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Lou Bouhamidi

L’Amérique latine, l’invitée du dernier numéro de la revue Le Débat

Fondé en mai 1980 par l’historien Pierre Nora,Le Débat est une revue d’analyse et de discussion, éditée par Gallimard, ouverte à toutes les réflexions qui permettent de mieux comprendre les évolutions du monde contemporain. Sa dernière livraison datée de janvier-février propose quatre articles sur l’Amérique latine, «de l’ancien au nouveau populisme».

Photo : Le Débat/The New York Times

L’Amérique latine a eu son moment de grâce, quand, une fois la page des dictatures militaires et des régimes autoritaires tournée, l’insertion dans la mondialisation paraissait la destiner à un développement économique rapide, en plus de la consolidation démocratique. Or, la voici rattrapée par ses vieux démons sous de nouveaux visages.

D’importantes échéances électorales ont achevé de mettre ce tournant en lumière. Alain Rouquié analyse dans cette perspective la signification des élections présidentielles récentes au Mexique et au Brésil. En se concentrant sur l’Amérique du Sud au sens strict, Christian Girault dresse le tableau de ces incertitudes et difficultés résurgentes.

La Bolivie d’Evo Morales défraie peu la chronique. Elle illustre pourtant au mieux, comme le montre Philippe Boulanger, la façon dont un sursaut populaire salué pour sa promesse démocratique peut se dévoyer en populisme destructeur. Quant au Venezuela de Nicolás Maduro, nul n’ignore plus son évolution catastrophique. La question, se demande Élisabeth Burgos, est de savoir jusqu’à quel point il est une exception.

Les intervenants

Alain Rouquié : Universitaire et diplomate, Ambassadeur de France au Brésil de 2000 à 2003, aujourd’hui président de la Maison de l’Amérique latine. Auteur de nombreuses études sur l’Amérique latine contemporaine, notamment de Le Brésil au XXIe siècle : naissance d’un nouveau grand (Fayard, 2006).

Christian Girault : Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris (1967),
professeur agrégé de géographie (1969). Promu Directeur de recherche au CNRS 1990. Nommé «Directeur émérite» au CREDA en 2009. Professeur des Universités en géographie.

Philippe Boulanger : spécialiste des questions de géographie historique, géopolitique, géographie militaire et géostratégie. Il est professeur à l’Institut français de géopolitique (Université Paris VIII). Il est intervenant extérieur au département de géographie de l’ENS depuis 2011.

Elizabeth Burgos : historienne, anthropologue et écrivain vénézuélienne, spécialiste de l’ethnopsychanalyse.

D’après Le Débat

Les Nations unies fixent la date de la COP25 au Chili à décembre prochain

La COP25 aura lieu au Chili du 2 au 13 décembre 2019, et ce malgré l’objectif du gouvernement –tel qu’il l’avait publiquement annoncé– qui était de donner rendez-vous en janvier 2020, dans le but de gagner du temps dans la préparation relativement au choix tardif du siège du sommet au Chili, de même que pour éviter des enchevêtrements logistiques dus à l’organisation de l’APEC mi-novembre.

Photo : Ministerio de Medio Ambiente de Chile

Quand, le 14 décembre dernier, dans la salle plénière du Sommet pour le Climat (COP24) qui s’est déroulé à Katowice, en Pologne, la ministre de l’Environnement, Carolina Schmidt (photo de une), a annoncé la disposition de Santiago du Chili à recevoir le prochain sommet mondial pour l’action climatique –proposition qui a rapidement été acceptée par l’Assemblée–, le gouvernement avait fixé à janvier 2020 la date à laquelle le Chili recevra cette rencontre mondiale.

L’objectif était autant de gagner du temps pour faciliter l’organisation de la COP25 –possibilité qui n’a surgi qu’après la décision du Brésil de renoncer à en être le siège en novembre de l’an passé–, que d’éviter de possibles complications logistiques pour la mise en place du forum de Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) au Chili, événement qui aura lieu les 16 et 17 novembre prochains non seulement à Santiago, mais aussi à Antofagasta, La Serena, Valparaíso, Concepción et Puerto Varas.

