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Ravagnani, Vallejo

Colombie et lutte contre le narcotrafic : quand le glyphosate tombe du ciel

Pendant plusieurs années, la Colombie a eu recours à une méthode pour le moins controversée pour lutter contre le narcotrafic : l’épandage de glyphosate à haute concentration largué par avion sur les plantations de coca. Catastrophique pour l’environnement et pour les paysans, cette pratique avait été interdite en 2015 mais pourrait bien reprendre. C’est en tout cas le souhait du président colombien.

Photo : El Economista

Alors qu’en France et plus largement en Europe, le glyphosate enflamme les débats pour savoir quand interdire cet herbicide et comment le remplacer, il est pendant ce temps allègrement utilisé en Colombie par l’armée et la police militaire. Premier producteur de cocaïne au monde, la Colombie a depuis longtemps usé de la méthode forte pour détruire les plantations de coca, matière première de la cocaïne. Jusqu’en 2015, les États-Unis –premier pays consommateur de cocaïne dans le monde– ont même mis à disposition des autorités colombiennes des avions militaires pour pulvériser des tonnes de glyphosate sur les plantations de coca sans se soucier ni de l’environnement ni des paysans vivant aux alentours.

Cette pratique avait été suspendue par la Cour constitutionnelle colombienne après que l’Organisation mondiale de la santé a classé le glyphosate comme cancérigène probable en 2015. Depuis, la destruction des plantations de coca se faisait par l’arrachage ou la fumigation manuelle. Mais l’expansion des plantations depuis 3 ans et les pressions exercées par les États-Unis de Donald Trump ont conduit le président colombien Iván Duque à demander le jeudi 7 mars 2019 à la Cour constitutionnelle de modifier sa décision de 2015 sur la suspension des pulvérisations aériennes de glyphosate.

Pourtant, cette stratégie brutale s’est avérée inefficace puisqu’elle n’a jamais permis de venir à bout du narcotrafic et elle a fait payer un lourd tribut aux populations locales. Entre 2005 et 2014, 1 200 000 hectares auraient été traités avec du glyphosate, alors que la superficie des champs de coca n’a diminué que de 14 000 hectares. Avec des dosages de glyphosate concentrés jusqu’à 44% dilués dans l’eau avec d’autres substances chimiques (loin de la limite des 3% préconisée par le fabriquant), les fumigations aériennes sont vivement dénoncées par les populations colombiennes qui habitent à proximité des plantations, par des groupes de chercheurs et des associations de défense des droits de l’homme.

Dans le film documentaire Colombie, poison contre poison datant de 2016, le journaliste Marc Bouchage a notamment recueilli les témoignages des victimes en Colombie et à la frontière avec l’Équateur. Il y montre les ravages des fumigations : enfants malades ou morts nés, destruction des plantations vivrières de cacao et de papaye, mort du bétail, peaux brûlées et explosion des cancers… La reprise des épandages ferait ainsi payer à nouveau le prix fort aux paysans pauvres, premières victimes de la lutte contre le narcotrafic.

Mise à part la suspension des épandages, d’autres facteurs expliquent d’ailleurs la hausse des plantations de coca : la dévaluation du peso colombien face au dollar ; la chute des cours de l’or qui a amené les habitants des campagnes à préférer la culture de la coca aux mines clandestines ; et l’espoir suscité par le programme de substitution des narco-plantations prévu par l’accord de paix de 2016 avec l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Ce programme aurait ainsi entraîné comme effet pervers une hausse des déclarations des terres concernées dans l’espoir de bénéficier de ce dispositif…

Gabriel VALLEJO

Le film Colombie, poison contre poison, de Marc Bouchage et Maud Rieu, 52 minutes, 2016 est en accès libre ici. Autoproduit, le documentaire a été sélectionné dans une quinzaine de festivals de cinéma d’Amérique latine et d’Europe. Il a reçu le prix du meilleur moyen métrage étranger au Festival international du film des droits humains de Sucre, en Bolivie (2017) et le prix du Public au festival Documental : l’Amérique latine par l’image (2017), à Lyon, en France.

Rupture d’un barrage au Brésil : nouvelle catastrophe humaine et environnementale

Le 25 janvier, près de la petite ville brésilienne de Brumadinho (39 000 habitants), un barrage retenant des rejets miniers cède. Une terrible vague de boue déferle à 70 km/h et dévaste tout sur son passage. Cette catastrophe n’est malheureusement pas la première de ce genre au Brésil…

Photo : Voz de América

Deux semaines après la rupture d’un barrage minier près de Brumadinho dans le sud-est du Brésil, le bilan humain est particulièrement lourd : près de 350 morts et disparus. Les 165 victimes identifiées à ce jour sont essentiellement des habitants de la région, des touristes et surtout de nombreux employés de la mine Córrego do Feijão, qui étaient en train de déjeuner à la cantine d’entreprise quand le barrage a brutalement cédé. La recherche des 174 disparus mobilise près de 400 pompiers et militaires qui creusent l’épaisse couche de boue toxique chargée de métaux lourds. D’après les secours, les recherches des corps devraient se poursuivre au moins jusqu’au 14 février.

