Archives des auteurs :

Lou Bouhamidi

« Cap ou pas Cap », une aventure à hauteur d’enfants pour des adultes à Saint-Fons et dans deux cités latino-américaines

Après la décevante Cop25, à Madrid, où les grands décideurs de la planète n’ont pas été capables d’esquisser une proposition face à la grave crise planétaire du réchauffement climatique, nous vous proposons une note d’espoir : une aventure menée notamment par des jeunes cherchant les mots justes pour sensibiliser les adultes.

Photo : Olga Barry

Cinq ans après la signature de la feuille de route sur les dix-sept Objectifs du Développement Durable (ODD) par les Nations Unies, ces objectifs restent malheureusement aujourd’hui trop peu connus du public. Si les questions climatiques, migratoires ou d’égalité entre les sexes reviennent souvent dans les médias pour dénoncer ou évoquer des catastrophes, qu’en est-il des expériences et des initiatives allant dans le sens de l’écologie, de la solidarité et de l’égalité ? Dans différentes parties du monde, de nombreuses expériences portent ces valeurs. C’est ce que le projet « Cap ou pas Cap » essaie de faire en sensibilisant les habitant(e)s à une meilleure compréhension de la transversalité des situations vécues dans différents pays. Mais, ce qui est intéressant dans le projet Cap ou Pas Cap, c’est que ce sont les jeunes et les enfants qui auront pour mission de sensibiliser leur entourage. 

Deux organisations de la société civile sont à l’origine de ce projet : Robin des Villes* et Apoyo Urbano**. Elles sont soutenues financièrement en partie par l’Europe. Espaces Latinos et deux de ses journalistes les accompagnent. Robin de Villes et Apoyo Urbano accompagnent le travail de jeunes dans l’élargissement de leur vision, soutiennent l’élaboration d’expressions artistiques autour des dix-sept ODD. Elles aspirent à promouvoir les liens France-Amérique latine. Pour ce faire, elles ont mobilisé des animateurs bénévoles, en service civique, envoyés sur place au Pérou et au Salvador et  assurent à distance le suivi du projet en collaboration avec les animateurs locaux. Leur but est également d’intégrer dans le projet la parole des personnes du Sud ou issues de la migration, et de participer à la relation Nord-Sud entre acteurs de territoires partenaires (El Salvador, France, Pérou). 

Dans ce magnifique projet, Nouveaux Espaces Latinos est le référent média qui assure le suivi journalistique du projet, observe son évolution dans la ville ouvrière de Saint-Fon, une commune du Rhône et en Amérique latine, et produit des articles pour en rendre compte. Le projet a été lancé àSaint-Fons, une ville de grande fragilité sociale, économique, environnementale et technologique au sein d’une métropole riche. Elle a lancé une démarche d’Agenda 2030 pour un développement durable, en cours de finalisation.

Saint-Fons est partenaire du projet « Cap ou pas cap » et facilite en ce sens le lien des jeunes à certains équipements de la ville (médiathèque, centre d’arts plastiques, centres sociaux, théâtre municipal). Ici, ce sont les enfants élus du conseil municipal de la ville et les jeunes du centre social Arc-en-Ciel qui réfléchissent ensemble à des initiatives visant à sensibiliser leur entourage.

Au Pérou, dans la communauté paysanne pauvre de Llanavia (située dans la ville de Lima subissant les effets de l’activité industrielle dont le principal est la pollution), en partenariat avec les écoles du secteur, la communauté propose des programmes de sensibilisation pour préserver l’environnement et continuer la lutte contre les violences liées au genre.

C’est aussi au Salvador, dans la ville d’Atiquizaya, chef-lieu du département d’Ahuachapán, située du côté nord de la route : cette zone présente des caractéristiques urbaines de meilleure qualité en termes de services et d’équipements à la différence de la partie sud de la ville où l’on trouve des bidonvilles. Le projet est en partenariat avec le Centre Intégral Municipal d’Art et de Culture (CIMAC) accueillant des enfants et jeunes de 4 à 20 ans. Le lieu est devenu une pépinière d’artistes où les jeunes ont accès à des nombreux ateliers artistiques. 

Dans chacun de ces trois territoires, accompagnés par les animateurs de deux organisations de la société civile, Robins des Villes et Apoyo Urbano, ainsi que par les animateurs sociaux des deux villes d’Amérique latine, les jeunes participent à ce projet. Ils ont pour mission d’abord d’apprendre et de comprendre les enjeux de ces objectifs pour un monde meilleur et durable, pour ensuite à leur tour mener l’enquête sur les questions de genre, d’égalité homme-femmes, d’homophobie, de migration et de climat. Ainsi, en invitant les jeunes à participer à des ateliers d’expression et de création, ils seront à même d’exprimer leurs points de vue, leur compréhension de ces enjeux pour ensuite pouvoir prendre le micro et la caméra et enquêter sur leur territoire. 