Cependant, la table des négociations de la Conférence des Parties (COP) de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique a aujourd’hui décidé que la COP25 de Santiago du Chili se tiendra entre le 2 et le 13 décembre 2019, tandis que la période préalable à la période des sessions se tiendra entre le 26 novembre et le 1er décembre 2019 dans un lieu qui sera annoncé bientôt.

L’organisation de la COP25 demandera un effort logistique de grande ampleur. On espère entre 10 et 15000 participants enregistrés, et plus de 40000 qui graviteront autour de l’événement. La sécurité sera également un sujet central, du fait du nombre important de visites de haut niveau, tant présidentielles que ministérielles, à quoi s’ajoute la nécessité de mettre à disposition des moyens de transport efficaces et de concevoir l’espace pour la conférence de façon rationnelle et à échelle humaine.

D’après País Circular
Traduit par Lou BOUHAMIDI

SITE Chile

Célébrer les droits humains : la 17e édition du FIFDH se tiendra du 8 au 17 mars à Genève

Le Festival du film et forum international sur les droits de l’homme (FIFDH) s’est construit en parallèle et en soutien du Conseil des droits de l’homme de l’ONU réuni à Genève. Chaque année, dix jours durant, ce sont des ateliers, des conférences, des lectures, du théâtre, un hackathon, des films suivis de débats qui prennent place dans la ville suisse et dans la Suisse romande pour dénoncer toutes les formes de violation des droits de l’homme tout en célébrant les initiatives d’ouverture, où qu’elles se déploient. Ainsi le grand public peut-il côtoyer diplomates, membres d’ONG, artistes, militants, journalistes et financiers en participant aux discussions et en confrontant leurs points de vue, chaque débat étant retransmis sur internet en direct.

Photo : FIFDH

Dans son éditorial, la directrice générale du festival se pose sans conteste pour la liberté dans toutes ses manifestations et contre ce qui menace ses digues, et plus généralement une espèce d’inquiétude qui se répand dans le monde actuel. L’entraide est remise à l’honneur pour une «réaffirmation des valeurs fondamentales». Le FIFDH s’érige alors comme un foyer de vie qui «brûle» dans «un monde qui semble de plus en plus gelé», affirme-t-elle.

Un rempart contre «l’intranquilité»

L’édition 2019 s’ouvrira le 8 mars, date symbolique de la journée internationale des femmes où sera projeté un film consacré à Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018, en présence de la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet et de la secrétaire d’État suisse aux Affaires étrangères Pascale Baeriswyl.

Au cours du festival, deux compétitions de longs métrages proposeront en première et en présence des cinéastes et acteurs une sélection de films internationaux, avec Leïla Slimani comme présidente du jury documentaire.

Les trois thématiques à l’honneur

Cette année, le festival célèbrera les trente ans du web en présence de son créateur, Tim Berners-Lee. Au programme : les humains du futur, diffusion du film Internet ou la révolution du partage de Philippe Borrel, hackathon pour les droits humains.

Une large part des débats sera accordée également à la santé publique mondiale : autour de la criminalisation de la solidarité envers les migrants, discussion avec Édouard Louis sur son livre Qui a tué mon père, interrogation sur les solutions pour faire face au virus Ebola, le droit au logement.

Enfin, le festival se propose cette année de s’interroger sur les féminités en revenant sur des parcours remarquables de femmes insoumises : hommage à Evdokia Romanova, qui a œuvré à la défense des personnes LGBTI+ en Russie, retour sur le rôle des palestiniennes au Moyen-Orient.

Ces trois thématiques seront étayées par une très large sélection de films documentaires, de reportages, de fictions et de films thématiques. Retrouvez tout le programme de l’édition 2019 sur le site du FIFDH.

