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Revue Latinos

Julian Assange le fondateur de Wikileaks est devenu le serpent de mer de l’Équateur

Le lanceur d’alerte Julian Assange a trouvé refuge auprès des autorités politiques de l’Équateur depuis 2012. Cependant, les liens entre le fondateur de Wikileaks et le pays andin semblent s’émietter peu à peu. Entre interdiction d’utiliser Twitter et de critiquer la vie politique équatorienne, l’avocat d’Assange dresse le portrait d’une situation tendue.

Photo : Sputnik France

Le jeudi 18 octobre, l’ancien juge espagnol Baltasar Garzón, avocat de l’entrepreneur Australien exilé à Londres, a reproché la « situation inhumaine » de son client depuis le mois d’août, lorsque l’administration du président équatorien Lenin Moreno a décidé un changement du protocole concernant « les conditions minimales de séjour du demandeur d’asile ». Les autorités du pays andin ont remis à Julian Assange et à ses proches un règlement intérieur, ou « protocole spécial de visite, de communication et d’attention médicale », selon lequel il était « presque entièrement responsable de ses soins personnels, y compris le nettoyage de sa salle de bain et l’alimentation et l’hygiène de son chat, sous peine de confiscation de l’animal. » Ces nouvelles mesures d’«imposition unilatérale » selon Carlos Poveda, l’un des avocats d’Assange en Equateur, visent à affaiblir l’asile accordé à Assange, avec des restrictions « plus sévères que celle d’une prison commune ».

Rappelons que l’affaire remonte à août 2010, lorsque l’Interpol et les autorités suédoises lancèrent des recherches contre le désormais célèbre hôte de l’ambassade de l’Equateur à Londres, accusé d’abus sexuels (viols) commis sur le pays nordique. Après quelques mois, Julian Assage se rend à la police londonienne avec l’intention de coopérer, mais un juge britannique confirme son extradition en février 2011. Assange avait rejeté son extradition vers la Suède, en arguant que ce pays le livrerait aux Etats-Unis, où il risque la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort, pour avoir publié de nombreux documents diplomatiques et des secrets militaires détaillant les actions de la Maison Blanche dans différents pays du Moyen-Orient. C’est alors qu’intervient Rafael Correa, et l’un des poids lourds de la gauche sud-américaine, connu par sa position « anti-américaine ». Correa, à l’époque président de l’Equateur, offre l’asile au fondateur de Wikileaks le 19 juin 2012,  et, depuis ce temps, Assage a fait de l’ambassade d’Equateur à Londres une sorte de cage dorée.

Cependant, bien que l’affaire de crimes sexuels soit désormais classée sans suite, depuis mars 2018 l’horizon de l’ex-Wikileaks n’a cessé de s’assombrir, notamment après l’interdiction d’accès à son compte Twitter, lequel ne pouvait être utilisé qu’en cas d’«extrême urgence » pour contacter ses avocats. Cette restriction trouve son origine dans une déclaration publique de Mr Assange. Contrevenant aux ordres des autorités équatoriennes, il a publié sur le réseau social certains commentaires politiques, que Quito considère préjudiciables pour ses relations extérieures.

Cette affaire, digne d’un film d’espionnage, a lieu au moment où l’entreprise Wikileaks est accusée, dans un procès contre le comité démocratique National des États-Unis, d’avoir facilité à la Russie, en 2016, le vol d’informations quant aux dernières élections présidentielles remportées par Donald Trump. Selon l’enquête judiciaire, « 12 espions russes avaient volé des informations de 500 000 votants » ; et ce n’est pas tout : « des articles ont été envoyés dans l’objectif d’influencer le résultat des élections. » Ainsi, pour la justice américaine, la publication de 20 000 e-mails par le site Wikileaks, considéré jadis comme un lanceur d’alerte très sérieux, aurait joué un rôle décisif dans la dynamique électorale en défaveur de la candidate démocrate Hilary Clinton.

A présent, le cas « Assange », est devenu l’enjeu politique du combat déclaré entre l’ex-chef d’Etat Rafael Correa (2007-2017) et l’actuel président Lenin Moreno, tous deux membres du parti Alianza Pais (AP). La relation entre les anciens alliés s’est dégradée lorsque Moreno, qui a été vice-président entre 2007 et 2013, a proposé un référendum constitutionnel pour limiter le nombre de mandats présidentiels, empêchant ainsi Rafael Correa de se représenter aux élections de son pays en 2021. Ce changement de la constitution proposé par le référendum du 4 février, a été approuvé par  la majorité des Équatoriens désireux de tourner la page de l’ère Correa. Or ce dernier, qualifiant Lenin Moreno de « traître » et de « loup aux allures de mouton », a accusé son successeur de se soumettre face aux États-Unis en voulant utiliser ce scrutin pour le marginaliser définitivement.

