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Monica Giordanelli

Bilan du festival littéraire Bellas Francesas au Pérou et au Chili

Du 22 au 30 avril 2019 s’est déroulée au Pérou et au Chili la 7e édition du festival littéraire Bellas Francesas. Différentes institutions académiques et culturelles ont accueilli les écrivaines invitées pour une série de rencontres, échanges et animations.  

Photo : Victoria Larraín

La 7ème édition du festival littéraire Bellas Francesas a pris place au Pérou et au Chili. Cette année, le festival a accueilli l’écrivaine et interprète judiciaire franco-hongroise, Nina Yargekov, écrivaine du roman Double Nationalité pour lequel elle remporte le prix de Flore en 2016, ainsi que pour la première fois, une artiste graphique, l’illustratrice Catherine Meurisse.  Les rencontres au Pérou se sont déroulées à Lima mais aussi à Trujillo. Les premiers jours de leur séjour à Lima, les invitées ont pu participer à des rencontres au sein des structures françaises présentes dans la capital : le lycée français de Lima mais aussi l’Alliance Française.

Au Lycée Français de Lima elles ont échangé auprès les élèves de la classe de première sur le thème de la création du personnage, à la fois en bande-dessinée et en littérature. Le soir, elles ont participé à une rencontre littéraire organisée à l’Alliance Française pour une séance de dédicace. Nina Yargekov a également rencontré une classe d’étudiants de l’Alliance Française de La Molina de manière plus informelle pour un échange privilégié.  

Le 23 avril en partenariat avec le ministère de la culture, la maison de la littérature péruvienne, l’Alliance Française et l’ambassade Française, s’est annoncé la première édition du Concours National du Roman Graphique. En tant qu’illustratrice Catherine Meurisse s’est trouvée au sein de l’animation de la soirée. Le concours promeut la formation et la reconnaissance des artistes du genre du roman graphique au Pérou. Elle cherche à développer une nouvelle tradition littéraire et artistique à la portée d’un public divers ainsi qu’à mettre en valeur d’importantes œuvres péruviennes en les adaptant en bande dessinée.  

Plus tard dans la semaine Nina Yargekov et Catherine Meurisse sont sorties de Lima pour aller à Trujillo et Cuzco respectivement et pouvoir visiter les autres Alliances Françaises du pays.  A Trujillo, Nina Yargekov a rencontré des étudiants en traduction de l’Université César Vallejo, et plus tard a fait une intervention à l’Alliance Française de Trujillo sur le thème du bilinguisme et de la créativité littéraire.  

A Cuzco, Catherine Meurisse a participé à une table ronde avec des illustrateurs Cuzquéniens traitant à la fois de la bande-dessinée et du dessin de presse. C’est à cette occasion où l’illustratrice et les participants ont pu discuter et comparer les différentes visions artistiques du Pérou et de la France.  Plus de 300 personnes ont assisté les rencontres organisées lors de l’édition 2019 de Bellas Francesas au Pérou.  

Pour la deuxième partie du festival les auteurs se sont réunies à nouveau pour aller au Chili où elles ont pu visiter Santiago et Valparaiso. Les intervenantes ont été accueillies dans plusieurs université du pays notamment à l’Université Alberto Hurtado, l’Université Catholique du Chili et l’Université de Valparaiso. Les étudiants en art et littérature ont profité de cet échange avec Catherine Meurisse et Nina Yargekov respectivement.  

Le procès artistique a été au cœur de la discussion entre Catherine Meurisse et les étudiants d’illustration de l’Université Catholique du Chili. En discutant sa trajectoire en tant qu’artiste les étudiants ont pu échanger sur ce qu’inspire l’artiste et comment aborder un nouveau projet.  

De l’autre côté l’intervention de Nina Yargekov s’est faite dans le cadre du cours de littérature «Les genres du Moi». Les étudiants en question, avaient analysé en cours les trois premiers chapitres du dernier roman de Yargekov, Double Nationalité. Cela a permis aux étudiants de discuter avec aisance sur l’écriture et comment se crée un personnage de fiction inspiré de la vie de l’auteur en question.  