Lou BOUHAMIDI

Juan Guaidó obtient un massif soutien international pour destituer Nicolás Maduro

Une tension accrue samedi 23 février dernier : alors qu’un camion d’aide humanitaire s’apprêtait à franchir la frontière vénézuélienne, il a dû affronter l’opposition des forces de l’ordre qui tiraient sur la foule, soutenues par les colectivos (groupes armés de quartier). Bilan : deux morts et plus de 300 blessés de part et d’autre de la frontière avec la Colombie. Entre bolivarisme d’un côté, défense des «boliburgos» de l’autre et tentation de la demande d’intervention, le président intérimaire Juan Guaidó s’en remet à la communauté internationale.

Photo : El Universal

Le samedi 23 février dernier était un samedi de violences contre l’aide humanitaire nord-américaine. «On était heureux, on allait participer à la libération du Venezuela» raconte Josefa. Au niveau de la frontière brésilienne, ce sont douze morts, tous de la communauté Pemón, qui avaient parmi les premiers reconnu Juan Guaidó comme seul président légitime. La police vénézuélienne est parvenue à empêcher l’entrée sur le territoire de volontaires venus prendre en charge les colis de denrées alimentaires et le matériel médical, en particulier sur les ponts Simón Bolívar et Paula Santander. Ils ont été les lieux d’affrontements violents : camions humanitaires mis à feu, tirs, gaz lacrymogènes. En définitive, certains membres des forces de l’ordre se sont retrouvés immobilisés, comme terrifiés sous leurs boucliers anti-émeutes, entre les colectivos et les manifestants de part et d’autre du pont, à tel point que certains d’entre eux se sont rendus aux autorités colombiennes, désertant ainsi leurs fonctions.

Au total, ce sont dix camions humanitaires qui n’ont pas pu passer la frontière, malgré la harangue de la foule au cri de «Sí se puede», convaincue comme Luis, un fonctionnaire de Maracay, de «participer au grand changement» et prêt à «se sacrifier pour la libération» du pays. D’ailleurs, trois députés se sont même déplacés pour tenter d’entamer le dialogue avec les militaires, sans autre résultat que des blessures par balles en caoutchouc.

C’est donc un semblant de guérilla qui se constitue progressivement pour faire face aux blindés de la milice vénézuélienne. Un schéma que leurs voisins colombiens connaissent malheureusement bien ; c’est probablement la raison pour laquelle Juan Guaidó a demandé à la communauté internationale d’envisager «toutes les options» face au refus de Maduro d’accueillir l’aide humanitaire.

Face aux velléités d’ingérence étasuniennes, ce dernier a déclaré : «Que pense le peuple vénézuélien des menaces de Donald Trump ? Enlève tes pattes du Venezuela, Donald Trump. Yankee go home !… Il nous envoie de la nourriture pourrie, merci !»

La diplomatie internationale : de la condamnation de la violence à la menace d’ingérence

Alors que lundi dernier le vice-président des États-Unis, Mike Pence, annonçait des «mesures concrètes»et des «actes clairs» pour répondre à la crise vénézuélienne, et que Donald Trump ne semble toujours pas exclure une intervention militaire, Jorge Rodríguez –le ministre vénézuélien de l’Information– a raillé les défaillances de l’opposition en traitant Juan Guaidó de «marionnette» et de «préservatif usagé». Une bien maigre défense.

Plus timide que les États-Unis, l’Union européenne «demand[e] instamment aux forces de l’ordre et aux organes de sécurité de faire preuve de retenue, d’éviter le recours à la force et de permettre l’entrée de l’aide», a déclaré Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne. Préférant l’aide financière à l’aide militaire, l’UE se dit prête à accroître les fonds destinés au soutien humanitaire et au développement, mais sans mesure concrète jusqu’à présent. Quant à Emmanuel Macron, il appuie «la restauration de la démocratie» dans un tweet daté du dimanche 24 février.

Les dirigeants européens peinent à se positionner et demeurent dans une zone de flou diplomatique, n’ayant ni proclamé illégitime le président élu, Nicolás Maduro –tenant sûrement à la démocratie comme remède politique incontestable–, ni non plus déclaré Juan Guaidó putschiste. Un avis encore partagé par le Canada, la Colombie, le Paraguay, le Brésil, le Mexique et Cuba.