En attendant la suite, Rafael Correa réside actuellement en Belgique et a été convoqué par la justice, soupçonné d’avoir commandité une tentative d’enlèvement d’un opposant politique en 2012, tandis que la complexité de la situation de Julian Assange cache la véritable intention de l’actuel gouvernement équatorien : se débarrasser de lui, comme le montrent les dernières déclarations de Moreno, qui a qualifié l’exilé australien de « hacker » et de « problème hérité » qui constitue « plus qu’un tracas ».

Eduardo UGOLINI

L’exposition Genesis de Sebastião Salgado quittera Paris en décembre

Comprendre le monde, ses origines, et réhabiliter la grandeur de la nature et sa beauté. Voilà ce que réalise Sebastião Salgado avec son exposition Genesis, à l’affiche de la fondation GoodPlanet depuis juin, et ce jusqu’en décembre. Ses photos montrent un monde fragile et à préserver. Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains.

Photo : Polka

La Fondation GoodPlanet accueille l’exposition Genesis du photographe Sebastião Salgado à compter du 9 juin jusqu’au 16 décembre 2018. 60 photos grand format présentées en extérieur comme la quête du monde des origines par son auteur. « Avec Genesis, j’ai essayé de montrer la dignité, la beauté de la vie sous toutes ses facettes et le fait que nous avons tous la même origine » – Sebastião Salgado.

Genesis

Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté. On peut s’abreuver à la splendeur des régions polaires, des forêts tropicales, des savanes, des déserts torrides, des montagnes dominées par des glaciers et des îles solitaires. Si certains climats sont trop froids ou arides pour la plupart des formes de vie, on trouvera dans d’autres régions des animaux et des peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement. Ils forment ensemble une incroyable mosaïque où la nature peut s’exprimer dans toute sa grandeur. Les photographies de Genesis aspirent à révéler cette beauté. L’exposition constitue un hommage à la fragilité d’une planète que nous avons tous le devoir de protéger.

                                                                                         Lélia WANICK SALGADO
                                                                                                                 Commissaire

Sebastião Salgado

Économiste de formation, Sebastião Salgado commence sa carrière de photographe à Paris en 1973. Il travaille successivement avec les agences Sygma, Gamma et Magnum Photos jusqu’en 1994, lorsque ensemble avec Lélia Wanick Salgado ils fondèrent l’agence de presse Amazonas images, exclusivement vouée à son travail photographique. Il voyage dans plus de 100 pays pour ses projets photographiques qui, au-delà de nombreuses publications dans la presse, furent ensuite pour la plupart présentés dans les livres tels que Autres Amériques (1986), Sahel, l’homme en détresse (1986), La main de l’homme (1993), Terra (1997), Exodes et Les enfants de l’exode (2000), Africa (2007), Genesis (2013), Terres de café (2015) et Koweït, un désert en feu (2016). Des expositions itinérantes de ces travaux ont été et continuent d’être présentées à travers le monde. Sebastião Salgado a reçu de nombreux prix, il est Ambassadeur de Bonne Volonté pour l’UNICEF, membre honoraire de The Academy of Arts and Science aux États-Unis et élu à l’Académie des beaux-arts – Institut de France le 13 avril 2016 au fauteuil de Lucien Clergue.

D’après la
Fondation GoodPlanet

L’auteure Maryse Condé sacrée prix Nobel alternatif de littérature par la Nouvelle Académie

La Nouvelle Académie, institution provisoire née d’une union d’intellectuels suédois, a décerné à Maryse Condé le premier prix Nobel alternatif de littérature la semaine dernière. Plusieurs fois pressentie pour être prix Nobel, elle n’avait jamais gagné jusque-là. C’est là un geste symbolique qui salue l’ensemble de ses écrits, son engagement envers sa Guadeloupe natale et sa place dans le monde littéraire francophone.

Photo : Jacques Torregano/Jeune Afrique

Maryse Condé, forte de ses 81 ans, a vu le jour à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Cette auteure prolifique est hautement représentative de la francophonie. Étudiante, elle s’envole pour la métropole où elle étudie au lycée Fénelon puis à la Sorbonne, avant de partir pour l’Afrique subsaharienne, où elle enseignera le français en Guinée, au Ghana puis au Sénégal. Docteur en littérature comparée puis enseignante à l’université Columbia de New York, elle met un terme à sa vie itinérante pour retourner vivre en métropole.

Son écriture engagée fait l’unanimité et son combat pour les causes caribéennes trouvent de nombreux échos. L’auteure, qui manie avec une aisance remarquable les genres de la fiction, de l’essai ou encore de l’autobiographie, est profondément marquée par la pensée postcoloniale et par le féminisme.

Son œuvre est pétrie des grands auteurs francophones qui l’ont précédée. Elle-même explique en effet que sa quête identitaire, qui se transformera en talent d’écriture, est née de sa lecture du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire et de son adhésion à la pensée de Frantz Fanon.