L’idée de ces trois différents territoires est de favoriser une ouverture par le langage interculturel et d’inciter les jeunes à être des véritables acteurs du changement, dans leur propre ville. Les ateliers sont ainsi des temps forts d’analyse et d’interprétation partant des œuvres artistiques ou journalistiques produites par les enfants et adolescents, de discussion, d’échange et de prise de parole entre une vingtaine de jeunes d’ici et de là-bas, durant six mois, d’octobre 2019 à avril 2020. 

Cette action se terminera en beauté sous la forme d’un festival international sur les Objectifs du Développement Durable (ODD), porté par les jeunes (de 9 à 16 ans), en dialogue avec les parents et voisins. Le public sera invité à découvrir ces actions, l’exposition artistique et journalistique : un journal en grand format créé et rédigé par ces jeunes journalistes en herbe. Dans l’exposition, on pourra admirer les projets issus du concours international d’idées de Cap ou pas Cap, et à la fin, pour couronner ce travail, la remise des prix. Bravo les enfants !

Olga BARRY

* Robins des Villes : association d’éducation populaire, milite pour une ville partagée. ** Apoyo Urbano : urbanisme et aménagement territorial participatif, association franco-latino-américaine. 

« Récits de migrants » un livre de la fondation Avina au Chili – Nous avons traduit celui de Helena Cordero

Nous avons assisté début janvier au lancement du livre Relatos Migrantes (Récits migrants), au Musée de la Mémoire et des Droits de l’Homme, à Santiago du Chili. Ce livre est issu des ateliers organisés par la fondation Avina et sous la direction de Pamela Ríos. Ces textes retracent les vécus des migrants arrivés au Chili depuis le Mexique, la Colombie, Haïti, Venezuela, El Salvador, l’Argentine. Nous avons traduit un de ces récits Qu’est-ce qu’un fantôme ? par la Mexicaine Helena Cordero. 

Photo : Avina Chile

Qu’est-ce qu’un fantôme ?

J’ai regardé le miroir et je me suis souvenue de mes rencontres avec eux. La première fois, j’ai été visitée par mon cousin quelques jours avant qu’il ne meure assassiné par son père. La visite la plus récente a été quand l’être avec lequel je cohabite m’a signifié qu’une discussion à ce sujet n’était pas bienvenue.  Nous les personnes migrantes, me disais-je face à mon reflet, sommes comme disparues, bien qu’avec une destination relativement connue. On pleure notre départ et il n’existe pas de tombe (parce qu’elle serait vide) où venir nous apporter des fleurs. Comme des personnes mortes, nous ne sommes déjà plus qui nous étions quand nous sommes parties du lieu qui nous a vu naître, nous ne savons pas non plus très bien qui nous sommes aujourd’hui et encore moins demain. 

Nous mangeons pour ne pas mourir, bien que nous ne sentions pas les mêmes saveurs, souvenirs de vies passées. Des rues qui se confondent comme si on marchait dans des dimensions parallèles. Des odeurs sources de synesthésie, allégorie du fait que pour vivre en société, il faut avoir un certain degré de folie. Nous sommes des voix dans les têtes qui nous entendent, nous les inquiétons, elles écoutent nos messages et nous pouvons apparaître sous leurs yeux, lors de séances spiritistes. 

Nous vivons dans les murs de nos proches et amis véritables, réveillant les larmes et les rires au milieu d’histoires qui nous semblent chaque fois moins connues, jusqu’au jour où nous en venons même à douter qu’elles aient pu avoir lieu. 

Une personne migrante est un fantôme, un être transparent pour ceux qui refusent notre existence. Nous sommes mythe et légende pour ceux qui nous craignent. Une alerte pour les ego naître qui croient que pour être de « bonnes personnes », ils méritent qu’il ne leur arrive que de bonnes choses. Nous sommes une preuve vivante pour ceux qui tourmentent les autres avec des choses aussi absurdes que le châtiment avant le péché. Nous souffrons, payant la pénitence d’être nés ailleurs. 

De mon peu d’expérience, j’ai connu deux types de fantômes : ceux qui possèdent un corps physique et ceux de nous qui migrent avec un tel corps. Mais nous avons l’avantage du détachement forcé, mélangé à de fortes doses d’omniprésence. Alors, en me voyant dans le miroir, mon reflet me rappelle les derniers mots de la phrase : …  « Un fantôme, voilà ce que je suis ». 

Helena CORDERO
Traduit de l’espagnol (Mexique)
par Lou Bouhamidi

Traduction issue de l’anthologie Relatos migrantes – Chile 2019 parue à l’occasion des 25 ans de la fondation Avina et consultable ici.

Le roman « Fugue mexicaine » de Chloe Aridjis fille de l’écrivain et diplomate Homero Aridjis

À 17 ans Luisa, étudiante plutôt sérieuse, a quitté la demeure familiale pour suivre Tomás, un garçon qu’elle connaît à peine, fascinée plus que séduite par ce jeune homme original. Elle est la fille d’un professeur parfois un peu pesant et d’une mère traductrice un peu trop absente. On est en 1988, trois ans après le tremblement de terre qui a détruit des quartiers entiers de Mexico et laissé presque intacte la petite maison occupée par la famille. Comment Luisa a-t-elle franchi le pas ?