À la différence, Moscou s’insurge contre l’interférence étrangère, craignant un «bain de sang», tout comme la Chine qui dénonce les interventions au Venezuela. Rappelons au passage qu’elle est le premier créancier de Caracas.

En février 2018, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, avait ouvert un «examen préliminaire» sur la situation au Venezuela pour évaluer les crimes présumés qui pouvaient être du ressort de la CPI. Des belles paroles à l’ingérence, la carte géopolitique reste la même. Pendant que la crise au Venezuela continue d’éclater.

Le Groupe de Lima : une réponse pacifiste ?

Alors que Maduro avait commencé à fermer toutes les frontières du pays, Juan Guaidó se bat contre l’isolationnisme du président au pouvoir en appelant la communauté internationale à faire barrage contre la politique de Maduro.

Si les centaines de Vénézuéliens qui s’étaient rassemblés samedi, rose blanche à la main, ont échoué à faire plier Maduro, le Groupe de Lima entend bien remédier à la réélection jugée frauduleuse du président au pouvoir. Créée en 2017 pour faire face à la crise du Venezuela, l’alliance n’a pas reconnu la réélection de Maduro et onze de ses membres l’avaient exhorté le 4 février dernier à reconnaître Juan Guaidó.

La réunion des quatorze pays latino-américains et du Canada s’est tenue lundi 25 février à Bogotá et avait pour but de décider de quelle manière accentuer la pression sur le Venezuela, que ce soit par un ultimatum, des sanctions, une intervention, ou le «renforce[ment] de l’encerclement diplomatique», selon le président colombien Iván Duque.

Finalement, les États qui composent cette alliance ont réitéré «leur conviction que la transition vers la démocratie doit être menée par les Vénézuéliens eux-mêmes pacifiquement, dans le cadre de la Constitution et du droit international, et soutenue par des moyens politiques et diplomatiques, sans usage de la force». Mais avec l’appui des 365 000 membres de l’état-major des forces de sécurité et le million et demi de miliciens civils, Maduro jouit encore d’un soutien solide.

Lou BOUHAMIDI

Nayib Bukele, le nouveau président du Salvador vient rompre le traditionnel bipartisme

Issu de la gauche, cet ancien maire de San Salvador, à 37 ans, gouvernera le pays à droite. Jeune et futur papa, ancien maire proche des millenials et quasi-chef d’entreprise qui a atterri en politique grâce à ses sympathies pour le Front de gauche Farabundo Martí pour la Libération Nationale, Nayib Bukele a remporté les élections présidentielles de dimanche dernier au Salvador avec plus de 53% des voix. Ironie du sort, son arrivée à la présidence rompt le traditionnel bipartisme, face à la Grande Alliance pour l’Unité Nationale (GANA) de droite. Nous traduisons ici un article publié par El Clarín.

Photo : Enlace Judio

Bukele, témoignant d’une ambition politique marquée, a été exclu du FMLN, mais sa persévérance lui a permis de se faire une place à la GANA, un parti totalement opposé à celui qui l’a conduit au mandat municipal, d’abord de Nuevo Cuscatlán (2012-2015) et plus tard de San Salvador (2015-2018). Connu pour être «l’hirondeau», à cause de l’emblème de son parti, Nayib Bukele, l’ancien maire charismatique de San Salvador, a réussi à devenir président avec un discours irrévérent envers la politique traditionnelle galvaudée. 

Bukele, qui aime porter des jeans, des chaussettes de couleurs vives (à la Jean Trudeau ?) et très souvent la casquette à l’envers, s’est présenté sous le drapeau bleu ciel de la Grande Alliance pour l’Unité Nationale (Gana, conservatrice). Par des phrases courtes réclamant des politiques qu’ils «rendent ce qu’ils ont volé», ou affirmant que «l’argent porte ses fruits quand personne ne le vole», il a sympathisé avec les jeunes, avec qui il n’a cessé de rester connecté via les réseaux sociaux pendant la campagne, faisant ses promesses de campagne par Facebook Live. En tant que maire de San Salvador, il s’est identifié comme faisant partie des «millenials»[1], au point de projeter sur la place El salvador del Mundo un film de la série animée Dragon Ball, de participer à des compétitions de paintball ou à des manèges à sensation. 

