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Vilma FUENTES (Mexique)

 

Des châteaux en enfer, traduit de l’espagnol (Mexique) par Jean-Marie Saint-Lu, aux éditions Actes Sud (2008), 331 pages.

Vilma Fuentes, née à Mexico, est journaliste et écrivain. Elle collabore
régulièrement au quotidien mexicain La Jornada. Ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues. Elle vit entre Paris et Mexico. Claude Couffon lors de la parution de son premier livre en français, La Castañeda écrivait : “Elle est mexicaine. Elle vit à Paris. Elle est journaliste. Mais qu'on ne s'y trompe pas : ce premier roman, s'il a le
rythme fougueux d'un grand reportage, n'est pas un livre de ournaliste. Il y a là, constante, une pulsation intime, une petite musique originale d'authentique romancière. Une musique triste, lancinante. La narratrice – Vilma Fuentes ? – a vécu une double expérience : un séjour volontaire dans l'enfer d'un hôpital psychiatrique mexicain et l'enthousiasme puis la frustration du mouvement estudiantin qui fut l'écho dramatique des événements de mai 68 en Europe. La répression gouvernementale mexicaine fut de toutes la plus sauvagement meurtrière (...). Une écriture ardente recrée avec un crescendo dans l'horreur ces heures, ces jours où la narratrice vit “le pouvoir assassiner sa génération”. Elle démonte les rouages politiques d'un pays qu'une Révolution – la première en date de l'époque moderne – qui s'est institutionnalisée autour d'un parti unique, le PRI, n'a jamais pu sortir des fléaux de la misère, de la corruption, de la toute-puissance égoïste de quelques fortunes. La folie qui environne ensuite la narratrice dans un hôpital psychiatrique facilite une comparaison. Le Mexique ressemble à cet ancien asile d'aliénés de triste mémoire, la Castañeda (la Châtaigneraie), dont le “seul nom évoquait l'absolue absence d'espoir des internés”.

Bibliographie :
La Castañeda traduit de l’espagnol (Mexique) par Ugné Carvelis, aux éd. La Différence (1988).
Gloria, traduit de l’espagnol (Mexique) par Virginie Gatti et Maxime Gaffiero, aux éd. La Différence (1990).
L’Autobus de Mexico – Seize quartiers de la ville d’un enfant traduit de l’espagnol
(Mexique) par Claude Bleton aux éd. Actes Sud (1995).
King Lopitos traduit de l’espagnol (Mexique) par Émile et Nicole Mrtel aux éd. Les Allusifs (2001).
L’Autobus de Mexico – Seize quartiers de la ville d’un enfant traduit de l’espagnol (Mexique) par Claude Bleton dans la collection Babel aux éd. Actes Sud (2008). Le site de Vilma Fuentes.

Quatrième de couverture :

Une gare routière plantée sur un terrain vague aux abords d’Acapulco. Des cars déglingués y déversent les loqueteux fuyant les bidonvilles de Mexico. Lumière ocre sur les collines, soleil au zénith, grondement des vagues : paradis et enfer. Un garçon de quinze ans orgueilleux et frondeur y lie son destin à celui d’un étrange binôme formé par un architecte et un promoteur alcoolique et visionnaire. Les hommes brûlent de la même fièvre : transformer ce no man’s land en un nouvel Eden. Et l’adolescent de lever une armée pour défendre les laissés-pour-compte du vieux port d’Acapulco apprêté, pour la jet-set, en arrogante putain. Mais la misère gâte le paysage, et le héraut des opprimés devient l’homme à abattre. À qui profite le crime ? Un jésuite d’un orgueil luciférien, une ex-reine de beauté convertie dans les affaires, de riches communistes rêveurs de l’autre rive du río Bravo ? La liste est longue de ceux qui veulent à toute force construire leur paradis. Ce sont pourtant ses pistoleros qui appuient sur la détente, eux qui lui doivent la vie et ne peuvent s’acquitter qu’ainsi d’une si lourde dette. Chronique de la fondation d’un empire touristique et critique d’une société inégalitaire jusqu’au délire, ce roman violent et poétique porte une brillante réflexion philosophique sur le pouvoir et la peur.