 Elles ont également été invitées à participer avec les professeurs Paloma Domínguez et Waldo Koza de l’université Catholique du Chili de Viña del Mar à un panel autour du thème «Les formes de l’autofiction». A travers leur parcours professionnel les invités ont pu conseiller et faire découvrir aux étudiants les réalités du métier.  

De plus, l’Institut français au Chili a mis en place une programmation culturelle pour avoir l’opportunité d’échanger avec Catherine Meurisse et Nina Yargekov hors cadre universitaire. La librairie française Le Comptoir et la Bibliothèque du Centre culturel Gabriela Mistral ont été le plateau pour les rencontres avec les autrices. Présentations, conversations, ateliers, dédicaces, ont permis au public de partager et découvrir à fond leurs ouvrages, leur processus créatif et leur travail en tant que productrices d’œuvres littéraires.  

Monica GIORDANELLI

La musique caribéenne mise en avant dans la 39e édition du festival Jazz à Vienne

Depuis 39 ans, Jazz à Vienne lance le début de l’été avec 16 jours de fête pour célébrer toute la richesse du jazz en associant plaisir, qualité et découverte. Cette année, le festival se déroulera du 28 juin au 13 juillet. De nombreux artistes latino-américains et notamment des Caraïbes seront aux centres des activités. Parmi eux, le groupe MizikOpéyi, les sœurs Ibeyi, la queen de Trinidad Calypso Rose, le groupe Kassav et le duo cubain Omar Sosa & Yilian Cañizares sont invités.

Photo : Jazz à Vienne

Le Festival Jazz à Vienne est de retour pour sa 39e édition. Depuis sa création en 1981, sous l’impulsion de Jean-Paul Boutellier, le festival célèbre l’univers du jazz durant les deux premières semaines de juillet. Le rendez-vous incontournable de l’été se déroulera du 28 juin au 13 juillet avec un programme prodigieux, auprès de 200 000 festivaliers qui s’étalent chaque année sur les quatre grandes scènes du festival, dont le Théâtre antique qui est le lieu emblématique de Jazz à Vienne. Il offre un cadre exceptionnel pour le public et les artistes de renommée internationale qui s’y produisent. Le festival bénéficie d’une renommée internationale tant auprès du public que des artistes. 

Jazz à Vienne est riche en diversité culturelle, cette année cette 39e édition met en avant la scène musicale des Caraïbes. Une soirée entière sera dédiée aux différents styles de musiques découverts dans ces îles avec le big band MizikOpéyi emmené par Tony Chasseur et le pianiste Alain Jean-Marie en invité, la queen de Trinidad Calypso Rose et le groupe Kassav qui vient fêter ses quarante ans. Les Caraïbes se retrouveront également avec les sœurs Ibeyi pour une rencontre unique avec le trompettiste Erik Truffaz, sans oublier la soirée Cuba avec le duo Omar Sosa &Yilian Cañizares et le maestro Chucho Valdés pour son hommage à Roy Hargrove en compagnie de Terence Blanchard.

Calypso Rose 

Près de cinquante ans de carrière, une vingtaine d’albums entre 1969 et aujourd’hui, puis le succès international avec Far From Home (2016), Calypso Rose revient cette fois avec une reprise en pur cocotier du fameux Calypso Blues. Elle commence à écrire des chansons à l’âge de 15 ans et devient professionnelle en 1964. Elle a écrit plus de 800 chansons et enregistré plus de 20 albums. Le nouvel album de la «Reine du calypso» (née en 1940 à Tobago) est consacré à des reprises de ceux qui ont accompagné son parcours, comme The MelodiansNat King ColeAretha Franklin ou encore Angélique Kidjo

Kassav

L’histoire de Kassav commence en 1979 lorsque Pierre-Édouard Décimus décide avec Freddy Marshall de moderniser la musique «racine» du carnaval antillais, associant alors les influences salsa ou reggae et le son rock des 70’s aux rythmes de la biguine et du kadans dominicain. La formation guadeloupéenne a inventé ce zouk dans lequel toutes les influences caribéennes se mêlent au makossa africain, au funk et au rock pour donner l’un des cocktails les plus festifs de la planète.