«À partir de demain, il nous revient à tous de commencer à construire le Salvador que nous voulons. Le Salvador que nous souhaitons ne dépend pas d’un groupe, d’un président, mais il dépend de chacun de nous», a-t-il déclaré lors de la célébration de sa victoire sur une place de la capitale. 

Bukele est né le 24 juillet 1981, fils du feu chef d’entreprise Armando Bukele, un docteur en chimie industrielle et représentant de la communauté salvadorienne d’origine arabo-palestinienne, et d’Olga Ortez. Il a deux frères, Yamil et Karim Bukele. Il a fait des études de Droit à l’université jésuite centro-américaine de San Salvador (UCA), même si ses opposants ont mis en doute l’obtention de son diplôme sachant qu’il s’est consacré, depuis ses 18 ans, au travail dans une entreprise de son père. Le président élu est marié avec Gabriela Rodríguez et le couple attend un bébé. 

Des racines qui arrivent jusqu’au FMLN

La famille Bukele sympathisait avec les principes de justice sociale que brandit la guérilla de gauche du Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN) dans les années 1980, et finit par abriter certains de ses dirigeants malgré le risque d’emprisonnement ou même de mort que cela représentait. 

D’après le livre Qui est Nayib Bukele ?, du journaliste Geovani Galeas, par un après-midi de 1987, le candidat a fait pénétrer secrètement chez lui le chef de file guérillero Schafik Handal, un des cinq commandants de la direction du FMLN. C’est ainsi qu’il a hérité de sa famille la sympathie pour l’ancienne guérilla qui, après la fin d’une guerre civile de douze ans, s’est convertie en parti politique en 1992. 

En 1999, d’après une agence de publicité de sa famille, Bukele a travaillé pour une campagne présidentielle que le FMLN n’a pas réussi à remporter, avec l’ex-commandant Facundo Guardado comme candidat. 

C’est en 2011 qu’il s’est présenté au FMLN pour le mandat municipal de Nuevo Cuscatlán, une commune de dix mille habitants voisine de la capitale, où Bukele a intégré la politique, gagnant l’élection de mars 2012. En novembre 2014, dans le cadre de la Journée mondiale des villes, l’ONU l’a invité pour parler de sa gestion novatrice de Nuevo Cuscatlán. 

Face à sa popularité, le FMLN l’a présenté comme candidat pour récupérer la mairie de San Salvador, qui était aux mains de la droite, lequel arriva à ses fins pour la période 2015-2018. En tant que maire de San Salvador, ses projets phares ont été la mise en place de l’éclairage public dans toute la capitale et la rénovation d’une partie du centre historique. 

Exclusion et passage à droite

Des divergences de Bukele avec la direction de l’ancienne guérilla résulta son exclusion en 2017, année où il fonda Idées nouvelles, un mouvement qu’il a tenté de légaliser comme parti politique, mais qui ne satisfaisait pas aux exigences de la loi électorale. 

Après cette tentative frustrante, il a cherché une place au Centre démocratique (CD) pour se présenter sous sa bannière aux élections présidentielles, mais le parti a été supprimé sans atteindre le minimum de cinquante mille voix valides aux législatives de 2018. 

À la dernière minute, le président maintenant élu a choisi la possibilité qu’il lui restait : essayer de parvenir à la présidence main dans la main avec la GANA, dont la direction lui a jeté une passerelle pour atteindre l’autre rive, la Maison présidentielle, le 1er juin prochain, quand il sera officiellement nommé président du gouvernement salvadorien. 

Contre le bipartisme

Durant sa campagne, Bukele a condamné les vingt ans de pouvoir de l’Alliance républicaine nationaliste (Arena) de droite et presque dix ans du FMLN. «Ce sont toujours les mêmes (Arena et FMLN) qui pensent que notre peuple ne se réveillera jamais, qui ont essayé de nous dire inlassablement que bien faire les choses était impossible», a-t-il soutenu lors de sa clôture de campagne. Bukele avait anticipé alors qu’il en finirait avec le bipartisme, pour laisser «derrière l’après-guerre une bonne fois pour toutes». 

