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Cécile Pilgram

Le Chili affirme qu’il organisera la COP25 en janvier 2020 en lien avec le Costa Rica

Le gouvernement du Chili confirme qu’il organisera le prochain sommet de l’ONU pour le changement climatique. Cette information a été confirmée par le Président Piñera durant la conférence de presse qui a eu lieu au Palais de La Moneda. Le pays organisera le rendez-vous annuel de janvier 2020 avec le Costa Rica. Nous traduisons ici un article publié dans La Tercera.

Photo : Radio Canada

«Je veux avant tout remercier la Conférence des Parties pour le soutien apporté afin d’accueillir la COP25 au Chili, permettant ainsi de maintenir la COP dans la région de l’Amérique Latine et des Caraïbes.» Tels ont été les mots de la ministre de l’Environnement du Chili, Carolina Schdmit, depuis la Pologne, après la confirmation du Chili comme prochain pays organisateur de la Conférence des Parties des Nations unies pour lutter contre le changement climatique. Le rendez-vous annuel se réalisera en 2020. La secrétaire d’État a affirmé que ceci représentait «un grand défi à assumer comme une tâche historique».

«Nous voulons que ce soit une opportunité pour montrer le meilleur de nous-mêmes et plus largement des richesses naturelles, culturelles et sociales de toute la région. Au nom du gouvernement chilien et de notre président Sebastián Piñera, je veux réaffirmer que nous croyons profondément que le véritable développement économique et social est possible uniquement si nous prenons soin de l’environnement. Diminuer et s’adapter au changement climatique est la clef pour réussir un développement complet et durable pour nos pays» s’est-elle exprimée.

Le Chili a mené d’intenses négociations cette semaine pour faire venir la conférence dans le pays et éviter qu’elle ne retourne dans la ville allemande de Bonn. Des conversations ont été échangées avec le Costa Rica, qui avait également manifesté son intérêt pour organiser le sommet. Toutefois, le pays a retiré sa candidature pour causes financières. Malgré cela, la décision finale a déterminé que la gestion de la rencontre de novembre prochain sera à la charge des deux pays.

La conférence de cette année a pour but de déterminer comment atteindre les objectifs adoptés en 2015 par l’Accord de Paris, qui a établi de limiter l’augmentation de la température moyenne de la planète bien en deçà de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et le plus proche possible de 1,5°C.

Quelques instants plus tard, et depuis le Palais de La Moneda, le Président Sebastián Piñera a annoncé la nouvelle au cours d’une conférence de presse : «Durant cette importante réunion, nous allons avoir l’extraordinaire responsabilité de mener et d’avancer vers un meilleur contrôle du changement climatique et du réchauffement mondial poursuivant les progrès obtenus par la COP 21 de Paris et la COP 24 de Katowice. […] Ainsi, en novembre de l’année prochaine, le Chili sera le pays siège du sommet de l’Apec et, en janvier 2020, nous serons le pays siège de la COP25.»

D’après La Tercera
Traduit par Cécile PILGRAM

Femmes Farc, adieu à la guerre : le premier documentaire réalisé par des ex-guérilleras

La file d’attente a envahi tout le pâté de maison du Musée national. C’était le lundi 26 novembre à 19h. Les premières personnes à pénétrer dans le lieu avaient attendu plus de deux heures pour obtenir de bonnes places dans la petite salle Teresa Cuervo, où allait être projeté le documentaire Nunca invisibles : mujeres Farianas, adiós a la guerra, le premier long-métrage imaginé et créé par des anciennes Farc. Ces ex-combattantes Farc concrétisent un projet : raconter leurs vies à travers le cinéma. C’est, pour elles, un premier pas pour la réinsertion dans la vie civile. Nous reproduisons ici un article extrait de Pacifista.

Photo : Tanja Jungle

Toutes les protagonistes de l’histoire, les femmes de l’Espacio Territorial de Capacitación y Reincorporación (ETCR), organisme travaillant à la réinsertion des Farc dans la ville d’Icononzo, département de Tolima, sont entrées par la porte arrière du musée. Une véritable entrée VIP. Le vigile les a appelées par leurs prénoms et elles ont passé la porte d’acier avec fierté.