Photo : the-tls

La plage de la côte pacifique au bord de laquelle elle traîne peut passer pour un de ces « endroits paradisiaques » que vantent les agences de voyages, elle peut aussi sembler menaçante : ses courants à drapeaux rouges, son nom même, dont on a oublié la véritable étymologie, Plage des Morts ou Lieu à papillons ? Luisa n’arrive pas à se faire une idée. Elle en est au même point que Tomás qui l’a entraînée là. Les eaux du Pacifique sont-elles pures ? Renferment-elles des monstres ? Ressemblent-elles à celles de Cythère qui, elles, on le sait, renferment des statues grecques échouées lors d’un naufrage il y a des milliers d’années ? Et ces nains ukrainiens dont les journaux ont parlé sont-ils tout à côté de ce couple bizarre que forment, ou ne forment pas, Luisa et Tomás ?

Pour la jeune fille, rien n’est fixé, solide. Les phrases, souvent poétiques, de Chloe Aridjis, donnent ce vertige doux, doucement coloré, qui permet au lecteur de partager les doutes de Luisa, la plongée qui pourrait être brutale dans une soirée de lutte libre (mais n’est-on pas dans les jeux de la Rome antique ?) ou dans une discothèque mexicaine branchée (qui n’est pas loin de l’orgie romaine) en sont des exemples.

À travers ces images si fortes, l’auteure crée un tableau hyperréaliste de la petite bourgeoisie mexicaine de ces années 1980. Le désenchantement est partout, la mort est proche, overdose d’une fille, agression nocturne d’un prostitué, envie de vivre réduite à presque rien. Alors quel rôle peut avoir Tomás dans la vie de Luisa ?

Il n’y a rien de mieux qu’un séjour à deux pour découvrir l’autre, surtout si c’est un presque inconnu, mais aussi, peut-être pour se découvrir soi-même. La découverte, des êtres humains, des lieux, des atmosphères, est par essence double, les hésitations de Luisa en sont le reflet, et Chloe Aridjis le montre puissamment en mêlant poésie, étrange, naïveté, celle de l’adolescente, et éventuelle rouerie, celle de Tomás, dont le côté fuyant ne reflète que le ressenti de Luisa.

Le ressenti de Luisa, c’est justement ce que nous avons sous les yeux, elle est troublante, cette fille paumée et volontaire, attirante et décourageante, qui expose avec pas mal de candeur ses hésitations. Pourquoi cette fugue ? Trouvera-t-elle la réponse ? La découvrirons-nous à son insu ?

« Au maximum c’était la moitié d’une histoire », conclut Luisa vers la fin du roman. Mais pour le lecteur, l’histoire est bien complète, riche, subtile. Chloe Aridjis, la fille d’Homero Aridjis, grand écrivain mexicain et d’une mère nord-américaine, qui écrit pour le moment en anglais, est en train de se faire un solide nom dans les Lettres, américaines ou mexicaines puisqu’elle domine les deux langues et les deux civilisations.

                                                                                                       Christian ROINAT

Fugue mexicaine de Chloe Aridjis, traduit de l’anglais par Antoine Bargel, éd. Mercure de France, 175 p., 21 €.

Le Venezuela dans son labyrinthe avec deux présidents de l’Assemblée nationale

La semaine du 6 janvier 2020 a été tumultueuse au Vénézuela avec l’élection de deux présidents de l’Assemblée nationale. Le chaos institutionnel prend une ampleur inégalée et semble sans limites. La situation n’est pas facile à lire et ne prête pas à rire. Pourtant, l’un des deux présidents de la République, Nicolás Maduro, parle de « show », de spectacle monté, de clownerie quand, dans le monde réel, le pays est ruiné, frappé de pénuries, fui par des millions de ses ressortissants et livré à une dérive dictatoriale.

Photo : La Stampa

Il y avait déjà deux présidents de la République : d’une part, Nicolás Maduro, héritier du défunt Hugo Chávez (1999-2013), depuis l’élection de 2018 qui lui a permis de se maintenir au pouvoir après un premier mandat et, d’autre part, Juan Guaidó, représentant de l’opposition qui considère « frauduleuse » la présidentielle de 2018. Le 23 janvier 2019, M. Guaidó, fort de son élection à la tête de l’Assemblée, s’autoproclamait président par intérim du pays en s’appuyant, selon lui, sur la Constitution. Près de soixante États, dont la France et l’Union Européenne, ont reconnu la légitimité de Juan Guaidó. Pourtant, un an plus tard, Maduro est toujours en place et Guaidó privé de perspectives. L’atout de Maduro est la force : il a le soutien de l’armée – clef de voûte du système politique vénézuélien – et de ses alliés chinois, russe et cubain.