Sous la bannière de la GANA, Bukele est devenu le premier mandataire à gouverner le Salvador avec une formation politique différente d’Arena, parti qui a dirigé pendant vingt ans le pays (1989-2009), et le FMLN, au pouvoir depuis 2009. Son vice-président sera Félix Ulloa, un avocat de 67 ans, diplômé de l’Université Complutense de Madrid en Espagne. Ulloa a été magistrat du premier Tribunal suprême électoral (1994-1999) créé après les accords de paix qui mirent fin à la guerre civile. 

D’après El Clarín
Traduit par Lou Bouhamidi


[1]Ce terme désigne les personnes nées dans les années 1980 (ndlr). 

Célébration de la 3ᵉ édition de la Nuit des idées au Musée Rufino Tamayo de Mexico

Le 31 janvier prochain se tiendra la troisième édition de la Nuit des idées au Musée Rufino Tamayo de Mexico, où des spécialistes français et mexicains de différentes disciplines débattront sur «L’urgence des bouleversements» pour faire face aux enjeux globaux. La journée de réflexion collective débutera à partir de 18 h et sera dirigée par l’écrivain Francis Marmande Charlas. Elle comprendra des projections cinématographiques, des concerts ainsi que des performances artistiques.

Photo : La Nuit des idées

La Nuit des idées est née à Paris en 2016 à l’initiative de l’Institut français, dans le cadre d’une rencontre exceptionnelle entre des intellectuels français et internationaux, pour discuter et débattre des grands enjeux actuels.

Chaque dernier jeudi de janvier, la libre circulation des idées et des connaissances est célébrée par des conférences, des rencontres, des tables rondes, des projections, des performances artistiques, entre autres, autour d’un seul thème partagé par les pays participants.

Cette année, des centres culturels, des universités, des musées, des centres d’art et des cinémas de plus de cent vingt villes et de soixante-dix pays participeront à l’échange d’idées sur le thème «Faire face au présent».

Pour l’édition 2019 au Musée Tamayo, les philosophes Cynthia Fleury et Jorge Linares réfléchiront sur les changements qu’impliquent les technologies dans nos sociétés. La participation de Federico César Lefranc Weegan, professeur de Droit, et de Constanza Gómez-Mont, consultante en développement, sera également l’opportunité de mieux comprendre les transformations que peuvent apporter les nouvelles technologies.

Des académiciens tels que la philosophe Catherine Larrère, connue pour avoir introduit en France le concept d’éthique environnementale, l’historien et spécialiste des problèmes liés à l’eau au Mexique, Juan Humberto Urquiza, et le biologiste Constantino de Jesús Macías García débattront d’un point de vue global et, chacun depuis l’étendue de son domaine d’expertise, sur les enjeux que suppose le changement climatique. Les documentaires Xochimilco, le dernier souffle de Mexico et Demain illustreront et proposeront plusieurs solutions aux enjeux globaux du présent, d’après un communiqué.

Quant au sujet des migrations, la journée accueillera le géographe français Laurent Faret, le journaliste photographe Javier García, l’avocate et présidente du Conseil national pour prévenir la discrimination (Conapred en espagnol) Alexandra Haas Paciuc et l’anthropologue Yerko Castro Neira.

La projection du documentaire La Cuisine des patrons de Javier García, qui raconte l’histoire d’un groupe de femmes dans l’État de Veracruz venu en aide aux migrants centraméricains, accompagnera la discussion.

En plus de ces tables rondes, l’on réfléchira au travers de l’art avec les morceaux de musique contemporaine programmés par Eric Namour et François Bonnet, l’imprimerie mobile de Nuria Montiel, le concert de Jac Berrocal et Vincent Epplay, et la performance de Guillermo Santamarina.

La cérémonie d’inauguration de la Nuit des idées sera présentée par l’ambassadrice de France au Mexique Anna Grillo, ainsi que par le directeur du Musée Tamayo Juan Gaitán.

D’après Excelsior
Traduit par Lou Bouhamidi

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