinquance économique et fiscale d’Espagne a procédé à des arrestations pour des blanchiments d’argent de l’entreprise pétrolière vénézuélienne PDVSA en Espagne. Entre les délinquants se trouve Alejo Morodo, un des fils de l’ancien ambassadeur d’Espagne au Venezuela Raúl Morodo durant le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero entre 2004 et 2007.

Les registres policiers montrent que Alejo Morodo et d’autres partenaires ont donné des services consultatifs fictifs en échange d’environ quatre millions d’euros qu’ils ont par la suite blanchis en Espagne. Raúl Morodo n’a pas encore été mis en état d’arrestation à cause de son âge avancé de 84 ans, mais les documents montrent que des nombreux bureaux et maisons de l’ancien ambassadeur étaient utilisés pour blanchir l’argent ; tout semble indiquer qu’il a orchestré l’affaire. Pendant la période où les consultations fictives ont eu lieu, le président de PSVSA était Rafael Ramirez, l’ancien ambassadeur du Venezuela aux Nations Unies qui fait actuellement l’objet d’une enquête pour corruption et détournement de fonds de l’entreprise pétrolière. 

Nicolás OLIVARES PEREDA

Raoni, représentant des indigènes brésiliens, voyage en Europe pour défendre l’Amazonie

Raoni, chef indigène brésilien, visite l’Europe pour trois semaines afin d’alerter sur l’augmentation de la déforestation en Amazonie depuis l’arrivée du président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro.

Photo : Reuters Philippe Wojazer

Le célèbre chef indien brésilien, Raoni Metuktire, reconnu pour le plateau rond qu’il porte à la bouche, passe trois semaines en Europe afin de rencontrer les chefs d’État et le Pape, pour les mettre en garde contre la déforestation. Il vise la collecte d’un million d’euros pour la protection de la réserve de Xingu ainsi que l’achat de drones et d’autres équipements techniques pour en assurer la surveillance. Sa visite a commencé à Paris où il a rencontré le ministre de l’Environnement, François de Rugy, à qui il a offert un bâton pour « assommer ses ennemis ». Il se rendra ensuite après en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco pour finalement s’entretenir avec le Pape au Vatican.

Depuis quelques semaines, des braconniers sont arrivés dans la forêt amazonienne au Brésil avec de faux papiers en s’écriant qu’ils venaient de vendre des bouts de terre qui ne leur appartenaient pas. Malgré la réduction importante de la déforestation pendant le mandat de Lula da Silva, les derniers mois ont augmenté de plus de 54%, d’après l’ONG Imazon. Les représentants de plus de 300 tribus se sont rendus fin avril à Brasilia pour protester contre la politique de Bolsonaro, laquelleest une véritable menace pour leurs réserves.

Selon le dirigeant brésilien, les peuples autochtones possèdent beaucoup de terres pour une faible population. Il a d’ailleurs publié un décret dans lequel il désigne le Ministère de l’Agriculture, plus exactement Tereza Cristina da Costa, ministre de l’Agriculture, pour s’occuper des territoires des peuples autochtones, autrefois gérés par un organisme spécial pour la protection des Indiens. Ce décret a pour but de remplacer les arbres par des cultures de soja et du bétail. Cette politique extrême du président a profondément affecté les communautés autochtones leur retirant des attributions en fonction de la démarcation des terres et des licences environnementales à la Funai, organisme public chargé des sujets indigènes.

Raoni rappelle que l’Amazonie est le poumon de la terre, qu’elle capte le carbone et nous donne de l’oxygène. Le cacique du peuple Kayapo a acquis une reconnaissance internationale et il est prêt à défendre les siens, même si cela doit entraîner sa morte. Au Brésil, il y a environ un million d’indigènes qui habitent dans la forêt amazonienne, dont 305 ethnies et depuis la Constitution de 1988, ils bénéficient d’un usage exclusif de la terre. Néanmoins, ils sont de plus en plus menacés par l’expansion de l’agriculture, les extractions minières et la déforestation. Après tout, ce ne sont pas seulement les indigènes qui vont subir les conséquences de la déforestation, mais l’ensemble de la planète.

Andrea RICO

Site Raoni

Rencontres et débats par l’Observatoire de l’Amérique latine à Paris

Animées par Jean-Jacques Kourliandsky, l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation Jean-Jaurès organise trois rencontres autour de divers sujets internationaux : le racisme et le sexisme au Brésil, l’immigration et la vie politique colombienne. 