Le Vénézuela comptait aussi deux assemblées nationales avec la création d’une assemblée constituante, formée des seuls chavistes. Dans la pratique, depuis 2017, la constituante effectue le travail législatif et l’œuvre constituante reste, pour le moment, introuvable. L’Assemblée nationale n’a plus aucun pouvoir. Présidée par Juan Guaidó, toutes ses décisions sont frappées de nullité par la Cour suprême assujettie au pouvoir. 

Dans ce panorama, même la force symbolique de Juan Guaidó resterait gênante. Le « show » évoqué par le président Maduro s’est déroulé le dimanche 6 janvier 2020 pour l’élection au perchoir de l’Assemblée nationale. La bataille s’est faite autour de deux personnages politiques : l’opposant Juan Guaidó, donc, et l’opposant de l’opposant : Luis Parra. C’était un élu d’opposition, qui s’est autoproclamé président de l’Assemblée le 6 janvier et qui a convoqué une séance dans l’hémicycle le mardi 8 janvier avec l’appui… des députés chavistes. Juan Guaidó et ses alliés ont dénoncé un « coup d’État parlementaire » et ont organisé une séance parallèle au siège du journal d’opposition El Nacional, car empêchés d’accès au Parlement par la police et l’armée. Cent députés (sur 167) lui ont apporté leur suffrage et Juan Guaidó a été réélu le 6 janvier. L’Assemblée compte désormais deux présidents. Le 8 janvier, deux sessions ont eu lieu dans cette enceinte sans pouvoir : l’une présidée par Parra et l’autre par Guaidó. Ce dernier a pu en effet forcer les barrages militaires et policiers autour du Parlement plongé dans l’obscurité suite à une coupure d’électricité.

Qui est Luis Parra ?

C’est un élu d’opposition en rupture de ban avec Juan Guaidó et qui a le soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro. Par contre, il n’a pas l’appui de son parti Primero Justicia.  Il en a été récemment exclu après qu’un site internet l’a accusé d’avoir reçu des pots-de-vin, comme nombre d’autres parlementaires de l’opposition. Il est maintenant un président d’une assemblée sans pouvoir, autoproclamé sans quorum ni vote formel. Évidemment, ses anciens collègues de Primero Justicia dénoncent des manœuvres obscures que Maduro s’est empressé de corroborer en reconnaissant immédiatement la légitimité de Parra, hors toute légalité. La corruption n’est pas la seule arme du pouvoir. Selon l’opposition, 27 députés d’opposition sont en exil et 29 autres mis en examen en dépit de leur immunité parlementaire.

Quoi de neuf ?

Ce qui semble être une farce a été dénoncé par la “communauté internationale” : elle ne reconnaît aucune légitimité à Parra et dénonce ses tentatives d’affaiblir l’opposition parlementaire avec l’aide du pouvoir. Les actes d’obstruction de la police et parfois la violence aux abords du Parlement n’ont pas été seulement exercés à l’endroit de Juan Guaidó et de ses soutiens : des diplomates européens et japonais, et des journalistes qui comptaient assister à la séance du mardi ont été également pris pour cible par des « colectivos » (milices au service de Maduro) et certains « durement frappés », a indiqué une source diplomatique sous couvert d’anonymat. Cela est inhabituel, non pas pour les journalistes, mais pour les diplomates.

Sans surprise, les alliés régionaux, Brésil et Colombie en particulier, ont renouvelé leur appui à Guaidó

Par contre, est nouvelle la position distanciée de l’Argentine et du Mexique et leur alignement sur les positions des alliés internationaux de Guaidó, ce que les États-Unis se sont empressés de souligner positivement. Le délégué américain pour le Venezuela, J. Abrams, a résumé la situation en ces termes : «  l’Argentine a dit que ce qui s’est passé est inacceptable et le Mexique que le fonctionnement démocratique est fondamental » . L’isolement régional du Venezuela s’accroît.

La popularité de Maduro semble faible (10 à 12%), son isolement international grandissant et les perspectives économiques restent malheureusement catastrophiques malgré un espoir de réduction de l’inflation de 1 000 000 % à 200 000 %. Au même moment, l’opposition est fragilisée par quelques dissidences conquises par les chavistes grâce, selon les partisans de Guaidó, à des pots-de-vin millionnaires en dollars. La solution politique à cette crise d’une extrême gravité semble très éloignée.

La corruption et l’insécurité étaient deux fléaux que le Venezuela connaissait au temps de la manne pétrolière et avant les victoires électorales éclatantes de Chávez.  Ils n’ont pas été résolus après plus de deux décennies de chavisme. Aujourd’hui, certains perçoivent même une aggravation de ces problématiques liées au marché de la drogue. S’y ajoute un troisième fléau : la pauvreté (87 %) et l’extrême pauvreté (61,2 %) analysées par une étude inter-universitaire (UCAB-UCV-USB, ENCOVI, 2017 et 2018). Dans l’obscurité où se trouve le Venezuela aujourd’hui, l’héritage mériterait d’être réévalué même si cet exercice est complexe.