Si des moyens aussi importants sont déployés pour trouver les corps, c’est que la quantité de boue à déblayer est considérable. On l’estime à 13 millions de mètres cubes de rejets miniers répandus dans la zone. Outre le bilan humain, l’impact environnemental est désastreux. Même si les premiers éléments de l’enquête ne permettent pas d’évaluer avec précision la quantité de métaux lourds déversés, la pollution des cours d’eau est déjà visible. Sur les rives du Rio Paraopeba, où vivait l’ethnie Pataxo, on peut déjà trouver les cadavres des poissons en état de décomposition. La communauté Pataxo est une victime collatérale de l’accident, touchée de plein fouet par ce désastre puisqu’elle puisait ses ressources directement dans la rivière, à la fois pourvoyeuse de poissons et espace spirituel. À l’impossibilité de boire l’eau et de manger les poissons s’ajoutent les risques d’épidémie (dengue, fièvre jaune) et les troubles psychiques pour les habitants de cette région qui ont perdu en quelques minutes leurs proches et leur habitation.

Cette tragédie en rappelle malheureusement une autre, très récente : la catastrophe de Mariana, située à seulement 90 km de Brumadinho, où un autre barrage minier avait déjà cédé en 2015. Elle avait été depuis qualifiée de pire catastrophe environnementale dans l’histoire du Brésil, avec 19 morts et 60 millions de mètres cubes de boue qui avaient contaminé 600 kilomètres du fleuve Rio Doce.

Le point commun entre ces deux catastrophes ? Le groupe Vale, entreprise minière multinationale leader dans la production et l’exportation du minerai de fer, qui exploite les deux sites à Mariana et Brumadinho. Trois ans après, aucun des 21 responsables de l’entreprise mis en cause par la justice n’a encore été jugé, la procédure étant bloquée. Les indemnisations sont au point mort, Vale ayant attaqué en appel toutes les décisions de justice. Aucune amende notifiée par l’Ibama, la police de l’environnement au Brésil, n’a encore été acquittée.

Face à l’ampleur de ces tragédies à répétition, l’entreprise devra rendre des comptes. La justice brésilienne a réclamé le gel de 11 milliards de reais (2,6 milliards d’euros) en prévision des dédommagements aux victimes. «Nos barrages seront à l’avenir sûrs, et dix retenues considérées comme dangereuses seront fermées ou démantelées», a tenté de rassurer Fabio Schvartsman, le PDG du groupe. Quelle crédibilité donner à ces discours à la suite de deux catastrophes majeures en trois ans ?

L’enquête qui commence devra déterminer si la société fera l’objet de poursuites pour homicide volontaire. Pour l’instant, les premiers éléments semblent indiquer que le groupe avait parfaitement conscience du danger imminent que représentait le barrage. L’Agence nationale d’extraction minière, l’organe fédéral en charge de contrôler les 790 barrages miniers du pays, pourrait également être mise en cause.

Ces tragédies devront en tout cas servir d’avertissement au nouveau président Jair Bolsonaro, adepte des discours climato-sceptiques et qui souhaite lutter contre «l’activisme radical» et «l’idéologie» des institutions environnementales en démantelant la gouvernance environnementale. Autrement dit, il souhaiterait déréguler allègrement les contraintes qui pèsent sur les entreprises pour leur permettre d’obtenir plus facilement des permis d’exploitation pour les mines, barrages et autres infrastructures sans se soucier des risques d’accidents et des conséquences sur l’homme et l’environnement. Le secrétaire aux Affaires stratégiques du gouvernement brésilien, le général Maynard Santa Rosa, avait ainsi déclaré quatre jours avant la rupture du barrage que l’Amazonie était un «territoire improductif et désertique qui gagnerait grandement à être intégré au système économique national», témoignant du peu d’intérêt qu’a ce gouvernement pour le respect de l’environnement.

Gabriel VALLEJO

Saudade, le premier roman d’Ursula Sila-Gasser sur fond d’amertume

Ursula Sila-Gasser est née un mois après mai 68. La question «d`où viens-tu ?» la désarçonne à chaque fois, car la réponse lui semble un peu compliquée. Ursula Sila-Gasser a grandi au Brésil et est désormais thérapeute à Genève. Elle a publié cet été son premier roman intitulé Saudade, qui parle d’exil géographique entre le Brésil et la Suisse, et d’exil intérieur, aux éditions Carnets Nord.