Il y a un an, fin 2017, elles travaillaient à Icononzo sur le thème de la mémoire et des perspectives de genre. C’est dans cet espace que leur est venu à l’esprit de reconstituer leurs histoires à travers un héritage nouveau, né avec l’Accord de paix : l’art audiovisuel. Elles étaient habituées aux visites de la presse et aux interviews, mais elles n’avaient jamais pris le contrôle de leur propre histoire, pensé à des caméras, et de la forme qu’elles souhaitaient donner à leurs récits de vie. C’est ainsi qu’est née cette histoire.

L’idée s’est concrétisée quand le groupe d’initiatives de mémoire du Centre national de mémoire historique, le PNUD et le gouvernement canadien, ont pris connaissance du projet des femmes d’Icononzo. Ils ont accepté de financer le documentaire. «Ce fut l’un des plus grands paris pour 2018 et la plus polémique des 25 initiatives annuelles que l’on ait eu» explique Daniel Valencia, l’un des membres du groupe des initiatives.

«Femmes Farc» : ce sont les mots que l’on pouvait lire sur les chemises blanches des ex-combattantes. Sur le devant, une rose rouge imprimée à côté du cœur. Entourées de journalistes, de photographes, d’acteurs et de personnes qui s’approchaient avec curiosité : jamais elles n’avaient connu cela.

«Que signifie être une femme révolutionnaire ?» a demandé une femme du M-19 en réinsertion à cinq femmes Farc qui attendaient à l’entrée : «Continuer à être révolutionnaires, même avec des cicatrices, c’est travailler sur l’empouvoirement, dans les régions, les espaces territoriaux et, pourquoi pas, dans la ville et ses salles de cinéma. Nous savons ce qu’est l’idéologie et l’identité des Farc» lui a répondu l’une d’entre elles.

Après quelques interventions et remerciements, dans une salle complètement pleine, le film a commencé. Les jeunes enfants des actrices leur criaient «maman !» en les voyant à l’écran, pendant qu’elles rougissaient de se voir ainsi projetées. Dans le long-métrage, chacune des cinq protagonistes répond aux questions suivantes : Pourquoi êtes-vous entrée dans la guérilla ? ; Comment était la vie dans le monte ? ; Qu’est-ce qui a changé avec le processus de paix ? Les récits touchent à des thèmes sensibles comme la grossesse et l’équité des genres dans les rangs guérilleros.

Les spectateurs ont applaudi lorsque les femmes ont prononcé des paroles fortes à propos de la fierté féminine chez les guérilleros. «Quand j’ai intégré les Farc j’ai vu que les hommes, par exemple, faisaient également à manger. Tout était fait de façon égalitaire, et ça c’était quelque chose que j’avais envie de voir.» Après avoir écouté ce témoignage, l’auditoire a explosé en brouhahas. «Il est nécessaire de pouvoir avoir enfin une paix fondée sur une justice sociale et que les femmes puissent y contribuer.» L’audience a redoublé d’applaudissements.

Le documentaire répond à une question clef : qu’est-ce qui a poussé tant de femmes à rejoindre les rangs des Farc et comment cela se passait-il quand elles y étaient ? Des interviews de cinq femmes appartenant à la guérilla et de l’une de leurs filles, née durant ces années de combat, ont été montrées pendant 40 minutes. Les questions de genre, de pardon, de réconciliation ont été abordées ainsi que la vie quotidienne dans le monte. Chacune d’elles, avec sa propre expérience, a contribué à l’éclaircissement de la vérité sur ce conflit. Et bien que chaque histoire soit unique, ces femmes ont tenté de raconter la vie quotidienne d’une femme guérillera et de les transposer sur le grand écran.