Maurice NAHORY

Patricio Guzmán : « le Chili est paralysé par le néolibéralisme »

Patricio Guzmán a abandonné son pays à cause du coup d’État militaire et réside depuis lors en France. La Cordillère des songes, qui est sorti en mai dernier au Festival de Cannes, clôt une trilogie qui inclut aussi Nostalgie de la lumière (2010) et Le bouton de nacre (2015), le premier situé dans le désert d’Atacama au Nord et le second dans l’océan et la nature du Sud du Chili.

Photo : Culto La Tercera

Dans le documentaire La Cordillère des songes, le réalisateur chilien Patricio Guzmán réfléchit autour des blessures ouvertes dans son pays à la suite du coup d’État du général Augusto Pinochet en 1973 et sur ses conséquences : le néolibéralisme qui « paralyse » le pays et la Constitution de 1980. Le film a inauguré la section Horizons Latinos du festival de Cinéma de San Sebastián (au Nord de l’Espagne). À partir d’un regard poétique sur le paysage national, Guzmán évoque la « continuité » qui a maintenu jusqu’à aujourd’hui l’ordre imposé par les putschistes, car le néolibéralisme et la Constitution de 1980 « sont encore là », selon la presse.

« Le néolibéralisme est un système de domination qui provoque la paralysie, le Chili est paralysé, il n’y a pas de mouvements forts contre lui », a déclaré le réalisateur en rappelant que le Chili a été le premier champ d’expérimentation des économistes de l’école de Chicago, menée par Milton Friedman.

Dans le documentaire, c’est encore plus catégorique : « le triomphe de la dictature, c’est qu’ils ont vendu le pays », souligne la voix off du récit, qui alterne entre témoignages de plusieurs artistes chiliens, comme le sculpteur Vicente Garrido ou le réalisateur Pablo Salas, qui fournit une bonne partie des images d’archive de cette époque.

Le producteur voit cette immense chaîne montagneuse, qui occupe 80% du territoire chilien, comme symbole de « l’abandon de soi » d’un pays, puisqu’il s’agit d’un terrain presque inexploré et que les chiliens visitent à peine.

Le vulcanologue Álvaro Amigo, la chanteuse Javiera Parra ou l’écrivain Javier Baradit apportent d’autres témoignages inclus dans le documentaire et qui mettent l’accent surcette idée des Andes comme barrière qui protège et qui isole en même temps.

« Le Chili est le pays de l’isolement », dit Guzmán, qui jusqu’à il y a peu de temps n’avait jamais pénétré les Andes. « C’est une crête hostile, elle fait peur, et c’est la peur d’un pays qui vit effrayé, une peur qui se maintient aujourd’hui et où il y a eu une série de gouvernements qui n’ont pas résolu le problème de la mémoire ».

Lou BOUHAMIDI
D’après EFE

Traduction d’un article d’EFE publié dans El Mostrador le 21 septembre 2019.

Xénophobie contre les Vénézuéliens en Colombie : Des chaussures devant la parlement…

Les autorités officielles de Colombie promeuvent une campagne contre la xénophobie envers les Vénézuéliens avant que la violence ne s’impose. Leur refuser une allocation au logement, leur lancer des cocktails Molotov et les menacer de mort sont certaines des pratiques qui témoignent d’une xénophobie palpable.

Photo : ACNUR

L’immigration et le grand nombre de Vénézuéliens en Colombie ont entraîné une série d’actions xénophobes qui alertent les autorités colombiennes. Ces actions incluent des agressions verbales aux vendeurs ambulants, le refus d’une location d’une embauche. Il est allégué, entre autres, que les médias sont les principaux véhicules de la peur et de l’incertitude car ils lient criminalité et arrivée des Vénézuéliens. Le directeur général de l’Immigration de Colombie, Christian Krüger, montre son inquiétude en s’exclamant que les Vénézuéliens arrivent en Colombie par la force à cause de la situation économique, sociale et politique du Venezuela ; beaucoup d’entre eux ont été même poursuivis par le gouvernement du président Nicolás Maduro

 Par ailleurs, d’après une étude menée par le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCNUR), les Colombiens ont exprimé beaucoup de messages de haine, de rejet et de peur vers les étrangers sur les réseaux sociaux. L’étude, ainsi, a trouvé des conversations qui généralisent et rendent invisible la situation que le Venezuela endure. Qui plus est, la recherche a montré qu’un grand nombre des Colombiens associent l’arrivée des étrangers avec le chômage, la criminalité, la prostitution et la vente de drogues. « Je suis titulaire d’un permis de séjour spécial et mes papiers sont tamponnés et certifiés. J’ai cherché du travail mais j’ai été humiliée et dénigrée. Je suis venue offrir un meilleur avenir à mes deux enfants, j’ai dû abandonner ma famille en sachant que mon père est malade et que je ne le reverrai peut-être plus jamais et devoir faire face à la xénophobie… Parfois, quand on me demande si je suis vénézuélienne, j’ai envie de dire non, même si mon âme me fait mal » dit une immigrante. 