C’est, entre autres, ce qui a séduit les intellectuels suédois qui viennent de fonder l’institution provisoire de la Nouvelle Académie. Une écriture précise qui surgit pour dénoncer «les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme»[1], voilà ce qu’on découvre lorsqu’on lit Maryse Condé. Les thèmes qu’elle aborde sont nombreux : elle raconte la Guadeloupe, la France, l’Afrique, les femmes antillaises, l’exil, les tensions sociales et politiques…

Désormais trop atteinte par la maladie dégénérative qui la ronge depuis déjà plusieurs années, elle a écrit son dernier roman, Le fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana, avec son mari. Il est le fruit d’une réflexion de l’auteure sur la fin du mythe de la négritude et de la solidarité interraciale à la suite de la mort de la policière antillaise Clarissa Jean-Philippe, tuée par Amedy Coulibaly en janvier 2015.

De nombreuses personnalités littéraires, à l’instar de l’auteur haïtien et Académicien Dany Laferrière, et politiques, comme Christiane Taubira, ont rendu un hommage chaleureux à Maryse Condé à la suite de son prix Nobel alternatif. Nombreux sont ceux qui regrettent qu’elle ne soit pas plus audible en France alors qu’elle est une des plus grandes représentantes des Lettres francophones dans le monde.

Nina MORELLI

[1] La citation est extraite d’une déclaration des membres de la Nouvelle Académie. 

L’auteur argentin Hernán Diaz remporte le prix du jury du festival America de Vincennes

Du 20 au 23 septembre dernier, les amoureux de la littérature américaine anglophone et hispanophone ont pu assister avec joie au festival America, organisé à Vincennes. Après plusieurs jours de conférences, tables rondes et autres activités, les prix du jury et des lecteurs ont été attribués. L’auteur argentin Hernán Diaz, qui vit aux États-Unis, a été récompensé pour son premier roman, Au loin.

Photo : Festival America

Le festival America s’est déroulé il y a deux semaines. Le prix du Roman Page America a été attribué à l’auteur Hernán Diaz, natif argentin et résidant américain, pour son roman Au loin, publié chez Delcourt. Installé à New York depuis 20 ans maintenant, il est le directeur adjoint de l’Institut hispanique de l’université de Columbia. Le finaliste du prix Pulitzer 2018 fait ainsi une entrée fracassante dans les librairies françaises, avec son premier roman récemment traduit de l’anglais. Le public francophone aura le plaisir de découvrir l’histoire de Håkan, un paysan qui erre entre la Californie et New York pour retrouver son frère. Cela fait déjà vingt ans qu’a germé en lui l’idée de ce roman, qu’il a commencé à écrire en 2012. Avec Au loin, il réécrit l’Ouest américain, ce topique littéraire si présent outre-Atlantique.

À l’instar de sa vie, le roman de Diaz est bercé de voyages, de langues et d’errances. Le protagoniste, Håkan est suédois. Rien d’étonnant quand on sait qu’Hernán Diaz a passé son enfance à Stockholm, où il a emménagé à l’âge de 2 ans. Sa famille a en effet dû fuir l’Argentine en 1976, à la suite du coup d’État, car le père de l’auteur était très impliqué dans la vie politique et était donc en danger. Après sept ans sur le territoire suédois, ils sont retournés en Argentine, où l’auteur est resté jusqu’à son entrée à l’université à Londres, avant de déménager définitivement aux États-Unis.

Son oeuvre séduit la critique et les lecteurs, tout comme les combats qu’il mène aux États-Unis, notamment contre les discriminations. Hernán Diaz est en effet intervenu sur la question de la glottophobie, terme savant pour évoquer la discrimination linguistique, c’est-à-dire la question des accents. Fort de son expérience de vie itinérante, l’auteur s’érige en porte-parole de la cause car, quelque soit la langue dans laquelle il s’exprime, on lui reproche toujours un accent américain, espagnol ou suédois.

Il cherche à démontrer qu’il n’y a aucun souci à ne pas parler comme un local car après tout, «un accent est l’écho de la langue ou de l’intonation de celui qui parle une autre langue. […] Il est un rappel du fait qu’une langue n’appartient à personne, pas même aux locuteurs natifs. […] Et le fait qu’il y ait des accents est déjà une preuve que l’on peut se comprendre les uns les autres, malgré nos différences, ce qui est la preuve la plus solide de l’hospitalité au cœur de chacune des langues.»[1] Au loin est donc l’écriture d’un homme qui a fait l’expérience du monde et qui veut partager le sentiment de l’errance avec son lecteur, et Hernán Diaz est l’exemple d’un voyageur qui construit des ponts entre les cultures et les individus.

Nina MORELLI

[1] La citation est traduite de l’anglais par l’auteure.