Photo : Carnets Nord

À travers une série de lettres rancunières et sans réponse adressées à un frère perdu de vue depuis longtemps, Mathilde retrace l’histoire de sa famille sur trois générations. Peu à peu, le procédé épistolaire s’efface et fait place aux souvenirs. En cherchant à se rappeler des faits et des anecdotes personnelles, la narratrice tente de comprendre le sentiment d’éloignement qu’elle ressent depuis son enfance.

L’histoire familiale est un va-et-vient incessant entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Les grands-parents maternels allemands fuient l’inflation des années 1920 et s’installent au Brésil pour une vie meilleure. Les grands-parents paternels sont suisses, d’une famille de riches industriels. Les parents de Mathilde se rencontrent à Munich, avant de donner naissance à leur fille à Santiago au Chili. À la suite du coup d’État de Pinochet, ils s’exilent à São Paulo où ils restent une dizaine d’année pour mieux repartir vers la Suisse.

Ces déracinements successifs secouent quelque peu la narratrice qui évoque avec nostalgie les lieux de son enfance. Ou plutôt avec «saudade», ce mot typiquement portugais que l’on retrouve dans de nombreuses productions artistiques des cultures lusophones et qui exprime la présence ou le désir intense d’un manque, mélangeant tristesse et jouissance douce-amère.

Le roman dévoile subtilement les liens entre les membres de cette famille éclatée de part et d’autre de l’Océan Atlantique et la difficile construction d’une petite fille introvertie. Si le père est principalement imprévisible et terrorisant, le personnage de la mère s’avère aussi tendre que culpabilisante vis-à-vis de sa fille. Les pressions sociales et psychologiques, les regrets de l’enfance et les désillusions de l’âge adulte semblent ainsi écraser la narratrice qui cherche à trouver un sens à son existence. L’écriture et la parole seront un remède salvateur.

Gabriel VALLEJO

Saudade d’Ursula Sila-Gasser, Carnets Nord, 208 p., 15 €.

Après un doctorat en biochimie, Ursula Sila-Gasser a travaillé dans la recherche, espérant y étancher sa soif de sens et d’émerveillement. Mais sans doute à cause de son âme ébréchée, elle brise une éprouvette après l’autre. Elle préfère alors arrêter le massacre, réparer ses fêlures, suivre des formations en thérapie et utiliser son expérience et ses apprentissages pour aider d’autres personnes. Aujourd’hui, elle est heureuse de recevoir ses patients dans son cabinet en vieille ville de Genève. Dès qu’elle a un moment, elle plonge sa plume dans son vécu, ses rencontres, ses apprentissages. Elle en tire des fils, dont elle tisse de nouvelles histoires, qui, espère-t-elle, sauront panser d’autres âmes ébréchées.

3ᵉ édition du festival culturel chilien Activa tu presente con memoria

Le festival culturel chilien Activa tu presente con memoria, dédié à l’expression artistique collaborative liée aux problématiques mémorielles, a lancé sa troisième édition du 9 au 18 janvier 2019 au sein de l’espace culturel Federico Ramírez de la ville de Concepción (région du Biobío).

Photo : Loreto Heredia/Activa tu presente con memoria

Le festival aborde la problématique de la construction du récit mémoriel liée aux nombreuses disparitions causées par la dernière dictature chilienne conduite par Pinochet dans les années 1973 et 1990. Quel est le rôle et comment se construit la mémoire collective aujourd’hui ? Les initiatives artistiques mises à l’honneur à l’occasion de ce festival révèlent la mémoire comme un espace de partage et de création d’un récit national et communautaire. Le festival Activa tu presente con memoria a réuni des intervenants de tous horizons, chercheurs et artistes invités à débattre sur ce thème et à contribuer à la construction de ce récit.

Contrairement aux versions précédentes, qui envisageaient des expériences métropolitaines, cette année, le festival s’est concentré exclusivement sur la région du Biobío, rassemblant l’échange d’initiatives locales gérées principalement par des femmes. Mêlant expérience mémorielle et dimension locale, le festival a réuni la danse, le théâtre, la photographie, les arts visuels, le patrimoine urbain, la psychologie, les musées et les arts sonores parmi d’autres disciplines.

Outre le focus régional, le festival met l’accent sur l’importance de la collecte, la conservation, et la circulation des mémoires personnelles au gré des initiatives artistiques et culturelles. Il redéfinit la mémoire collective comme un processus inachevé qui nécessite la contribution de chaque récit personnel pour l’enrichir.

Cette mémoire collective est récoltée de diverses manières et sur une multitude de supports : pièces sonores, archives audiovisuelles, improvisation théâtrale, mais aussi expérience éditoriale. Prenons en exemple le projet Cuadernos de memorias, les carnets de mémoire, tenus par des femmes membres de l’Association des parents de détenus disparus de Concepción. «Sept histoires de vie, sept femmes, âgées de 57 à 83 ans, des mères, des filles et des amies, toutes à la recherche de leur mari ou de leur frère», explique Alejandra Villarroel, directrice et promotrice de l’initiative. Cette expérience redonne une visibilité à la mémoire à travers son écriture.