Ainsi, pour y faire face, différentes chaussures ont été mises devant le bâtiment du Congrès colombien afin de sensibiliser les observateurs et repousser la xénophobie. Ces paires de chaussures représentent les kilomètres que les Vénézuéliens ont dû parcourir pour arriver en Colombie, ainsi qu’une histoire cachée derrière pour réaliser leurs rêves dans ce pays. « L’idée c’est de se mettre à la place de l’autre » dit Daly, un Vénézuélien déjà installé en Colombie depuis six ans. Certaines des chaussures appartiennent aux Vénézuéliens qui ont quitté leur pays à pied, d’autres en meilleur état appartiennent à ceux qui y étaient déjà établis et les ont données aux personnes qui viennent d’arriver. Bien que l’ONU affirme que la Colombie a bien accueilli les Vénézuéliens, il reste encore à sensibiliser contre la discrimination.

Andrea RICO

Le dictateur humilié : les vers du poète David Valjalo dédiés à Augusto Pinochet

Nous traduisons ici un article écrit par l’écrivain chilien Walter Garib, paru la semaine dernière dans El Clarín digital du 9 septembre, à propos d’un libelle grinçant du poète chilien David Valjalo à Augusto Pinochet. Walter Garib avait été invité aux Belles Latinas en 2012 ; il est auteur de romans et journaliste par correspondance.

Photo : Espaces Latinos

En 1974, David Valjalo écrivit un libelle sanglant adressé à Augusto Pinochet. À cette époque, le poète chilien résidait aux États-Unis depuis 1960 et les meutes de la dictature se lancèrent à sa recherche, supposant qu’il vivait au Chili. Pas un recoin du pays ne fut fouillé jusqu’aux sous-sols. L’affrontement du poète au satrape représentait le préjudice le plus grave contre l’image de celui qui tyrannisait le pays, en vertu de l’oligarchie, assassinant opposants et imposant une dictature dont la férocité était assumée. Il y avait des polémiques, mais souvent les mots ont un pouvoir plus mortifère que les armes. En temps voulu, Pinochet a lu la satire acerbe de Valjalo. L’un de ses conseillers civils qui l’accompagnait a signalé des années plus tard que le dictateur grommelait, tapait du poing sur son bureau et menaçait de descendre David Valjalo. Comme le tyran détestait la poésie, l’offense blessa sa vanité. Ici j’inclus l’exemplaire original, posé au-dessus de mon bureau, par les généreuses mains de la poétesse Gloria González Malgarejo. 

Au traître Pinochet

Quand tu voudras dire « petit connard », 
Et que tu voudras ajouter « gros connard », 
Et « assassin » et « pédé », 
Ou changer encore une fois, je préfère « félon ». 
Si tu y penses, au chacal, « grosse merde » ; 
Aux putains et bienheureux, « le coureur de jupons » ;
Hyène famélique au grand crêpe ; 
Cerveau de porc. 
Quand tu voudras dire « fils de pute »
Je recommande le corollaire suivant. 
Deux mots résument tout, 
Dis « Augusto Pinochet » et de cette façon, 
Tu as dit plus que tout un dictionnaire. 

Lautaro del Valle. 

Par précaution, David avait signé la raillerie sous pseudonyme ; cependant, au bout d’un certain temps, on connut son identité. Quelqu’un l’avait envoyé des États-Unis au Chili, laquelle fut reproduite à l’infini de manière clandestine, à savoir en pamphlets, revues, tracts, créant légitimement la paranoïa dans les appareils de répression de la dictature. Et même, des auteurs-compositeurs la mirent en musique. De plus en plus, on voyait des inconnus au siège de la Société des Écrivains, située à un pâté de maison de la place d’Italie de Santiago, qui affirmaient être écrivains néophytes, pendant qu’ils demandaient à voir David Valjalo, car ils désiraient connaître un poète international. 

À cette occasion, la romancière Teresa Hamel déclara : « Jamais nous n’avions vu tant d’écrivains analphabètes pulluler à notre siège ». La dictature n’avait pas voulu fermer la maison de la Société des Écrivains. Ainsi, elle démontrait au monde entier qu’au Chili, la liberté d’expression existait et qu’elle ne poursuivait pas les idées ni la créativité, bien qu’elle la contrôlât jour et nuit. Les taupes, étrangères à la corporation, assistaient toujours aux réunions du mardi. Et dans quel pays existe-t-il la liberté d’expression, suivant cette analyse ? Là où il n’y en a pas, on frappe ceux qui la réclament. Là où elle existe, personne n’y fait attention. 

David Valjalo, les gens croyaient l’avoir vu à plusieurs endroits dans le pays, que ce soit déguisé en prêtre, chanteur ambulant ou vendeur de breloques. On en vint à penser qu’il se cachait en Auracanie, où une maîtresse mapuche l’aurait caché dans des endroits secrets, proches du lac Budi. Même les éventuelles guérillas qui disaient opérer dans le secteur contre la dictature ne disposaient pas d’une telle clandestinité. 