Un concert franco-colombien par Alain Pacquier à l’Arsenal de Metz le 21 octobre 2018

Alain Pacquier travaille depuis une trentaine d’années sur des projets artistiques avec des pays d’Amérique latine. A l’occasion du concert qu’il prépare dans le cadre de son nouveau projet France-Colombie, voici son portrait ainsi qu’un descriptif de ses actions. Un des premiers grands moments de cette collaboration musicale internationale sera le concert du 21 octobre 2018 à 16h à l’Arsenal de Metz, les «Couleurs symphoniques de l’Amérique latine».

Photo : Cité Musicale

Créer des ponts culturels entre l’Amérique latine et l’Europe, voilà la mission que s’est donné Alain Pacquier. Ce Lorrain passionné de musique, créateur et directeur artistique du festival de Saintes et du festival international de musique de Sarrebourg, œuvre depuis le couvent de Saint-Ulrich en Lorraine. Il y développe des activités autour de la découverte de musiques du monde parfois oubliées et incite les jeunes mosellans à la pratique instrumentale. Le lauréat en 1997 du Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française pour son livre Les Chemins du baroque dans le Nouveau Monde monte depuis 2005 des projets de rencontres internationales entre musiciens latino-américains et mosellans.

Au cours de ses voyages en Amérique latine, il se rend compte que les populations locales entretiennent un rapport spécial au monde musical : dans la précarité et la pauvreté les plus extrêmes, la musique est une bouffée d’oxygène que l’on aime et que l’on pratique sans rien attendre en retour. La musique rend digne, en somme.

Dans des pays latino-américains comme le Mexique, la Colombie et le Venezuela où musique et action sociale vont de pair, comment ne pas imaginer un projet international ? C’est ce constat qui le pousse à former de jeunes musiciens à la pratique instrumentale symphonique et à promouvoir des collaborations outre-Atlantique, en organisant des rencontres et des concerts.

Nous le retrouvons dans le cadre de son nouveau projet d’échange musical avec la Colombie. Le but ? Réunir de jeunes colombiens et mosellans autour de musiques colombiennes, d’œuvres symphoniques et des figures du compositeur français emblématique Hector Berlioz et du maître du romantisme musical colombien José María Ponce de León, malheureusement moins connu que son contemporain.

Les « Couleurs Symphoniques de l’Amérique latine » en concert

La délégation colombienne qui se rendra en Lorraine en octobre 2018.

Photo : Alain Pacquier

«Mettre en commun ce que nous avons et qu’ils n’ont pas avec ce qu’ils ont et que nous n’avons pas.» Le projet France-Colombie repose sur ce principe et prend la forme d’un programme éducatif et musical original et historique : des rencontres musicales entre jeunes lorrains et colombiens.

Depuis 2013, grâce aux Rencontres Musicales de Saint-Ulrich, Alain Pacquier a mis en place ce projet pour favoriser la pratique instrumentale symphonique et promouvoir la mixité sociale, l’autonomie et la responsabilisation auprès des jeunes. L’objectif est d’organiser un échange et une coopération internationale avec les «Jeunes Symphonistes mosellans».

Ce projet se déroulera sur deux ans. Dans un premier temps, du 5 au 21 octobre 2018 en Lorraine. Les musiciens colombiens de Neira et Manizales seront d’abord reçus au couvent de Saint-Ulrich et prépareront un concert qui aura lieu le jeudi 11 octobre 2018 à l’Espace Lorrain de Sarrebourg. Puis ils rencontreront leurs camarades francophones de Sarrebourg et de Woippy, une ville près de Metz. Ensemble, ils répèteront pour deux concerts de clôture de la première phase du projet : d’abord à l’Espace René Cassin de Bitche, ensuite à l’Arsenal de Metz. L’année prochaine, ils se retrouveront de l’autre côté de l’Atlantique pour la deuxième phase du projet.

Ce sont plus de cent jeunes musiciens, stagiaires du programme et membres de la délégation colombienne qui se retrouveront sur scène pour offrir au public des «Couleurs symphoniques de l’Amérique latine», le 21 octobre 2018 à 16h à l’Arsenal de Metz. Ils interprèteront des œuvres de compositeurs colombiens (Felix Mendoza, Arturo Márquez, José Pablo Moncayo) ainsi que deux créations symphoniques de jeunes compositeurs, un français et un colombien (Simon Clausse et Cristhian Galindres).

Nina MORELLI

María Sonia Cristoff et l’écriture de l’isolement en Patagonie dans Faux calme

María Sonia Cristoff est une auteure argentine qui a grandi en Patagonie avec sa famille d’origine bulgare. Adolescente, elle se rend compte que l’isolement est le trait le plus caractéristique de cette contrée lointaine et retirée, ce territoire qui compte parmi les moins peuplés au monde. Elle dresse dans Faux Calme, un livre de non-fiction récemment traduit en français, une série de portraits patagoniens qui illustrent différents aspects de cet isolement.