En valorisant la production de récits mémoriels et en travaillant sur les archives locales, le festival Activa tu presente con memoria a un double objectif de prise de conscience et de construction collaborative de la mémoire collective de la région du Biobío.

Astrid MORIN

Retrouvez toute la programmation du festival

Jair Bolsonaro investi chef d’État du Brésil : «retour à l’ordre» et ruptures en perspective

Vainqueur de l’élection présidentielle fin octobre dernier, Jair Bolsonaro a officiellement pris ses fonctions à la suite d’une cérémonie le 1er janvier à Brasilia. Dans son discours d’investiture, il a réaffirmé les grandes lignes de son programme pour «rétablir l’ordre».

Photo : Hiveminer

Le virage ultra-conservateur du Brésil est amorcé depuis que Jair Bolsonaro a officiellement pris ses fonctions en tant que chef d’État le 1er janvier 2019. Une page se tourne dans l’histoire du Brésil après la période de treize ans durant laquelle le Parti des travailleurs de Lula (2003-2010), puis de Dilma Roussef (2011-2016), était au pouvoir. Depuis, le Brésil s’est enfoncé dans les crises économiques et politiques. Les scandales de corruption qui touchent l’ensemble de la classe politique, la violence qui a explosé (plus de 63 000 homicides en 2017) et les difficultés économiques ont conduit les Brésiliens à choisir «o Mito»le Mythe»), surnom de Jair Bolsonaro, qui promet une rupture totale afin de régler tous les maux du pays.

Le nouveau chef d’État du Brésil a en effet rappelé lors de son discours d’investiture les grandes lignes de son programme : «libérer définitivement» le Brésil «du joug de la corruption, de la criminalité, de l’irresponsabilité économique et du carcan idéologique».

Bolsonaro a ainsi prononcé un discours sécuritaire fort pour lutter contre la criminalité en promettant plus de pouvoir pour la police. Il a également réitéré son intention de libéraliser le port d’armes pour les «cidadão de bem» («citoyens de bien»), notion floue de la citoyenneté qu’il avait largement exploitée durant la campagne électorale.

Dans son souhait de «rétablir l’ordre», il promet également de défendre «les religions et les traditions judéo-chrétiennes» qui seraient selon lui mises à mal, tout en «luttant contre l’idéologie de genre» et le «marxisme» qu’il croit détecter dans les manuels scolaires et qui pourrait mener le pays, selon lui, à une situation comparable à Cuba ou au Venezuela. En revendiquant la lutte contre «l’idéologie de gauche et le politiquement correct» et un patriotisme aux racines judéo-chrétiennes, son discours se rapproche des thématiques que l’on retrouve de façon récurrente dans les mouvements d’extrême droite dits «nationalistes – populistes» en Europe ou aux États-Unis.

En parallèle de ce retour à l’ordre sécuritaire et moral, le nouveau président préconise un vaste plan de privatisations afin de réduire la dette du Brésil. Il a confié pour cela le ministère de l’Économie à l’ultra-libéral Paulo Guedes qui a déjà annoncé la privatisation de 150 entreprises pour renflouer les caisses de l’État. L’annonce d’une réforme des retraites, d’une réforme fiscale et de privatisations généralisées suscitent en tout cas l’enthousiasme des milieux d’affaires : la bourse de São Paulo s’est envolée la semaine dernière pour atteindre son plus haut niveau historique.

Si Bolsonaro bénéficie pour l’instant d’une forte cote de popularité, ces réformes potentiellement impopulaires comme la réforme des retraites pourraient lui mettre du plomb dans l’aile. Son parti ne disposant que d’un dixième des sièges du Congrès, il devra parvenir à nouer des alliances avec d’autres groupes politiques pour faire passer ces mesures.

La politique extérieure du Brésil devrait elle aussi s’inscrire en rupture totale avec la ligne diplomatique historique des gouvernements précédents, prônant le multilatéralisme. Admirant ostensiblement Donald Trump, Bolsonaro souhaite par exemple transférer l’ambassade du Brésil de Tel Aviv à Jérusalem, ce qui ravit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui était l’un des rares dirigeants étrangers invités à la cérémonie d’investiture avec le Premier ministre hongrois ultra-conservateur Viktor Orbán.

Le déploiement mondial de cette «Internationale nationale-populiste» laisse planer dans le cas particulier du Brésil la menace d’un recul démocratique important. 35 ans après la fin de la dictature militaire brésilienne, période d’ailleurs louée par Bolsonaro, les inquiétudes portent notamment sur le sort des opposants et des minorités.