David Valjalo, installé à cette époque dans la ville de Los Angeles, aux États-Unis, de 1960 à 1990, publiait la revue « Littérature chilienne en exil » et jouissait de l’amitié des écrivains de ce pays. La dictature civilo-militaro-patronale n’avait pas éclaté dans notre pays, qu’il avait commencé à organiser des comités de soutien, dont le travail jouissait d’une résonnance internationale. 

Cette histoire est encore d’actualité, à voir comment la poésie, dans notre pays, a démontré sa vitalité croissante au fil dans ans, développant ces formes pour exprimer et chanter la beauté, la joie, la douleur et les émotions, sans lesquelles il n’est pas possible de vivre. En 1988, David Valjalo serait venu au Chili, en tant que correspondant d’un quotidien anglais, où il eut l’opportunité de s’entretenir avec Pinochet en raison du plébiscite. Au comble de son audace, il l’aurait questionné sur le célèbre libelle qui l’humiliait, et le dictateur lui aurait répondu que les présidents se voient toujours exposés à ce genre de situations ; qu’il n’en voulait pas à David Valjalo, qu’il aimerait rencontrer, pour montrer qu’il ne lui était pas antipathique et qu’il n’était pas tel qu’on le jugeait. Quand on interrogeait Valjalo sur cette histoire, il souriait et se contentait de répondre : « La fiction possède un charmesupérieur à la réalité et sans elle, la littérature serait comme les prévisions météo »

Il est de notre devoir d’assumer les mots du poète mort à Santiago en 2005, pendant que son œuvre, parmi laquelle figurent aussi narration et essai, continue à vivre, grandit et est étudiée dans divers pays, tandis que le satrape, objet de la raillerie lapidaire, sombre dans le fumier du mépris. 

Traduit par Lou BOUHAMIDI
d’après Walter GARIB pour El Clarín Digital (Chili)

David Valjalo (Iquique, 1924 – Santiago, 2005) était poète, essayiste, romancier et anthologiste. Il a vécu à l’étranger trente ans, de 1960 à 1990, et a été éditeur de la revue Littérature chilienne en exil, ensuite appelée Littérature chilienne, création et critique, publication qui atteint les 14 ans d’édition sans interruption à Los Angeles (Californie) et à Madrid (Espagne). Sa poésie a été traduite en anglais, français, allemand, roumain et portugais. Il a également été nommé Directeur du Teatro de Cámara de Californie où il présenta du théâtre classique et les Expositions de Poésie en Scène, spectacles qui méritèrent les éloges du New York Times. Il a aussi été Directeur de la Société des Écrivains du Chili et Vice-président de l’Ateneo de Santiago.

En décembre prochain vingt mille participants sont attendus à la COP 25 au Chili

Du 2 au 13 décembre, le Chili tiendra la vingt-cinquième Conférence mondiale sur le climat à Santiago de Chili. D’après le sous-secrétaire de l’Intérieur Rodrigo Ubilla, l’événement attend une fréquentation de plus de vingt mille participants internationaux et d’environ cent mille participants chiliens aux activités du forum sur l’environnement.

Photo : Climate Chance

Différents fonctionnaires de l’État seront mobilisés tout au long de la conférence afin d’assurer la sécurité. Le ministère de la Santé, les carabiniers, la police judiciaire et les douaniers y seront notamment présents. « Sept commissions surveilleront la conférence pendant les vingt jours de son déroulement avec des standards de sécurité » affirme Ubilla. Celui-ci a également déclaré que le Chili est un pays qui subit régulièrement des catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. Les délégations internationales seront donc informées des risques liés à ces phénomènes. « Le Chili est prêt » a-t-il affirmé. Les services publics de santé seront également prévus en cas d’épidémies spéciales.

Par ailleurs, le Chili promet d’avancer dans la protection des océans et de l’Antarctique en tant que pays hôte de la conférence, ainsi que dans l’électro mobilité, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et la préservation des forêts, des écosystèmes et de la biodiversité. D’ailleurs, le président chilien, Sebastián Piñera, a déclaré en juin qu’il mènera un plan de fermeture de huit centrales à charbon pour 2024 et leur retrait total pour 2040 afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il souhaite encourager la production d’énergies renouvelables.

De plus, pour encourager les alternatives écologiques et durables, trente-six jeunes européens se rendront à la Conférence à Santiago de Chili en passant par la mer. Leur voyage durera sept semaines. Cette initiative sera subventionnée par le Ministère néerlandais des transports, des travaux publics et de la gestion des eaux ainsi que par la compagnie ferroviaire ProRail. Ils partiront de Scheveningen aux Pays-Bas le 2 octobre et arriveront à Rio de Janeiro à bord d’un voilier. Ils finiront le trajet en bus jusqu’à Santiago. 

Le Chili tend à être le pays à neutralité carbone d’ici 2050 et, de la même manière, à utiliser l’énergie électrique dans la totalité du transport public d’ici 2040 au lieu de 2050. 