Photo : Revista Vísperas/Éditions du sous-sol

María Sonia Cristoff nous livre dans Faux calme des témoignages d’habitants de quatre villages-fantômes et d’une ville-fantôme. Les portraits proposent toujours un point de vue original, une unicité propre et sont parfois à la limite du champ de la science-fiction. Faux calme est en effet un livre de sciences sociales pétri de différentes influences qui relèvent du légendaire, du mystique, mais pas seulement. Les récits de voyage constituent la première source d’innutrition littéraire dans ces scènes descriptives. L’originalité du livre repose également sur l’alternance des récits avec les propres souvenirs de l’auteure, avec des coupures de presse qui appuient la chronologie des événements racontés, des extraits de romans…

María Sonia Cristoff illustre l’isolement en retraçant les histoires individuelles de personnes qui ne s’intègrent que peu dans l’histoire collective de la Patagonie. Les locaux qu’elle a fréquentés sont tous très différents les uns des autres, tous liés car ils sont à la marge du monde, même si leurs isolements respectifs ne prennent pas la même forme la plupart du temps. On retrouvera par exemple sur le même plan le récit de la vie d’un homme qui est passionné d’avion mais qui ne voyage pas et reste les pieds ancrés dans sa terre patagonienne, et le récit de la vie d’une femme dont l’histoire familiale et émotionnelle est chaotique depuis toujours, mais qui explique comment être heureuse.

Ces paroles innocemment énoncées et brillamment retranscrites interrogent sur l’état des grandes questions sociales dans les territoires patagoniens. Quid de l’éducation et de la survie des cultures amérindiennes ? À l’instar de l’œuvre magnifique La Place d’Annie Ernaux, María Sonia Cristoff pose la question de la culture intellectuelle face à la culture du sol, en prenant l’exemple des Mapuches dont la langue disparaît et pour qui la pratique d’activités traditionnelles telles que le tissage est un moyen de défendre leurs origines pour les descendants.

Quid du vernis social superficiel, de ces liens que l’on conserve en société et dont on se détache une fois isolé ? Sous couvert d’un travail d’enquêtrice, l’auteure montre l’abandon des discussions inutiles et du futile dans la Patagonie. Quid de la place de la femme au sein de son foyer et de sa famille ? Ce ne sont là que quelques-unes des thématiques abordées dans Faux calme. María Sonia Cristoff n’apporte aucun jugement ou aucune sentence définitive dans son récit. Il s’agit uniquement d’écouter ces voix lointaines enfin mises sur le devant de la scène et de recueillir leurs paroles.

Nina MORELLI

Du 20 au 23 septembre, le festival America accueille des auteurs latino-américains à Vincennes

Le festival America est devenu le rendez-vous bisannuel des auteurs nord-américains en France. Même si la programmation est principalement axée autour de la littérature de la zone anglophone du continent, elle offre aux amoureux de la langue castillane un panel d’auteurs à découvrir ou à retrouver avec plaisir. Parmi la longue liste d’écrivains figurent des auteurs venus du Mexique et de Cuba.

Photo : Paris Librairies

La première édition de 2002 et les sept suivantes ont été menées à bien grâce à des équipes de bénévoles motivés et à l’amour de la littérature de l’autre côté de l’Atlantique. Il ne s’agit pas pour cette structure d’organiser uniquement une série d’évènements le temps d’un week-end : elle propose également à des auteurs nord-américains de participer à des programmes de résidences d’écrivains. La neuvième édition du festival America de Paris, organisée à Vincennes, met cette année à l’honneur le Canada. Centrée autour des littératures nord-américaines, c’est une trentaine d’auteurs anglophones, francophones et hispanophones à retrouver du 20 au 23 septembre 2018.

Le festival propose une ouverture américaine sur des sujets de l’actualité mondiale et américaine, tels que la crise des migrants ou encore le rapport aux populations amérindiennes. De nombreuses rencontres sont organisées et de grands noms de la littérature hispanique seront conviés à non seulement donner leurs points de vue sur des réalités sociales et politiques, mais aussi à débattre sur des sujets artistiques. Les auteurs mexicains Emiliano Monge, Antonio Ortuño, Martín Solares et Aura Xilonen participeront à ces discussions, ainsi que les auteurs cubains Wendy Guerra, Vladimir Hernández et Karla Suárez. Nous aurons le plaisir de les écouter débattre lors de tables rondes et de conférences aux thématiques passionnantes et variées. Nous vous reproduisons la liste des sujets qui seront abordés par ces auteurs latino-américains.

Nina MORELLI

Thèmes politiques, historiques et philosophiques
Une société corrompue
Une odyssée vers la liberté
E… comme Exil : vivre autre part
F… comme Frontière : Passer la frontière
G… comme Guerre #2 : L’air de la guerre
H… comme Histoire #2 : Tours et détours de l’Histoire
P… comme Politique : Politiques fictions
R… comme Rêve américain : Que reste-t-il de l’American Dream ?