La réduction des territoires indigènes au profit de l’industrie agroalimentaire risque de s’accélérer alors que 110 indigènes auraient été assassinés en 2017. D’autres mesures ont d’ores et déjà été annoncées par le nouveau gouvernement : un «nettoyage» des contractuels employés dans l’administration publique pour débarrasser le Brésil «des idéologies socialiste et communiste» et une ordonnance qui stipule que le gouvernement pourra «superviser, coordonner, surveiller» les ONG.

«Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous» a conclu Bolsonaro à la fin de son discours. Espérons que les Brésiliens et leurs institutions soient au-dessus de tout cela !

Gabriel VALLEJO

Le Brésilien Milton Hatoum parmi les trois lauréats du prix Roger Caillois 2018

La Société des lecteurs et amis de Roger Caillois, en collaboration avec le PEN Club français et la Maison de l’Amérique latine ont récompensé, mercredi 12 novembre, les trois lauréats du prix Roger-Caillois 2018 : Philippe Lançon, Jean-Christophe Bailly et Milton Hatoum ont été récompensés respectivement dans les catégories littérature française, essai et littérature latino-américaine.

Photo : Portal Vermelho-Milton

Né en 1963, Philippe Lançon est journaliste au quotidien Libération, chroniqueur et critique littéraire, avec une passion particulière pour la littérature latino-américaine sur laquelle il a beaucoup écrit. Rescapé des attentats de Charlie Hebdo, grièvement blessé à la mâchoire, il raconte dans son dernier livre Le Lambeau (Gallimard, 2018) sa longue reconstruction, spirituelle et physique, dans un huis clos hospitalier. Il a reçu le prix Femina 2018 et un prix spécial Renaudot 2018.

Né en 1952 à Manaus dans une famille libanaise, Milton Hatoum a enseigné la littérature à Berkeley, en Californie, puis à l’université fédérale de l’Amazonas, et traduit vers le portugais Flaubert, Marcel Schwob et Edward W. Said. Il est l’auteur de quatre romans (dont les trois premiers ont été récompensés au Brésil par le prix Jabuti) : Récit d’un certain Orient (Seuil, 1993), Deux frères (Seuil, 2003), et chez Actes Sud Cendres d’Amazonie (2008), Orphelins de l’Eldorado (2010) et La Ville au milieu des eaux (2018). Son œuvre est publiée dans une douzaine de langues.

Jean-Christophe Bailly est né en 1949 à Paris. Il est un auteur à la croisée de l’histoire, de l’histoire de l’art, de la philosophie et de la poésie. Il a notamment publié Le versant animal (Bayard,2007), L’atelier infini (Hazan, 2007), L’instant et son ombre (Seuil, 2008) ainsi que Le dépaysement (Seuil, 2011) pour lequel il a reçu le prix Décembre. Il a publié au Seuil en 2018 dans la collection Fictions et Cie Un arbre en mai et Saisir. Quatre aventures galloises.

Le prix Roger-Caillois est un prix littéraire annuel, créé en 1991 par la Société des lecteurs et amis de Roger Caillois et la Maison de l’Amérique, en partenariat avec le PEN Club français. Il récompense un auteur latino-américain et un auteur francophone, un auteur d’essais depuis 2007 tandis qu’une mention destinée à distinguer un traducteur, une revue ou une collection de livres a été ajoutée en 2016.

D’après MAL217 et LivresHebdo

Retrouvez notre chronique sur le livre de Milton Hatoum.

Le journal Libération a publié, dans la rubrique Idées, un entretien avec Milton Hatoum où il s’exprime sur l’élection de Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil à partir du 1erjanvier prochain.

Succès de la 12ème édition du festival «Documental – l’Amérique latine par l’image»

Le festival Documental, un des quatre festivals annuels que nous organisons pour faire connaître la diversité des sociétés et des cultures de l’Amérique latine, s’est achevé ce vendredi 23 novembre. Durant une semaine, dix films ont été projetés dans plusieurs lieux culturels de la Métropole de Lyon.

Photo : Espaces Latinos

La douzième édition du festival Documental a pris fin ce vendredi à l’issue de la remise des prix et d’un concert pour fêter la clôture de l’événement. Documental 2018 a été un grand succès puisqu’un public nombreux est venu assister aux dix projections de documentaires latinos-américains pour découvrir notre sélection. Nous nous réjouissons de la qualité des films proposés et de l’intérêt qu’ils ont suscité lors des débats avec les intervenants et les réalisateurs venus échanger autour de leur film avec le public.

C’est le film «Los ojos del mar» de José Álvarez qui a remporté le prix du jury, séduit par la grande qualité cinématographique de ce documentaire et par le traitement réussi du thème du deuil de familles et de proches de pêcheurs disparus en mer au Mexique. 