Andrea RICO

L’Amérique latine, l’invitée du dernier numéro de la revue Le Débat

Fondé en mai 1980 par l’historien Pierre Nora,Le Débat est une revue d’analyse et de discussion, éditée par Gallimard, ouverte à toutes les réflexions qui permettent de mieux comprendre les évolutions du monde contemporain. Sa dernière livraison datée de janvier-février propose quatre articles sur l’Amérique latine, «de l’ancien au nouveau populisme».

Photo : Le Débat/The New York Times

L’Amérique latine a eu son moment de grâce, quand, une fois la page des dictatures militaires et des régimes autoritaires tournée, l’insertion dans la mondialisation paraissait la destiner à un développement économique rapide, en plus de la consolidation démocratique. Or, la voici rattrapée par ses vieux démons sous de nouveaux visages.

D’importantes échéances électorales ont achevé de mettre ce tournant en lumière. Alain Rouquié analyse dans cette perspective la signification des élections présidentielles récentes au Mexique et au Brésil. En se concentrant sur l’Amérique du Sud au sens strict, Christian Girault dresse le tableau de ces incertitudes et difficultés résurgentes.

La Bolivie d’Evo Morales défraie peu la chronique. Elle illustre pourtant au mieux, comme le montre Philippe Boulanger, la façon dont un sursaut populaire salué pour sa promesse démocratique peut se dévoyer en populisme destructeur. Quant au Venezuela de Nicolás Maduro, nul n’ignore plus son évolution catastrophique. La question, se demande Élisabeth Burgos, est de savoir jusqu’à quel point il est une exception.

Les intervenants

Alain Rouquié : Universitaire et diplomate, Ambassadeur de France au Brésil de 2000 à 2003, aujourd’hui président de la Maison de l’Amérique latine. Auteur de nombreuses études sur l’Amérique latine contemporaine, notamment de Le Brésil au XXIe siècle : naissance d’un nouveau grand (Fayard, 2006).

Christian Girault : Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris (1967),
professeur agrégé de géographie (1969). Promu Directeur de recherche au CNRS 1990. Nommé «Directeur émérite» au CREDA en 2009. Professeur des Universités en géographie.

Philippe Boulanger : spécialiste des questions de géographie historique, géopolitique, géographie militaire et géostratégie. Il est professeur à l’Institut français de géopolitique (Université Paris VIII). Il est intervenant extérieur au département de géographie de l’ENS depuis 2011.

Elizabeth Burgos : historienne, anthropologue et écrivain vénézuélienne, spécialiste de l’ethnopsychanalyse.

D’après Le Débat

Les Nations unies fixent la date de la COP25 au Chili à décembre prochain

La COP25 aura lieu au Chili du 2 au 13 décembre 2019, et ce malgré l’objectif du gouvernement –tel qu’il l’avait publiquement annoncé– qui était de donner rendez-vous en janvier 2020, dans le but de gagner du temps dans la préparation relativement au choix tardif du siège du sommet au Chili, de même que pour éviter des enchevêtrements logistiques dus à l’organisation de l’APEC mi-novembre.

Photo : Ministerio de Medio Ambiente de Chile

Quand, le 14 décembre dernier, dans la salle plénière du Sommet pour le Climat (COP24) qui s’est déroulé à Katowice, en Pologne, la ministre de l’Environnement, Carolina Schmidt (photo de une), a annoncé la disposition de Santiago du Chili à recevoir le prochain sommet mondial pour l’action climatique –proposition qui a rapidement été acceptée par l’Assemblée–, le gouvernement avait fixé à janvier 2020 la date à laquelle le Chili recevra cette rencontre mondiale.

L’objectif était autant de gagner du temps pour faciliter l’organisation de la COP25 –possibilité qui n’a surgi qu’après la décision du Brésil de renoncer à en être le siège en novembre de l’an passé–, que d’éviter de possibles complications logistiques pour la mise en place du forum de Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) au Chili, événement qui aura lieu les 16 et 17 novembre prochains non seulement à Santiago, mais aussi à Antofagasta, La Serena, Valparaíso, Concepción et Puerto Varas.

Cependant, la table des négociations de la Conférence des Parties (COP) de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique a aujourd’hui décidé que la COP25 de Santiago du Chili se tiendra entre le 2 et le 13 décembre 2019, tandis que la période préalable à la période des sessions se tiendra entre le 26 novembre et le 1er décembre 2019 dans un lieu qui sera annoncé bientôt.

L’organisation de la COP25 demandera un effort logistique de grande ampleur. On espère entre 10 et 15000 participants enregistrés, et plus de 40000 qui graviteront autour de l’événement. La sécurité sera également un sujet central, du fait du nombre important de visites de haut niveau, tant présidentielles que ministérielles, à quoi s’ajoute la nécessité de mettre à disposition des moyens de transport efficaces et de concevoir l’espace pour la conférence de façon rationnelle et à échelle humaine.

D’après País Circular
Traduit par Lou BOUHAMIDI

SITE Chile

Page 1 sur 212

Articles par mois

Articles par catégorie