Thèmes sociaux
Les damnés de la Terre
La justice est un plat qui se mange froid
Une jeunesse tronquée
F… comme Femmes : portraits de femmes #1
H… comme Héroïne : Entre toutes les femmes
O… comme Origines : Là d’où je viens
P… comme Père : la place du père
S… comme Société : Le roman, miroir de la société #2
V… comme Violence : l’homme est un loup #1 et #2
V… comme Violence Sociale : Un monde sans pitié

Thèmes artistiques
A… comme Art : Pour l’amour de l’art
C… comme Corps : Écrire le corps
E… comme Écriture : l’art du roman
N… comme Noir : Toute la noirceur du monde
P… comme Personnages : Personnages en quête d’auteur
P… comme Polar : noir, c’est noir

Le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón conquiert le monde et reçoit un Lion d’or à Venise

Le réalisateur mexicain est au centre de l’actualité cinématographique grâce à son nouveau long-métrage Roma, qui a remporté le Lion d’or à Venise. Cette récompense a suscité le débat dans le monde du cinéma car c’est la première fois qu’un film Netflix gagne un prix à l’un des principaux festivals européens. Mais qui est Alfonso Cuarón ? Voici son portrait et l’histoire de son parcours entre deux pays, le Mexique et les États-Unis.

Photo : France Soir

Depuis que son film Roma, produit par Netflix, a reçu un Lion d’or à Venise, le nom d’Alfonso Cuarón Orozco est sur toutes les lèvres. Le réalisateur mexicain de 56 ans a à son actif de nombreux succès cinématographiques et télévisuels et possède déjà plusieurs cordes à son arc, puisqu’il est également producteur et scénariste. Parmi ses films les plus connus, on retiendra La Petite princesse (1995), Y tu mamá también (2001), Harry Potter et le Prisonnier d‘Azkaban (2004), Les Fils de l’homme (2006) et Gravity (2013).

Sa passion pour le cinéma naît alors qu’il est encore enfant, à l’âge de 10 ans, grâce à sa mère qui le pousse à découvrir différents genres cinématographiques et à s’intéresser au monde de la culture. Dès lors, il s’exerce, à l’aide d’une caméra Super 8, et commence à filmer frénétiquement.

Son œuvre, à l’image de sa vie, vacille entre son Mexique natal et les États-Unis où il part travailler en 1991 pour réaliser des épisodes de la série Fallen Angels. C’est avec émotion qu’il parle de son dernier film, à composante autobiographique. Ce qu’il offre avec Roma, c’est une expérience cinématographique totale, pas une simple histoire racontée.

Roma est un film dramatique en noir et blanc qui retrace la vie d’une famille mexicaine de la classe moyenne dans les années 1970. Le réalisateur s’est accroché à ce long-métrage comme à un «gilet de sauvetage»[1] au milieu d’un «océan déchaîné». Il qualifie lui-même son travail de sociologique, car ce que l’on nous raconte dans ce film, au-delà d’un drame familial, c’est le Mexique d’il y a cinquante ans, avec tous ses problèmes, qui sont malheureusement encore d’actualité.

Alfonso Cuarón a grandi rue Tepeji, dans la colonia Roma, un quartier de Mexico. Lorsqu’il déambule dans la capitale, c’est la ville de son enfance qu’il voit : chaque recoin est associé à un passé lointain, chaque lieu fait l’objet de comparaisons. Il critique également les abus de la vie politique dont il a été témoin petit, et se réjouit que Mexico soit désormais une «référence culturelle dans le monde», une ville dans laquelle évoluent des «générations vibrantes, explosives». C’est cette capitale-là qui lui donne envie de se battre et d’apporter sa pierre à l’édifice. Alfonso Cuarón Orozco œuvre en effet pour une reconstruction complète de la ville à la suite de tremblements de terre. Il ne s’agit pas simplement d’un projet urbanistique et architectural mais plutôt d’un projet social. Ce qu’il veut, c’est un «mouvement civil» pour la capitale, il attend de la société civile qu’elle s’élève pour construire le Mexique du XXIe siècle.

Nina MORELLI

[1] Toutes les citations, traduites par l’auteure, sont extraites d’un entretien avec Alfonso Cuarón accordé à El País.

Macarena Valdés et Santiago Maldonado, morts pour avoir défendu les peuples indigènes

Être militant n’est pas sans risques en Argentine et au Chili. Macarena Valdés et Santiago Maldonado incarnent l’oppression subie par ceux qui défendent les communautés indigènes et l’environnement. Les voix s’élèvent de l’autre côté de l’Atlantique mais les crimes se perpétuent, ces deux portraits ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. 