Le film «Cine São Paulo» de Ricardo Martensen et Felipe Tomazelli a quant à lui suscité l’engouement des spectateurs. L’histoire d’un amoureux de cinéma qui se démène envers et contre tout pour rénover le vieux cinéma familial et lui redonner la splendeur de sa jeunesse a permis au film de remporter le prix du public.

Nous tenons à remercier chaleureusement nos partenaires et les spectateurs, grands artisans du succès de cette édition. Nous adressons également un immense remerciement à toutes les personnes qui ont soutenu le festival par l’intermédiaire de notre campagne de financement participatif Ulule sur internet. Cette campagne réussie nous permet d’assurer la pérennité du festival et d’envisager d’ores et déjà l’organisation de l’édition 2019 !

Gabriel VALLEJO

Retrouvez notre dossier Documental

Pour ses 40 ans, le Festival des 3 Continents propose un paysage du cinéma latino-américain 

Rendez-vous emblématique des cinéphiles, le Festival des 3 Continents de Nantes a commencé cette semaine et se déroulera jusqu’au mardi 27 novembre. Pour cette nouvelle saison, le Festival a décidé de célébrer quarante années de programmation ambitieuse de films souvent inédits en France. Cette année encore, le cinéma latino-américain est bien représenté. 

Photo : Festival 3 Continents

Faire connaître les continents invisibles à l’écran  

Au-delà d’une longévité remarquable dans un pays où le nombre de festivals tend à se réduire d’années en années, ce qui marque la spécificité des 3 Continents, c’est avant toute chose son rôle pionnier de défricheur. Dans un entretien récemment accordé à Télérama1, l’actuel délégué artistique et programmateur du Festival Jérôme Baron, rappelle que « jusquaux années 1980, lhistoire du cinéma nexiste pas beaucoup en dehors des patrimoines européens et nord-américains ». Bien des cinémas nationaux sont méconnus du Vieux Continent, exception faite pour une poignée d’érudits. Les grands rendez-vous internationaux comme le Festival de Cannes ne suffisent pas et c’est réellement à Nantes que se dévoile la création contemporaine de dizaines de pays. Ainsi, rapidement, le festival Les 3 Continents apporte de la mer des films inédits en France et des noms d’auteurs jusque-là inconnus. 

Il en va de même pour le continent Latino-Américain qui peut compter dès le début des années 1980 sur les Panoramas, temps forts consacrés à des cinémas nationaux, pour faire connaitre ses talents : Panorama du cinéma brésilien en 1982, Panorama du cinéma mexicain en 1984, Panorama du cinéma argentin l’année suivante… L’Argentine étant de nouveau mise au-devant de la scène en 2017 à travers une rétrospective historique. Ce n’est que dix ans plus tard que, à la faveur de nouvelles initiatives, l’Amérique Latine devient l’enjeu partagé de plusieurs rendez-vous (le Festival de Biarritz Amérique Latine est créé en 1992, Documental en 2004). Aujourd’hui, la multiplication des festivals a profondément changé notre rapport de spectateur au cinéma du monde et « les premières mondiales ne constituent plus un enjeu » pour les 3 Continents, tant les films circulent en nombre, d’un pays à l’autre. Il n’en reste pas moins que c’est souvent l’unique fenêtre de diffusion proposée à une œuvre en France. Toujours lucide sur ce rôle à jouer, la programmation nantaise valorise encore aujourd’hui la découverte de la jeune création, à renforts d’inédits qui résonnent avec l’actualité.  

Paysage du cinéma latino-américain 

La nouvelle édition des 3 Continents met en lumière une histoire du cinéma taïwanais, mais l’Amérique Latine n’est pas en reste. Cette année, trois films latinos concourent à la Montgolfière d’or, grand prix de la Compétition Internationale : Faust de la mexicaine Andrea Bussmann (prix spécial du Jury 2018 à Locarno), José, film guatémaltèque du réalisateur Cheng Li (Queer Lion au Venice Film Festival 2018) et le film Temporada du brésilien André Novais Oliveira qui sera présent pour accompagner son film. 

Avec six œuvres projetées pendant l’édition, le Brésil est avec la Chine le pays qui compte le plus de films représentés. 

Sorti en 2017Arabia de Joào Dumans et Affonso Ûchoa est un drame qui suit la découverte par André, jeune homme habitant Ouro Preto, du carnet d’un ouvrier dans l’ancienne usine d’aluminium près de chez lui. Le film s’inscrit dans la programmation des 40 ans du Festival qui propose « un état des lieux du cinéma contemporain, avec un programme de 40 films balisant le paysage cinématographique des 3 continents depuis le tournant des années 2000 ».

Toujours dans cette programmation et derrière le titre Occuper, résister, construire, on retrouve des courts-métrages documentaires brésiliens inédits en France voire à l’international: Its never nightime in the map de Ernesto De CarvalhoTell this to those who say weve been defeated et Ava Yvy Vera – The land of the Lightnings people. Un triptyque résolument contemporain au service d’un discours universel sur la question de l’utilisation de nos données personnelles, ou d’actions politiques d’occupation d’espaces dans un pays où des milliers d’habitants rencontrent un véritable problème de logement, et où les populations indigènes sont victimes de spoliation. 