Chucho Valdés

Le parrain adoubé du jazz cubain Chucho Valdés (six Grammies et trois Latin Grammy Awards) est de retour avec Jazz Batá 2 (2018). Pianiste arrangeur et compositeur, lauréat de plusieurs Grammy award, Chucho Valdés est un musicien virtuose qui aime mélanger les genres. Son jazz latino mélange le funk, la salsa et même la musique classique. Quarante-sept ans après un premier volume éponyme, le géant actualise l’influence du fameux tambour batá, instrument sacré de la religion yoruba à Cuba. Programmé avec son quintet le 12 juillet dernier sur la scène du Théâtre antique, son concert mémorable restera le merveilleux souvenir de communion entre le trompettiste et le public viennois.

Omar Sosa & Yilian Cañizares

Depuis son départ de Cuba en 1993 et ses premiers albums (Omar Omar et Free Roots, en 1997), Omar Sosa poursuit une voie singulière. L’œuvre métisse, étourdissante du pianiste puise dans ses racines afro-cubaines, dans le jazz, le hip-hop, l’électro, les musiques du monde et la spiritualité yoruba. Ils viennent d’enregistrer Aguas, un album à nouveau dédié à l’eau, et tout particulièrement à Oshun, déesse de l’amour et maîtresse des rivières. 

Projeto Coisa Fina

Découvert lors de la deuxième édition du Sampa Jazz fest, ce groupe de São Paulo est né en décembre 2005 à l’initiative de deux musiciens : le saxophoniste Daniel Nogueira et le bassiste Vinicius Pereira. En 2001, ils entrent en contact avec la musique du maestro Moacir Santos et souhaitent depuis lors créer un big band pour jouer, entre autres, le travail de Moacir Santos. 

Alfredo Rodriguez Pedrito Martinez Duo

Habitué au format du trio, le pianiste Alfredo Rodriguez se lance dans un duo de virtuoses avec le percussionniste Pedrito Martinez. Très présents sur scène, habitués à s’adresser à leurs spectateurs, les deux Cubains incarnent la certitude d’un spectacle digne de ce nom et de grands sourires. 

MizikOpéyi

Créé et dirigé dès 2006 par Tony Chasseur (chanteur et chef d’orchestre) et Thierry Vaton (piano, direction musicale), MizikOpéyi baratte le jazz créole, un mélange de rythmes traditionnels antillais et de mélodies afro-caribéennes sur des arrangements de jazz. Copieusement doté de dix-sept musiciens, le Créole Big Band vogue sous les vents de douze cuivres, dans la grande tradition des big bands de La Nouvelle-Orléans.

Monica GIORDANELLI

Partenaire du festival Jazz à Vienne, la revue Espaces Latinos propose à ses lecteurs des offres exceptionnelles, qui leur permettront de profiter de ces talents latino-américains.

L’ex-président péruvien Alan García se suicide juste avant son arrestation

Alan García, ancien président péruvien, s’est suicidé le 17 avril 2019 lorsque l’équipe de l’Opération Lava Jato s’est présentée chez lui dans le but de l’arrêter. García était en train de faire face à des accusations de corruption liées à l’entreprise brésilienne Odebrecht.

Photo : Washington Post

L’ancien président péruvien Alan García est mort délibérément après s’être tiré une balle dans la tête lorsque la police est arrivée chez lui pour l’arrêter dans le cadre d’une enquête de corruption. Président de 1985 à 1990 puis de 2006 à 2011, Alan Garcia a été accusé l’an dernier d’avoir reçu de l’argent du groupe brésilien Odebrecht, à l’occasion de la construction d’une ligne de métro dans la capitale.

