Colombie - Littérature

Hommage à un grand auteur


L’écrivain colombien Roberto Burgos Cantor est décédé ce mardi à Bogotá

L’écrivain originaire de la ville de Carthagène des Indes et lauréat du Prix national de littérature 2018 de Colombie, Roberto Burgos Cantor, est décédé ce mardi à Bogotá à l’âge de 70 ans, à la suite de ce qui semblerait être des complications cardiaques. Selon les premières informations données par sa famille, l’écrivain est mort à la clinique de Marly, dans la capitale du pays, après un arrêt cardiaque alors qu’il se trouvait chez lui, où il résidait depuis quelques temps.

Photo : Semana

Burgos Cantor est né à Carthagène des Indes en 1948. Il a dédié une grande partie de sa vie à la littérature, bien qu’il était avocat de profession. Il écrivait à ses débuts des chroniques de contes et des revues dans plusieurs journaux jusqu’en 1981, date de publication de son premier recueil de contes : Lo Amador. Il a publié cinq autres recueils de contes comme De gozos y desvelos, Quiero es cantar, Juego de niños, Una siempre es la misma et El secreto de Alicia.

Il a également publié Señas particulares, considéré comme un livre de témoignage sur une époque, et six romans : El patio de los vientos perdidos, El vuelo de la paloma, Pavana del ángel, La ceiba de la memoria, Ese silencio, El médico del emperador y su hermano et Ver lo que veo. 

Il a reçu le prix littéraire Casa de las Américas 2009 et il a été finaliste du Prix Rómulo Gallegos 2010 pour son œuvre La ceiba de la memoria. Il a également gagné le Prix Jorge Gaitán Durán octroyé par les Beaux-Arts de Cúcuta. Sa reconnaissance la plus récente est le Prix national de littérature 2018 attribué par le ministère de la Culture, qui s’octroie au genre littéraire du roman, pour son livre Ver lo que veo, qui raconte par des monologues l’histoire d’un quartier en marge de la région des Caraïbes vu par ses habitants.

Selon le jury, composé de l’écrivain mexicain Álvaro Enrigue et des Colombiens Luis Fayad et Liliana Ramírez, l’œuvre de Burgos Cantor est le résultat d’un auteur accompli et d’une vive imagination. «C’est un roman très littéraire. Construit sur une structure complexe, alternant monologues de narration à la troisième personne, dans une progression d’images visuelles composées d’un langage à la fois personnel et universel» a remarqué le jury. «L’histoire de la Colombie écrite sur le ton d’une juste mélodie. L’harmonie de ses phrases, l’art du sens et de la sonorité, la forme et la fable unies en un objet qui appartient à la meilleure littérature» s’est exprimé Burgos Cantor, quand le prix fût attribué en juin.

En ce qui concerne l’honneur de recevoir ce Prix, Burgos a souligné que celui-ci procurait une certaine satisfaction, tant sur un point de vue personnel que littéraire. «D’un point de vue personnel c’est stimulant, c’est un soutient qui est de l’ordre de la sensibilité intime de l’auteur ; et de l’ordre du social, surtout quand il s’agit d’un concours dans lequel interviennent des jurys importants et de qualité, recevoir ce Prix met un point final au travail fourni pour donner une certaine reconnaissance au livre, pour encourager sa lecture, surtout dans un pays où le hasard, la loterie ou la nouveauté, jouent un rôle déterminant.»

Plusieurs personnalités du pays se sont prononcées sur le décès de l’écrivain colombien. L’une d’elle étant le gouverneur de Bolivie, Dumek Turbay, qui a écrit : «Nous déplorons le décès de l’écrivain Roberto Burgos Cantor, un maître de la littérature des Caraïbes. Que la lecture éternelle de ses merveilleuses œuvres soit la meilleure manière de le faire vivre à nos côtés. Qu’il repose en paix et nos sincères condoléances à ses proches.»

Le directeur général de Colciencias, Diego Hernández, a également envoyé un message de condoléances à la famille de l’écrivain : «Prenant part à la douleur de son épouse Dorita Bernal et de sa famille.» Le ministère de la Culture en personne a également déploré la mort de l’écrivain colombien, qui a été décrit comme «l’un des plus remarquables auteurs de littérature de ce pays».

D’après El País colombiano
Traduit par Cécile PILGRAM

 
 

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