Au total, ce sont six pays d’Amérique Latine qui sont représentés cette année avec une vingtaine de films. Notons la présence du réalisateur chilien Francisco Rodríguez Teare qui accompagne son court-métrage Una Luna de hierro projeté pour la première fois en France ainsi que la projection en avant-première et en plusieurs parties du film à épisodes La Flor de l’argentin Mariano Llinás, d’une durée totale de 14h.  

 Kevin SAINT-JEAN

Pour retrouver la programmation complète du Festival des 3 Continents en cliquant ici.

Le gouvernement du Nicaragua refuse l’entrée à un ancien dessinateur de Charlie Hebdo

Un ancien caricaturiste de Charlie Hebdo, Jul, s’est vu interdire l’entrée au Nicaragua alors qu’il devait participer à un forum d’écrivains. Le Nicaragua n’en est pas à son coup d’essai.

Photo : RTL

Le caricaturiste français Jul s’est vu refuser l’entrée au Nicaragua par le gouvernement alors qu’il devait participer à un forum d’écrivains, a affirmé mercredi Sergio Ramirez, promoteur de la rencontre. «Cela me semble un acte lamentable, inexplicable, le gouvernement ne nous a offert aucune raison pour avoir refusé l’entrée à Jul», de son vrai nom Julien Berjeaut, a déclaré Sergio Ramirez.  
 
La troisième édition du forum d’écrivains «Centroamérica Cuenta» a été inaugurée mardi par un hommage au journal satirique français Charlie Hebdo, cible le 7 janvier dernier d’un attentat qui a décimé sa rédaction. Ex collaborateur de cet hebdomadaire satirique, Jul devait arriver lundi à Managua pour participer à ce forum, mais il s’est vu refuser l’entrée au Nicaragua par les autorités. 

«Nous ne comprenons pas, nous sommes surpris et bien sûr nous rejetons ce genre de mesures contre un caricaturiste de grand prestige mondial qui venait enrichir Centroamérica Cuenta par sa participation», a regretté Sergio Ramirez, lui-même écrivain. Selon lui, l’ambassade de France au Nicaragua a essayé, sans succès, de faire revenir les autorités sur leur décision afin que Jul puisse assister au forum, qui réunit 70 écrivains d’Amérique et d’Europe.   

«Je regrette la décision du gouvernement de ne pas le laisser entrer au Nicaragua», a indiqué l’ambassadeur français, Antoine Joly, lors du forum mardi, expliquant que Jul venait dans la région pour participer également à d’autres événements culturels au Costa Rica et au Salvador. Jul, qui a collaboré avec de nombreux médias français comme Libération et L’Humanité, a confirmé dans une vidéo présentée lors du forum que «les autorités (nicaraguayennes) n’ont pas voulu que je sois à Managua».  

C’est le troisième étranger en une semaine à être refoulé à son arrivée au Nicaragua, après le Péruvien Luis Carlos Boub et l’Espagnole Marta Gonzalez, militants de l’ONG Centre pour la justice et le droit international (CEJIL), qui venaient participer à l’anniversaire d’un organisme local de défense des droits de l’homme. 

Rédaction numérique RTL

Le Brésil se rapproche des États-Unis et d’Israël et s’éloigne de la Chine

Le président élu Jair Bolsonaro organise son programme de politique extérieure peu après son ascension au pouvoir. L’éloignement avec Pékin était l’une des promesses de l’ex-militaire. Grand admirateur de Trump, Bolsonaro assure que l’ambassade du Brésil sera transférée de Tel Aviv à Jérusalem, comme l’a fait précédemment le président républicain.

Photo : Diario Popular

Avec Steve Bannon comme (présumé) conseiller de l’ombre, Jair Bolsonaro a annoncé les noms de deux «super ministres» de son futur gouvernement : le juge de l’affaire Lava Jato, Sérgio Moro, (dans la photo) prendra les commandes du ministère de la Justice, et le très libéral Paulo Guedes sera à la tête du ministère de l’Économie. Durant les premiers jours de son élection, Bolsonaro s’est consacré à l’élaboration des vecteurs de sa politique extérieure : entre autres, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la réalisation d’une première tournée internationale de laquelle est exclue l’Argentine, même si un passage à Buenos Aires peut être envisagé ce mois-ci pendant le sommet du G20.

L’une des promesses durant la campagne de l’ex militaire, qui s’est présenté comme un émule de Donald Trump, était l’éloignement avec la Chine. En effet, il n’y a aucun doute sur le fait que ce Trump des tropiques soutient le Trump authentique. Le scénario de l’imminent chef d’État semble dicté par le stratège d’extrême droite globale, Steve Bannon, celui-là même qui, en 2016, mena la campagne qui conduisit à la victoire inattendue du magnat républicain.