Photo : Resumen Latinoamericano

La région de Los Ríos (Région des Fleuves), terre de forêts, et de fleuves bien sûr, à 750 kilomètres au sud de Santiago, est l’une des régions où la population mapuche est très présente. Les Mapuches sont des indigènes du sud du Chili, et ils luttent aujourd’hui pour la sauvegarde de leur culture et de leur langue. Très souvent, cette défense de leur spécificité culturelle s’accompagne d’une lutte pour la sauvegarde de l’environnement. Toutefois, s’opposer aux grandes entreprises qui exploitent les ressources naturelles du Chili n’est pas sans risque.

Macarena Valdés le savait, mais ne l’acceptait pas. Cette jeune femme de 32 ans, qui faisait partie de la communauté mapuche installée à Panguipulli, a été retrouvée pendue le 22 août 2016 à son domicile. La police a conclu à un suicide. Mais pour les défenseurs de la communauté mapuche et pour les militants écologistes chiliens, cela ne fait aucun doute : Macarena Valdés a été assassinée à cause de son opposition à une centrale hydroélectrique.

L’entreprise RP Global, au travers du holding RP Global Chile Energías Renovables formé avec le groupe de distribution électrique Saesa, a en effet entrepris en 2015 la construction d’une centrale hydroélectrique sur la commune de Panguipulli, proche du hameau Tranguil où vivait Macarena Valdés, ainsi que son mari et leurs quatre enfants.

RP Global est une transnationale de l’énergie présente en France (où elle exploite quatre sites éoliens), au Portugal, en Allemagne, au Chili, au Pérou, et dans de nombreux autres pays dans le monde entier. Elle est active à la fois dans l’hydroélectrique, le solaire et l’éolien. Lors de la construction de cette centrale sur le Río Tranguil, l’entreprise est décidée à installer des câbles électriques à travers le terrain sur lequel vivait la famille Valdés.

À partir de ce moment-là, les choses se compliquent. La famille Valdés, et en particulier Macarena, s’oppose au projet et refuse que l’entreprise pénètre sur le terrain pour installer les câbles à haute tension. Le 1er août 2016, Macarena est à la tête d’une manifestation qui bloque l’accès au terrain jusqu’à ce que la gouverneure de Valdivia ordonne à l’entreprise de se retirer. La gouverneure accepte le même jour d’organiser une réunion avec les opposants au projet.

Cette réunion a lieu le 19 août et aborde des questions d’ordre général. La gouverneure annonce le report de sa décision, le temps de vérifier certains éléments. Le 21 août, un véhicule de l’entreprise arrive sur le terrain et deux hommes parlent à sa propriétaire, Mme Palnemilla. Ils lui demandent d’expulser la famille, ce qu’elle refuse. Les deux hommes lui auraient alors dit que «quelque chose de mauvais pourrait arriver à l’un d’entre [eux] s’[ils décidaient.] de rester». Le lendemain, Macarena Valdés est retrouvée pendue à son domicile.

Pour les communautés mapuches, il ne fait aucun doute que Macarena a été assassinée. Après que la police a conclu à un suicide, la communauté a entrepris ses propres recherches. Selon des expertises privées, des incohérences graves mettent en doute la version officielle : l’autopsie révèle que les cervicales de Macarena Valdès n’étaient pas cassées comme cela aurait été le cas si elle s’était suicidée. Par ailleurs, la propriétaire du terrain n’a pas pu relater à la police d’investigation les menaces qui ont été proférées le 21 août, les forces de l’ordre ayant refusé d’enregistrer sa plainte.

Au-delà du décès de Macarena Valdés, la communauté mapuche, dont le message est porté par Marcelino Collio, continue de dénoncer les agissements de l’entreprise. Le 23 août 2016, le lendemain de la mort de Macarena, l’entreprise pénètre une nouvelle fois sur le terrain, accompagnée des forces spéciales et de véhicules blindés. La communauté résiste une nouvelle fois et des violences éclatent entre la police et les manifestants, jusqu’à ce que les autorités locales ordonnent le retrait de l’entreprise et des forces de l’ordre. Malgré tout, l’entreprise revient à la charge le 13 octobre de la même année, toujours accompagnée de la police et de véhicules blindés. Cette fois, ils réussissent à installer les câbles électriques.

La communauté et l’Observatoire latino-américain des conflits environnementaux continuent de dénoncer ce projet, qui viole la Convention 169 relative aux peuples indigènes et tribaux de l’Organisation internationale du travail pourtant signée par le Chili. Cette convention rend obligatoire la consultation des populations locales en cas de tels projets. De plus, il semble que ce projet viole les restrictions édictées par le Service national de tourisme qui protège cette zone. Par ailleurs, la centrale affecte huit kilomètres du fleuve contre les deux initialement prévus et autorisés, et n’a pas fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement, en plus d’avoir dévié le cours du fleuve de 200 mètres environ. Enfin, RP Global a installé illégalement la salle des machines sur un terrain appartenant à une famille de la communauté.