Le documentaire prend fin et les lumières se rallument : la salle est plus remplie qu’à son lancement, le film a été mieux reçu que ce que l’on pensait. Ce premier essai -recueillir la mémoire au travers d’une production audiovisuelle- pourrait ouvrir la voie à des ex-combattantes, afin qu’elles croient en l’art comme forme d’expression, pour raconter des vies. Et le plus important : le faire comme elles le veulent, comme elles le sentent. Il s’agit en fait de se réinsérer dans la vie civile par le biais de leurs propres récits.

Finalement, toutes ont déclaré que l’une des raisons pour lesquelles elle se montrent devant les caméras est l’héritage de paix qu’elles souhaitent laisser à leurs enfants. «Nous voulons qu’ils aient plus d’opportunités que ce que nous avons eu, et qu’ils ne soient pas condamnés à répéter notre histoire», cria une mère en sortant de la salle.

D’après PACIFISTA !
Traduit par Cécile PILGRAM

Michelle Bachelet déplore que le Chili refuse le Pacte mondial des Nations unies sur les migrations

L’ex-présidente du Chili et Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a déploré ce mardi que le gouvernement de Sebastián Piñera refuse le Pacte mondial sur les migrations, car celui-ci «peut être très positif» a-t-elle assuré. Elle souhaitait donc que l’on puisse, rapidement, approuver cette initiative.

Photo : ONU

«Je le déplore, mais c’est une décision du Gouvernement actuel, et je peux seulement signaler que j’espère qu’un jour le Chili approuve ce pacte mondial, qui pourrait je crois, être très positif», a déclaré Bachelet lors d’une conférence à Madrid. Le Gouvernement a décidé de ne pas souscrire le document de l’ONU que 160 pays ont signé ce lundi au Maroc, puisque selon lui ce pacte compromet les normes migratoires adoptées face à l’arrivée massive de migrants au Chili durant les dernières années.

Bachelet, qui a rappelé qu’elle-même est arrière-petite-fille d’une famille française, a affirmé que le Chili est un pays qui a toujours accueilli des immigrants : «L’ancienne immigration était européenne, elle venait ensuite des pays frontaliers, La Bolivie et le Pérou, et durant les dernières années des Haïtiens, des Vénézuéliens, des Dominicains et des réfugiés colombiens».

«Cela continuera ainsi, parce que c’est l’histoire de l’humanité», a souligné l’ex-dirigeante (2006-2010 et 2014-2018), ajoutant que l’objectif du pacte est d’organiser la migration, que «ce n’est pas un problème, mais un fait historique».

La Haute commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a estimé importante l’approbation du Pacte Mondial pour une Migration Sûre, Ordonnée et Régulière de l’ONU. L’accord a été adopté ce lundi par plus de 150 pays qui ont assisté à la conférence intergouvernementale de l’organisme international, organisée dans la ville marocaine de Marrakech.

Sur ce thème, Mme Bachelet a signalé via Twitter qu’elle «remercie les États membres de l’ONU pour l’adoption du Pacte Mondial pour la Migration durant la Journée des Droits de l’Homme». Elle ajouta également que l’accord soutenu est «un accord puissant pour protéger les droits de l’homme de tous les migrants, dans n’importe quel endroit du monde. Ils (les migrants) détiennent les mêmes droits de l’homme que n’importe quelle autre personne.»

Il est important de souligner que l’approbation de ce lundi a eu lieu durant l’assemblée plénière présidée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, la présidente de l’Assemblée Générale de l’ONU, María Fernanda Espinosa, et Naser Burita, le ministre des Affaires Etrangères du Maroc, pays qui accueille la conférence.

Le Gouvernement chilien s’est soustrait à ce pacte ce dimanche, expliquant que «la migration n’est pas un droit de l’homme. En revanche, les pays ont le droit de définir leurs conditions d’entrée à l’égard des citoyens étrangers».