Après s’être entretenu avec Trump au lendemain de son élection, Bolsonaro a reçu un appel du secrétaire d’État Mike Pompeo avec lequel il a convenu d’une politique commune en matière de défense, avec la priorité donnée au Venezuela. À ce sujet, le vice président élu, le général Hamilton Mourão, a conseillé aux Vénézuéliens d’adopter un système de gouvernement démocratique «tel que nous [les Brésiliens] le concevons». De plus, il a écarté, sans trop insister, une intervention miliaire dans ce pays des Caraïbes et a approuvé la présence de milliers de soldats brésiliens à la frontière commune de presque 2.200 kilomètres sur le territoire amazonien.

On peut se questionner sur la conception de la démocratie du général et celle de Bolsonaro : tous les deux revendiquent la dictature militaire (1964-1985) et avaient menacé d’ignorer les résultats des scrutins si ceux-ci avaient donné victorieux le successeur de Lula, Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT).

Et ce n’est pas tout, le général Mourão a soutenu un possible coup d’État dans un discours abject contre les politiques tenues face aux Francs-Maçons fin 2017. Discours similaire à celui qu’il prononça pendant le mandat de Dilma Rousseff qui, en guise de sanction, le destitua du poste qu’il occupait à la tête des troupes basées au sud du pays.

Alors que Bolsonaro indiquait quelle serait sa place sur la scène internationale, Mourão préconisait de mettre fin à «l’antiaméricanisme puéril» qu’il attribue à la politique extérieure «idéologique» menée par les gouvernements du PT. On observe dans le «bolsonarisme» un préjugé particulier à l’égard des dirigeants du Palacio Itamarty (chancellerie) comme s’il y prédominait un engouement diffus pour les partis de gauche. Nous ne pouvons rejeter le fait que le futur chancelier soit quelqu’un qui, même diplomate, défende des positions semblables à celles des forces armées.

Dans ce nouveau modèle «bolsonarien», on peut inclure l’éloignement avec Pékin, principal partenaire commercial du Brésil, mais aussi investisseur dans des secteurs stratégiques. Face à ce probable retournement de situation, le quotidien China Daily, porte-parole officiel de la chancellerie de ce pays, a publié un éditorial sévère sur le futur chef d’État brésilien. Le ton de l’article était à l’opposé des félicitations envoyées par les autorités taïwanaises au vainqueur des élections du 18 octobre, qui a visité ce pays d’Asie au début de l’année, comme l’a annoncé l’agence Reuters.

Steve Bannon propose aussi de cesser les relations avec le géant asiatique grâce à une nouvelle conception d’alliances sud-américaines ayant comme base l’association Trump-Bolsonaro. «L’Amérique du sud vit une tragédie […], avec le Venezuela en pleine implosion et l’Argentine qui sera gouvernée par le FMI pendant les 3 à 5 prochaines années» pronostique-t-il.

Tout comme Bolsonaro, Bannon méprise la presse et «la classe politique éternelle et corrompue», qu’il  propose d’enterrer définitivement par un «Mouvement» de droite global dont la première grande rencontre aura lieu au début de l’année en Europe. Bannon a cité comme référents principaux de ce mouvement son ancien patron Trump, le ministre de l’Intérieur italien et leader de la Ligue Matteo Salvini, et le «nationaliste» Bolsonaro avec sa proposition d’implantation d’un modèle de «capitalisme éclairé».

Dans deux longues interviews à des médias portugais, l’idéologue a nié travailler pour le futur gouvernant. Nombreux sont ceux qui doutent de cette affirmation pour plusieurs raisons, l’une d’elle est la ressemblance existante entre ses postulats et les grandes lignes du bolsonarisme. Bannon a admis avoir reçu il y a trois mois à New York le fils du futur président, le député réélu Eduardo Bolsonaro, pour sceller une relation qui a visiblement porté ses fruits.

Selon quelques médias locaux, c’est grâce à l’influence de cet idéologue de l’autoproclamée «droite alternative» que le clan Bolsonaro a commencé à construire depuis au moins 2017 un rapprochement avec Trump et d’influents groupes aux États-Unis. L’ex-capitaine et son fils se sont aussi fait une place en Floride où ils peuvent compter sur le soutien du sénateur républicain d’ascendance cubaine Marco Antonio Rubio. Ces relations expliquent probablement les raisons pour lesquelles le futur dirigeant a menacé de rompre les liens avec Cuba et d’en finir avec le programme «Mais médicos» (plus de médecins), auquel collaborent des milliers de médecins venus de l’île.

D’après Pagina 12 (Argentine)
Traduit par Géraldine Giraud

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