Cinq ans après que l’Opération Lava Jato a dévoilé une énorme affaire de corruption au Brésil, le scandale continue à laisser ses traces en Amérique latine. L’affaire a détrôné plusieurs figures politiques dans la région et d’autres sont encore sous investigation pour avoir accepté des pots-de-vin de l’entreprise de construction Odebrecht. En 2016, Odebrecht, l’entreprise de construction la plus importante en Amérique latine, a révélé avoir payé une somme de 788 millions de dollars en dessous-de-table dans une dizaine de pays de la région.

Au Pérou, Odebrecht admet avoir payé 29 millions de dollars. Quatre des présidents les plus récents au Pérou apparaissent actuellement dans le cadre de l’enquête pour corruption, avec un cinquième, Alberto Fujimori, qui purge une peine d’emprisonnement pour corruption et abus des droits de l’homme. Avec la destitution de Pedro Pablo Kuczynski en 2018, le Pérou a été le premier pays où l’affaire a renversé un dirigeant. Le mercredi 10 avril, le Pérou est également devenu la scène du premier suicide directement lié aux investigations.

Depuis 2016, lorsque ont été révélés les pots-de-vin que l’entreprise brésilienne a payés à une douzaine de pays latino-américains, García est devenu une cible pour le bureau du procureur. Alors qu’au début il n’y avait pas d’indices qui impliquaient le président péruvien directement, les procureurs savaient que son deuxième mandat (2006-2011) coïncidait avec la période de 2005 à 2014 où Odebrecht a reconnu avoir payé des dons au Pérou. L’implication du cabinet de García s’est confirmée en 2017 lorsqu’a été dévoilé que le vice-ministre des Communications d’Alan García, Jorge Cuba, avait reçu 8 millions de dollars pour la licitation de la ligne 1 du métro de Lima sur des comptes privés. Il est actuellement en détention préventive.

De plus, les initiales “AG” figuraient dans les agendas de Marcelo Odebrecht, l’ex-président du géant brésilien du bâtiment. Ces documents ont aidé à identifier quelques-uns des récepteurs de pots-de-vin. Odebrecht a confirmé aux procureurs péruviens qu’il s’agissait d’Alan García. Ce dernier a toujours rejeté ces accusations. L’enquête a commencé à faire suffoquer Alan García vers la fin de l’année dernière lorsqu’un juge a émis l’ordre de l’empêcher de sortir du pays pour une durée de 18 mois dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent, collusion et trafic d’influence. Le leader du parti Aprista a rapidement sollicité l’asile à l’ambassade d’Uruguay, demande qui a été rejetée.

La situation légale de García s’est encore compliquée récemment lorsqu’a commencé à circuler que l’ex-secrétaire présidentiel Luis Nava et son fils José Antonio Nava ont reçu 4 millions de dollars pour conclure le contrat de construction de la ligne 1 du métro de Lima.

À la suite de ces révélations, le pouvoir judiciaire a autorisé la demande du Ministère public d’arrêter durant 10 jours Alan García et d’autres inculpés. Lorsque l’équipe spéciale de l’affaire Lava Jato s’est présentée chez lui pour exécuter l’ordre, l’ancien président est monté dans sa chambre et s’est donné la mort. Son corps a été ramené à l’hôpital Casimiro Ulloa vers 7h du matin. Sa mort a été confirmée à 10h25. Puis le diagnostic a été déclaré : “impact de balle dans la tête”.

L’article 78 du Code pénal du Pérou dit que l’action publique, l’attribution de réprimer une infraction en application de la loi pénale, expire lorsque l’inculpé meurt. Cela veut dire que les investigations autour de García s’archivent. Cependant, l’ordre d’arrestation ne touchait pas uniquement Alan García, mais huit autres fonctionnaires. Sa mort met fin à l’action publique engagée contre lui, mais la mise en lumière des faits continue pour les autres accusés.

Monica GIORDANELLI

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