Photo : Iris et édition Anacaona

La Fondation Jean-Jaurès est à la fois un «think tank», un acteur de terrain et un centre d’histoire au service de tous ceux qui défendent le progrès et la démocratie dans le monde. Reconnue d’utilité publique, la Fondation prend en charge de servir l’intérêt général. Par la mobilisation de pouvoirs publics, des politiques, des experts et des citoyens, ils encouragent la rencontre de leurs idées et le partage des meilleures pratiques par des débats, des productions et des actions de formation. Issue de la Fondation, l’Observatoire de l’Amérique latine entend contribuer, à son échelle, à rétablir un intérêt mutuel distendu entre les progressistes français et latino-américains en organisant régulièrement des rencontres entre différentes personnalités d’Amérique latine et des responsables politiques et associatifs français. Il réfléchit, dans un cadre d’analyse et de prospective, aux grandes thématiques politiques nationales, régionales mais aussi internationales.

Dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes, la Fondation Jean Jaurès débute ses rencontres le 23 mai avec un débat autour le racisme et le sexisme dans le Brésil de actuel. La victoire à l’élection présidentielle du candidat d’extrême droite au Brésil, Jair Bolsonaro, ainsi que ses différentes prises de position, ont provoqué une très inquiétante augmentation de propos mais aussi d’actes racistes et sexistes. Autour de ses questions, sera programmé un débat à la Fondation avec l’activiste brésilienne Djamila Ribeiro. Sera également présente Paula Anacaona, directrice des Éditions Anacaona. Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation, introduira et conclura le débat. La rencontre sera animée par Adèle Goliot, administratrice d’Autres Brésils. Rendez-vous le 23 mai de 18h30 à 20h30.

Attention : cette conférence est désormais complète, mais vous pouvez cependant la suivre en direct sur notre site le 23 mai à partir de 18h30 ! Si vous vous inscrivez ici, vous recevrez un message quelques heures avant le streaming pour vous le rappeler. 

Organisé en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le 28 mai le focus latinoaméricain continue avec un ciné-débat : la diplomatie au service de la liberté. D’abord avec la projection du documentaire «Visa pour le paradis», réalisé par Lillian Liberman Shkolnikoff, et suivi d’une intervention avec Jean Mendelson, ancien ambassadeur de France à Cuba. Le documentaire «Visa pour le paradis» est consacré à Gilberto Bosques, consul du Mexique à Marseille en 1940, qui parviendra, avec son équipe, à sauver plus de 20 000 Espagnols et plusieurs milliers de Juifs, Libanais, Allemands, Autrichiens, qui couraient alors le danger de perdre la vie dans une France occupée par le régime nazi. On peut y retrouver les témoignages de Gilberto Bosques et de ceux qui furent sauvés. La rencontre permettra également d’aborder la question du rôle des diplomates face à des situations de crise de cet ordre. Le débat sera animé par Jean-Jacques Kourliandsky. Rendez-vous le 28 mai de 18h30 à 20h30. Inscrivez-vous par e-mail pour participer à cet événement.

Finalement, le 6 juin la Fondation vous invite à une rencontre autour de la vie politique colombienne. La victoire en 2018 à l’élection présidentielle colombienne d’Iván Duque, proche de l’ancien président Alvaro Uribe, semble avoir remis en cause l’accord de paix signé entre l’ancien président Juan Manuel Santos et les Farc. L’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation en débat avec trois éminents observateurs de la vie politique colombienne. Cette rencontre réunira Juan Carlos Ruiz Vasquez et Rubén Sánchez, professeurs de l’université del Rosario de Bogota, coauteurs de l’essai collectif «Notes au président colombien», et Angélica Montes Montoya, co-directrice du Grecol-ALC (Groupe de réflexion et d’études sur la Colombie-Amérique latine et Caraïbe). La rencontre sera également animée par Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine de la Fondation. Rendez-vous le 6 juin de 18h30 à 20h30. Inscrivez-vous par e-mail pour participer à cet évènement.

D’après la Fondation Jean-Jaurès

Pour plus d’informations sur l’Observatoire et les événements à venir sur la Fondation Jean-Jaurès, 12 Cité Malesherbes, 75 009 Paris.

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