Par-delà les sommets enneigés des Andes, les communautés mapuches argentines sont elles aussi en lutte. Le plus grand propriétaire terrien d’Argentine est le groupe italien Benetton, que l’on ne présente plus. Dans la province Chubut, la communauté Pu Lof occupe donc un terrain revendiqué par le groupe Benetton depuis 2015. En 2017, lors d’une intervention de la gendarmerie argentine, le militant Santiago Maldonado disparaît. Son corps est retrouvé noyé 78 jours plus tard, comme vous le racontait Espaces Latinos le 27 octobre dernier.

En novembre, c’est au tour de la communauté Lof Lafken Winkul Mapu, qui occupe une terre dans la province du Río Negro, d´être victime de la répression. La police fédérale intervient sur l’ordre d’un juge pour déloger les occupants d’une parcelle, puis recherche les Mapuches qui se sont réfugiés dans la montagne. Le groupe Albatros explique avoir alors essuyé des tirs de gros calibre. Ils ont riposté. Quelques minutes plus tard, Rafael Nahuel redescend la colline, soutenu par deux camarades. Il meurt en quelques minutes, les intestins et le foie perforés par une balle venant de derrière lui.

À ce jour, la centrale de Tranguil continue de fonctionner. Les gouvernements chilien et argentin continuent d’enfreindre la Convention 169 de l’OIT qu’ils ont ratifiée. Les conflits environnementaux se multiplient au Chili, en Argentine, mais également dans d’autres pays du continent. Et des militants écologistes sont assassinés, de Mexico à la Terre de feu. En 2016, selon Global Witness, ils furent 200 à être assassinés en défendant l’environnement dans le monde, dont 120 en Amérique latine. Macarena Valdés n’apparaît pas dans cette liste. Le rapport de l’ONG concernant l’année 2017 n’a pas encore été publié. Combien de militants latino-américains figureront sur cette liste ?

Rai BENNO
Depuis Santiago du Chili

Le film documentaire mis en lumière aux États généraux de Lussas en Ardèche

Dans le village de Lussas, en Ardèche, du 19 au 25 août se tiennent les États généraux du film documentaire qui fêtent leur 30e édition. Fidèle aux valeurs suivies par la manifestation dès 1989, le festival reste non-compétitif. La ligne éditoriale des États généraux est profondément marquée par trois axes de programmation : les séminaires et ateliers, les rencontres professionnelles qui proposent des temps privilégiés d’échange entre les différentes catégories professionnelles, et les programmations films.

Photo : Emmanuel Le Reste

La sélection «Expériences du regard», confiée comme l’an dernier à Dominique Auvray et Vincent Dieutre, s’intéresse tout particulièrement à la production francophone européenne de l’année et met en avant des œuvres récentes et peu diffusées. «Histoire de doc» renforce la dimension de formation à travers la programmation d’œuvres de référence ou de patrimoine. «Fragments d’une œuvre» propose des rétrospectives d’auteurs confirmés ou la découverte de la filmographie de jeunes auteurs. «Route du doc» propose de faire le point sur l’évolution du documentaire hors de nos frontières. Et les séances plein air du soir n’oublient pas les films à caractère plus événementiel…

Cinq salles et une vidéothèque proposent parallèlement des séances en matinée, après-midi et soirée. Les stages professionnels alternent séances à huis clos et parcours sur la manifestation. En soirée, les séances plein air, les projections dans les villages environnants et les projections chez l’habitant enrichissent encore la programmation.

Au niveau historique, on fera la découverte du cinéma documentaire en R.D.A. qui ne fut pas seulement un cinéma de propagande. On verra aussi comment les cinéastes de l’ex-Yougoslavie ont filmés ces dix dernières années. Ce n’est qu’un aperçu du programme qui recevra de nombreux invités. Et le soir, des séances en plein air montreront des films qui seront bientôt sur les écrans.

Pleins feux sur l’Uruguay à Biarritz en septembre prochain

La 27e édition du festival Biarritz Amérique latine se tiendra du 24 au 30 septembre prochains. Cinéma, musique, photographie, littérature… Cette année, le programme du festival fait rayonner la culture uruguayenne avec la projection d’une dizaine de films qui rend hommage à la créativité de ses cinéastes.

Le Festival Biarritz Amérique Latine est un festival de référence pour le cinéma latino-américain. Il propose trois compétitions de films longs-métrages, courts-métrages, et documentaires. Outre les films en compétition, le festival présente chaque année des focus autour de différentes thématiques.

Le festival propose également de découvrir la culture latino-américaine sous d’autres formes avec des rencontres littéraires, des rencontres animées par l’IHEAL (Institut des Hautes Études de l’Amérique latine), des expositions et des concerts. Le fameux Village du festival, lieu de convivialité et d’échanges situé face à l’océan, permet d’assister aux expositions, aux conférences et tous les soirs aux concerts gratuits. Il est ouvert de 9 h à 2 h du matin.

Alain LIATARD

Voir la bande annonce du festival

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