D’après Megavision Chile,
Traduit par Cécile PILGRAM

L’écrivain colombien Roberto Burgos Cantor est décédé ce mardi à Bogotá

L’écrivain originaire de la ville de Carthagène des Indes et lauréat du Prix national de littérature 2018 de Colombie, Roberto Burgos Cantor, est décédé ce mardi à Bogotá à l’âge de 70 ans, à la suite de ce qui semblerait être des complications cardiaques. Selon les premières informations données par sa famille, l’écrivain est mort à la clinique de Marly, dans la capitale du pays, après un arrêt cardiaque alors qu’il se trouvait chez lui, où il résidait depuis quelques temps.

Photo : Semana

Burgos Cantor est né à Carthagène des Indes en 1948. Il a dédié une grande partie de sa vie à la littérature, bien qu’il était avocat de profession. Il écrivait à ses débuts des chroniques de contes et des revues dans plusieurs journaux jusqu’en 1981, date de publication de son premier recueil de contes : Lo Amador. Il a publié cinq autres recueils de contes comme De gozos y desvelos, Quiero es cantar, Juego de niños, Una siempre es la misma et El secreto de Alicia.

Il a également publié Señas particulares, considéré comme un livre de témoignage sur une époque, et six romans : El patio de los vientos perdidos, El vuelo de la paloma, Pavana del ángel, La ceiba de la memoria, Ese silencio, El médico del emperador y su hermano et Ver lo que veo. 

Il a reçu le prix littéraire Casa de las Américas 2009 et il a été finaliste du Prix Rómulo Gallegos 2010 pour son œuvre La ceiba de la memoria. Il a également gagné le Prix Jorge Gaitán Durán octroyé par les Beaux-Arts de Cúcuta. Sa reconnaissance la plus récente est le Prix national de littérature 2018 attribué par le ministère de la Culture, qui s’octroie au genre littéraire du roman, pour son livre Ver lo que veo, qui raconte par des monologues l’histoire d’un quartier en marge de la région des Caraïbes vu par ses habitants.

Selon le jury, composé de l’écrivain mexicain Álvaro Enrigue et des Colombiens Luis Fayad et Liliana Ramírez, l’œuvre de Burgos Cantor est le résultat d’un auteur accompli et d’une vive imagination. «C’est un roman très littéraire. Construit sur une structure complexe, alternant monologues de narration à la troisième personne, dans une progression d’images visuelles composées d’un langage à la fois personnel et universel» a remarqué le jury. «L’histoire de la Colombie écrite sur le ton d’une juste mélodie. L’harmonie de ses phrases, l’art du sens et de la sonorité, la forme et la fable unies en un objet qui appartient à la meilleure littérature» s’est exprimé Burgos Cantor, quand le prix fût attribué en juin.

En ce qui concerne l’honneur de recevoir ce Prix, Burgos a souligné que celui-ci procurait une certaine satisfaction, tant sur un point de vue personnel que littéraire. «D’un point de vue personnel c’est stimulant, c’est un soutient qui est de l’ordre de la sensibilité intime de l’auteur ; et de l’ordre du social, surtout quand il s’agit d’un concours dans lequel interviennent des jurys importants et de qualité, recevoir ce Prix met un point final au travail fourni pour donner une certaine reconnaissance au livre, pour encourager sa lecture, surtout dans un pays où le hasard, la loterie ou la nouveauté, jouent un rôle déterminant.»

Plusieurs personnalités du pays se sont prononcées sur le décès de l’écrivain colombien. L’une d’elle étant le gouverneur de Bolivie, Dumek Turbay, qui a écrit : «Nous déplorons le décès de l’écrivain Roberto Burgos Cantor, un maître de la littérature des Caraïbes. Que la lecture éternelle de ses merveilleuses œuvres soit la meilleure manière de le faire vivre à nos côtés. Qu’il repose en paix et nos sincères condoléances à ses proches.»

Le directeur général de Colciencias, Diego Hernández, a également envoyé un message de condoléances à la famille de l’écrivain : «Prenant part à la douleur de son épouse Dorita Bernal et de sa famille.» Le ministère de la Culture en personne a également déploré la mort de l’écrivain colombien, qui a été décrit comme «l’un des plus remarquables auteurs de littérature de ce pays».

D’après El País colombiano
Traduit par Cécile PILGRAM

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